‹ La pratique de l'hydrothérapieChapitre 6 sur 105 · AFTER.HOTAIRBATH (5 MIN.) P. SO · texte numérisé non relu

AFTER.HOTAIRBATH (5 MIN.) P. SO

./VK/

\f\/VAxKA

v/xj'^

\/VKK

Fig. 0. — Tracé pris après un bain d'air chaud de 5 minutes.

(37,2» C); l'examen du sang donnait 3.200.000 globules rouges et JO.OOO globules blancs.

A coup sur, aucun agent thérapeutique ne produit de telles modifications quand on l'administre aux doses ordinaires, et aucun n'a été étudié dans ses efï'els plus complètement, plus scientifiquement que ne l'ont été les applications d'eau dans les expériences simples et absolument inoffensives qu'on a faites sur des sujets sains.

Quelle explication peut-on donner des différences que l'on oJjserve entre les effets des applications froides et ceux des applications cliaudes.

Ce fait, ambigu en apparence, a été le sujet d'un grand nombre de discussions : le froid et la chaleur déterminent l'un et l'autre une hyperémie ; ce phénomène est passif, c'està-dire accompagné d'une diminution du tonus, sous l'influence de celle-ci; il est actif, donc manifesté par une augmentation du tonus, sous l'influence de celui-là. Ainsi que pour beaucoup d'autres faits ambigus en apparence, que l'on rencontre en hydrothérapie, la discussion repose sur une erreur dans les prémisses. Comme les artères ne peuvent se dilater sans perdre de leur tonus, on admet que les capillaires qui se remplissent au moment de la réaction après les opérations froides, ne peuvent se dilater sans perdre de leur tonus. Cet argument serait valable, s'il n'était basé sur une proposition erronée. Le tonusdes capillaires cutanés ne dépendpas d'une tunique musculaire, comme celui des artères. L'anatomie nous apprend que les fibres musculaires et les faisceaux élastiques de la peau remplissent à l'égard des capillaires toutes les fonctions d'une tunique musculaire sans être intimement unis à ceux-ci. Cette tunique musculaireadjointe est très sensible aux changements de température, comme le montre la contraction du dartos sous l'action du froid et son relâchement sous l'action de la chaleur. Parler du tonus ou de la tension (Tri^??f/-

60 PRINCIPES DE l'hydrothérapie

spanniing) de ces vaisseaux cutanés, c'est leur attribuer des fonctions qu'ils ne possèdent pas: car ils ne font qu'emprunter leur tonus de l'état des fibres musculaires et élastiques qui les entourent. La coloration vermeille de la peau qui suit l'application d'une compresse froide, et l'aspect bouilli que lui donne un cataplasme fournissent de cette proposition une démonstration meilleure que l'expérience de laboratoire la plus ingénieuse. Le tonusimparli à l'appareil vasculaire tout entier par l'application du froid à la surface cutanée, comme on Ta montré ci-dessus, est soumis à cette loi physiologique qui veut que les fibres musculaires ne restent jamais dans un état égal de contraction. Aussi souvent que le froid est éloigné, les fibres musculaires cutanées commencent à revenir à leur état normal ; le sang, qui a été chassé des vaisseaux de la peau parl'action constrictrice du froid, y rentre lentement; les capillaires se distendent alors autant que le permet la résistance des fibres musculaires contractées et des fibres élastiques. Aussi longtemps que les éléments du derme conservent leur état de contraction, puis leur tonicité normale, l'hyperémie reste « tonique », c'est-à-dire qu'elle ne s'accompagne pas de relâchement. Elle est soutenue, au contraire, par l'augmentation de l'énergie cardiaque que déterminent les opérations froides; sous l'influence de celles-ci, le sang arrive avec plus de force aux capillaires, dont le réseau musculaire et élastique de la peau empêche plus ou moins la distension, suivant que son tonus est plus ou moins accentué.

Lorsque l'on consi^ière ces faits anatomiques et physiologiques à la lumière des remarquables expériences de Bier, le mécanisme de l'action des applications froides sur la circulation de la peau devient plus clair. Bier (1) prétend que l'hyperémie ne relève pas de l'action du cœur, si elle succède à une ischémie produite préalablement par un agent vaso-constricteur; qu'une telle hyperémie n'est pas égale dans tous les organes ; et que les vaisseaux, ou, comme il le dit, les tissus contractés, possèdent la faculté de retenir le sang artériel de préférence au sang veineux, quand la contraction cesse. Bier détermine la suffocation presque complète chez un porc, après avoir placé une bande d'Esmarch sur une jambe, et il constate après le retrait de la bande que ce membre ne donne pas de sang chargé de gaz carbonique ; on n'en peut tirer que du sang

(1) Die Hyperaeniie als Heilmittel.

ACTION DE l'eau DANS l'ÉTAT DE SANTÉ 61

rouge. Cetauteur conclut de nombreuses expériences, qui sont devenues la base de son traitement original et efKcace par Thyperémie, que le même tissu qui absorbe avidement le sang artériel se défend contre la pénétration du sang veineux, manifestant ainsi son aptitude à choisir entre le sang artériel et le sang veineux.

Bier appelle cette auto-régulation de la distribution du sang dans les capillaires sensibilité sauguine. Cesl,d[i-il, une fonction analogue à la sensibilité ordinaire (spécialement à la sensibilité à la douleur), c'est-à-dire qu'elle a pour ellet de protéger les parties externes contre la destruction, de réparer promptement et sûrement tous les désordres possibles produits par les atteintes du monde extérieur, pression, etc. Il regarde la « sensibilité sanguine » chez l'homme civilisé comme dégénérée quand on la compare à celle de l'homme primitif, l'Africain, et à celle des animaux sauvages. Les vaisseaux, non seulement reprennent leur calibre normal, mais se dilatent encore au delà, de façon à recevoir une plus grande quantité de sang, réaction d'une grande importance, car l'hyperémie ainsi amenée est surtout artérielle.

Ritter (1), confirmant l'opinion de Bier, dit que l'hyperémie artérielle active, qui se produit dans les parties où l'on vient de provoquer une ischémie artificielle, est indépendante du système nerveux central, c'est-à-dire, purement locale et par conséquent fonction propre des vaisseaux cutanés. Certains faits cités par Ritter sont extrêmement intéressants pour l'hydrothérapeute. Ritter congèle un point sur le bras avec du chlorure d'éthyle, puis, ayant laissé ce point se dégeler et la réaction amener une rougeur vermeille (hyperémie artérielle), il serre le bras à un niveau plus élevé avec une bande élastique, comme Bier le fait dans son « stauungs-hyperaemie ». Il en résulte que le bras entier prend une teinte bleu foncé ; mais lepoint dégelé reste rouge vif.Ritter opère d'une façon inverse; il détermine d'abord une stase dans le bras avec cyanose, puis congèle et laisse ensuite dégeler un point donné ; ce point devient rouge vif et demeure ainsi, tandis que le reste du membre garde sa coloration bleuâtre. Ces expériences démontrent sans aucun doute la faculté que possèdent les vaisseaux d'attirer le sang artériel, même dans les conditions les moins favorables, et de se défendre contre l'intrusion du sang veineux.

(1) Mittlieilungen aus den Grenzgebieten, etc., 1903.

62 PRINCIPES DE l'hydrothérapie

La justesse de l'hypothèse de Bier n'a pas été démontrée, mais les expériences de Ritter ont été vérifiées par l'auteur. On peut trouver une autre explication plausible dans ce fait physiologique, que le retour à l'état normal d'une région qui a été brusquement ischémiée est accéléré par la rapidité de sa circulation devenue de trois à cinq fois plus active.

Lorsque le sang est chassé des vaisseaux cutanés par l'action constrictrice du froid surles fibres musculaires de la peau, nous assistons à une reproduction atténuée de l'expérience de Bier — la vaso-constriclion est d'origine thermique au lieu d'être mécanique et elle est suivie d'une vaso-dilatation, qui coïncide avec un aftlux de sang artériel.

Si l'application du froid porte sur une surface considérable, à la ris a fronte de Bier s'ajoute la vis a tergo mise en activité par l'action réflexe du froid sur le muscle cardiaque, que soutient l'accentuation de l'eflet vaso-moteur dû à la résistance périphérique dont on a parlé plus haut. Dans ces conditions, seuls des critiques par trop méfiants hésiteront à accepter cette conclusion, que l'hyperémie des capillaires artériels et probablement aussi celle des artères les plus petites peuvent exister sans perte de tonus. En réalité, tandis que le sang se meut en accord rythmique avec les contractions ventriculaires, les fibres musculaires et les faisceaux élastiques de la peau embrassent l'immense réseau des capillaires cutanés dans leur étreinte tonique, pour ainsi dire, et entretiennent par là cette résistance périphérique qui est essentielle au maintien du tonus vasculaire.

l'n examen judicieux et impartial de ces faits anatomiques et physiologiques brièvement rapportés met en lumière l'erreur contenue dans les prémisses sur les([uelles s'appuient les auteurs qui soutiennent qu'il est impossible d'obtenir une dilatation « tonique » du vaste appareil vasculaire de la peau, parce qu'une augmentation du tonus des artères est incompatible avec leur dilatation. On a montré plus haut que les 'conditions ne sont pas celles qu'indiquent ces auteurs ; par conséquent, l'opinion de Winternitz, établie sur une expérience clinique immense, qui veut que les opérations froides appliquées avec discernement soient suivies d'une hyperémie active (dilatation tonique\ a une base absolument rationnelle.

Effet de la chaleur. — Pendant les applications de calorique, qui peuvent être tolérées sans dommage (au-dessous de 104'^ F., 40" C), les vaisseaux sanguins de la peau sont dilatés,

ACTION DE l'eAL DANS l'ÉTAT DE SANTÉ Go

parce que l'appareil musculaire et élastique de la peau est relâché, comme le montre l'aspect mou, succulent et bouilli de celle-ci. S'il n'y a pas eu d'ischémie préalable, le sang artériel n'arrive qu'en petite quantité, et. par conséquent, n'afflue pas comme il le fait à la suite des opérations froides; il ne rencontre aucune résistance et coule passivement dans les vaisseaux, jusqu'à ce que ceux-ci soient turgides. D'autre part, la stimulation réflexe du cœur, que donne une application froide judicieuse, fait défaut; et l'accroissement de l'irrigation artérielle des fibres musculaires qui maintiennent le tonus des vaisseaux cutanés manque également. La coloration sombre que [>rend la peau sous une application chaude indique une prédominance du sang veineux sur le sang artériel. Comme les vaisseaux cutanés sont relâchés, le tonus vaso-moteur est diminué et les contractions ventriculaires sont plus faibles (hyperémie passive), ce qui amène dans le nombre de celles-ci une augmentation compensatrice de la perte de force. Le tonus de l'appareil vasculaire tout entier est abaissé. L'anémie du cerveau ajoute à cela ses efiets déprimants, ainsi qu'en témoigne la faiblesse qu'on éprouve dans un bain prolongé. L'individu i( saigne » dans ses vaisseaux cutanés dilatés et passifs. Un bain d'une température supérieure à 104° F. (40° C), d'autre part, amène tout d'abord une contraction des vaisseaux de la peau, comme le fait un bain froid. Si l'application est courte, la pression sanguine s'élève et l'effet sur la circulation est semblable à celui d'une opération froide. L'effet secondaire, cependant, est tout à fait différent. Le lent refroidissement de la peau, qui retient la chaleur pour un temps considérable, en produit le relâchement et les vaisseaux cutanés ne se sentent plus, désormais, soutenus par les fibres musculaires; à ce relâchement s'ajoute un affaiblissement général dû à l'absence du réconfort et de la stimulation réflexe qui sont si prononcés après les applications froides,

II. — Effets des applications hydriatriques sur la composition

du sang.

1" Modifications des éléments figurés du sang- — Les observations du professeur ^Yinternitz sur ce sujet sont d'un grand intérêt (1). Winternitz a recherché le nombre des globules

(1) Blàlter filr /clinisc/œ Hijdrolherapie, février 1893.

64 PRINCIPES DE l'hydrothérapie

rouges et des globules blancs, et les quantités relatives de chaque espèce que le sang contient avant et après les applications froides, et a constaté que ces opérations déterminent une modification considérable de la composition du sang.

Cette modification consiste en ce fait que, au lieu de trouver un globule blanc pour quatre à huit cents globules rouges comme avant Fapplication froide, on trouve après celle-ci les globules blancs en nombre double ou triple. Ces recherches ont été faites tant sur des sujets sains que sur des malades.

Les expériences de "SVinternitz ne sont pas concluantes à tous les points de vue. Elles établissent que l'aug'mentation du nombre des leucocytes existe toujours une demi-heure après le bain. La persistance de ce phénomène n'est pas exactement déterminée, mais on le constate encore, dans certains cas, au bout de deux heures.

AVinternitz regardait ces observations comme les seules de ce genre avant d'avoir pris connaissance des résultats d'expériences semblables présentées parle professeur Rovighi au Congrès international de Rome. Ces dernières expériences, faites sur le lapin et sur Thomme, démontrent que la chaleur diminue le nombre des leucocytes des deux tiers et que le froid le double.

La diminution du volume de la rate et l'augmentation de la pression sanguineet du tonus vasculaire après une application froide sont des faits démontrés depuis un certain temps. N'estil pas possible, demande W'internitz, que les leucocytes soient chassés hors de la rate, du foie et de la moelle osseuse et passent eu plus grand nombre dans le courant sanguin ?

Le D' William Sydney Thayer, de Johns Hopkins University, à Baltimore, prétend que les observations qu'on vient de citer confirment les résultats qu'il a obtenus en expérimentant sur lui-même. Il prend un bain à 70° F. (21,1° C), d'une durée de vingt minutes, qu'il fait suivre d'une réaction douce, sans frisson, la peau se trouvant rouge et chaude. La numération des globules sanguins est faite immédiatement avant le bain, et de nouveau quinze minutes après ; elle donne la première fois 10.333 leucocytes et la seconde fois 12.333.

Des recherches plus récentes ont été entreprises par Aloïs Strasser (1), sur la demande du professeur AVinternitz.Le sang était pris aux sujets avant leur lever, ensuite avant leur repas, et de nouveau, à plusieurs reprises, à la suite de l'opération hydriatrique. Le plus grand soin était apporté aux examens, et

(1) BUitter fur klinische Hydrothérapie, novembre 1893.

ACTION DE l'eau DANS l'ÉTAT DE SANTÉ 65

le contrôle poussé assez loin pour éviter toute erreur possible. La mesure de riiémoglobine était pratiquée à l'aide de l'hémomètre de Fleischl avec la solution salée à 0,6 pour cent ; la numération des globules au moyen de l'appareil de Thoma- Zeiss, avec la solution à 2,5 pour cent de bichromate dépotasse pour les hématies, et la solution à 0,1 pour cent d'acide acétique cristallisable pour les leucocytes. La dilution du sang était toujours à 0,5 pour 101. Les individus en expérience étaient sains ou atteints d'indispositions légères. Les numérations, pratiquées par plusieurs assistants, n'étaient acceptées que lorsqu'elles se trouvaient concordantes. Les résultats indiquaient (à la suite de toutes les opérations thermiques et mécaniques agissant sur la surface entière, comme le drap mouillé froid, l'immersion, le demi-bain, les douches de toute sorte, le bain d'air chaud suivi d'une application froide, la douche écossaise qui fait succéder le froid au chaud, le bain froid avec de rares exceptions) une augmentation du nombre des globules rouges dans le sang prélevé à l'extrémité du doigt ou au lobule de l'oreille. Les leucocytes, presque toujours, étaient en plus grand nombre, et la teneur en hémoglobine était plus élevée. L'augmentation maxima du nombre des hématies montait chez cinquante-sept sujets à 1.860.000 par millimètre cube, celle du nombre des leucocytes atteignait presque le triple du nombre normal; l'augmentation maxima de l'hémoglobine était de i i pour cent. L'examen n'était pas toujours fait immédiatement après l'opération hydriatrique, mais souvent au bout d'une heure. Il est à remarquer qu'une multiplication des leucocytes était observée à un moment oîi le nombre des hématies avait commencé à décroître. Quelquefois cette multiplication pouvait être notée encore au bout de deux heures, délai après lequel, dans la plupart des cas, la diminution commençait. On n'a pas déterminé le temps que mettait le sang à revenir à son état antérieur. Dans quelques cas observés d'une façon plus suivie, il n'y revenait pas tout à fait, mais une certauie augmentation du nombre des globules restait permanente.

AVinternitz conclut avec raison qu'on ne peut douter de l'existence de modihcations survenant après toutes les applications froides qui enveloppent le corps tout entier. L'exercice musculaire produit un effet quelque peu semblable.

Après les bains d'air chaud et les bains de vapeur, on observe dans la plupart des cas une diminution du nombre des globu-

Bahlch. — Hydrothérapie. o

66 PRINCIPES DE l'hydrothérapie

les rouges, qui est suivie chez les individus robustes d'une augmentation modérée.

Les applications thermiques locales, comme les bains de pieds froids, les douches en éventail sur les cuisses ou les genoux et les bains de siège, amènent une diminution du nombre des globules rouges et des globules blancs dans le sang prélevé au lobule de l'oreille, tandis que l'on trouve dans les parties atteintes par Teau froide une augmentation manifeste de ces éléments.

Il est probable que cet accroissement dans le nombre des éléments figurés du sang n'est îpas la conséquence d'une formation récente ou nouvelle.

Comme les mêmes résultats ont été obtenus presque constamment dans soixante cas, on peut dire que toute erreur est exclue de ces expériences.

L'augmentation, d'ailleurs, est trop considérable pour être trompeuse : 1.800.000 hématies et 1.300 leucocytes par millimètre cube.

Le fait que le nombre des éléments diminue progressivement jusqu'à ce que l'état antérieur se soit rétabli démontre d'une façon concluante que les effets observés sont dus aux modifications subies par la circulation : action du cœur, tonus des vaisseaux et des tissus. Dans les conditions favorables qu'établissent, comme on le sait, les applications froides, les globules sanguins sont chassés des organes où existent une stase et une accumulation de ces éléments.

Les observations que nous venons d'exposer nous apprennent comment l'augmentation du nombre des globules sanguins, qui constituent le véhicule de l'oxygène et de l'acide carbonique, peut avoir un effet thérapeutique marqué. Elles expliquent clairement l'influence des actions tliermiques appliquées sur la surface du corps.

L'action des phénomènes vaso-moteurs sur la composition et l'état physique du sang humain a été l'objet de ^^echerches de la part de Knoepfelmacher (1). Ces recherches furent entreprises à la suite de celles que le professeur Kraus venait de faire sur les facteurs vaso-moteurs qui entrent en jeu dans les pyréxies et sur leur influence sur le sang. Knoepfelmacher a étudié la proportion des globules sanguins, la teneur en hémoglobine et le poids spécifique du sang à la suite des applica-

(1) Wiener l:Iinische Rundschau, 1894.

ACTION DE l'eau DANS l'ÉïAT DE SANTÉ 67

tions thermiques qui déterminent une contraction et une dilatation prononcées des vaisseaux.

On sait que la section de la moelle au-dessus de l'origine des splanchniques est suivie de perturbations intenses et rapides dans la circulation. L'excitation de la moelle sectionnée amène une contraction des vaisseaux dilatés et élève la pression sanguine au-dessus de la normale. La section delà moelle entraîne toujours une diminution marquée du nombre des globules sanguins ; l'excitation des nerfs périphériques produit avec la même rapidité une augmentation du nombre de ces éléments, dans la proportion de vingt-cinq pour cent et plus. D'après Cohnstein et Zuntz, l'effet est le même sur les leucocytes et les hématies. Parallèlement à ces modifications dans la composition du sang, se manifeste un changement très accentué du calibre des petites artères et des capillaires.

Grawitz a étudié les différents résultats de l'excitation thermique des vaso-moteurs, en vue de déterminer les variations du poids spécifique du sang. Il a observé que les brusques changements de température produits par la douche, la friction ou le bain froids amènent une augmentation de la densité du sang, et que les applications chaudes en provoquent la diminution = Grawitz pense que la contraction des vaisseaux détermine une transsudation de sérum dans les tissus, et par là une concentration du sang, tandis que la dilatation des vaisseaux produit un phénomène inverse. L'activité régulatrice des centres vaso-moteurs équilibre ces fluctuations d'une façon tout à fait remarquable.

Knoepfelmacher a recherché si ces modifications du sang humain, qui sont dues, comme on l'a établi, à des conditions mécaniques, altèrent notre conception actuelle de la nature physiologique de la leucocytose.

Afin d'obtenir une contraction et une dilatation marquées des vaisseaux, Knoepfelmacher s'est servi de l'excitation réflexe des nerfs vaso-moteurs par les bains chauds et les bains froids. On a déjà établi, par des expériences sur les animaux, que l'application de la chaleur et du froid sur la peau est suivie, par action réflexe, de changements dans le calibre des vaisseaux, même en dehors de toute modification de l'activité cardiaque. On ne peut, sans de grandes imperfections, employer ces méthodes chez fhomme; cependant Knoepfelmacher a réalisé des expériences comparatives qui, du moins, rendent très probable cette hypothèse, que les changements apportés à la com-

68 PRINCIPES DE l'hYDROÏUÉRAPIE

position du sang ne sont pas dus à des modifications purement locales de la concentration de ce liquide. Il examine le sangpris à l'extrémité du doigt chez des individus normaux (en excluant toujours la leucocytose de la digestion) une demiheure avant le bain, puis au moment où le relâchement consécutif au bain chaud est bien marqué. Ce bain a une durée de dix-huit à vingt minutes ; l'eau est à une température de 96° à 107'' F. (35,5° à 41.7°C.). Les bains froids durent de dix à douze minutes, à la température de 62° à 75» F. (16,6° à 23,8° C). La numération des globules rouges est faite avec l'appareil de Thoma-Zeiss, des blancs avec celui de Thoma-Lyon; l'hémoglobine est dosée avec l'appareil de Fleischl, et le poids spécifique établi d'après la méthode de Hammerschlag. Les résultats donnés par dix bains chauds et dix bains froids semblent parfaitement constants ; à la suite du bain froid le nombre des globules sanguins augmetite rapidement ; û commence k augmenter deux minutes après que le sujet est entré dans le bain. L'augmentation maxima est de trente pour cent; une diminution se produit au bout d'une demi-heure ; dans un cas seulement l'augmentation persistait après ce délai. La teneur en hémoglobine et le poids spécifique s'accordent avec les résultats précédents. Les globules blancs se comportent de différentes façons. Dans huit ou dix examens distincts leur nombre subissait une augmentation plus considérable, huit pour cent en plus, que celles des globules rouges. Cet excès était passager; il cessait au bout d'une demi-heure. Des bains très cliauds suivis de transpiration amenaient un accroissement du nombre des globules sanguins, relativement plus marqué pour les leucocytes. Des bains chauds, qui déterminaient une dilatation nette des vaisseaux visibles, entraînèrent dans sept examens sur dix une réduction de vingt-trois pour cent du nombre des globules, accompagnée d'une diminution du poids spécifique. Le nombre des globules blancs ne subit pas une réduction aussi marquée que celui des globules rouges, sauf dans un cas, mais seulement une légère diminution.

E. Mangranti (1) a fait, à la clinique du professeur Bozzole, à Turin, quelques expériences sur les modifications amenées dans la constitution cellulaire du sang par l'immersion et par les applications de glace. Il se proposait de vérifier les expériences de Thermes, Winternitz, Thayer, Roviglii, Murri, Pozzo,

(I) Giornale dellu Reale Accademia, 10 octobre 1895.

Grawitz, parce que quelques-unes d'entre elles paraissent incomplètes. Il pratiqua des examens sur trente-six cas, avant et après une application d'eau, soit entre 102" et 122° F. (38,9°- 50° C), soit entre 39" et 32° F. (15°-0° G.)- Les numérations étaient faites avec l'appareil de Thoma-Zeiss, la quantité d'hémoglobine déterminée à l'aide de l'appareil de Fleischl et contrôlée au moyen du chromocytomètre de Bizzen.

Mangranti expose en détail ses recherches et donne les conclusions suivantes :

a) L'augmentation la plus considérable de globules rouges, s'éleA'ant fréquemment à plus de deux millions par millimètre cube se produit au moment où les vaisseaux cutanés sont le plus dilatés, à la suite d'une application prolongée et intense du froid, aussi bien que du calorique, ces deux facteurs opposés déterminant en fin de compte des effets identiques : de la congestion et de la stase. — b) Une augmentation non douteuse du nombre des hématies au cours de la période de contraction vasculaire suit les applications froides. — c) Une diminution du nombre deshématies, environ de un millionpar millimètre cube, se produit après une courte application de calorique. — d) Les leucocytes partagent le sort des g-lobules rouges, mais seulement dans une certaine mesure. — e) Dans beaucoup de cas, on constate une diminution de l'hémoglobine, dont la quantité ne correspond pas au nombre accru des globules rouges.

Les différences que l'on remarque entre les résultats de Knoepfelmacher et ceux de Mangranti sont faciles à expliquer par la différence des techniques employées. Mangranti n'indique pas la durée de ses « bains prolongés ». Ils étaient, sans doute, très courts, car les individus qui pourraient supporter des bains prolongés entre 102' et 122° F. (38,90-50° C.) et entre 32° (?) et 39° F. (0°— 13o C.) n'existent pas.

Les résultats de Mangranti — augmentation du nombre des globules rouges, après les applications très chaudes, aussi bien qu'après les applications froides, et diminution de ces éléments à la suite de courtes applications chaudes, — prouvent d'une façon concluante que la chaleur et le froid agissent tous deux comme des excitants, mais que le relâchement secondaire des tissus produit par la chaleur, qui est dû, après les bains prolongés, à l'absorption de calorique par la peau, manque après de courtes applications ; tandis que, à la suite des applications froides, le processus de sélection artérielle de

70 PRINCIPES DE l'hydrothérapie

Bier et le renforcement de la vis a tergo fournie par le cœur, comme on l'a indiqué ci-dessus, déterminent, en s'associant, une réaction qui maintient le tonus vasculaire et remplit les capillaires de sang artériel.

2-^ Modifications de la densité du sang. — Le D' Burton- Opitz rapporte les résultats de six expériences faites sur des chiens dans le laboratoire de physiologie de Columhia University (1). Après avoir soumis ces animaux à l'action de bains à 43" C. et à 23° C. on étudie la viscosité de leur sang. Les carotides sont mises au jour, les animaux étant maintenus dans la baignoire sous une légère narcose à l'éther. L'auteur pense avoir établi d'une façon concluante que la viscosité du sang est nettement accrue par les bains froids et diminuée par les bains chauds; le poids spécifique suit un mouvement parallèle. Les tableaux suivants résument deux de ces expériences.

Comme Burton-Opitz ne donne pas d'explication physiologique de ces phénomènes, dans son travail, j'en ai cherché une dans les expériences de Lœwy : Cet auteur expose des lapins dans une' caisse spacieuse à une température de près de 100° F. (37,8° C), pendant vingt-quatre heures (2). « Le sang pris dans les gros vaisseaux des oreilles est plus aqueux qu'à l'état normal, malgré que l'évaporation par transpiration soit plus considérable. Le sang devient plus iluide. »

Le corps doit alors devenir plus pauvre en eau. Pour le prouver, on détermine la quantité d'eau contenue dans les muscles. Dans le plus grand nombre des expériences, on les trouve plus pauvres en eau, ce cjue La^wy considère comme dû à la perte générale d'eau que subissent tous les tissus. Le plasma du sang augmente manifestement. La clialeur produit un accroissement d'étendue de l'appareil circulatoire ; la résistance opposée au cours du sang, et par conséquent la pression sanguine sont diminuées. De ce fait la Iranssudation du plasma dans les tissus et les espaces lymphatiques se réduit, ce qui amène une augmentation du plasma du sang. Mais cette explication est peut-être insuffisante, car, si la dilatation des vaisseaux cause un abaissement de la pression dans les petites artères, il ne s'en suit pas nécessairement qu'elle pro-

(1) Journ. of Exj)erimental Medicine, janvier 1906.

(2) Berliner klinische Wochenschrift, n» 41, 1896.

BU11X181U aOU3J3J(!Q

•Aj ap

co

aunsXoiu .In^ll.7^

ro

oo

oo

OI CO ÎQ

oo oo oo

CO <=) Ci

-Jj> fo ---r

o CI -th m

X 'd);soosiA ap

Ci X) ÇO

13 îO 05

CO Ci ^-^ >0

fM co co

':o 00 Ci

IVaiDIdi'JOO

:■; o oc --f Ci Ci oo oo

Sh ap

CD Oî 05

o o o co L-o ro

sa.naïuiiiiiu uè

-T^ ci (-•

Ci -^ c<i

ro co M

lO o' ci ^

m -* ro

irj lo lo

— . fO ■-■i'

co ce m co

V'OISSaHd

-th -r4 -«ri

sapuoass ua

3M >o ro

Oî 00 ;o ■:-> i— <M

Ci o Ci

Cl ^ -Jî ^

ro ■«' <ri

o o CI

s-i co cri

sdivax

-ri ^H -^

sauiinejSiiiiui ua

<M -th -tH

Ci Ci r-

Ci i^ --O ce

'ajiBlIidca

-■■? -M ro

fM >o oo

1— Cl -r^

•^H ao CM oo

aqti} ai jBd aiujnoj

<=• oc 'X:

C5 t— CO

oo 'Xl co

;o ---f t^ co (- oo

CO CI oo Ci

t- o ce -i^H

giuMvnO

-rH -^ (Tl

■rt C] Cl -r^

ta

SuBs np

ce

anljijpads spioj

tr.

là

sainuiiu ua

ce

'niBq np inaiu -aDuatuuioo a[ sindap

:-^ o :.-; c -r- ro -!f co

Ut

ainooa sdiuax

g f uaïq.) np

•oo 1 1 •

g V a|Bpa.i

1 1 Ci

1 co

C'T rc

ro c:

CO

CD

S f "Ba.i ap

ÇM ~ ~

ci - " *=

suatucxa sap

-^ CM ce

^H Cl co

-■i- i.e CD r-

BViaao.a ua;iKnK:

^^-vy— »-^^

"cS

rf

Si

fl

ri -a

^ ai

bb

yo

fM

72 PRINCIPES DE l'hydrothérapie

duise un pareil abaissement dans les capillaires, comme Heidenhain et d'autres auteurs Font montré. L'abondance de la transsudation du plasma sanguin dépend surtout de la pression dans les capillaires. En outre, comme la chaleur entraîne une déperdition plus grande d'eau, principalement par les poumons, il peut se faire que cette soustraction d'eau atteigne la circulation artérielle, et que les capillaires s'appauvrissent d'une certaine quantité d'eau. Ainsi s'établit un processus d'équilibration osmotique, par suite duquel les liquides passent des canaux lymphatiques et des espaces interstitiels des tissus dans les vaisseaux sanguins. Mais ce processus osmotique, quelle que soit son étendue, ne peut, à lui seul, rendre le sang plus fluide.

Comme cette dilution du sang ne peut être établie sur des preuves absolues, Lœwy propose d'en démontrer l'existence d'une autre manière. Huit lapins sontplacés de quinze minutes à une demi-heure dans une caisse dont la température est maintenue entre 148" et loO^F. (64,4° et 6o,oo C). On observe chez chacun d'eux une réduction marquée, souvent très considérable, de la densité du sang ; ce phénomène est tout aussi net qu'après un séjour de vingt-quatre heures dans une caisse à la température de 86° à 91" F. (30- à 32, 7° C). On ne trouve pas de différence entre l'effet d'un chauffage de deux heures et celui d"un chauffage de quinze minutes. Le nombre des globules rouges est diminué. L'influence d'une exposition même très courte à la chaleur sur la composition du sang en circulation paraît donc très considérable. De quelle façon expliquer ces modifications ? Il ne peut y avoir aucun changement absolu dans la quantité des éléments figurés du sang ni dans le plasma; le nombre des premiers ne saurait être diminué d'une manière absolue; et le plasma ne peut subirune augmentation aussi importante au cours d'une expérience aussi brève. Nous devons donc ïidmettre que ces modifications sont le résultat d'un changement dans la proportion des globules du sang relativement à ses éléments liquides. En outre, l'évaporation de l'eau de l'organisme, pendant ces expériences de courte durée, n'est pas suffisante pour augmenter la viscosité dusang. Il ne peut s'établir, des tissus aux capillaires, de courant osmotique considérable, en tout cas, assez considérable pour augmenter le plasma sanguin. Même s'il en était ainsi, cela n'expliquerait pas l'appauvrissement du sang que l'on remarque. Cohnstein et Zuntzont montré que les phénomènes osmotiques

ACTION DE l'eau DANS l'ÈTAT DE SANTÉ 73

de cette sorte se produisent très lentement, trop lentement pour réaliser les modifications exposées plus haut.

Lœwy pense que le phénomène de dilution du sang peut être expliqué mieux de la façon suivante. En raison de l'augmentation d'étendue du système capillaire déterminée par la dilatation des vaisseaux cutanés, une plus grande quantité d'éléments figurés pénètrent dans les vaisseaux qui se trouvaient précédemment remplis seulement de plasma (les vasa serosa), ou qui n'offraient de place qu'à un petit nombre de globules. Ces globules sont soustraits en grand nombre aux vaisseaux de plus gros calibre, qui sont précisément ceux dont on prélève du sang dans les expériences.; ce sang perd ainsi ses éléments figurés, sa densité est diminuée, la plasma ne paraît pas modifié.

Des expériences de Cohnstein et Zuntz prouvent manifestement que des changements dans le tonus vasculaire peuvent amener des modifications aussi considérables et aussi rapides dans la composition du sang que celles que Lœwy a mises en évidence dans ses expériences dune durée de quelques minutes.

Ces auteurs ont trouvé que le contenu globulaire des vaisseaux sanguins de calibremoyen dépendde l'état descapillaires et de la quantité de sang que ceux-ci contiennent. Les causes qui entraînent la contraction des capillaires augmentent le nombre des globules dans les vaisseaux; inversement, celles qui amènent la dilatation des capillaires réduisent ce nombre. Ce dernier résultat, par exemple, se manifeste après la section de la moelle, pendant la stase veineuse, et pendant l'activité musculaire. Schoenburg et Zuntz attribuent les modifications subies par le sang sous l'influence des altitudes élevées aux changements du tonus vasculaire. Les modifications remarquables produites par la lumière dans la composition du sang peuvent également être imputées à la même cause, comme Fuller Ta constaté dans le laboratoire de Zuntz.

Dans toutes les expériences dont il vient d'être question, c'est toujours la chaleur qui intervient, de la même manière et avec ;la même rapidité, pour entraîner une diminution du nombre des éléments globulaires dans les vaisseaux, et par là une réduction du poids spécifique du sang.

On a publié un grand nombre d'autres recherches sur l'influence exercée par les agents tliermiques sur la composition du sang. Elles se rapportent toutes à des applications de courte

74 PRINCIPES DE l'hydrothérapie

durée. Winternitz (1) dit que le froid amène toujours une concentration du sang, causée par l'augmentation du nombre des globules rouges, que la chaleur diminue, au contraire, dans la majorité des cas.

Knoepfelmacher (2) a enregistré des résultats semblables. Winternitz, Knoepfelmacher, Mangranti ont toujours examiné le sang total pris dans une partie du corps. Malgré la similitude de leurs résultats, leurs interprétations diffèrent. Tous trois attribuent les phénomènes observés à l'action exercée par les agents thermiques sur la musculature des vaisseaux — contraction de vastes départements vasculaires par le froid, dilatation par la chaleur.

Winternitz et Knoepfelmacher expliquent ces phénomènes par une théorie d'après laquelle les modifications du calibre des vaisseaux, en dehors des changements qu'elles produisent dans la circulation, amènent des changements dans la distribution des globules sanguins; ces auteurs n'admettent aucune variation de lafluidité du plasma. Winternitz soutient, en outre, que Taugmentation du nombre des éléments figurés sous l'influence du froid est due à ce fait que des masses considérables' de globules sanguins passent dans la circulation générale, chassés d'organes dans lesquels une stase ou une accumulation quelconque de sang s'était établie. A l'encontredecette opinion, Grawitz a affirmé, à maintes reprises, que ces phénomènes ne sont pas dus à la distribution des globules, mais à l'état du sérum sanguin; pour cet auteur, l'excitation des vaso-moteurs par le froid et l'élévation consécutive de la pression sanguine amènent une transsudation d'eau du sang dans les tissus, et, par là, une concentration du sang; le résultat inverse se produit sous l'effet de la clialeur, qui entraîne une diminution de la pression sanguine, fait ainsi passer de l'eau des tissus dans les vaisseaux et dilue le sang. Cette opinion ne peut être acceptée, même en tenant compte des expériences de Cohnstein et Zuntz, et les recherches de LœMy sur la densité du sang la contredisent. Ce dernier auteur s'accorde donc avec Winternitz et Knoepfelmacher, qui considèrent un changement dans la répartition des globules sanguins dans l'appareil vasculaire, comme l'agent principal des variations de la densité du sang. L'exactitude de la théorie de Winternitz qui attribue, dans ces phénomènes, un rôle aux organes internes aussi bien qu'aux

(i) Ceidrulblalt fitr innere Medicin, 1893. (2) Wiener /clinische Wochensclirift, 1893.

ACTIOIN DE l'eau DAÎVS l'ÉTAT DE SANTÉ 75

vaisseaux de la peau, semble prouvée par le.s recherches de Breitenstein, qu'on trouvera ci-dessous. Lœwy espère avoir montré, en publiant ses résultats, l'importance pratique des recherches de Cohnstein et Zuntz, que l'on n'avait pas assez reconnue. Il fait remarquer, en même temps, qu'on ne peut élucider les problèmes rencontrés dans l'étude du san^^-, si l'on s'en tient à déterminer l'état du sany en un seul point ou en plusieurs points placés dans les mêmes cond itions. Pour aboutira des conclusions d'ordre général nous devons, comme Breitenstein, examiner le sang de plusieurs départementsvasculaires se trouvant dans des conditions circulatoires diiTérentes; ou bien nous devons examiner, en outre du sang complet, au moins un de ses éléments, liquide ou cellules.

Breitenstein (1) a publié des recherches qui jettent une vive lumière sur cet intéressant sujet. Il prend du sang à des sujets sains et à des malades par une petite incision au lobe de l'oreille, en le recueillant sans exercer de pression. L'individu en observation se couche, le corps légèrement élevé, sur un canapé, dans un une chambre vide. On attend de un quart d'heure à une heure avant de prélever le sang, que l'on examine à l'aide des appareils les plus récents. Le sujet prend un bain de 77° F. (25" C), d'une durée de dix minutes, puis reste de nouveau au repos. On examina ainsi onze hommes sains et trois jeunes filles chlorotiques.Chez huit individus on constata une augmentation du nombre des globules rouges; chez trois, dont deux chlorotiques, une diminution insignifiante. Ainsi se trouvait démontré le fait que les bains frais déterminent une augmentation du nombre des globules sanguins dans les vaisseaux périphériques. Winternitz a obtenu les mêmes résultats, mais par des opérations hydriatriques qui amènent une réaction énergique dans la peau. Breitenstein conclut qu'une réduction légère de la température ne joue aucun rôle, parce que dans ses expériences on ne pouvait noter aucune relation entre l'abaissement de la température et l'augmentation des globules sanguins. Cette opinion se trouve confirmée par des expériences faites avec de l'antipyrine, dans lesquelles la réduction la plus considérable de la température n'était pas toujours accompagnée de l'effet le plus marqué sur les globules rouges. Ni la baisse de la température, ni la diminution de la respiration,

(1) Arc/iii' l'iir experii/ieiilelle Valhologie und Pharmakulogk', Bd., ol,

ib PRINCIPES UE L HYDROTHERAPIE

ni le ralenlissement du pouls ne fournissent la clef des variations du nombre des éléments figurés. On ne peut parler d'une nouvelle production de globules : il ne peut s'en former un aussi grand nombre dans Tespace d'une heure. Suivant Breitenstein, on peut à peine songer à une modification du plasma pareille à celle qu'admet drawitz; il est très difficile, en effet, comme on le sait bien, de modifier la composition normale du sang pour une certaine durée. Où ces globules sanguins restentils cachés? Ils ne peuvent pas se détruire, pas plus qu'ils ne le font dans les états fébriles, oîi l'on n'a jamais aucune raison de dire que le sang est dilué. Ils doivent s'être logés quelque part. Breitenstein recherche s'ils se trouvent dans le foie, en prélevant en même temps du sang dans cet organe et dans l'oreille, en prenant toutes les précautions nécessaires à l'égard du mouvement, des repas, etc., avant et après l'application de calorique. Les globules sanguins sont en nombre égal dans l'oreille et dans le foie avant que les animau.\ n'aient été soumis à l'application très chaude; mais, après cette opération, on constate une énorme augmentation du nombre des globules dans le foie, comme l'indique le tableau suivant.

EXPERIENCES SUR TROI.S LAPIXS SURCHAUFFES

POIDS en

Page 1