‹ La pratique dermatologiqueChapitre 153 sur 233 · CH AUDRY · texte numérisé non relu

CH AUDRY

PHLYCTÉNOSE RÉCIDIVANTE DES EXTRÉMITÉS.

2° Formes frustes. — Elles comprennent quelques cas où l'on a vu des individus, hommes ou femmes adultes, offrir sur un ou plusieurs doigts de la main, ou sur un seul côté d’un seul doigt, des éruptions tantôt vésiculeuses, tantôt phlycténulaires el purulentes comme dans la variété type ; les ongles sont respectés; il n’y a guère d’autres symptômes subjectifs que du prurit. Aucune atrophie; aucun trouble de la sensibilité ; aucune anomalie n’est notée dans l’état général.

La maladie est infiniment récidivante.

Parmi les cas que j’ai définis comme variétés frustes des phlycténoses récidivantes, il en est qui représentent assurément des formes incomplètes, légères, de la maladie type; il en est dont la détermination n’est pas encore complètement assurée.

5° Forme maligne , progressive. — - Elle est représentée par un seul cas de Frèche-Hallopeau. Après être restée pendant 5 ou 4 ans fidèle à son type ordinaire, la maladie affecta une extension progressive tout à fait maligne; le tégument se couvrit de phlyctènes purulentes, érosives, plus ou moins comparables aux lésions de l’impétigo herpétiforme, et le malade finit par succomber dans le marasme.

Anatomie pathologique. — Il n’existe à ce sujet que les examens faits par Laffitte sur le malade Erèche-Hallopeau, il note expressément de la névrite légère dans le cubital, intense sur un collatéral d’un orteil.

Sur la peau : disparition de la couche cornée; amincissement du corps muqueux; disparition des papilles; violente inflammation sous-épidermique. Dans les viscères, signes d’infection.

Étiologie. — Nature. — Nous ne savons rien de précis sur l’origine de la maladie. Provisoirement, on peut la considérer comme le résultat d’une névrite périphérique entraînant des altérations trophiques de l'épiderme auxquelles s'associent des troubles infectieux causés par des microbes variables.

Diagnostic. — Elle se différencie de la maladie de Raynaud par l’absence de tout signe asphyxique, par l’aspect et la marche des éléments éruptifs dont la forme est constante; l’absence de toute espèce de troubles nerveux concomitants, le caractère constamment superficiel des phlyctènes, l’absence des mutilations profondes permettent d’éliminer facilement le panaris syringomyélique. Le siège et la limitation aux extrémités, la marche et la durée de l’affection, 1 intégrité de l'état général séparent les phlycténoses récidivantes de l’impétigo herpétiforme. Au début, au moins pendant les premières semaines, l’affection se confond presque fatalement avec de simples tournioles.

Pronostic. — La maladie est incurable. D'une manière générale, elle ne paraît pas compromettre l’existence; mais elle rend difficile ou impossible tout travail utilisant un toucher délicat. Il faut toutefois se souvenir qu’un malade a succombé après avoir présenté des accidents d’infection purulente généralisée de la peau.

PHTIRIASES.

Traitement. — Aucun traitement n'a donné de résultats appréciables cl durables.

Par W. DUBREUILH.

fHTIIUASESC)

Etym. : <l>0sipîaffiç, de cpQstp, pou.

Les phtiriases sont des dermatoses causées par la présence cl le parasitisme des poux.

Les poux sont des hémiptères du sous-ordre des aptères qui est caractérisé par l’absence d'ailes et tic métamorphoses. Ce sous-ordre contient deux familles, les riciniclés qui ont un appareil buccal masticateur, une tête large et un prothorax distinct : ce sont des parasites des animaux dont nous n’avons pas à nous occuper; et les pédiculklés qui ont un appareil buccal en suçoir, une tète ordinairement allongée el un prothorax non distinct.

Les pédiculidés sont tous parasites; on y distingue sept genres dont deux seulement, Pediculus el Phtirius, vivent sur l'homme. L’un et l’autre ont des antennes à cinq articles el des pattes à une seule griffe, mais les Pediculus ont le thorax plus étroit que l’abdomen tandis que les Phtirius l’ont plus large.

Le genre Pediculus comprend deux espèces : Pediculus capitis ou pou de lèle el Pediculus corporis ou pou du corps. Le genre Phtirius ne comprend qu’une seule espèce : Phtirius pubis. A ces trois espèces correspondent trois tableaux cliniques distincts.

Page 1