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POU DE TÊTE

le dernier anneau porte une échancrure médiane et postérieure à la partie ventrale de laquelle se trouve la vulve. .Chez le mâle les bords latéraux sont plus unis; l’extrémité postérieure est arrondie et le dernier anneau porte sur sa l'ace supérieure et sur la ligne médiane une ouverture par laquelle fait saillie le pénis. Le rostre comporte extérieurement une gaine molle et rétractile formée par les lèvres supérieure et inférieure soudées; intérieurement un dard très aigu formé par les mandibules et les mâchoires. Pendant la succion la gaine molle s’applique sur la peau et s’y cramponne par de petits crochets disposés sur son bord.

La coloration générale du corps est d’un gris cendré à cause des points noirs qui bordent l’abdomen, mais cette teinte est assez variable; le pou de tête devient plus pâle et blanchâtre chez les Lapons et au contraire plus foncé, presque noir, chez les nègres. Il en résulte qu’on peut reconnaître un pou de nègre égaré sur la tête d’un blanc. 11 ne s’agit pas là comme l’avait cru Fabricius d’espèces ou tout au moins de variétés différentes, mais simplement d’un phénomène d’adaptation au milieu.

La femelle pond une cinquantaine d’œufs ou lente -s longs d’un peu moins d’un millimètre et d’un éclat gris nacré; ils sont fixés obliquement sur le cheveu par un anneau chitineux très adhérent. Ils sont toujours pondus très près de la peau, dont ils sont ensuite éloignés par la croissance du cheveu. On trouve ainsi des lentes échelonnées sur une très grande longueur, ceux qui sont le plus bas étant seuls vivants, les autres étant éclos et vides. J’en ai compté jusqu’à cinquante-trois sur un seul cheveu. On peut par la distance de la racine des lentes les plus éloignées juger approximativement de l’époque à laquelle remonte le début de la pédiculose.

Les œufs éclosent au bout de cinq ou six jours, les petits sont en tout semblables à leurs parents, ne subissent aucune mue et trois ou quatre semaines après ils peuvent déjà se reproduire.

Description clinique. — Le pou de tête s’observe presque exclusivement chez les enfants des deux sexes, chez les jeunes filles. On en voit aussi chez certains malades, notamment chez les phtisiques jeunes. Dans les écoles primaires fréquentées par des enfants de la classe ouvrière, la pédiculose du cuir chevelu, est d’une extrême fréquence, et ce n’est que par des soins méticuleux qu’un enfant peut échapper à la contagion. Aubert (*) a trouvé que sur 105 enfants de la clientèle hospitalière, 78 avaient des lentes ou des poux, 18 en avaient eu et 8 n’en avaient jamais eu. Greene (*), de Boston, sur 756 enfants des écoles primaires, trouve que 26 pour 100 n’avaient pas de lentes, 51 pour 100 en avaient quelques-unes, 56 pour 100 en avaient beaucoup et 7 pour 100 en avaient énormément. D’une façon générale les poux sont plus fréquents et plus abondants chez les enfants lymphatiques, mais il doit

(*) P. Aubeht, Un point d’hygiène scolaire. Les poux, les écoles. Lyon médical , 1879 III, p. 518.

(-) Gbeene, Pediculosis in Boslon’s public schools. Boston med. and sury. Journal. IS98,

t. cxxxvm, p. 70.

PIITIUIASES.

exister pour les poux de tête comme pour les autres parasites des prédispositions individuelles, certains individus ayant pour ces parasites un attrait que n'ont pas d’autres personnes. La fréquence de la pédiculosc est encore accrue par le préjugé qui veut que la présence des poux de télé soit une condition de bonne santé chez les enfants et l’on trouve encore des mères qui se refusent à débarrasser leurs enfants de la vermine; l’on en trouve même qui vont jusqu’à leur ensemencer la tôle pour les protéger contre toute sorte de maux.

Le pou de tête a pour habitat exclusif le cuir chevelu, bien que Lydston (') ail rapporté un cas d’envahissement de la région génitale chez une jeune tille. Il occupe surtout la région occipitale et c’est uniquement là qu’on trouve des lentes et des lésions de grattage dans les cas discrets.

Chez l’adulte le prurit s’étend souvent à la nuque et jusqu’à la base du cou.

Les piqûres déterminent un prurit très vif cl par suite du grattage. Chez les enfants bien portants on ne trouve que du prurit et quelques légères écorchures à la région occipitale, mais chez les enfants lymphatiques, mal nourris, mal tenus, le grattage détermine des lésions d’impétigo; il se forme des amas de croûtes qui arrêtent le peigne et constituent autant d’asiles pour les parasites. Les croûtes s’étendent à tout le cuir chevelu et les poux se multiplient en proportion. Il se forme ainsi une calotte épaisse de plusieurs centimètres couvrant toute une partie du cuir chevelu, formée de pus desséché, agglutinant les cheveux; sous la croûte se trouve une nappe de sérosité purulente, fétide, dans laquelle macère le cuir chevelu érodé mais non ulcéré. Dans ces croûtes les poux fourmillent.

L’impétigo né sur le cuir chevelu peut se propager à la face sous l’influence du grattage. Il provoque souvent de l'adénopathie rétro-cervicale et quelquefois des adéno-phlegmons graves de la nuque.

La suppuration abondante, la résorption de produits putrides par le cuir chevelu érodé altèrent l’état général : les enfants deviennent anémiques, pâles, bouffis, perdent l’appétit, ils ont de l’albuminurie et se cachectisenl. Picard (2) a rapporté des cas de cachexie pouvant aller jusqu’à la mort; Aubert (3) a montré par des observations précises que l’anémie et la cachexie sont bien le résultat de la pédiculose, car elles disparaissent aussitôt et l’enfant se met à augmenter de poids dès qu’un traitement purement local a fait disparaître les poux. Laurent (4) a rapporté un cas d’impétigo pédiculaire chez une fille de trois ans terminé par la mort.

Il faut songer à la pédiculose dans tous les cas d’impétigo du cuir chevelu chez les enfants, surtout si l’éruption est limitée ou prédomine à l’occiput; ou même quand il y a simplement du prurit dans cette région; il y faut songer encore quand chez une jeune femme on trouve du prurit et du grattage de la nuque et de la partie supérieure du dos, et cela quelle ({lie soit sa position

(') F. Lydston, Pediculi capitis as a cause of pruritus vulvæ. Journal of cutaneous ancl yen. urin. dis., 1892, p. 599.

(*) Picard, De la cachexie pédiculaire. Bull. yen. de thcr., 1858, l. XIV, p. 177.

(3) Aubert, loc. cil.

(4) Laurent, Impétigo pédiculaire mortel. Arch. méd. de Toulouse, 1er août 1901.

[W. DUBREUILH .]

POU DU CORPS

sociale. Le diagnostic sera fixé par la découverte des poux ou plus souvent des lentes beaucoup plus faciles à trouver.

On ne confondra pas les lentes avec les grains épithéliaux nacrés qui sont enfilés sur les cheveux dans certaines formes d'eczéma séborrhéique; ceux-ci n’adhèrent pas aux cheveux, on les fait glisser facilement et ils n’ont pas la forme caractéristique des lentes.

Traitement. — L’impétigo pédiculaire disparaît généralement très vite par la seule destruction des parasites, de sorte que, quelle que soit son intensité, il n’y a pas lieu de faire de traitement préparatoire et qu’on peut s’adresser de suite aux préparations parasiticides. Chez les garçons on devra faire couper les cheveux ras, ce qui facilite le traitement; mais avec un peu de soin on pourra toujours s’en dispenser chez les jeunes filles. Les poudres insecticides qui pénètrent mal et les lotions aqueuses qui ne mouillent pas les cheveux et ne tuent pas les lentes sont des moyens médiocres. On réussit mieux avec des pommades au soufre, au baume du Pérou, au précipité blanc, au naphtol. J’emploie habituellement la pommade suivante :

Axonge . oO grâiïinics»

Précipité blanc . - —

Naphthol |i . -

On en sature le cuir chevelu et la chevelure le soir, et le lendemain on lavela tête avec de l'eau chaude et du savon. Plusieurs applications sont nécessaires si l’abondance des croûtes et l’intrication des cheveux gênent la pénétration parfaite de la pommade.

Dans les milieux misérables, où la plus stricte économie s’impose, on peut se contenter d’un mélange en parties égales d’huile d’olives et d’huile de pétrole, on en imbibe la chevelure le soir et on savonne le lendemain matin.

Ces préparations tuent les lentes mais ne les lont pas tomber. On ne peut s’en débarrasser qu’en ramollissant la chitine qui les fixe au cheveu. Il faut savonner la chevelure pour la dégraisser, laver avec du vinaigre chaud et peigner au peigne fin, on parvient ainsi, mais non sans peine, à faire glisseï les lentes jusqu’à l’extrémité du cheveu.

POU DU CORPS

Description zoologique. — Le pou du corps ( Pedicitlus corporis Lamark; Pediculis vestimenti Nitsch) présente un aspect général analogue à celui du pou de tête. Il est cependant un peu plus grand; le mâle mesure 5 millimètres sur 1. et la femelle 3mm,5 sur ln,m,14. Sa couleur générale est d’un blanc jaunâtre et il n’a pas la bordure de points noirs qui caractérise le pou de tête. On a signalé aussi quelques variations de teinte en rapport avec la couleur de

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PHTIRIASES.

la peau de son hôte. Les antennes sont un peu plus longues, les pattes un peu plus grêles. Les bords de l’abdomen sont un peu sinueux, mais ne présentent ni les échancrures ni les points noirs du pou de tôle.

La femelle pond de 70 a 80 œuls qu’elle dépose dans les plis des vêtements, laiement sur les poils lollels du corps. Les lentes, oblongues, ayant environ I millimètre de long, avec un éclat nacré très frappant, se trouvent quelquefois en quantité énorme dans les vêtements qui sont en contact avec la peau. La puissance de prolifération du pou du corps est considérable. Pignol rapporte que Leuwenhoek déposa deux femelles dans un bas de soie qu’il s’astreignit à porter nuit et jour. A la fin de la première semaine, les deux femelles avaient pondu une centaine d’œufs et en deux mois leur descendance s’élevait à 18 000 individus.

Description clinique — Le pou du corps est, à l'inverse du pou de tête, un parasite des vieillards. Il est très rare chez l’enfant et augmente de fréquence avec l’âge. On l’observe surtout chez des vieillards débilités par la maladie et la misère, mais cela n’est pas constant, car on peut le voir s’installer et pulluler sur des individus parfaitement bien portants. II a du reste des préférences inexplicables, de même du reste que tous les parasites animaux, et Crocker (*) rapporte à ce sujet une expérience assez curieuse faite par quatre étudiants en médecine. Ils se plaçaient autour d’une petite table sur laquelle était posé un pou ; quelle que fût la position des expérimentateurs, c’était toujours vers la même personne que se dirigeait le pou.

Le pou du corps habite les parties du vêtement qui sont en contact avec la peau, surtout les vêtements de laine, peut être parce qu’ils sont changés moins souvent. La chemise, et notamment les plis qui sont au-dessous du col, les gilets de flanelle, les pantalons, surtout dans les coutures, sont les endroits où 1 on trouve le plus souvent les poux et leurs lentes; on peut encore en trouver dans le collet de l’habit ou du corsage des robes, dans le gilet, les bas, la ceinture des jupons, car, lorsque les poux sont nombreux, ils débordent dans les parties du vêtement dont le contact avec la peau est moins immédiat. Il est exceptionnel d’en rencontrer sur la peau, si ce n’est quand on déshabille rapidement un malade : on peut alors trouver quelques poux surpris dans leur repas.

Les régions le plus fréquemment piquées par les poux du corps sont la partie supérieure du dos, le ventre, la ceinture, la poitrine et les segments supérieurs des membres. Les jambes sont rarement atteintes; les pieds, les mains, les avant-bras, la face, ne le sont presque jamais. Le premier symptôme déterminé par la piqûre du pou est le prurit accompagné d’une petite élevure urticarienne. Le prurit se fait surtout sentir le soir à la tombée de la nuit; la nuit est relativement assez tranquille, parce que les vêtements de nuit sont généralement moins infestés; du reste, les malades se grattent aussi dans la journée, et le prurit n’a pas d’horaire aussi bien déterminé que celui de la gale.

(l) R. Crocker, Diseases of the skin.

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