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ÉTIOLOGIE ET PATHOGÉNIE DES NÉ VRODERM1TES

Comme causes déterminantes des crises prurigineuses, on note fréquemment de violents chagrins, des pertes d’argent, des pertes de personnes chères, des soucis, des préoccupations, des frayeurs intenses, des secousses morales de toute sorte.

Il semble que dans les névrodermites diffuses le rôle pathogénique des ébranlements et du surmenage du système nerveux soit encore plus constant et plus accentué que dans les névrodermites chroniques circonscrites.

Les changements de saison et en particulier les fortes chaleurs interviennent parfois pour déterminer les crises.

Les intoxications diverses, et surtout le théisme, le caféisme, l’alcoolisme, les maladies rénales, l’arthritisme, etc., semblent aussi jouer un rôle important dans la pathogénie de ces affections; et c’est à ce point de vue que quelques auteurs ont en partie raison quand ils font de ces affections des toxidermies. Mais celle manière de comprendre ces dermatoses nous paraît un peu étroite; nous nous demandons où est la toxidermie quand, à la suite d’une vive contrariété ou d’un surmenage intellectuel, les malades sont pris de crises de prurit (*). En résumé, il semble que l’organisme des sujets qui sont prédisposés aux névrodermites réagisse sous l’influence des diverses causes occasionnelles toujours de la même manière par l’apparition de crises de prurit, et par la formation relativement facile des lésions de la lichénification à la suite des grattages.

Nous ne pouvons trop le répéter, ce qui domine l’étiologie et la pathogénie de ces affections, c’est, d’une part, comme cause prédisposante, comme terrain, le nervosisme ou l’arthritisme nerveux ; d’autre part, comme cause déterminante , les violentes émotions, les ébranlements subis par le système nerveux, les intoxications diverses (2).

(*) Voir pour plus de détails Brocq, Ann. de dermalol., 1890, p. 798.

(2) Après tout ce que nous avons dit, au début de cet article, nous ne pouvons insister plus longuement sur la pathogénie de ces affections, et nous renvoyons pour son étude complète au mémoire de Brocq et Jacquet (Ann. de dermat. et de sypliil., 1891, p. 195 et suiv.) et à celui de Brocq (Ann. de dermat.., 1892, p. 1100 et suiv.). Nous nous contenterons de faire remarquer que, pour en apprécier sainement la nature, il faut tenir eompte de trois éléments qui sont :

1° Le principe , l’essence même de la maladie, inconnu ou tout au moins facteur assez mystérieux, qui n’est autre que les prédispositions individuelles héréditaires ou acquises; le terrain, en un mot, et qui répond ici à cet état particulier de l’organisme, encore mal défini, auquel on a donné le nom de nervosisme. Cet état de nervosisme peut seul entrer en jeu en s’accentuant de plus en plus et en faisant porter ses manifestations du côté des téguments, ou bien l’équilibre peut être rompu par une cause occasionnelle, émotion violente, choc moral, chagrin, intoxication quelconque, etc..., qui met en jeu ou qui augmente la nervosité du sujet.

2° Le mode suivant lequel ce nervosisme agit sur la peau. — Tantôt les déterminations cutanées du nervosisme se produisent d’une manière intermittente, soit régulière (prurit menstruel, prurit saisonnier), soit irrégulière (prurit affectant les allures des crises goutteuses, prurit consécutif à des auto-intoxications ou à des intoxications accidentelles); tantôt elles se produisent d’une manière permanente.

Tantôt elles se circonscrivent en un ou plusieurs points symétriques ou non, tantôt

LES LICHENS

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