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La pratique des maladies des enfants

La peau, souple et fine, de Tenfanl, est doublée d'un tissu cellulaire lui-même plus fin, plus souple que celui de l'adulte. Ce tissu cellulaire sous-cutané est chargé d'un coussin adipeux qui, chez le nourrisson bien portant, est relativement épais et entraîne la formation de plis cutanés, dits plis adipeux. La graisse sous-cutanée du nourrisson est formée de petits grains qui ne s'agglomèrent pas en lobules plus importants comme chez l'adulte : aussi la consistance est uniforme, et, malgré la finesse de la peau, on ne sent pas la lobulation des masses graisseuses comme chez l'adulte. La finesse du tissu cellulaire rend sa distension facile; l'œdème peut par suite prendre des proportions relativement plus considérables que chez l'adulte.

Le tissu cellulaire, tissu peu actif par lui-même, tissu de remplissage, n'est guère le siège de maladies autochtones, mais il est susceptible d'altérations diverses sous l'influence d'états généraux variés. Ces altérations tiennent moins à des lésions du tissu même qu'à des infiltrations de substances étrangères ou à la surabondance

des substances qui n'y existent qu'en moindre quantité à Fétat normal. Nous étudierons spécialement :

L'infiltration du tissu cellulaire par la sérosité surabondante ou œdème, à laquelle nous adjoindrons quelques mots sur Véléphanliasis congénital',

L'infiltration du tissu cellulaire par la mucine ou myxœdème;

L'infiltration du tissu cellulaire par la graisse surabondante ou obésité ;

En opposition avec celle-ci, nous étudierons la maigreur, état du à la diminution exagérée de la graisse qui infiltre normalement le tissu cellulaire.

ŒDÈMES.

Considérations générales. — L'œdème, c'est-à-dire l'infiltration du tissu cellulaire par de la sérosité, se traduit chez l'enfant par des manifestations semblables à celles qu'on observe chez l'adulte. La peau de la partie œdématiée est soulevée, plus ou moins tendue, généralement pâle (sauf le cas d'œdème inflammatoire); les saillies et les dépressions naturelles sont nivelées ; si on pose le doigt sur la région atteinte et si on appuie un moment, on provoque une dépression due au refoulement de la sérosité vers les parties voisines ; cette dépression persiste plusieurs minutes après que la pression a cessé. Ce godet est caractéristique de l'œdème ; il ne fait défaut que dans certains œdèmes inflammatoires où la région œdématiée, très tendue, prend une consistance élastique, et aussi dans certains œdèmes spéciaux tels que le trophœdème.

La localisation de l'œdème est variable selon les cas. Les œdèmes aigus circonscrits et les œdèmes de cause locale peuvent se voir à peu près dans tous les points du corps et des muqueuses. Les œdèmes de cause générale ont pour siège de prédilection les extrémités des membres, en particulier, aux membres inférieurs, la région malléolaire et le dos du pied ; aux membres supérieurs, le dos de la main ; les régions où la peau est mince et le tissu cellulaire peu chargé de graisse sont aussi des localisations fréquentes de l'œdème, telles les paupières, ainsi que les bourses et le prépuce chez les garçons, les grandes lèvres chez les filles; ces régions peuvent former des sortes de poches tremblotantes quand l'œdème est considérable: la vision, la miction peuvent être entravées. Dans les formes généralisées, l'œdème prédomine aux membres inférieurs, qui sont très gonflés, à la paroi abdominale antérieure et à la région lombaire, à la face qui est bouffie et dont les paupières sont infiltrées, aux mains dont les doigts sont boudinés; les oreilles, le nez, le menton échappent au contraire presque complètement à l'œdème. Chez les nouveau-nés, l'œdème se répartit plus uniformément, sans doute à cause de laposi-

ŒDÈMES SYMPTOMATIQUES. 7

tion horizontale presque constante : tout le corps est à peu près également infiltré; la paume des mains etia plante des pieds participent à rœdème, tandis qu'elles y échappent prescjue complètement chez Tadulteet les grands enfants, sans doute à cause de la texture spéciale du tissu cellulo-graisseux et à cause de l'épaisseur de la peau de ces régions, différences encore peu accentuées chez le nouveau-né ; chez celui-ci, les semelles plantaire et palmaire deviennent convexes, rosées, tendues, quand les membres correspondants sont infiltrés par Tœdème.

L'œdème est un symptôme qui peut s'observer dans des circonstances très variées. Les causes qui conditionnent l'œdème chez l'adulte n'agissent pas moins activement pour le provoquer chez l'enfant. Les stases cardiaques, veineuses et lymphatiques, les lésions rénales par le mécanisme de la rétention des substances avides d'eau et particulièrement des chlorures, les lésions nerveuses, les inflammations locales sont susceptibles de provoquer l'œdème. De là un premier groupe : les œdèmes symptomatiques.

Dans un second groupe, nous placerons les œdèmes qui apparaissent sans relation déterminée avec un état morbide préexistant et que, faute de connaissances précises, on considère comme dus à des troubles trophiques, à des influences névropathiques, ou au tempérament rhumatismal (?) ; ils ont été décrits sous le nom à'œdèmes angioneurotiques, œdèmes rhumatismaux, tropliœdèmes; c'est le groupe des œdèmes dits spontanés.

Enfin il faut classer tout à fait à part l'œdème dit essentiel des nouveau-nés. Il s'associe souvent avec un état d'induration de la peau et du tissu cellulaire, qui a reçu le nom de sclérème. Le sclérème ayant été étudié dans le premier fascicule de cet ouvrage par M. Andérodias (p. 196), nous pourrons être très bref sur les œdèmes du premier âge.

Œdèmes symptomatiques.

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