MAIGREUR
Caractères cliniques. — La maigreur est un état caractérisé par la diminution considérable de la graisse dans l'organisme. En général, le volume des muscles, parfois aussi celui des viscères, subit corrélativement une certaine diminution.
Maigreur symptomatique. — La maigreur s'observe le plus souvent comme conséquence d'un état de souffrance de l'organisme. A la suite des maladies aiguës, l'amaigrissement se fait le plus souvent au début de la convalescence, en coïncidence avec la crise d'élimination urinaire; il semble que l'organisme se débarrasse des matériaux usés et des éléments qui ont succombé dans la lutte. En général, la réparation se fait rapidement, plus rapidement encore chez les enfants que chez les adultes.
. L'amaigrissement est un symptôme habituel de la plupart des maladies chroniques. Certaines d'entre elles réduisent finalement le sujet à l'état de squelette : « Il n'a plus que la peau et les os » est la locution vulgaire qui traduit bien cet état.
La maigreur en tant que conséquence des maladies aiguës ou chroniques ne nous arrêtera pas plus longtemps; mais nous devons étudier plus spécialement les étals dans lesquels la maigreur semble,
sinon être primitive, ce qui n'est guère concevable, mais du moins tenir le premier rang dans le table:ui morbide et n'être pas sous la dépendance évidente d'un état morbide défini.
Maigreur dite primitive. — Nous étudierons séparément la maigreur dans la première enfance, puis la maigreur des sujets plus âgés.
Première enfance. — L'enfant est généralement, à la naissance, en état d'embonpoint suffisant, sauf quand la mère a particulièrement soufîert de maladies ou de misère extrême au cours de la grossesse. La maigreur dans la première enfance est le plus souvent soit due à la tuberculose plus ou moins larvée, soit consécutive à des affections gastro-intestinales. A la suite des gastro-entérites toxi-infectieuses aiguës ou plus ou moins prolongées, il arrive parfois que la guérison n'amène pas le retour progressif à l'embonpoint que l'on serait en droit d'attendre. L'enfant semble être guéri de son entérite: il n'a
Fig. 70. — Amaigrissement extrême du nourrisson (athrepsie consécutive
à la gastro-entérite),
plus ni vomissements, ni diarrhée, ni fièvre; il prend les aliments en quantité suffisante; ses selles sont louables; néanmoins il reste stationnaire comme poids ou même se décharné de plus en plus. Il semble que, malgré l'arrêt des processus morbides qui s'étaient faits dans l'intestin, malgré l'élaboration parfaite des aliments, ceux-ci ne sont pas absorbés ou ne sont pas assimilés. Il est vraisemblable que cet état tient peut-être en partie à l'altération de certains parenchymes et spécialement des cellules hépatiques, mais beaucoup plus encore à l'altération des cellules des épithéliums intestinaux. Rappelons brièvement le processus normal de l'assimilation : les molécules alimentaires se disloquent dans la cavité intestinale en des éléments simples (polypeptides et acides aminés pour les albuminoïdes, sucres hexatomiques pour les hydrates de carbone, etc.); puis Ja reconstitution se fait dans la paroi intestinale, de telle sorte que les albuminoïdes résultant de cette reconstitution ont les caractères des albumines humaines (précipitation vis-à-vis des sérums d'animaux sensibilisés) et que déjà, dans la veine porte, on ne trouve plus trace des albumines étrangères d'origine alimentaire. Cette reconstitution ne se fait sans doute plus dans le cas qui nous occupe, et l'enfant,,