‹ La pratique des maladies vénériennesChapitre 25 sur 90 · HERPÈS RÉCIDIVANT DES ORGANES GÉNITAUX · texte numérisé non relu

HERPÈS RÉCIDIVANT DES ORGANES GÉNITAUX

Cette maladie est contemporaine de l'époque même où commencèrent les maladies vénériennes, notamment la eban-

< rrlle. Depuis de- -ièeles. p,ir eonséqui-nt, elle a dû frapper

I. Mais dans ces cas exceptionnels, mon taxi- forcé, insuffisant s'il devait être jugé d'après le résultat extemporané, avait ru néanmoins un excellent effet. Mes manœuvres n'avaient pas distendu lf cercle constricteur assez pour vaincre entièrement sa résistance: mais elles l'avaient cependant a--./ assoupli pour que les phénomènes d'étranglemi ut cessassent. Troisjour- après, ce 'pu avait été impossible a In première devint praticable : ce fut une réduction eu deux temps.

les observateurs, et cependant sa notion'étiologique et patho génique exacte ne remonte pas au delà de quarante ans. En effet, j'appelai pour la première fois, sur elle l'attention des praticiens, en 1816, dans un mémoire sur les fluxions « intermittentes qui se développent au voisinage des orifices muqueux à la suite des accidents vénériens primitifs » {Gaz. méd. de Paris).

Plus tard l, en 1865, je la définissais ainsi : « Herpès preputialis : état fluxionnaire intermittent, qui reparaît tous les deux ou trois mois, sous forme d'un (groupe de vésicules de cinq ou six jours de durée : il succède souvent aux chancrelles, plus rarement à la blennorrhagie. » (Suivaient vingt lignes résumant les notions de diagnostic, de pronostic et de traitement.)

Depuis lors, ces idées ont été développées avec un talent magistral par M. le Dr Doyon, dans une monographie (1868) qui a fixé la science et à laquelle je suis autorisé à faire de larges emprunts.

Chez quelques sujets, trois ou quatre semaines après la fin d'un chancre (peut-être mixte)) d'une blennorrhagie, beaucoup plus fréquemment d'une chancrelle, on voit apparaître, près du siège de la lésion primitive, une rougeur qui a été précédée de prurit (sensation caractéristique par sa nature^ par son peu d'intensité, et par cette circonstance qu'elle cesse aussitôt que l'éruption s'établit). L'éruption apparaît de la manière suivante. Sur une plaque rouge de 1 centimètre environ de diamètre, un peu élevée, un peu villeuse, se dessinent trois, quatre ou cinq petites saillies très rapprochées, qui bientôt deviennent des vésicules, pleines d'un liquide transparent. Elles se rompent, ou bien, en grattant, le malade les rompt; le liquide épanché forme alors une croûte, sous laquelle la légère érosion que surmontait la vésicule parcourt

1. Résumé de pathologie et thérapeutique de* Maladies vénériennes et syphilitiques, Asselin, pH#e 7.

HERPÈS PROGÈNITAL. S"!

périodes el se cicatrise, la maladie n'ayant duré, en ni"\ enne, que < • i i » • i ou six joui s.

C'est tout, el cela pai ill bien peu, n'est-ce pal ? < toii ' mais, comme le disait madame de Sévigné à propos de quelque chose d'analogue, cela reviendra encore dans deux mois environ; puis dans deux encore, el ainsi de suite pendant plusieurs années, el toujours, remarquent les clients, au moment le plus inopportun, apportant à ('improviste des entraves à l'accomplissement de celle de nos fonctions qui se résigne le moins à attendre; inspirant toujours par sa ressemblance avec une chancrellr nouvellement contractée, de vives alarmes au malheureux herpétique ; enfin, et malgré tout ce qu'on peut leur dire, donnant à d'autres et très nombreux sujets, par ses incessantes récidives, la conviction qu'ils sont frappés de syphilis et de syphilis incurable! Ajoutons que pendant sa durée, il est une porte ouverte à l'introduction d'autres agents contagieux au contact desquels on s'exposerait. Ajoutons aussi que, quoique la durée ordinaire de chaque attaque d'herpès soit de cinq à six jours, il n'est pas très raie de la voir se prolonger du double. J'ai même Bouvenir de deux cas où un homme, parfaitement et certainement continent, avait, tous les deux ou trois mois, des plaques d'herpès qui se transformaient en un ulcère offrant (moins la profondeur de la plaie et l'inoculabllité de la sécrétion) tous les caractères de la chancrelle, ulcère qui; quoiqu'on fit. mettait au moins quinze jouti à se cicatriser.

J'ai décrit la forme la plus commune, la forme type. Mais la Quxion herpétique n'apparaît quelquefois que comme simple plaque érythémateuse, comme légère excoriation, ou -i la partie a subi des frottements) comme fissure ou coupure.

La fluxion d'herpès a lieu -ans lièvre, sans réaction trique. Elle réapparaît presque toujours au siège qu'elle a primitivement choisi. S'il lui arrive, cependant, de s'en

écarter un peu, de frapper d'autres endroits, jamais du moins elle ne dépasse la sphère génitale. Quand une attaque a été très intense, les suivantes sont ou retardées ou plus faibles. On la voit quelquefois suivre immédiatement un excès de table, un voyage fatigant, surtout le coït et spécialement le coït avec une personne nouvelle ; mais alors même qu'il éviterait le plus soigneusement possible ces diverses influences, le sujet qui est en possession d'herpès verra ses attaques reparaître, et reparaître par ce seul motif qu'il n'en avait pas eu depuis un temps plus ou moins long.

« Le sujet qui est en possession d'herpès », ai-je dit, et ces mots suggèrent une autre question. « Quel est donc ce mal à la fois si redouté et si bénin, s'écrie M. Doyon, qui, chaque fois, s'éteint spontanément, comme la fluxion la plus simple, et montre, dans ses récidives, l'opiniâtreté des diathèses les plus invétérées; ce mal qui, parmi les porteurs de chancrelle, de blennorrhagie, en choisit quelques-uns et laisse les autres indemnes? »

Ce mal qui, pour la plupart des médecins, n'est qu'une dermatose simple, qui, aux yeux de presque tous les malades, passe pour une affection vénérienne, est en réalité une dermatose survenue a l'occasiox d'une maladie vénérienne. Il serait oiseux d'exposer ici en détail les différences qui le séparent de la syphilis, avec laquelle il n'a de commun qu'un seul trait, la ténacité de ses récidives.

Mais si cette dermatose peut venir à l'occasion d'une maladie vénérienne, d'une chancrelle, par exemple, pourquoi ne l'observe-t-on pas chez tous les sujets qui ont un 3 chancrelle?

La raison est fort simple : parce que la maladie vénérienne n'est qu'une occasion, et que, outre l'occasion, il faut, pour qu'un effet se produise, quelque chose de plus, il faut une cause. Or, la cause, c'est la diathèse herpétique, autrement dit le vice dartreux. En termes plus clairs, l'herpès récidivant des

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organes génitaux ne Burvienl que chez dea sujets qui, étant dartreux, ont une maladie vénérienne locale el notamment une chancrelle . <>ii<' maladie vénérienne agi! donc uniquement en poussant la fluxion herpétique, en excitant la jetée diathésique à se faire à cette place là, à cette époque-là, plutôt qu'ailleurs, à un autre moment.

Donc, tous les vénériens les chancrelleux) qui onl l'herpès récidivant étaient arthro-herpétiques : c'est exact. Mais la réciproque est-elle également vraie? Peut-on renverser les termes? Peut-on dire : « Tout individu arthroherpétique, <jui viendra à avoir une chancrelle, par exemple, sera fatalement voué à l'herpès récidivant?... » La science ne comporte pas encore une réponse positive à cette question. Mais elle possède, toutefois, un de ses éléments. Parmi les Bujels ainsi diathésés qui contractent une chancrelle, ceux qui sont le plus exposés à voir ensuite survenir l'herpès récidivant sonl ceux qui ont abrégé la durée de leur chan- . relie en la cautérisant dès son apparition. L'observation prouve ce fait, non seulement par des exemples directs très nombreux, mais quelquefois par voie d'épreuve et de contreépreuve. On a vu des malades chez lesquels une première i hancrelle avait été abandonnée à elle-même, et n'a pas été suivie d'herpès, tandis qu'une seconde, prise un ou deux ans après, et qu'on a tuée sur place, en quelques jours, par la cautérisation, donne lieu à l'herpès récidivant. D'autre part, la chancrelle phagédénique, dont la durée est très longue, ne s'accompagne pas en général d'herpès. (On trouvera les motifs physiologiques de cette coïncidence développés dans notre Traité des herpès génitaux, par Diday el Doyon, chez G. Masson, 1886).

Contre l'herpès récidivant, contre cette toute petite et in nie Bimple incommodité, il n'y a pas moins de quatre traitements eptibles d'être mis en œuvre . traitement préventif, traitement palliatif, traitement spécifique et traitement moral.

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Le traitement préventif consiste à imprimer au traitement de l'accident primitif susceptible d'occasionner l'herpès (et par là j'entends à peu près uniquement de la chancrelle), une direction telle qu'il contribue le moins possible à produire le développement de cette dermatose. Ce point a été discuté dans tous ses détails au sujet du traitement abortif de la chancrelle.

J'appelle traitement palliatif l'ensemble de moyens par lesquels, à défaut de prise sur l'agent spécifique, on tâche de diminuer la fréquence et la durée des retours de l'herpès. En effet, le traitement spécifique, dont il sera parlé ci-après, n'est pas à la portée de tous ; il ne peut s'exécuter en toute saison ; enfin, il ne réussit pas toujours du premier coup ; et dans l'intervalle entre ses applications, il faut bien faire quelque chose.

Ce traitement palliatif comprend quatre indications: éviter les causes occasionnelles des poussées; la poussée s'étant produite, l'abréger autant que possible; après la poussée, travailler à rendre le tégument moins accessible à la fluxion ; enQn opérer une dérivation sur la peau ou le canal intestinal. L'ordonnance suivante est rédigée dans ce sens :

N° 30. — « Lors de chaque nouvelle invasion de boutons d'herpès, y appliquer, matin et soir, un peu de charpie mouillée d'une solution de nitrate d'argent au 40e.

(A ne continuer que les trois ou quatre premiers jours).

Dans l'intervalle entre les accès, bains locaux dans de l'eau végéto-minérale; onctions avec une pommade au tannin.

« Éviter les écarts de régime, surtout les excès de bière et de vin blanc. En fait d'hygiène spéciale, constance, sinon continence.

« Quelques doux purgatifs, surtout aux changements de saison. Au printemps, boire des sucs d'herbes. L'été, bains de rivière ou de mer, ou douches froides. L'hiver, porter de la flanelle.

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Quelque bien combiné, quelque varié, quelque docilement

exécuté qu'il soit par les malades, ce plan thérapeutique, il

faul l'avouer, n'a ordinairement que de médiocres résultats.

On peul bien, il est vrai, dire aux porteurs d'herpès que

leur affection n'a aucune gravité, qu'elle n'est qu'ini i-

mode, qu'il n'y a à en redouter ni infection pour soi ni contagion par le coït. Oui, répétez-le-leur ausssi souvent qu'ils reviendront vous conter leurs doléances, leurs appréhensions; affirmez-le avec toute l'autorité que vous donne leur coniiance; appelez leur attention sur ce fait patent que jusqu'alors, — c'est-à-dire depuis plusieurs mois, parfois depuis plusieurs années, — nul accident grave ne s'étant déclaré chez eux, l'événement a déjà donné raison à votre pronostic... Ils ne vous rediront pas moins, à chaque nouvelle récidive : « Docteur, je n'y puis plus tenir; docteur, guérissez-moi, je vous en supplie ! »

Donc, le traitement moral échouant aussi bien que les autres, c'est au traitement spécifique qu'il faut recourir.

.Mais ce traitement spécifique quel est-il? Naturellement celui qui s'adresse à la cause.

Or, ici, la cause est la dartre, l'herpétisme. Ne cherchons donc pas le remède ailleurs que dans l'emploi méthodique et suffisamment continué des eaux minérales appropriées à cette indication, des eaux sulfureuses.

Toutes les eaux minérales, on ne le sait que trop, ne guérissent pas toutes les dartres. Mais heureusement, il y a des exceptions, et, pour L'affection dont nous parlons, pour l'herpès récidivant, il est une source qui a réellement la vertu d'un antidote, c'est l'eau chlorurée sodique sulfureuse d'Uriage.

Je suis loin, remarquons-le, de m'inscrire contre les pré-

tententions fort plausibles des sources congénères : j'admets

volontiers que Cauterels, Luchon, Saint-Gervais, puissent

îsi guérir. Mais j'afûrme, pour l'avoir vu cinquante fois

au moins, et bien vu, j'affirme qu'Uriage guérit. D'ailleurs, ceux qui ordonnent commencent à le savoir aussi bien que ceux qui souffrent; et je puis, en toute sûreté, sans apporter ici de preuves détaillées, m'en tenir à cette simple assertion, corroborée comme elle l'est aujourd'hui par l'autorité la plus décisive, l'unanimité des médecins et la reconnaissance des malades.

Mais faut-il traiter ainsi, c'est-à-dire tenter de guérir radicalement tous les cas d'herpès?

Parmi les exemples nombreux consignés dans notre Traité des herpès génitaux, il me suffit pour élucider ce point important d'en résumer ici deux :

Un homme de quarante-huit ans, herpétique depuis cinq ans, et affecté en même temps de diarrhée chronique et de suintement uréthral, voyait diarrhée et suintement cesser quinze ou vingt jours chaque fois que l'herpès revenait.

Un second client, non moins bon observateur, me racontait, le 15 juillet dernier, que souffrant depuis longtemps d'un herpès preputialis, il n'en a jamais eu d'accès pendant les vacances, époque où il fait des courses, chasse, se distrait, en un mot sort de ses habitudes ' ; mais que les poussées d'herpès recommencent, dès qu'il rentre en ville et reprend ses occupations de bureau et sa vie sédentaire.

Comme le premier fait prouve que l'herpès agit sur la constitution, le second prouve non moins bien que, à son tour, la constitution agit sur l'herpès récidivant.

Veut-on enfin avoir en même temps la preuve et la peinture de l'influence morbigène exercée par une suppression d'herpès récidivant? C'est l'auteur qui va donner l'une et l'autre d'après sa propre expérience.

1. Cette observation, outre la précieuse indication thérapeutique qu'elle suggère, donne peut-être l'explication de quelques cures et surtout de certaines améliorations obtenues après le séjour à des eaux dites reconstituantes et qui n'agissent réellement qu'en détendant l'arc.

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affecté d'un légei arthro-herpétisme héréditaire, j'avais vu, après ma cham P( 11-1 d'inoculation expérimentale en L8S1, s'établir chez moi un herpès préputialis dont les poussées périodiques se manifestaient bous forme tantôt de balanite circonscrite, el tantôt de L'éruption typique de vésicules

eu groupes. Supportant avec quelque impatience, - i r

quel motif? je m' Bais... a moins que ce ne fût pour le bon '. — supportant, dis-je, avec quelque impatience celte petite incommodité, je li- si bien que, vers I s(is, je parvins à m en débarrasser. Depuis lors, en eflet, il n'en a point reparu, el ce résultat certes est et demeure encaissé à mon actif. Mais depuis tors aussi, j'ai vu se développer chez moi une telle série de cystites, de diverses arlhropaties déformantes, de dyspepsies, d'épididymalgies, maladies se succédant et se suppléant sans cause appréciable, que je ne sais vraiment pas, ou pour mieux, dire «pie je n'ai pas besoin, pour savoir où j'en suis de mes comptes, de faire la balance entre l'actif et le passif.

Concluons que cet insignifiant bobo tient par de profondes racines à la constitution, et que la nature sait bien ce qu'elle fait quand elle en refuse la guérison à tout moyen médicamenteux qui n'opère pas, en imprimant à l'organisme, ainsi que le font les eaux minérales sulfureuses, un changemenl intime et durable.

La leçon que contiennent ces exemples doit-elle empècher le malheureux herpétique de se soumettre à un traitement curatif?... Non : du moins en général. Mais je les ai rapportés — j'y insiste et ne m'en cache point — aûn de donner h réfléchir aux sujets qui, sous le coup d'un herpi récidivant déjà ancien, ont aussi dans leurs antécédents soit quelques maladies ayant tendance à se reproduire, soit même seulement quelques prédispositions ou imminences, qu'une occasion peut transformer en réalités pathologiques. Qu'ils tiennent notamment compte de cet avertissement, les

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herpétiques d'un certain âge, ceux surtout qui auraient remarqué, que, depuis l'invasion de l'herpès, ils jouissent d'une meilleure santé, et notamment ont vu peu à peu cesser quelques indispositions ou fluxions habituelles jusque-là réfraclaires à tout traitement.

Enfin c'est au praticien que je soumets plus directement ces réflexions. Elles peuvent mettre entre ses mains deux applications également intéressantes, sinon également utiles : l'une de sage médecine, en lui apprenant à discerner à la lumière de ces données, les cas où il est licite et les cas où il pourrait devenir préjudiciable au client de lui conseiller un traitement curatif : l'autre de diplomatie médicale, en lui fournissant de quoi consoler maint herpétique incurable qui va désormais se féliciter de garder son mal en apprenant que si on le dissuade de toute entreprise thérapeutique, c'est parce qu'il y aurait pour lui plus de danger que de profit à la voir réussir, à supprimer ce passager, intermittent, superficiel, en somme cet innocent et salutaire exutoire.

Ces craintes, ces conseils dictés par l'instinctive prudence de la vieille médecine humorale, empruntent une nouvelle force à la théorie toute récente (septembre 1889), des métastases chimiques. Développant et précisant des vues déjà présentées par M. Deletang, en 1885, M. Gaucher attribue les dermatoses dont l'eczéma est le type à l'élimination par les glandes cutanées, des poisons de la désassimilation, c'est-àdire, des matières excrémentitielles dont un trouble constitutionnel quelconque aurait augmenté, soit la quantité normale, soit les propriétés nocives. « La dermatose, dit-il, dans ces conditions est une sauvegarde, et si on la fait disparaître, c'est, par la suppression de l'élimination cutanée, autant de matière toxique qui peut alors s'accumuler dans les organes internes et déterminer des accidents plus ou moins graves suivant le siège de la métastase. »

M. Deletang avait déjà fait ressortir à ce propos que, dans

IIEKPÊS PROGI M I \i .

!<•-< dermatoses parasitaires, il y a à éliminer, outre les déchets de la nutrition de l'individu, les déchets de la nutrition (ptomaïnes des microbes eux-mêmes.

L'indication rationelle qui découle de ces données est, en cas de métastase imminente ou réalisée, d'ouvrir, de fai oriser

une élimination supplémentaire de ces | luits organiques

par des purgatifs, des diurétiques, dont le meilleur esl !<• lait. Il t'a n t en même temps travaillera diminuer la quantité de ces produits, ce à quoi tend une alimentation peu azotée, Belon le conseil formel «le M. Deletang. Deux faits d'observations m'ont confirmé la justesse de cet aperru. Résumons-les.

l'n habitant des Hautes-Alpes, affecté d'herpès récidivant ne le voyait jamais paraître durant les sepl mois qu'il passait dans son pays à vivre de soupes d'orge et de pommes de terre, sans boire de vin. Au contraire, l'herpès se dédommageait, pour ainsi dire, revenait de six en six semaines pendant le temps qu'il passait à Lyon, se nourrissant bien.

t ii voyageur m'a dit que, durant ses séjours annuels en Hollande, il veut lutter contre l'humidité du pays, en mangeant plus de viande que d'habitude. Alors — et quoique aussi par frayeur de V humidité, dit-il — il ne voie pas de femmes, il a beaucoup plus d'attaque d'herpès que lorsque, de retour à Lyon, il reprend à la fois le culte des légumes et celui des fleurs de toute <orte.

Maladie constitutionnelle, qui se transmet suit par génération, soit par contact d'une de ses lésions; qui, dans ce dernier cas, le plus commun, débute, après inoculation, au point touché par une sclérose exulcérante (chancre) accompagnée d'adénopalhie; maladie qui produit : 1° comme effet de la déglobulinisation du sang, qui en est la conséquence, des troubles chloro-anémiques el nerveux, passagers; 2° comme effet de l'intoxication spéciale qui la constitue, une série de lésions déterminées, siégeant d'abord sur la peau et les muqueuses ; lésions qui se répètent, à intervalles variables, pendant douze ou quinze mois, en décroissant graduellement d'intensité jusqu'à guérison (mode de terminaison le plus ordinaire qui s'observe même quelquefois sans intervention des spécifiques; — maladie qui cependant, et tout au contraire, dans certaines conditions relativement rares, attaque les os, les muscles, le tissu conjonctif, le système nerveux, les viscères, et affecte alors, indépendamment de la gravité qui résulte du siège cle telles localisations, une tendance parfois incurable à se perpétuer dans l'organisme.

Reprenous en détail les traits de cet exposé sommaire, volontairement limité aux points de faiL

Etiologie générale et division. — Maladie transmissible, la syphilis par conséquent doit être une maladie parasitaire.

Mais, à l'inverse des affections de cet ordre, elle a une très longue durée pendant laquelle, un certain nombre de fois, ses lésions alternativement cessent, puis reparaissent.

Ces alternances — qui répondent aux états dévie successiment manifeste et latente du microbe syphiligène — expli-

i [MOLOGIB SÉNI RALE. 28t

< 1 1 ton t bien pourquoi, quant à boii origine, cette maladie est contingente ; pourquoi on la voit, duranl son cours, tantôt être transmissible, tantôt ne l'être pas. Disons pour préciser : la contingence ne tient qu'à une seule circonstani e. Au moment où a eu lieu le fait d'où dépend la transmission, le mal, chez le Bujel donnant, était-il à la phase, à l'état d'activité? Il y aura possibilité de transmission; sinon, non.

Pour expliquer d'autre façon cette contingence, on a invoqué, on a fait entrer en Ligne un ordre de faits tout parti culier, ceux qui s'observenl dans la communication de la syphilis par génération. Dans ce cas, en effet, la transmis sion étant très variable, faisant défaut ou survenant dans des conditions en apparence semblables des géniteurs, on s'esl cru autorisé à dire : - Cela vient de ce que la syphilis due à la génération se transmet par un procédé différent de celui qui présidé à la transmission de la syphilis acquise. Dan- le premier cas, c'est l'hérédité proprement dite, cette influence qui engendre chez le fœtus les malformations, les diathèses, la surdi-mutilé; influence tellement variable qu'elle frappe comme au hasard, ça et la, entre enfants de mêmes parents, que souvent même on la voit sauter une génération. >

Mais rationnellement l'assimilation est inadmissible. Car, qu'elle résulte de l'acte générateur, qu'elle résulte d'un contact impur, c'est toujours la même syphilis, avec ses mémo caractères qui apparaît, Or, nuire que la nature n'emploie pas ordinairement deux moyens pour atteindre Le même but, on ne comprendrait point qu'un ellW identique — la syphilis — tirât, facultativement en quelque -'>rte, son origine de deux source- aussi foncièrement différentes que le sont d'une part ['hérédité telle que je viens de la définir par quelques exemples de ses effets, d'autre part l'absorption, par des voies connues, d'un agent matériel aisément isolable. Non : maladie contagieuse, la syphilis, par le fait de l'acte qui donne la vie comme par le contact de ses sécrétions spécifiques, ne se

propage jamais tpie selon le mécanisme propre aux maladies contagieuses. Et cela :

Soit que le fœtus la reçoive du père qui était syphilitique au moment où il a procréé J ;

Soit qu'elle passe pendant la grossesse du fœtus infecté par le fait du père à la mère saine jusque-là;

Soit que le fœtus la reçoive de la mère infectée avant la fécondation;

Soit que le fœtus la reçoive de la mère infectée durant le cours de la grossesse.

Et la preuve que l'acte contaminant n'opère que comme agent contagionnant, c'est qu'il y a identité absolue d'évolution, de caractères cliniques entre les deux derniers de ces quatre cas ; quoique par ses circonstances l'avant-dernier soit le type de ceux qu'on attribue à l'hérédité (la. mère « fournissant, dit-on, alors l'ovule infecté) » et que dans le dernier, au contraire, il ne puisse évidemment et de l'aveu de tous, s'agir que de contagion.

Par opposition à cette migration du contagium par le système vasculaire sanguin, — à laquelle je donne le nom de vérole sanguine, — la sécrétion d'une lésion syphilitique secondaire ou le sang de syphilitique étant accidentellement mis en rapport (par contact, friction, inoculation) avec les organes de l'absorption tégumentaire, le contagium peut pénétrer par cette voie chez un sujet sain, ainsi que le dénote l'engorgement existant constamment, en cas d'infection réalisée, des ganglions qui correspondent au chancre. — Vérole lymphatique.

De ces deux modes d'introduction du contagium le premier répond à la syphilis par génération, le deuxième à la syphilis improprement dite acquise, celle qui, le plus ordinairement, se contracte par les rapports sexuels, mais qui peut égale-

1. Lire plus loin Théorie de la syphilis par génération, les considérations sur lesquelles s'appuie cette proposition d'apparence paradoxale.

C] iSSIFU \H"V ment résulter d'autre6 occurrences, telles que celles donl I" pratique des accouchements, donl la vaccination, donl l'allaite ni. donl l'industrie verrière, donl les inoculations

expérimentales, donl le simple usage de linges Bouilles du liquide contagieux offrent si souvent l'exemple el expliquent le mécanisme.

i îl de cette deuxième variété, de la syphilis acquise que je «lois, pour le moment, m'occuper exclusivement el de laquelle je vais d'abord décrire L'évolution.

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