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L'un des fragmenta d'une allumette refendue en quatre

256 CHANCRELLE.

Soit par les injections, soit par la cautérisation directe, aidée de l'immobilité, on réussit toujours à obtenir le recollement des foyers. Il est donc inutile d'exciser, ainsi que quelques auteurs le conseillent, les ponts cutanés qui existent entre leurs ouvertures. Les petites saillies difformes, constituées par deux feuillets adossés de peau hypertrophiée, indiqueraient seules l'ablation; et encore ne doit-on s'y décider que longtemps après l'extinction de tout travail phlegmasique, quand on a, par conséquent, perdu l'espoir de voir ces tubercules s'affaisser et disparaître spontanément.

Appendice. Bubon strumeux. — L'élément scrofuleux qui existe chez quelques sujets imprime à leurs adénites son caractère propre. Ceci sort, il est vrai, du cadre des maladies vénériennes; mais comme de tout temps l'on a apporté, qu'on apportera toujours toutes les espèces d'engorgements inguinaux chez les spécialistes, — et que ceux-ci ne s'en plaignent pas, — il faut bien qu'ils apprennent à les soigner.

L'engorgement strumeux est volumineux, peu sensible au toucher; il progresse lentement, décroît plus lentement encore, s'étend aux ganglions profonds, le tout sans jamais provoquer de réaction fébrile bien marquée. S'il suppure, le foyer est très circonscrit, et ne résulte guère que de la fonte du tissu conjonctif qui sépare le ganglion de la peau. C'est donc en vain que l'on compterait sur la fonte purulente du ganglion lui-même.

Contre cet état, il faut user des amers, des antiscrofuleux, du soleil, du régime réconfortant. Localement, après avoir employé les émollients tant qu'il y a de l'inflammation, on tirera bon parti d'une application de glace, continuée vingtquatre heures, ainsi que des douches froides quotidiennes auxquelles on fait succéder la compression '. Dès le premier

I. Elle se fait avec une plaquette mince, en bois de chêne, ovale, qu'on fixe au moyen d'un ruban de fil, lequel, cloué en haut et en dehors de la plaque, contourne successivement la hanche du côté malade, les

BUBON. :■>-

jour de l'emploi de ce re de, une diminution notable a'ac-

cuse: (soyez avertis el avertissez qu'il faut, pour que cette dimiuution persiste, continuer la compression au moins huit jours. On la Buspend duranl la nuit; on la Buspendrait aussi, on la cesserai! même, >i, appliquée trop tôt, elle avail réveillé l'inflammation.

.!<• n'ai foi ni aux frictions, ni aux emplâtres: mais je conseille souvent les cautérisations ponctuées, faites en huit ou dix endroits de la tumeur, qu'on touche avec la pointe d'une aiguille de bas chauffée à la flamme (l'une bougie, ou s'il en esl besoin, d'un moyen plus actif, de pointes de feu au thermo-cautère : quant aux petites piqûres, on les réitère tous les quatre jours environ. Il ne faut presque qu'effleurer la peau.

Il est une forme particulièrement tedious (comme disent nos voisins) du bubon strumeux; c'est celle où le pus s'étant l'ait, jour au dehors, le ganglion hyperplasié reste sans rien perdre de smi volume, apparaissant comme une masse d'aspect fongueux, qui se présente derrière les bords de l'ouverture de la peau, les distendant comme un polype intra-utérin vient, en se développant, distendre les lèvres du museau de tanche.

Comment attaquer cette masse ?... Dure mais friable, elle n'offre pas de prise aux érignes, aux pinces qui cherchent à la soulever. D'ailleurs, pour pouvoir la disséquer selon les règles, il faudrait agrandir, et de beaucoup, la plaie extérieure, d'où augmentation de la difformité consécutive. La cautériser couches par couches est bien long, et expose aussi,

teins, la hanche aaine, L'hypogastre, se replie en glissant dans une agrafe aans ardillon, adaptée en bas >t en dedans de la plaque, contourne de nouveau les faces interne, puis postérieure, puis externe de la cuisse malade, pour venir B'attacher enfin à une agrafe avec ardillon, adaptée en haut et eu dehors de la plaque, à une petite distance audessous du point où l'extrémité du ruban a été clouée. Il faut interposer un coussinet entre la plaque et la peau.

DlliAY. 17

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malgré toutes les précautions, à détruire une partie de la peau... J'ai fait construire, et employé en 1848, pour ces cas, une petite cuiller à bords tranchants, en acier1. Placé à gauche du malade, j'insinue, par la plaie, la cuiller entre la peau et le ganglion à extirper, et j'en contourne d'abord la moitié inférieure par un mouvement de pronation. Après avoir ainsi détaché la moitié inférieure du ganglion, je retire la cuiller, je la reporte, en haut (toujours entre le ganglion et la peau), et par un mouvement de supination (du même genre que celui qui sert à recueillir, dans une assiette, le reste du potage), j'achève la séparation de la masse, que j'amène alors toute chargée dans la cuiller, au dehors. — Ce tissu n'étant pas rétractile, la partie du ganglion laissée en place donne parfois lieu à un saignement que j'ai toujours arrêté en tenant avec le doigt, pendant cinq minutes, une boulette de charpie imbibée de perchlorure de fer. — Dès le surlendemain de l'opération, souvent des masses ganglionnaires profondes, devenues libres, viennent, à leur tour, faire saillie, nécessitant une nouvelle extirpation, qui se fait alors sans plus de difficulté que la première.

Leucite.

La leucite oulymphite chancrelleuse résulte du contact du pus chancrelleux sur la surface interne d'un vaisseau lymphatique, quand ce pus s'y est introduit par le mécanisme qui donne lieu à la formation du bubon, c'est-à-dire par la déchirure d'un point delà surface d'une chancrelle.

Mais de même que toutes les chancrelles ne s'accompagnent pas de bubon, de même aussi le pus chancrelleux qui est transporté au ganglion et qui va le bubonifier ne donne pas

1. Elle a, avec le manche, 12 centimètres de longueur; la cuiller proprement dite ayant 2 centimètres et demi de longueur sur 2 centimètres de largeur dans son plus grand diamètre;

PHIMOSIS

toujours naissance, il B'en faut, el de beaucoup, - aune chancrelle «lu vaisseau lymphatique qu'il traverse. En d'autres termes, la leucite chancrelleuse esl infinimenl | >l n> rare que le bubon chancrelleus : c'esl un accident toul à fait exceptionnel.

El l'on B'explique aisément qu'il en -"il ainsi. Les substances qui parcourent un vaisseau lymphatique j passent, mais ne B*y arrêtent point; elles touchent -a surface interne, mais n'y Bubissenl aucune de ces élaborations organiques intimes qui constituent la nutrition ou les sécrétions. Aussi, pour comprendre que l'imbibition du pus s'y soit faite, fautil Bupposer quelque circonstance fortuite qui a déterminé un contact plus direct ou plus prolongé. Et justement L'étude clinique de la leucite nous apprend que les abcès chancrelleux, lesquels eu -ont ordinairement la conséquence, apparaissent surtout au niveau des valvules; c'est-à-dire au siège précis des obstacles qui, en suspendant le cours de la lymphe ont facilité plus spécialement dans ce point du vaisseau la stagnation, parlant la pénétration des principes contagieux que ce Liquide renferme.

Des cordons noueux très douloureux au toucher se dessinant sur les cotes, et nota minent sur le dos de la verge, cordons suppurant promptement, s'abeédant de bonne heure, puis devenant des chancrelles dans toute leur longueur, telles sont, cliniquement, les Leucites chancrelleuses. — Ouvrir nent ces petits foyers, dès qu'il y a fluctuation, et les panser avec des plumasseaux enfonc - aussi profondément qu'il est nécessaire, que-, qu'on les a imbibés d'une solution de nitrate d'argent, tel est leur traitement, tout semblable, on le voitj à celui du ludion chancïelleux.

PHÏMOSIS I ONGÉNITAL.

Quand l'orifice du prépuce a naturellement une étroitessi

260 MALADIES VENERIENNES,

telle qu'il est impossible cle découvrir le gland, il y & phimosis. En général, on observe, en même temps une brièveté anormale du frein. En pareil cas, la peau du fourreau vient parfois dépasser l'oriQce préputial, et, pendant au devant de lui elle fait dévier les dernières gouttes d'urine. Lors du coït, le sperme sort en bavant au lieu d'être lancé clans l'utérus ; d'où obstacle possible à la fécondation. — Si, au contraire, le prépuce est très court, les bords de son orifice se tendent durant l'érection ; et s'il y a du côté des organes génitaux de la femme un certain degré d'étroitesse, des déchirures par le coït en sont l'effet habituel. Enfin, si, dans ces conditions, le gland a franchi l'orifice préputial, il s'étrangle : le phimosis est ainsi devenu une cause de paraphimosis.

L'étroitesse congénitale du prépuce peut même, dans quelques cas, rendre absolument impossible le coït complet. C'est qu'alors les frottements, au lieu d'être communiqués à la muqueuse du gland, point de départ de la cause réflexe de l'éjaculation, ne s'exercent que sur la peau de la verge, qui ne jouit que d'un degré et d'une espèce de sensibilité impropres à susciter l'acte fécondant.

Mais ce qui rend surtout pénible aux malades cette fâcheuse disposition, c'est l'extrême difficulté des soins de propreté. La matière sébacée s'accumule entre le prépuce et le gland, surtout vers la rainure de celui-ci, et l'urine qui vient s'y mêler en provoque la décomposition. De là une irritation permanente, un prurit incessant ; de là aussi de petites érosions, plus ou moins superficielles, qui, outre leurs autres inconvénients, ont celui d'être des bouches toujours ouvertes pour l'absorption des principes contagieux.

Comme, d'ailleurs, il est constant que, en pratiquant la circoncision, on a guéri des spermatorrhées, des incontinences nocturnes d'urine jusque-là rebelles, il faut bien admettre que le phimosis joue un certain rôle dans l'étiologie de ces lésions. Rappellerai-je aussi que le cancer de la

PHIMOSIS. 261

verge (l'épithelioma surtout esl plus fréquenl chez les phimosiques? Enfin ajoutons que, comme toutes les lésions el anomalies des organes génitaux, le phimosis qui, d'ailleurs, est le signe d'une inforiorité de Formation de l'appareil génital B'acc p igné forl Bouvenl d'hypocondrie, d'une impuissance partielle, en toul cas d'une sorte de timidité presque morbide dans les rapports, même simplement sociaux, avec les personnes du sexe. G'esl sur ces sujets aussi que se fera plus Bouvenl i't plus fortement ressentir, sous Forme de névralgies, de névroses, de troubles nutritifs, le contre-coup des affections chroniques de l'urèthre el des testicules .

Pour remédier à ces accidents ou pour les prévenir, c'està-dire pour rétablir la conformation normale1, on a proposé plusieurs méthodes qui sont : le débridement, L'excision, la circoncision et la dilatation.

Le débridement consisteà inciser le prépuce de Façon à mettre à nu le gland. Il peut se pratiquer soit vers la région dorsale, soit près du frein. On a fait aussi le débridement multiple. Deux incisions latérales donnent d'assez bons ré sultats au point de vue de la conservation des formes. La section ;■ quelquefois été exécutée par la ligature ou par cautérisation : mais rien, pour le phimosis congénital, le seul dont il est ici question, ne justifie l'emploi de ces moyens longs el douloureux.

L'excision consiste à retrancher une partie du limbe préputial -ans en enlever toute la circonférence. En général, on excise sur la région dorsale un lambeau triangulaire dont la pointe correspond à la rainure du gland.

1. L'aire amenant toujours une dilatation de L'orifice préputial. il est Indiqué de ue pas trop Be hâter de prendre le bistouri. Quant à moi, j<- dissuade toujours un client de subir l'opération avant sa vingtième ancomplie. El que de prépuces cette juste temporisation n'a-t-elle pas Bauvés, surtout chez les jeunes étudiants en médecine qui <>nt l'instrument tout prêt s. m- la main, el non sans raison, ne Be croi< ni point nommes tant qu'il leur manque quelque chose des formes viriles I

■2t\-2 MALADIES VÉNÉRIENNES.

Le moyen le plus expéditif est d'inciser d'abord à la partie supérieure, ce qui donne deux lambeaux latéraux qu'on enlève ensuite avec de forts ciseaux, obliquement et de manière à former un ovale dont la base répond au frein. On finit en réunissant la muqueuse et la peau par suture. Quand on pratique l'excision, le frein est donc toujours respecté.

Il n'en est pas de même dans la circoncision, opération qui consiste à exciser le prépuce tout entier ou au moins la portion rétrécie, mais dans toute sa circonférence, de telle façon que la portion enlevée a la forme d'-un anneau. C'est sans contredit à cette méthode que l'on doit les résultats les plus satisfaisants : aussi nombre de procédés s'y rattachent, et nombre d'instruments.

Le but que l'on se propose est, d'ailleurs, toujours le même : c'est, de tenir compte de la difficulté principale, celle qui constitue la structure de cette partie, c'est-à-dire de sectionner au même niveau la muqueuse préputiale et la peau qu'elle double.

De tous les procédés, celui qui permet d'arriver le plus sûrement à ce résultat est, sans contredit, celui de Ricord, dont voici le manuel opératoire :1° La verge étant saisie entre le pouce et l'index, sans exercer la moindre traction sur la peau de son fourreau, soit en avant, soit en arrière, on trace avec une plume et de l'encre une ligne qui suit la direction oblique de la base du gland, à i ou o millimètres en avant, de cette base et dans toute sa circonférence : cette ligne limite toute l'étendue du prépuce qui doit être excisée. C'est ce que l'auteur appelle « le tracé du chemin de fer » ; 2° On prend une longue aiguille dont l'extrémité, munie d'une petite boule de cire, est introduite entre le gland et le prépuce; 3° Un mouvement brusque fait traverser par l'aiguille la muqueuse et la peau au niveau de la ligne tracée à l'encre; la fixité des rapport* de la peau et de la muqueuse • st par là assurée pendant toute la durée de l'opération;

PHIMOSIS

; On lire le prépuce en avant et on le saisit entre les mors fenêtres d'une longue pince à pansement placée immédiatement -m devant du gland, en arrière, et dans la direction de la ligne tracée à l'encre. Cette pince doit être tenue par un aide, verticalement et mm transversalement ; 5e A travers Les branches fenétrées de la pince on passe quatre ou cinq (Ils, .1 L'aide d'une aiguille à suture : chacun de ces Bis traverse donc deux fois la peau et deux fois La muqueuse; <>" Un bistouri, qu'on lait courir entre la longue aiguille et la pince, fait (Tiiii seul coup tomber la portion excédente du prépuce ; ~" La pince ayant été enlever, en divisant les Mis à leur partie moyenne, c'est-à-dire entre les muqueuses adossées, on obtient huit ou » 1 i v points de suture qui suffisent, en général, pour assurer une réunion régulière; 8" Si la muqueuse est restée en excès, il faut la fendre d'un coup de ciseaux sur la Ligne médiane, en haut, jusqu'à la rainure, puis exciser les lambeaux, (m a, quelquefois, à ce moment, à disséquer des adhérences formées entre le gland et le prépuce. On termine en nouant les fils.

Ne pas oublier qu'en agissant de la sorte on divise des vaisseaux qu'il importe de lier avec soin. Autrement, si, en dépit de ce qu'on peut l'aire pour les prévenir, desérections avaient lien pendant les premières vingt-quatre heures, il punirait se produire des hémorrhagies secondaires très sérieuses, lesquelles sont surtout à redouter lorsque la section a passé trop près du frein. Ce serait cependant une faute que de ménager absolument ce petit repli muqueux; car alors, l'œdème, qui a toujours lieu après l'opération, l'ait naître sur ce point une tuméfaction qui ne se résout qu'avec une extrême lenteur, se termine quelquefois par induration et entrave Longtemps Les fonctions génitales.

Les soins consécutifs -ont assez -impie-; : un linge cératé, perforé au centre pour Laisser écouler l'urine, esl appliqué immédiatement Bur le gland, et Bi la réunion esl bien laite,

ou peut ne l'enlever qu'au bout de cinq ou six jours. Voilà pourquoi nous préférons la suture simple aux serres-ûnes, qui se détachent avec trop de facilité et rendent le pansement beaucoup plus difficile à maintenir. Songez bien à extraire tous les bouts de fil de suture : un de ces bouts, laissé par mégarde, provoque, dans les tissus qui se sont cicatrisés par-dessus lui, un engorgement fort incommode et durant indéfiniment jusqu'à ce qu'on en ait découvert — ce qui n'a pas lieu sans quelque honte pour l'opérateur — et supprimé la cause.

L'opération n'a pas de gravité. Mais c'est une opération de luxe, mieux que cela, de coquetterie. A ce compte, le moindre détail a son importance. C'est surtout à l'hémostase qu'il faut apporter un soin minutieux. Je le répète : les hémorrhagies secondaires peuvent être graves; et en se produisant sous les sutures, elles exposent à des infiltrations sanguines qui compromettent la vitalité des téguments de la verge. — On doit faire la réunion aussi exactement que possible, la moindre négligence sur ce point pouvant doubler le temps nécessaire à la cicatrisation.

Faut-il anesthésier le patient? Je ne l'y pousse point; car alors son agitation, impossible à réfréner complètement, est une cause d'irrégularités dans l'exécution, qui compromettent la correction esthétique, vivement appréciée par les opérés, du résultat définitif. L'anesthésie locale (irrigation d'éther) n'ayant pas cet inconvénient, peut être employée.

La dilatation, méthode imaginée par Nélaton, consiste à dilater le prépuce au moyen d'une pince à trois branches, ressemblant de tout point à celle qu'on a proposée pour faciliter l'introduction de la canule après la trachéotomie. Celle dilatation, qui se fait en une seule séance, est, en réalité, une dilacération ayant les avantages des incisions multiples, mais en ayant aussi l'insuffisance lorsque la coarctation est très considérable et formée par des tissus très résistants.

PARAPHIMOSIS.

r\n \imiiM'iv|n.

l'a homme se présente, le gland découvert, avec des i-li.-wicres, des chancrelles ou une balanite. Sun gland, tuméfié, est encerclé en arrière par le prépuce enflammé ou œdémateux, formant une Borte de collet : le tout gonflé, rouge el douloureux.

Il y a là étranglement à coup sûr; mais il n'y a pas toujours paraphimosis, c'est-à-dire constriction exercée par le prépuce, <'t comme conséquence indication de réduire. N'omettez jamais, en pareil cas, « le demander d'abord au client : « Avant d'avoir pris du mal, portiez-vous rouvert ou découvert? » Rendez votre question bien claire; faites qu'il comprenne, et écoutez surtout sa réponse. Faute de cette explication, on s'expose à violenter inutilement, pour le faire rentrer, un gland qui doit être laissé dehors, puisque, à l'état normal, il était à découvrit ; un gland dont le gonflement accidentel, loin d'être l'effet de la tension du cercle préputial, en est la cause : dans ce cas, c'est la tuméfaction du gland qui a distendu l'anneau que représente l'ouverture du prépuce.

Au contraire, antérieurement, en état de santé, le client portait-il le gland couvert?... Dans ce cas, soit qu'alors il décalotât avec peine ou pas du tout, l'indication est plus ou moins facile à remplir, mais, car c'est la seule rationnelle, et elle est impérative : il faut réduire.

Ce n'est pas qu'on ait à craindre, comme conséquence ordinaire de l'étranglement prolongé, une gangrène de quelque importance. Non : on cite bien peu de cas authentiques de gangrène du gland causer par le paraphimosis. Tout se borne, sous ce rapport, a quelques érosions profondes, mais linéaires, portant sur la partie du prépuce qui étrangle aussi bien que sur la partie du gland qui est étranglée. C'est bien même

plutôt sur le prépuce que s'observent les lésions de ce genre ; et encore tout se borne le plus souvent à quelques entamures qui, causées par la constriction, se font de plus en plus profondes, tant que la constriction subsiste. En somme, il n'y a donc pas à redouter de danger sérieux. Mais le gland enflammé, restant ainsi à découvert, on souffre horriblement des frottements causée par la marche; mais il y a fièvre, insomnie, difficulté de travailler, anxiété extrême; mais enfin les lésions, ulcéreuses ou phlegmasiques, qui préexistaient, persistent et s'aggravent tant que la circulation est ainsi entravée.

Dans ce cas donc, rejetant comme tout à fait illusoires les sangsues, les réfrigérants, la compression, la belladone, etc., je profite d'abord de l'occasion pour bien me rendre compte, pendant qu'elles sont visibles, de la nature et du siège des lésions (ulcères, érosions, inflammations) qui, après la réduction, vont devenir latentes; puis je me mets à l'œuvre.

Mes mains ainsi que les parties malades bien aseptisées, le malade debout devant moi, — on verra tout à l'heure pourquoi, — je m'assieds et commence par serrer pendant une demi-minute le gland entre l'extrémité de mes cinq doigts, pour le flétrir et diminuer son volume. Ceci obtenu, sans perdre de temps j'embrasse le corps de la verge, derrière le bourrelet préputial, dans un losange formé par l'index et le médius, se toucbant bout contre bout, de mes deux mains tenues en demi-supination. Puis, tandis que j'attire ainsi vers moi le cercle étranglant, je repousse dans la direction contraire le corps étranglé (le gland) en appuyant sur lui avec mes deux pouces ' ; mais cette manœuvre exige autre chose

que de la force

Vous souvient-il, lecteur, de la façon dont on s'y prend

1. Cédant à la douleur, l'opéré, à ce moment, me seconde malgré lui en se portant instinctivement en arrière, pendant que jo le retiens en avant, contre moi. par la verge.

PAHAPHIM08I6.

pour boutonner ou déboutonner un vêtement neuf?... Observez-le bien : c'esl toujours en pressant Bur un des bords <le la boutonnière pendant qu'on présente obliquement le bord correspondant «tu bouton. Eh bien '■ pour nuire cas, c'est absolument la même chose... à part que c'est tout à l'ail en sens inverse. Ici, en effet, c'esl le gland qui est dépressible. Ap puyez donc sur lui pour lui faire franchir la boutonnière qui i ii pressant du pouce, plus particulièrement Bur L'un des points de la circonférence du gland, h vous êtes par- \riiu à engager ce poinl bous le contour du cercle préputial, la partie est gagnée, lebouton est mis; et ma description du même coup se trouve terminée, car ce qu'il reste à taire se devine, est inspiré parla situation : accompagner du bout du doigt le gland jusqu'à ce que vous soyez sûr qu'il est arrivé complètement en arrière du cercle étranglant. Ceci afin de bien constater, non seulement que tout reste bien réduit, mais que tout a été bien réduit. Car il est, pour le gland étranglé comme pour la hernie étranglée, de fausses réductions, de? réductions en niasse. De même que le chirurgien inattentif croit avoir tout mené à bien quand il n'a fait que repousser dans L'abdomen l'intestin qui, dans cette situation, demeure étranglé par le collet du sac, de même il arrive ici que lorsque, après beaucoup d'efi'orls, on a évidemment vaincu une résistance, on est tout étonné de voir que sitôt qu'on se "b- maintenir Le gland réduit, il ressort instantanément instantanéité qui prouve bien que ceci ne tient pas à une augmentation de volume du gland, causée par sa congestion sanguine). G'estquevous n'aviez forcé que l'un des deux anneaux constricteurs (soit le cutané, soit le muqueux). Insistez avec une nouvelle force et une nouvelle patience. Soudain, vous sentez comme un ressort, le dernier obstacle a cédé : la réduction, dès lors, est complète.

Un excellent conseil a été donné par Bardinet. 11 recommande d'agrandir préalablement le cercle constricteur, en

introduisant entre le gland et lui un corps inflexible, un cathéter, dont on se servira pour soulever, de dedans en dehors, le collet préputial, et l'éloigner dans ce point du gland. L'idée est juste et pratique, et voici comment j'en ai fait un bon auxiliaire de là manœuvre précédente :

Je prends un objet qui se trouve partout sous la main, un de ces porte-plumes rigides en bois ou en corne de buffle, à extrémité pointue, mais mousse. Je le saisis solidement avec les quatre doigts fléchis de la main droite en supination, comme à poing fermé, mais le pouce restant libre et en laissant la pointe de l'instrument déborder de 3 ou A centimètres, du côté de l'indicateur. Je forme alors le losange précité, ou plutôt le demi-losange, puisque, les doigts de la main droite étant fléchis, ce n'est que le bord radial de son indicateur fléchi qui fournit un point d'appui aux deux premiers doigts, écartés à angle, de la main gauche. J'embrasse donc la verge entre ces doigts; mais avant d'aller plus loin, j'engage le bout du porte-plume, et aussi profondément que possible, entre le gland et le bourrelet préputial.

Les choses ainsi préparées, on voit que j'ai à ma disposition trois moyens pour réduire : 1° l'attraction en avant du collet qui étrangle; 2° le soulèvement par le porte-plume de l'un des points du contour de ce collet; 3° la pression méthodique des deux pouces sur le gland. Et l'on voit, surtout, que je puis exécuter ces trois mouvements simultanément : d'où, ainsi que je m'en suis assuré cliniquement, une bien plus grande facilité de réduction.

Tout étant terminé, faites plonger la verge dans un verre d'eau fraîche. Le jour même, envoyez le malade au bain. Il est instantanément et soulagé et guéri. Traitez ensuite par injections ses lésions sous-préputiales, et surtout recommandezlui bien de ne décaloter que lorsque l'inflammation aura cessé. Recommandez-lui surtout, lorsqu'il y sera parvenu, de ne pas s'attarder, — ce à quoi une curiosité bien naturelle le

HERPÈS PROGBNITAL.

porte, à dresser L'étal des lieux. En termes plus claire que, alors, il recalote aussitôt qu'il .hum décaloté : c'esi assez pour une première fois.

J'ai toujours, sauf trois rois, réussi par Le BÎmple taxis à réduire sans avoir besoin de recourir au débridemenl '. La réduction, sans doute, esl parfois laborieuse; mais elle ne donne Lieu qu'à des éraillures superficielles, el dispense d incisions qui effrayent le malade et sont quelquefois refusées par lui, (jui exposenl à une cicatrisation très lente et môme suivie quelquefois de difformité. — Par la réduction forcée, on esl sûr de ne Taire éclater les tissus étranglants quedans la mesure strictement nécessaire, et l'on a rélaldi immédiatement l'organe dan- sa conformation primitive. Si le sujet avait un phimosis congénital, il s'en trouvera guéri.

I/anesthésie préalable peut être indiquée par une vive susceptibilité nerveuse du sujet. Je m'en passe, néanmoins, ordinairement; j'opère, séance tenante, sans même avoir demandé au malade son assentiment. Une fois tenu entre mes mains, je fais agir la persuasion en même temps que les pouces, et il faut bien qu'il me laisse aller jusqu'au bout.

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