‹ La pratique des maladies vénériennesChapitre 27 sur 90 · DESCRIPTION DES LÉSIONS DE LA SYPHILIS. § 1. — PERIODE PRIMITIVE · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DES LÉSIONS DE LA SYPHILIS. § 1. — PERIODE PRIMITIVE

Première incubation. — Le premier effet visible de l'introduction du contagium s'observe au point du tégument par où ce contagium a pénétré : c'est le chancre. Mais ce chancre

PÉRIODE PRIMITIVE, n'apparaît que quinze ou \mut jours environ après le moment où la pénétration a eu lieu. C'est là la moyenne habi tuelle pour les ras de Byphilis résultanl du coït. Exceptionnellemenl j'ai vu ce temps être «le trente, quaranteet jusqu'à cinquante-quatre jours. Barkercite même une incubation de quatre-vingt-sepl jours pour une Byphilis transmise par le tatouage '.

Première lésion. Elle n'a pas, ne <l"ii pas avoir d'autre nom que celui de chancre. Mais sachons bien cependanl que cette lésion est loin d'offrir un type invariable. Commençant ordinairement sous forme d'une papule brune, si peu incommode, si indolenteque les malades ne s'en aperçoivent presque jamais au début, elle conserve quelquefois ce&caractêres jusqu'à la fin, n'offrant alors, en plus, qu'un peu d'induration sous épidermique et une légère desquamation plus ou moins bumide à sa surface; puis, au boul de vingt à vingt-cinq jours, elle pâlit, s'efface et tout est terminé, sauf une certaine consistance de la base, qui n'est perceptible que pour un doigl expérimenté mais toutefois ne se dissipera qu'à la Longue. — La plupart du temps, au contraire, il se forme une ulcération véritable, dont les bords ne sont jamais taillés à pic, mais comme à l'évidoir; ulcération d'un centimètre environ <le diamètre, souvent symétrique, à fond couleur chair de jambon, d'aspect parfois irisé, à sécrétion séreuse et n<>n purulente, mai- surtout à fond induré. L'induration, signe de la plus haute importance, est nettement et brusquement limitée à son contour — caractère qui la dislingue des tuméfactions constituées par de l'œdème, par l'inflammation,

1. Les clients ont l'habitude de rapporter au dernier coït la date de la transmission. C'est une erreur qu'il importe de rectifier. Au — i. dans les statistiques destinées à éclairei ce point, doit-on ne faire entrer eu ligne de compte que les cas où il n'y a eu qu'un seul coït pratiqué en

: ou bien encore les faits d'il nlation, soil accidentelle,

Boit expérimentale: la en effet, comme il n'y a eu qu'une seule insertion virulente, sa date ne peut être douteuse.

par un tissu de cicatrice, ou produite par des cautérisations; — elle donne aux doigts qui la saisissent entre deux points opposés de sa circonférence la sensation que causerait un demipois sec qui aurait été placé sous l'ulcère ; et, si on ne la traite pas, elle persiste très longtemps après la guérison du chancre, parfois de manière à être encore reconnaissable au bout de un ou deux ans. La cicatrice elle-même reste indélébile, d'aspect un peu variable selon les régions, mais en général blanche au centre et brune à la circonférence. — Entre ces deux types extrêmes de caractères objectifs, il y a, — on le comprend et, qui mieux est, on l'observe tous les jours, — une foule de cas intermédiaires.

On le voit, les divers attributs du chancre varient, font défaut ou s'accentuent ; l'ulcération ou l'induration même, ces deux signes longtemps réputés pathognomoniques, peuvent n'être qu'ébauchés, même, quoique fort rarement, ne point être perceptibles. Mais, en l'absence des caractères objectifs, les caractères extrinsèques existent toujours : je veux parler des caractères qui tiennent à l'évolution. Ainsi cette lésion sera plus ou moins ulcérée, plus ou moins indurée. Mais, sous quelque forme qu'elle se présente, toujours elle est venue après une longue incubation ; toujours elle est la première en date ; toujours elle va rester seule, c'est-à-dire sans autres lésions concomitantes, pendant trente ou trente-cinq jours pour le moins. Aussi, la baptisant moins d'après son aspect si variable que d'après la place constante qu'elle tient dans le cours de la vérole, nos sagaces prédécesseurs avaientils accolé à son nom vulgaire, et morphologiquement souvent peu exact de chancre, ce synonyme significatif, et nosologiquement si bien justifié : accident primitif, lésion primitive.

Le diagnostic du chancre ressort de la comparaison des caractères énoncés ci-dessus avec ceux de la chancrelle. Les éléments de ce diagnostic, dans les régions où les signes objectifs sont d'une constatation difficile, se tireront de ces deux

Page 1