PÉRIODE PRIMITIVE
faits : 1° i|ii«' le chancre Byphilitiq îb! indolenl : 2° qu'il
Bécrète très peu. C'esl d'après cea données que, sous un phimosis, dans le fond de l'anus, à une certaine profondeur dans l'urèthre, au col utérin, Bur l'amygdale, on distinguera, Belon le <-as. le chancre de l'herpès, '!<• la chancrelle, de la blennorrhagie, toutes lésions qui d'ailleurs peuvent coexister avec lui.
Autrefois, on tenait beaucoup à porter ce diagnostic, aie porter dès le début de l'ulcération, et cela afin de savoir : lu si l'ulcère devait être cautérisé; 2°s'H fallait le traiter par le mercure : 3° enlin, si le malade aurait des accidents secondaires. Mais l'utilité <le posséder de bonne heure ces diverses notions n'a plus aujourd'hui la même importance; car :
1° Si un ulcère, au moment où le médecin le voit pour la première fois, a un aspect tel qu'on hésite entre un chancre el une chancrelle, il n'y a aucun inconvénient, et il y a, par conséquent, indication1 à en tenter l'abortion, après avoir expressément expliqué au malade (pie cette opération ne peut, en aucun cas, lui faire de mal, mais ne lui fera de bien que s'il s'agit d'une chancrelle.
2° Pour beaucoup de médecins, il n'y a aucun motif, et, en tout cas, aucune urgence à commencer un traitement mercuriel dès l'apparition du chancre '.
3° Tous les malades s'informent, en effet, des suites possibles d'un ulcère commençant, demandant s'ils auront des accidents secondaires... et il y a, sinon grand profit réel pour eux. du moins avantage pour le renom du médecin à ce qu'il puisse les éclairer sur ce point. Or, le diagnostic entre le chancre et la chancrelle étant, en règle générale, facile, il est ordinairement possible au médecin de répondre à la question qu'on lui pose. Mais, notons-le, il est alors
î. Sauf les réserves formulé* - ci-dessus, à l'article ChancreUe, et fondées sur la possibilité de donner par là naissance à l'herpès récidivant. 2. Ce point Bera discuté au chapitre iv.
bien plus autorisé à effrayer qu'à rassurer ; car, sienprésence d'un ulcère qui offre les caractères évidents du chancre, il est fondé à présager et à prédire la vérole, tout au contraire, même en présence de caractères évidents de chancrelle, il doit rester dans le doute, ou tout au moins demander du temps avant de se prononcer. Il se peut, en effet, que le germe d'un chancre ayant été déposé, lors du même coït, au point où s'est développée la chancrelle, le chancre apparaisse à son tour, après les quinze ou vingt jours de son incubation réglementaire. Transformant ainsi en chancre l'ulcère où vous n'aviez d'abord vu qu'une chancrelle (c'est le chancre mixte, chancre duquel j'ai fait ressortir plus haut, p. 188, la haute portée doctrinale), il donnera au pronostic que vous auriez émis d'après cette notion favorable, mais alors forcément incomplète, un démenti cruel pour le malade, et pour vous on ne peut plus compromettant. Combien n'ai-je pas vu d'exemples de gens indûment tranquillisés par un médecin trop pressé de porter son jugement, et qui, sur la foi de cette sentence encourageante, ayant laissé aller les préparatifs d'un mariage, se trouvaient à la veille de signer le contrat en pleine éclosion vérolique!...
En général le chancre est solitaire, parce que dès qu'il est apparu, la constitution a déjà su/ji l'imprégnation syphilitique: grand et lumineux principe que Clerc établit expérimentalement en 1835; d'où Y irréinoculabililé du chancre, principe juste, mais dont certaines exceptions cependant marquent les limites, puisqu'on possède quelques exemples: 1° de réinoculation expérimentale positive d'un chancre avant le troisième jour de son existence, 2° d'éclosion d'un deuxième chancre, chez un sujet déjà porteur d'un chancre, sujet qui s'était exposé à la contagion durant la période d'incubation du premier.
L'absence de processus phlegmasique, laquelle caractérise et différencie le chancre, donne aussi l'explication de son