LA PREMIÈRE POUSSÉE A LIEU
Six semaines environ après le début du chancre, éclatent les accidents divers que j'ai décrits sous le nom de première poussée.
A ces accidents correspondent trois — et pour quelques médecins, quatre — indications bien distinctes, mais simultanément exécutoires. Ainsi :
Il faut combattre l'état chloro-anémique et les troubles variés qu'il engendre ;
II! M N.MI.N l SELON LES LÉSIONS.
Il faut, d'après le mode Belon lequel a lieu l'invasion, Be Paire une idée de l'intensité du mal, en d'autres termes connaître la vérole par ses premiers fruits a6n déjuger du pronostic et du traitement que le cas comporte;
Il faut opposer aux différentes lésions syphilitiques le traitement soil général, soit local qu'elles réclament :
Enfin, selon l'avis de quelques-uns, il faut traiter la vérole elle-même de manière à neutraliser le principe qui la consti lue el à prévenir toute récidive. Ceci a déjà été examiné.
\ \ . ri-dessus, p. .'!7T .
Étudions successivement la manière de remplir ces di- \ ei ses indications.
i° Contre les accidents dits prodromiques (lassitudes, céphalées, douleurs rhumatoïdes, cardialgie, ûèvre, dépression morale, etc.), l'iodure a la vertu d'un spécifique. Donnez- li' .1 ï mi fi grammes par jour. Si l'élément anémie prédomine, donnez, en outre, deux pilules de Vallet avant, el deux cuillerées de vin de quina après chaque repas.
Parfois «les accidents nerveux, surtout à forme de migraine, affectent le type intermittent, .le prescris alors :
N° .'{'t. lodure matin et soir m supra). En outre si l'accès ;i lieu, par exemple, à midi), prendre deux en se couchant et deux à 7 heures du matin, des pilules suivantes :
Sulfate 'le quinine 15 décigramm
Extrait thébaïque s centigrammes.
Pour IG pilules.
Après que la phase des lésions de L'innervation csl passée, la chloro-anémie entretient quelquefois, par suite de lésions temporaires des organes hématopojéliques ganglions lymphatiques, rate, amygdales, corps thyroïde, systèi --eux
•lullien), foie. rein--, uni1 débilitation plu- on moins persis-
iiM, SYPHILIS.
tante, tristesse, pâleur, inquiétudes, amaigrissement, défaut d'entrain,... état pénible par lui-même, grave en ce qu'il tient la porte ouverte à toutes les causes, à toutes les imminences morbides. L'un des meilleurs moyens que j'aie trouvés pour y remédier est le suivant :
N° 35. « Boire, aux repas, avec le vin, une eau gazeuse de table (Saint-Galmier, César, Condillac, mais de préférence Saint-Alban), dans chaque bouteille de laquelle on a ajouté 1 gramme de citrate de fer et 8 décigrammes d'iodure de potassium. La bouteille doit être consommée en deux ou trois repas. »
Ce tonique est d'autant meilleur qu'il se concilie avec n'importe quelle autre médication. On le continue des mois entiers, même aux yeux des convives (le déguisant sous le nom de eau ferrugineuse), sans qu'il provoque jamais le moindre ccident, le plus léger effet d'intolérance gastro-intestinale.
Valopécie générale ou partielle ne réclame pas d'autre médication. Seulement l'hygiène rend ici plus de services que la pharmacie. J'ai toujours vu les cheveux tomber tant que le malade est sous l'empire de causes déprimantes, et pousser de nouveau dès qu'on parvient à le soustraire à leur influence. Donc l'espérance étant le meilleur des toniques, ne vous lassez pas de répéter aux malades — ce qui, d'ailleurs, n'est que la vérité — que, s'ils n'ont pas quarante ans, et si la calvitie n'est pas héréditaire clans leur famille, leuri poils, tous leurs poils reviendront certainement, en trois mois, et tels qu'ils étaient auparavant. On devine par là ce que je pense des frictions ou lotions stimulantes, des régénérateurs, tous plus infaillibles les uns que les autres. Infaillibles, en effet!... oui, donnez-leur seulement le temps d'agir, rien que trois mois, et ils feront merveille !
Je n'étends point, bien entendu, cette prescription aux cas d'alopécie circonscrite déterminée par une lésion locale, une acné, un impétigo, un ecthyma, etc. Ici, au contraire, il faut
lit \ 1 1 1 mia I SELON LES LÉSIONS.
surtout agir par les topiques, de la manière que j'indiquerai plus loin, au chapitre do la '/■ l cation locale.
L'alopécie suscite une indication particulière, au poinl d vue social. Un jeune homme qui toul à coup, en pleine sant apparente, se présente chauve et parfois glabre de partout, esl par ci 1 1 seul convaincu de syphilis. Autour de lui, on le remarque; et s'il veut, un jour, se marier, il B'apercevra qu'on en .1 gardé bonne note. Qu'il invoque alors pour cause une céphalée persistante, qu'il s'en traite même ostensiblement afin d'écarter tout soupçon.
J Pour mesurer d'après ses premiers signes l'intensité d'une vérole qui commence, pour porter ce que j'appelle son diagnostic prévisionnel, comptez peu sur les considérations qui mil rapport au genre d'accidents que je viens de décrire. En effet, l'étal chloro-anémique qui les engendre manque chez beaucoup de sujets. Très commun dans le Bexe féminin, il fait défaut, absolument défaut, chez un tiers environ des hommes. Il y a pins : sur 199 malades de Bassereau, où la première syphilide fut un érythème (forme bénigne), 56, plus du quart, avaient été exempts des lésions prodromiques. Et au contraire sur 50 malades où la première syphilide fut papuleuse forme qui, selon l'illustre auteur du dualisme, dénote une syphilis plus grave . H'>, le tiers, n'avaient eu aucune de ces lésions. Donc la gravité, I 1 durée de ces prodromes, leur existence même, tient à l'impressionnabilité, à la constitution spéciale de l'individu plus qu'au degré d'intensité de l'intoxication spécifique qu'il subit.
Mai- -i cet indice-là esl Bujetà tromper, il n'en est pas de même, surtout considérés dans leur ensemble, des symptômes objectifs qui éclatent lors de l'invasion, c'est-à-dire de la syphilide, du glandag laire, 'les plaques muque
1 st là une étiquette largement étalée, lisible pour tous 1 de loin, authentique et urtout, étiquette qui ment peu.
Et comment en serait-il autrement? Quelles que soient les eau ses qui, originairement, donnent à une vérole son degré variable d'intensité, elles ont eu, à ce moment, le temps d'agir, et elles s'expriment ouvertement dans cette première manifestation extérieure. Que d'autres causes qui n'agissent qu'à longue portée, ou ne surviendront qu'ensuite, puissent ne dévoiler leur influence qu'ultérieurement, rien de plus naturel; (et l'on comprend de cette manière que l'événement démente parfois des pronostics basés, sauf les réserves légitimes, sur Tunique considération de l'intensité de la première poussée). Néanmoins, a priori, il ne semblera à aucun esprit logique et désintéressé qu'une vérole forte doive s'annoncer de la même façon qu'une vérole faible. Et, par le fait, on voit le plus souvent se confirmer les pronostics de ce genre portés par un praticien expérimenté qui sait rechercher et prendre en juste considération tous les éléments de ce problème plus complexe que quelques-uns ne le pensent. Bassereau, Clerc et Langlebert pensent ainsi, professent comme moi cette croyance si naturelle dans la possibilité de prévoir ainsi la force d'une vérole, de découvrir, en jetant un coup d'œil sur les premières pages, ce que vaudra le livre... livre, bêlas! il faut le répéter, qui trop souvent se rédige, et par conséquent se modifie à mesure qu'il s'imprime.
Ainsi, en thèse générale, doit inspirer, dès la première éclosion, des inquiétudes sur sa gravité, une syphilis :
a. Dont le chancre primitif a été fortement et est resté longtemps induré;
b. Dont la deuxième incubation, celle comptée à partir du début du chancre, a été au-dessous de quarante jours;
c. Dont les prodromes, malgré la bonne constitution du sujet, ont été marqués par une débilitation profonde, prolongée, et surtout portant, quelque légère que soit l'atteinte, sur la facilité d'exercice des facultés intellectuelles;
d. Dont la première poussée tégumentaire a été papuleuse,