‹ La pratique des maladies vénériennesChapitre 56 sur 90 · IL Y A DES ACCIDENTS DE TRANSITION · texte numérisé non relu

IL Y A DES ACCIDENTS DE TRANSITION

Tels sont les agents principaux de Ja médication mercurielle1. Cette médication vise surtout les accidents secondaires; et elle y est souveraine. Mais, lorsqu'on a affaire à des lésions dites de transition (syphilides tuberculeuses ou pustulo-crustacées, iritis, onyxis ulcéreuse, rhinite sanguinolente et croûteuse, et même albuginite), il arrive souvent que le mercure, donné seul, n'a que des effets partiels ou temporaires, demeure même quelquefois complètement impuissant. Dans ce cas, il faut lui adjoindre une préparation iodurée. C'est le traitement mixte.

On le fait de deux manières : soit en réunissant les deux spécifiques dans une même formule, soit en les administrant séparément l'un et l'autre, à heures différentes.

Visant le premier but, on donne soit le sirop de Gibert ou de Boutigny (qui contiennent 25 centigrammes de bi-iodure dp, mercure et 12 grammes d'iodure de potassium pour (iOO grammes de sirop) à la dose de une, puis deux, quelquefois trois ou quatre cuillerées à bouche par jour; soit la même quantité de la préparation suivante, due à Ricord :

Y' 38. Eau distillée 500 grammes.

Bi-iodure uydrargyrique 15 centigrammes.

Induré de potassium 15 grammes.

Mais j'ai souvent remarqué — laissant aux chimistes lo soin d'expliquer le fait — j'ai remarqué et écrit dès 1847,

1. J'écris ici, à l'usage des médecins, une série de conseils aussi détaillés que possible, mais non un formulaire ; aussi m'abstiens-je de mentionner toutes les recettes qu'on trouvera dans les ouvrages de ce genre.

l'HAi n:\li \T SELOM LES i ÊSIONS.

Hue ces préparations mixtes surtoul les Birops irritent le lube digestif, el que dans les cas où elles se montrent inoffensives pour lui, c'esl qu'alors, m, il préparées, elles -mil inefficaces comme agent médicaleur. Je pr< fère donc, comme plus efficace, quoique plus assujettissant, le procédé d'ingestion séparée des deux spécifiques,

Dans ce but, ayant égard à l'heure usuelle des repas onze heures du matin et six heures du soir ]'■ formule ainsi :

V 39. Prendre, le matin en se levant, puis deux heures avant le dîner, une pilule de Dupuytren, ou de Kicord.

Prendre, une heure avant le déjeuner, puis en se couchant, I gramm •. i »1 1 1 - tard grammes ou plus d'iodure de potassium dans un verre d'eau.

« Si l'on observe que la pilule serait mieux supportée à un autre moment, choisir pour la prendre l'une des heures désignées ci-dessus pour ingérer L'iodure. »

Conditions d'absorption et d'élimination du mercure. — Sur ci' sujet d'un intérêt tout pratique, j'emprunte aux expériences Ui' Welander quelques données précises.

Quand le mercure es! donné pur In bouche, en supposant les organes digestifs sains, on le retrouve dans l'urine, en moyenne a] rès un ou deux jours.

Employé en frictions, il apparaît dan- l'urine dès le premier jour. La quantité augmente très rapidement; elle est considérable au bout de quatorze un quinze jours.

Après 1rs mjeclions hypodermiques, il dénote très vile sa

présence, un i deux heures après l'injection de sublimé,

vingt-quatre heures après celle de calomel.

Le mercure s'élimine d'uni- manière constante par l'urine; la plus grande partie du remède introduit dan- le cor| - disparaît par celle voie. Quel [ue!"< is nn n'en découvre point, el d'ailleurs jamais beaucoup dans la salive. Il y en o toujours el en quantité notable dans les fèces. — Welander en a in>u\ é

dans le sang et la bile chez un enfant mort-né dont la mère avait pris du mercure; il en reconnut la présence dans le placenta, dans le foie et dans la sérosité d'une ascile résultant de ces lésions. — Il n'en a trouvé que trois fois dans le lait; une autre fois dans du pus.

L'élimination du mercure a lieu d'une manière continue.

Quant au temps durant lequel ce métal reste dans l'organisme, c'est, en règle générale, de quatre à six mois, assez souvent entre six et douze mois; quelquefois même on en trouve plus d'une année après la fin du traitement.

Il résulterait de ces expériences que l'absorption du mercure s'opérant très rapidement et en abondance après les frictions et surtout après les injections hypodermiques, il serait indiqué de préférer ce mode d'absorption à l'ingestion par la bouche, toutes les fois qu'on a besoin de provoquer un effet prompt et puissant de ce remède.

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