‹ La pratique des maladies vénériennesChapitre 58 sur 90 · I - antécédents thérapeutiques noue renseignant si mal ou · texte numérisé non relu

I - antécédents thérapeutiques noue renseignant si mal ou

risquant de nous égarer, revenons à de6 éléments d'u 'dre

plus positif pour [présager L'invasion de la syphilis tertiaire.

assurément il ne Buffil pas que l'étal secondaire se prolonge .ui delà du terme habituel pour qu'on doive craindre de le voir dégénérer en tertiaire. Néanmoins cette circonstance esl déjà un élément île pronostic, uni; raison pour redoubler de vigilance et d'insistance afin d'obtenir la stricte exécution des médications, La stricte observance du régi

Les lésions légumentaires deviennent-elles, -m- les bras, squameuses? aux jambes, pustuleuses? Survient-il dans le dos de Larges papules? L'onyxis s'invétère-t-elle de manière à amener la chute de l'ongle? Les plaques muqueuses buccales affectent-elles la forme ulcéreuse?... Dans ces invasions sévères, dans toute accentuation des formes supérieure à ce que comporte le siège, sachez lire, lisez un premier avertissement.

Si le mal vienl à dépasser les téguments, si j'observe la dysphonie, l'iritis, une rhinite purulente, quelques contractures, l'avertissement devient et plus clairet plus impérieux.

Enfin, même existant à un léger degré d'intensité, La diminution de l'appétence ou de la vigueur génitales, L'amnésie, l'insomnie, une céphalée de quelque persistance, La sensibilité «lu sternum, du tibia, du cubitus aux pressions, ne sonl plus seulement une menace, mais un avant-coureur : c'est le grain qui précède l'ora s

En face de ces présages que doit faire le praticien ?

Doublera-t-il la dose et augmentera-t-il l'énergie et la durée des médications mercurielles'?... Illusoire ressource, qu'on est bien forcé quelquefois d'employer pour dégager sa responsabilité vis-à-vis du client mu ,\i- sa famille, mais dont

l'impuissance égale au moins le crédit. Si vous en venez là loutefois, si vous faites ce sacrifice à l'opinion, vrillez du moins, veillez bien à ce que le soi-disant préventif ne soil jamais porté au point de compromettre les forces de l'organisme soit indirectement par son action irritante sur le tube digestif, soit par son action anémiante directe, soit par la perversion qu'il peut imprimer aux actes intimes de la nutrition (néphrite, dégénérescence graisseuse).

Ce n'est que sur ces forcesdà, en effet, qu'on doit compter pour neutraliser le tertiarisme en germe. Au lieu de vous borner à doubler la dose des pilules, prenez la peine d'étudier le cas. surtout d'étudier le client (voy. ci-dessus, p. :>(iS . Puis, la cause connue, prescrivez la réforme nécessaire.

Mais enfin l'état tertiaire existe. Que lui opposer ?

Quoi?... En fait de remèdes, l'iode, c'est-à-dire les iodures alcalins, ou, comme l'usage a fait le mot. Yiodure. L'iorlure est un vrai spécifique.

Veux-je dire par là qu'il éteint la syphilis à coup sûr et pour toujours ; que, après un traitement par l'iode, le malade est à l'abri des récidives? Non, malheureusement, il n'en est pas ainsi.

Toutefois, l'iode concourt indirectement mais très effiearement à opérer la guérison. En effet, pour la tertiaire comme pour la secondaire, ce qui reconstitue l'organisme est le meil- . leur élément d'une cure radicale, que nous ayons à notre disposition. Or l'iode mérite, à tous égards, le titre de réconciliant. D'abord, physiologiquement, il n'agit pas dans le -i-iis opposé; ce que, à juste titre, on reproche au mercure. Puis il est certaines lésions tertiaires, soit viscérales, soil osseuses, soit nerveuses, soit serpigineuses, qui, en entravant la digestion, l'hématose, les sécrétions, en condamnant les malade-; à l'inaction, en les mettant hors de la vie sociale, exercent une influence débilitante sur toute l'économie. Eh

IIUIII.MKYI M'.l.nN II - I ÉSI0N8.

bien ! le remède qui, même «ans détruire ces lésions, les maintient à h ii degré compatible avec le jeu de la fonction, avec la reprise des habitudes qui >"ni plus que le charme, le soutien de l'existence, rétabli! par cela seul la vie nutritive du - 1 1 i < • t dan8 8on type normal; précieuse, indispensable condition pour obtenir la guérison réelle,

A un point de vue plus direct, la vertu de l'iode contre les lésions tertiaires se manifeste par trois i fiels <] u*oti demanderail en vainau mercure dans sa sphère d'action, c'est-à-dire contre les lésions secondaires : 1" il .1 prise sur tous les accidents de la période tertiaire; il calme les douleurs, Fond les gommes, dompte les paralysies, tarit les Qux, ferme les ulcères; cette propriété, en général, ue s'épuise que très peu par l'accoutumance : die se retrouve presque intacte à chaque retour des accidents quels qu'ils soient : que ces accidents soient identiques à ceux que l'iodure a déjà vaincus, ou nouveaux; 3° enfin, tant qu'un tertiaire continue à prendre de l'iode, il est ordinairement à L'abri des récidives. Souvent il lui faut acheter la santé à ce prix; mais enfin en la payant, il l'a, — ce que ne donne tiiièrr !»■ mt'ivure.

Ajoutons que, en général, l'iodure est parfaitement toléré soit par le tube digestif, soit par l'économie; que les accidents auxquels il peul donner lieu sont rare=. sans gravité

et .■.'--•Mit rapide nt par le -''ni effet de la suspension du

remède', — qu'il opère aussi promptemenl qu'efficacement;

i . Les accidents auxquels l'emploi de l'iode expose sont : le coryza, la conjonctivite, une forme particulière, mais simplement érytb imateuse, stomatite el d'angine, des éruptions polymorphes, donl la plus ordi uaire esl celle d'acnés miliaires, apparaissant surtout au front 'Ét vers le pli naso-jugal. M. Auberl prévient la congestion pharyngo-naso-conjonctivale en donnant une- pilule de 5 centigrammes d'extrait de belladone après la dose d'iodure. Continués pendant quelques jours, ces .". un 10 centigrammes, quotidiennement, peuveul même établir une tolérance à l'iodure, qui persiste après la cessati le l'antidote. I ai constaté la réalité <l" cette garantie dans les termes >>h l'a formulée mon cher collègue.

Si l'on a méconnu l'avertissement <| lounent ces accidents, il peut,

tè8 SYPHILIS.

qu'il est le seul remède doué d'un pouvoir réel contre les vrais accidents tertiaires; — enfin que, contrairement aux lésions secondaires, il est extrêmement peu de lésions ternaire? qui guérissent spontanément.

L'emploi thérapeutique de l'iode se fait à peu près de la même manière que celui du mercure, quant à la progression des doses du remède, à la durée, aux suspensions et aux reprises delà médication. Je puis cependant, d'après mon expérience, tracer à cet égard quelques règles plus précises:

Je trouve lieu à administrer l'iode selon quatre modes principaux, répondant chacun à une intention distincte, dictée par la nature et la phase du cas qui m'est soumis : traitement par extinction; traitement progressif; traitement permanent et traitement probatoire.

Traitement par extinction. — Une syphilis tertiaire d'intensité moyenne se présente; le cas est récent et n'a pas encore été traité par l'iode. Il s'agit, je suppose, d'ecthymas ulcérés du bas des jambes, de nodus de la région cubitale, d'une rhinite puro-sanguinolente. J'ordonne alors 1 gramme d'iodure de potassium en deux doses, à prendre matin et soir. — Au bout d'une semaine, s'il y a eu effet favorable, et si cet effet va en augmentant, je continue à la même dose. Si, au contraire, l'amélioration a été nulle ou insignifiante, ou bien si après s'être d'abord manifestée elle ne continue pas, je double, et s'il le faut, je triple (au bout de huit autres jours) la quantité du remède. Rarement, dans ce cas bien spécifié,

à un degré plus avancé de saturation de l'organisme, survenir Vébriété iodique, congestion passagère, mais méritant d'être surveillée, des centres nerveux. — L'expérience n'a que rarement confirmé l'existence de ['iodisme, état de consomption lente, attribué par quelques auteurs à l'emploi prolongé de l'iode à petites doses. .Mais il faut avoir l'ccil sur l'alropliii' di's testicules et des glandes mammaires, qui suit quelquefois l'administration prolongée de ce médicament, même à doses modérées.

TRAITEMI N i' SELON LES LÉSIONS.

j'ai besoin d'aller au delà ^près Irois mois environ, j'in terrompe pendant quinze jours la m< dication, el Bi alors loul n'esl pas guéri ou ne paratl pas marcher vera La guérison, je la reprends en administrant d'abord la dose initiale, roui ceci, sauf les suspensions que pourrait nécessiter une intolérance plus ou moins forte de L'organisme pour le médicament.)

Traitement progressif. — Supposons les mêmes ecthymas à L'étal de récidive; supposons un cas plus grave, des gommes tendant visiblement à L'ulcération ou siégeant dans un organe essentiel, des douleurs ostéocopes torturantes, une exostose comprimant la moelle; il y a péril, donc il y a urgence, et voici alors comment je procède :

\ 10. — Boire, ni.-itiu ei soir, un verre d'eau avec une cuillerée à bouche de :

Eau distillée 500 grammes.

Eodure de potassium io —

« Tous les cinq jours, augmenter chaque dose d'une cuillerée et continuer ainsi jusqu'à ce qu'on soit arrivé à en prendre quatre le matin et quatre le soir. Continuer ;i cette dose pendant un mois environ, puis diminuer le remède selon la même gradation.

Peu de lésions tertiaires résistent à un traitement ainsi di-

Si les accidents sont plutôt tenaces q langereux, s'ih

portent sur un sj stème organiqueoù les actes \ itaux s'accomplissent plus lentement, sur lesystème glandulaire, fibreux, osseux, on * ï ■ . i i suivre une progression moins rapide tant d'abord dans L'augmentation que plus lard dans la diminution des doses.

Il va sans dire que la quantité désignée ci-dessus comme maximum peut et devra quelquefois être dépassée. Parfois il faut aller jusqu'à in ou | ' grammes par jour pou i trouverla

dose thérapeutiquement agissante. Un le peut, d'ailleurs, impunément. J'ai, en 1848, publié l'observation d'un de mes malades qui put sans accidents prendre 36 grammes par jour d'induré, pendant plus d'un mois; et depuis lors, j'ai appris qu'on a souvent fait autant, et quelquefois fait plus encore!

Traitement permanent. — L'iode guérit presque toujours et presque toutes les lésions tertiaires; mais, chez beaucoup de sujets, la guérison ne persiste qu'à peu près tant qu'on en prend. D'autre part, quand un tertiaire a pris de l'iode assez longtemps et à assez haute dose pour être délivré de ses accidents, et que l'ayant cessé, il a vu ensuite ces accidents revenir (cas malbeureusement fréquent) il n'y a qu'une chose à faire : reprendre l'iode

Or, on peut en reprendre de deux manières : soit à moindre dose, mais tout de suite, d'avance, immédiatement après le traitement principal, en vue de maintenir pendant longtemps une faible imprégnation de l'organisme par le médicament: soit en désarmant après le traitement principal, mais en se tenante l'affût des récidives du mal pour leuropposeràtemps. de bonne heure, un cours ioduré efficace.

Pour tirer delà première méthode tout le parti qu'elle comporte, on doit profiter du moment où un traitement curatif sérieux par l'iode vient d'être terminé. Et, parlant de ce principe admis en thérapeutique, qu'il faut moins du même remède pour continuer un effet médicateur qu'il n'en a fallu pour obtenir cet effet, on administre, tous les deux ou trois jours. 5 décigrammes ou 1 gramme d'iodure, le matin. On peut, dans le même but, faire usage au repas, de l'eau gazeuse iodo-ferrée, dont j'ai déjà parlé. — Pour porter ses fruits, cette espèce de régime iodé doit être continué six ou huit mois.

La seconde méthode repose sur ce fait réel, que l'iode est inapte, il est vrai, à prévenir les récidives, mais qu'il les guérit toujours; de telle manière que. employé à temps, il les

TRA1 il mi:m SELON LES LESIONS .H

détruil ob ovo. C'esl donc quand la récidive est en germe, au moment où on la pressent sur !<• point <l<- Be traduire par des désordres apparents, qu'il importe de la traiter. Ko agissant

ainsi, on peut espérer conjurer sinon tous les effets, <li ins

les effets gra> es.

Il faut, par conséquent, apprendre à deviner en quelque sorte les récidives.

Or, chez un tertiaire, chaque récidive a : l' une causi o casionnelle, et 2° ilr- signes avant-coureurs.

Quant au premier de ces deux genres d'indices, on a à Be demander, à propos du sujet exposé: A-t-il subi un refroidissement, ou des émotions pénibles? A-t-il fait un excès de travail, passé des nuits, sacrifié outre mesure à Bacchusou à <a congénère? A-l-il changé de «limât, d'habitudes, de résidence, «le prnf'essinii, rt changé en mal? Kst-il sous 1 impression débilitante d'accès de fièvre intermittente, do chlorose, de dyspepsie, d'anémie?... Ce sont là, nous le savons, tout aillant de causes de récidive. Eh bien! prendre, en ce cas, dès que la cause « agi, un gramme d'iodure par jour, pendant un mois, est un parti d'autantplus prudent qu'il esl entièrement inoffensif '.

Quant aux avant-coureurs, le sujet sent-il une sorte de dépression générale mal définissable, une diminution de la sensation normale de force et de bien-être? Éprouve-t-il quelques élancements, soit dans d'anciennes cicatrices d'ecthyma, soit dans les parties du squelette qui sont le siège de prédilection

1. Un de mes plus intelligents clients m'a offert, dans un ordre pathologique différent, un boa exemple de cette indication d'après la cause. [lest sujet a ladyspepsie nerveuse: il la voit à coup sur reparaître à la suite de certaines émotions, soucis, nouvelles pénibles, toutes eau nature telle qu'il ne peul pas B'y soustraire entièrement; d'autre part, l'eau de Vichy remédie sûrement à cette dyspepsie-là. Eh bien! au lieu d'attendre, pour lui opposer son remède, que la dyspepsie ail paru, Be s. lit établie, il fait mieux : il réussit en buvant de l'eau de Vichy dés qu'il a du chagrin <i<- ce chagrin-là! — Frappante analogie avec l'effet préventif, tel que j< li comprends • i viens de I • xpliqui j de ! iodure.

des jetées tertiaires (tibia, cubitus, sternum, clavicule, humérus) ? Le sommeil devient-il plus léger, les sueurs plus faciles, la mémoire moins sûre? A-t-il moinsde confiance en lui-même pour les travaux de cabinet, pour une discussion un peu abstraite, pour les épreuves du litconjugal ?... Eh bien! ces diverses inférorités sont des avertissements à ne pas négliger. Le malade les reconnaîtra d'autant plus sûrement qu'il les aura déjà éprouvées comme prélude d'une précédente poussée tertiaire. Dans ce cas, la récidive n'est pas seulement possible : elle est imminente. Sans plus attendre, donnez l'iodure à la dose de deux ou trois grammes par jour; et continuez cette médication non seulement jusqu'à ce que les indices notés ci-dessus aient cessé, mais encore pendant un mois environ après leur disparition.

Traitement probatoire. — En présence d'une lésion douteuse, on est assez tenté, pour peu que l'apparence du mal prête à cette interprétation, d'essayer contre elle le pouvoir des antisyphilitiques. Et comme les lésions tertiaires n'ont pas, en général, des caractères objectifs pathognomoniques aussi bien tranchés que les secondaires ; c*omme elles occupent souvent un siège profond peu accessible à l'exploration; comme les symptômes fonctionnels dépendant, par exemple, d'une gomme du cerveau, du poumon, ne diffèrent que par linéiques points difficilement saisissables apriori des symptômes de l'encéphalite simple, de la phthisie bacillaire, on comprend que c'est à l'iodure bien plus fréquemment qu'au mercure que, dans la pratique, on a l'occasion de s'adresser pour servir de pierre de touche.

Or, souvent un client interrogé sur ce point affirme qu'il n'a pas eu d'accidents vénériens... Pour peu que vous ayez un doute, n'en tentez pas moins l'épreuve thérapeutique : omnis œr/er menda \ .

Même défiance el même conduite à l'égard de ceux qui vous

Ilt\l mil' Ni -i I un I KS 1 ÊSIONS.

disent avoir déjà rail Bans succès un traitement antisyphilitique complet .

Choisissez, pour commencer l'épreuve, un momenl où limai Boil dans Loule sa fi 'i ce.

Quand il s'agit do l'employer ainsi, assurez- vous bien delà pureté de l'iodure el « I « * la sincérité de sa posologie; cai l'épreuve en vaul la peine, il v va d'un haul intérél : de l'avenir même du malade. Donnez le remède à pleine dose; un d'abord, el au boul de trois jours, deux, puis trois el quatre grammes au moins par jour.

Veillez à ce qu'aucun autre remède général ou local ne - mi pi i- en même Lemps que l'iode. Veillez aussi à ce que rien ne -"il changé, pendant la durée de cette médication, au régime, aux habitudes quelconques du malade.

Quoique, en douze ou quinze jours, l'iodure ait largement le temps de manifester ses effets médicateurs, il conviendrai! de lui accorder un peu plus de temps s'il s'agissait d'altérations osseuses hyper plasiques, d'une lésion pulmonaire à apparence tuberculeuse, d'une affection ancienne du foie ou des ii'iii-, d'une vieille sclérose tertiaire.

Autant que possible ne laissez pas entrevoir au client qu'il s'agit d'une épreuve. S'il le soupçonne, comme presque toujours il a. lui, son opinion déjà faite, cette opinion, >urtout -il s'agit de douleurs, déteindrait inévitablement sur la manière dont il vous rendra ensuite compte du résultat.

Lorsque, le terme étant expiré, votre client revient, ayea l'impolitesse de ne lui demander de ses nouvelles qu'après vous être enquis s'il a bien exécuté votre prescription .1. Cloquet). Et alors seulement révélez-lui dans quelle intention vous aviez, formulé.

Enfin de quelque façon que l'épreuve ait tourné, un avisé praticien y trouve toujours sujet d'en féliciter -mi client. Car -il est guéri, rien de mieux .1 désirer, n'est-ce pas .' El s'il n'est pasméme soulagé, cela prouveau moins, — ceci vous

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pouvez le lui dire bien haut, car rien n'est plus vrai, — ceci

prouve au moins qu'il n'avait point la vérole.

L'action de l'iode peut être entravée par diverses causes : d'abord, l'intolérance des organes digestifs (ce qui est rare). S'il y a répulsion causée par la saveur, dissolvez l'iodure dans un véhicule aromatique : le sirop de menthe est celui qui réussit le mieux. Si la résistance vient de l'estomac1, délayez la dose dans une tasse de boisson émolliente. Notre respectable Gauthier recommandait, pour ce cas, une décoction de salep (I gramme dans 1/2 litre d'eau) et mes malades s'en sont bien trouvés. On a également la ressource des vin, lait, café, chocolat, bière iodés. Les dragées de Foucher, de 0,2 d'iodure chaque, sont un mode d'ingestion sûr et commode. Mon eau gazeuse iodo-ferrée est d'autant mieux supportée, que c'est un remède à prendre aux repas. Il en serait à peu près de même des eaux minérales naturelles iodo-bromurées deGhalles, deBondonneau. On donne aux enfants le lait d'une chèvre, ou d'une vache qui a absorbé de l'iode. — Enfin s'il faut renoncer à introduire le médicament par l'estomac, on tire un bon parti deslavements iodés : c'est une excellente et efficace ressource. Les frictions de pommade iodée ou mieux de teinture d iode diluée2, qu'on exécute sur la région de la peau correspondant à un organe malade, réalisent aussi la pénétration d'une certaine quantité du spécifique.

Ce qui doit dicter la durée de la médication iodée, c'est surtout l'influence qu'on la voit exercer sur la lésion actuelle.

1. Quand on rencontre une intolérance persistante chez des sujets dont les organes digestifs étaient sains jusque-là, il faut rechercher si cela n'est pas dû à la composition défectueuse du médicament, si l'iodure livré ne contiendrait pas, comme cela a souvent lieu, de l'iode en excès, du carbonate d'ammoniaque.

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