‹ La pratique des maladies vénériennesChapitre 78 sur 90 · PROPHYLAXIE INDIVIDUELLE · texte numérisé non relu

PROPHYLAXIE INDIVIDUELLE

Quoique excluant volontairement de mon sujet l'examen des mesures de police sanitaire (tant locales qu'internationales), j'aurais encore à écrire un long chapitre si je m'attachais à signaler, pour les prévenir, les diverses causes capables d'engendrer des maladies vénériennes. En effet, ces causes viennent de partout. Il n'est pas de contact qui n'expose à en subir l'atteinte ; et la seule syphilis des nourrices, des vaccinés, des verriers, des chirurgiens, des accour cheurs, des spécialistes et des clients de tout spécialiste peu soigneux de ses instruments et de ses doigts, sans oublier, à côté des éprouvés, les pauvres expérimentés, etc., prêterait à des développements aussi étendus qu'instructifs.

Mais je dois me borner à la préservation personnelle instituée à l'occasion des rapprochements sexuels; et j'omettrai même tout ce qui, sons ce rapport, a été conseillé d'insuffisant ou de difficilement praticable, m'attachant à n'indiquer — mais y insistant autant qu'il le faut pour qu'on

PROPHYLAXIE IND1VIDUELLI Bâche ru lirer bon parli que les moyens usuels, ceux que chacun a, en toutes circonstan* i i disposition.

A\.mi de décrire ces moyens, j'avertis expressément qu'xuun \ i >i infaillible. — Cela dit, j'établis la division la | ► I • i naturelle en m'adressanl d'abord à ceux qui peuvent donner, |mi- à ceux risquent de prendi e.

I 1 . eux qui peuvent donner

Porteur d'une blennorrhée suspecte de contagiosité, voua vous trouvez conduit, obligé, dites-vous, à agir comme ei vous étiez bien portant '. Dan- ce cas, il faut, avant l'acte, avant chaque acte, et le plus près possible de l'acte, nettoyer le vagin et l'urèthre. - Pour le vagin, faites une injection à grande eau avec lo.ut le contenu et tout le jel d'un irrigateur ; de l'eau > inaigrée, de l'eau même suffit. — Pour l'urèthre, le meilleur détersif est le plus naturel, l'urine. Appuyez la pulpe d'un doigt 'sur l'orifice; ceci fait, poussez Vurine avec force tout en L'empêchant avec ce doigt de

sortir : après cinq ou six sec les, brusquement lâchez tout

L'urèthre est ainsi balayé <lr tout ce qu'il pouvait contenir de contagieux ' ; ce procédé est applicable aux deux sexes.

Porteur d'une chancrelle, le plus sûr serait de la cautériser, de les cautériser toutes au Ganquoin, deux on trois heures avant l'acte*. Kn cas d'impossibilité, laissez tomber

1 . J'écris ici à l'adresse spéciale des fiancés, des époux, qui se croyaient

guéris ou donl une minute <\ égarement a c promis la santé et qui,

le jour venu de la cérémonie ou d'un retour imprévu du conjoint, Boni obligés, dans l'intérêt commun, de ne rien laisser soupçonner.

2. L'homme est plutôt porté ;i fermer le canal en pinçant l'extrémité du gland entre deux doigt : ce qui est plus commode s.ni- dout donne moins de garantie de lavage complet de tout l'urèthre.

i implique l'obligation de garder avant de s'exposer, une certaine quantité d'urine dans fa vessie. Le précepte i si élémentaire; mais il u'importe pas moins de l'énoncer, de I-- répéter même, surtout et justement à l'usage de ceus qui répèlent.

i. A ce l( rm si encore sèche dans toute - tendue, et

la réaction iullaiinuatoirc imbiante est fi peine commenci

sur l'ulcère quelques gouttes de collodion ; réitérez cela trois fois, à cinq minutes d'intervalle. Ainsi l'ulcère se trouvera couvert de trois couches superposés d'un enduit protecteur imperméable, d'une sorte decuirasse qui a le double avantage d'être flexible et fortement adhérente ; et si vous avez eu soin en outre d'huiler l'organe, quelques instants avant de l'exposer, cet enduit résistera d'autant mieux aux. frottements. La femme, dans ce cas, a à sa disposition une petite manœuvre qui donne un supplément de sécurité. D'un doigt, elle peut tenir couverte la région malade; de deux, elle peut diriger les choses de façon à faire éviter, au moment de Ventrée en matière, tout contact de l'organe contagionnable avec ceux de ses alentours, à elle, qu'elle sait être des portecontagium.

Porteur de lésions syphilitiques, où qu'elles soient, quelles qu'elles soient, et vous tous qui sans avoir, pensez-vous, de lésions actuelles, vous savez en puissance de syphilis, notamment en période secondaire, abstenez-vous, de grâce. Une lésion secondaire transmissible peut rester méconnue, vu l'indolence complète dont elle jouit le plus ordinairement. Un simple érythème du gosier, du prépuce, de la vulve, a été souvent l'agent de la contagion redoutable. Un docteur en médecine, d'âge mûr, expérimenté, sachant par cœur son Péril vénérien, a méconnu lui-même l'importance d'une de ces petites lésions — comme un simple client, il s'est dit à luimême : «ce n'est rien du tout» — et il a infecté sa femme! N'ayez donc qu'une confiance très modérée dans l'exploration et la cautérisation faites par vous-même de la région dangereuse. S'il y a impossibilité morale de vous abstenir, lâchez de vous faire examiner, cinq ou six heures avant, par votre médecin et que lui-même, après avoir bien et complètement exploré, louche et retouche au nitrate acide de mercure tout ce qui lui paraîtra suspect.

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• l ceux qui risquent de prendre.

Ceci s'adresse à tous. Mais i<ais ne bg trouvenl pas lemenl en étal de suivre nos conseils; tous surtoul ne Bont pas toujours en étal de les entendre. Ainsi, il faut évidem ni.'iii posséder une expérience, el jouir en outre d'un certain sang-froid, d'un réel empire sur soi-même pour prendre efficacement, avant el pendanl l'acte, les précautions suivantes :

Avant l'acte.

\\oir laissé l'avance s'accumuler la matière sébacée, enduit protecteur; sinon B'enduire avant, d'un corps gras.

User de l'enveloppe membraneuse, dégoûtant mais effica< e préservatif, quoique d'ailleurs non infaillible.

Examiner ->>n conjoint; l'explorer localement, -il est possible. En tout cas, jeter un coup d'oeil sur les régions où la syphilis laisse surtout des traces, aux coi issures des lèvres, à la paume îles mains : sur l'étal îles cheveux, des ongles, sur la face interne des bras el le ventre où survivent parfois des vestiges d'une récente éruption cuivrée; songer à la syphilide pigmentaire du cou.

En feignant de badiner, tâter les ganglions sous-occipitaux, et renoncer ou se refuser à toul sujel chez qui il- paraîtraient en

Durant l'acte, pas de retards, de suspensions volontaires; pas de répétitions trop fréquentes, à moins qu'elles ne Boienl

/ | r qu'on ait le moyen de pouvoir,

après chacune, uriner ut supra : e chaque Ims qu'on

i pos< ses prémisses ■ Ricord] .

Après l'acte, on retrouve tout son Bang-froid, doublé d'une juste frayeur. Commencez alors par bien laver l'organe <|ui s'esl exposé. Pour la verge, immergez-la en plein dans un large bol ou une cuvette, remplis aux. trois quarts d'eau,

Dll'A

condition nécessaire pour que le doigt puisse frotter exactement tous les plis, pendant que l'organe tout entier (dont quelques points, avec le mode de lavage usuel, échappent eu général à l'ablution) baigne dans l'eau. C'est faute de ce soin indispensable que le dessus de la région balano-préputiale n'étant ordinairement qu! 'aspergé et non immergé, les chancres et chancrelles s'y observent beaucoup [dus fréquemment que partout ailleurs.

Le contact de l'eau froide a éveillé l'envie d'uriner. Urinez donc, aussitôt que vous le pouvez, et selon les préceptes cidessus. Cette lotion, ce balayage naturel de l'urèthre est le meilleur des préservatifs à l'égard du danger le plus commun, de la blennorrhagie urétbrale. Voulez-vous contre ce danger-là un supplément de garantie ?... Faites, aussitôt après, une injection de vin ou d'eau vinaigrée, que vous garderez une minute (j'avertis que cette minute parait longue). Pour que cette injection serve et ne nuise pas, il y a deux règles à observer: n'introduire dans le canal que le contenu d'un quart de seringue et ne pas repousser le liquide d'avant en arrière; fermer l'urèthre, j'aime à le répéter, non en en pinçant l'extrémité, mais en appliquant un doigt sur son orifice.

CONFORMATIONS ET FONCTIONS NATURELLES PRISES l'OUR DES MALADIES.

Sujet aussi neuf qu'instructif, petit point de pratique, que je ne saurais assez me féliciter d'avoir, dès 1849, traité ex professo, d'avoir fait mien, tant l'occasion d'appliquer ce genre de notions est urgente en même temps que fréquente. Peu de souvenirs laissent au praticien consciencieux une satisfaction plus douce que celle d'avoir d'un mot, d'une simple mais palpable explication, rendu au bonheur un pauvre diable qui, sain en réalité, se croyait, par une fatale me-

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prise, vérole, chancreux, atteinl de pertes Bé minaleB, de rétrécissemenl urélhral, de bubon, de répercussion dar- Ireuse, etc.

Que celui qui a eu une de ces maladies croie en découvrir chez lui des retours, cela se comprend el s'excuse. Mais la classe de clients que je vise particulii remenl ici Be compose plutôt d'individus qui, n'ayant jamais eu de maux vénériens, se Qgurenl les a\ oir tous !

Or, cette illusion ne fail pas seulement des victimes parmi ceux qui sonl en âge de contracter des maladies vénériennes.

Dès le seuil de son adolescence, le jeune homme, poussé par un instinct irrésistible, explore, étudie, interroge l'appareil générateur. Mais les organes el les fondions de cel aprcil sonl pour lui autant d'inconnues sur lesquelles il n'ose aller nulle part solliciter un éclaircissement. Aussi se 1 t-il mille chimères, el ordinairement plus inquiétantes les unes que les autres. Toul lui est mystère; aussi tout lui devient terreur. Une conformation naturelle, une sécrétion entièrement physiologique prennent toutes deux, à ses yeux, Le caractère de maladies. Ces clients bien portants peuplent ibinets, lorsque, après des mois, des années d'hésitations, d'angoisses, d'insomnie, «le terrifiantes lectui d'exorbitantes autant que vaines dépenses, il se décident enfin à y venir frapper.

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