‹ La pratique des maladies vénériennesChapitre 82 sur 90 · IMPUISSANCE · texte numérisé non relu

IMPUISSANCE

part, dans l'ordre des Faits artificiels, que le débauché Bail qu'on L'obtient sans que le désir soit le moins du monde inlertenu, c'est-à-dire p ur des manipuJ Liions mécaniques plus ou moins prolong

Or, de ces infrai lions, de ces déviations imprimées instinc-

livemenl ou volontairement au anis de la fonction, il

n'en esl aucune qui, si l'on en prend l'habitude, >i on lea comme! avec excès, ne devienne peu à peu un obstacli accomplissement normal; qui, en d'autres termes, ne soit une cause d'impuissance.

Ainsi, la nature a voulu que l'érection naisse du désir. — Contreviennent également à ce vœu, et les impubères qui provoquent manuellement l'érection avant l'âge où le désir peut se former; puis, à l'autre extrémité de la vie, ceux qui, devenus incapables de désir, cherchent et trouvent les agents d'une congestion pseudo-érective dans des manœuv rea qui ne parviennent à réveiller un instant La sensibilité tactile de I organe que pour l'émousser d'abord et L'épuiser enfin Bûrement et pour toujours.

Ainsi, la nature a voulu l'intervention du désir; mais, dans L'intérêt de La reproduction, elle n'a pas voulu qu'il fût Le seul agent provocateur de l'éjaculation : une fois que le mobile psychique a fait sou oeuvre, c'est-à-dire l'érection, c'est ensuite au frottement spécial, à déterminer l'excrétion finale. Contreviennent formellement à ce vomi ceux qui, par crainte de contracter une maladie, ou pour tout autre motif, ne pouvant ou ne voulant obtenir Les dernières faveurs, s'allument l'imagination Boit, en L'absence de L'objet aimé, par des aspirations, soit, à son côté, par des caresses ou des privautés telles que, Bans contact des organes à ce destinés, parfois même Bana qu'il y ail eu érection, L'éjacu-

111. r moment, l'heure <\^ remettre les copies renant de souner, un lier, en i. lisant la sieni un fera faux :.- fjaculation I

§60 MALADIES VENERIENNES.

lation en soit la conséquence. C'est là le cas de Jean-Jacques Rousseau; et celui d'une foule d'hommes moins célèbres, mais tout aussi inconsidérément platoniques, qui, les uns cédant à l'entraînement de la passion, les autres, tout au contraire, calculant l'amour de manière à en faire de Yégoïsme à un, se félicitent d'échapper par ce stratagème aux assujettissements qui pourraient résulter du fait d'avoir obtenu la possession complète ; mais qui viennent tous, en définitive, nous demander une consultation pour des organes peu à peu devenus, faute du fonctionnement normal, rebelles à leur stimulant naturel. — Même critique et même avertissement aux gens, d'ailleurs bien fonctionnants, qui, dans un but qui est tout le contraire de l'égoïsme, suspendent volontairement ,à un moment donné, les mouvements provocateurs, afin de retarder la conclusion. Cette petite licence se paye tôt ou tard, et, si elle est devenue habitude, elle peut se payer cher.

Ainsi encore la nature a voulu que les choses se passent in vase debito. — Ceux qui, le trouvant insuffisant, ou trop suffisant, ont pris ailleurs d'autres habitudes, ne retrouvent plus, — lorsque, dans le lit conjugal, il faut y revenir — ne retrouvent plus au domicile légal Y étreinte, le charme nécessaire pour y habiter utilement, pour l'occuper, selon l'expression consacrée, en bon père de famille. De là une impuissance partielle, mais des plus graves, c'est-à-dire incapacité de remplir les véritables devoirs conjugaux.

Mais la nature a voulu quelque chose de plus. Pour que l'imagination aboutisse à des œuvres, il faut qu'elle s'exerce librement, sans préoccupations. C'est l'histoire, la triste histoire des savants, des poètes, des artistes; c'est aussi, c'est surtout celle des ultra-amoureux. Cette fonction, qui fait tout oublier, veut qu'on oublie tout pour elle. De sa nature elle est inconsciente, instinctive, et par conséquent deviendra impossible si on l'entreprend par calcul ou avec prémédila-

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lion — Ici les variétés sonl nombreuses el les exemples encore plu-. L'un n'ohlicnl de - i belle que des instants comptés, dérobés à l.i vigilance d'un Vrgtis. Il lui faudra, i I il lo Bail, s'exécuter dans un temps donné... Impuissant. L'autre cruil de son bonneur, quoique grisonnant, de payer le même tribul que jadis, et aux mômes échéances... Imprudent, il marche à un désastre — Celui-ci s'esl « ï i l : Ma

remme esl jalouse, elle revient de voyage, il faul que, ce soir même, j<' dissipe ses soupçons... // faut!. . Hélas! il ne fera que les redoubler. — Celui-là qui se traite pour l'impuissance veut savoir -i le traitemenl ;i déjà Pa.il effel : el dans ce but, il se rend en un de ces lieux où rien autre ne l'attire, bien au contraire, afin d'essayer ses forces... Il échouera, alors qu'il aurait triomphé si, au lieu d'aller Faire une expérience, il eût attendu une occasion. — L'excès d'amour lui-même, ceci esl notoire el banal, peul créer une diversion psychique préjudiciable à la perpétration de l'acte amoureux. — Mais, dans ce genre, l'espèce la plus commune esl celle-ci : pour n'importe quel motif, un homme, d'ailleurs bien constitué, est resté une fois à l'affront. Eh bien ! il ne pourra, <!<• quelque temps, se trouver dans aucune circonstance <>ù il lui faille payer de sa personne, sans que le souvenir el par conséquent L'appréhension de ce même accident l'expose à j retomber. Il n'abordera plàs le champ clos qu'avec une défiance qui glace en lui toute initiative. Et, s'il esl déjà d'un certain âge, celte mésaventure, loin de rester un fait isolé, marquera souvent le déclin des forces génésiques.

Cette analyse éliologique <l"il suffire au praticien intelligent. Car elle lui apprend d'abord que l'impuissance ne s'appelle pas unité, mai- bien plutôt légion; — elle le met à même d'en distinguer les variétés; — enfin, en spécifiant les conditions génératrices des diverses espèces du mal, elle lui révèle, a. litre soit de préservatif, soit d'agent atténuatifou curatif, Les ressources offertes par ce vaste el fertile champ de simples, Diday.

que notre Amédée Bonnet avait commencé à cultiver, en puissant généralisateur, sous le nom de thérapeutique fonctionnelle.

En effet, à part les cas de lésion matérielle ou de débilitation constitutionnelle, l'impuissant est moins un malade à droguer qu'un pénitent à confesser d'abord, puis à diriger. Avec une décence parfaite, mais avec une clarté égale, commencez donc par le mettre à l'aise sur ce sujet scabreux; éclairez-le, provoquez d'abord, puis écoutez ses doléances. Alors vous formulerez selon le cas.

Il est des préceptes généraux applicables à tous. A tous il faut prescrire un régime réparateur, une vie exempte de soucis et de contention intellectuelle, l'exercice modéré en plein air, les bains de rivière et en toute saison des douches froides, des ablutions, pour mieux dire des arrosages (eau froide versée, d'un demi-mètre de hauteur, sur toute la région génitale) et des quarts de lavement à la même température. Quelques bains de siège de dix minutes dans de l'eau salée, à 25 degrés, l'hydrothérapie, les bains de mer sont très utiles.

J'use avec avantage de l'électricité, du vin de Mariani, des ferrugineux, seuls ou associés à la strychnine. Hors l'ambre gris, .je n'ai jamais ordonné les aphrodisiaques proprement dits, les cantharides, le phosphore.

A quelques sujets, il convient de désigner avec les détails nécessaires un ensemble de conditions qui, réunies, pourront décider de l'issue de la lutte. Evidemment, si, après quelques semaines d'absence, et par conséquent d'économies, le mari part en guerre trois quarts d'heure1 après un repas où la

1. En novembre 1853, ayant le soir à discourir, à Bordeaux, sur un sujet difficile, devant un auditoire d'élite, je confiai rues appréhensions au si regretté Durand-Fornas, mon ami et. ce jour-là, mon amphitryon. Mais lui, d'une main tenant la fine bouteille et de l'autre tirant sa montre : « A quelle heure prenez-vous la parole? — A huit heures el demie) répondis je. — Eh bien! je finirai de verser à sept heures trois quarts; et vous m'eD direz des nouvelles. C'est h' montent psychologique ou psychogénique du bordeaux! » Avis à quiconque a à entamer ou à soutenir,

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truffe aura figuré - la parfumée est Boule efflcace) — et arrosé d'une demie llaul B irsac <•! de deux verres au plus do Moël pour ce dernier, il importe grandement de doser — il aura plus de chances de rentrer honorablement dans domaines que l'humble vaincu de la veille, qui lente en tremblanl un dernier eflbrl pour s'y glissera l'aide d'une si ratégio combinée de sang-froid.

A un poinl de vue plus Bpécial, interdisez sévèrement les moyens physiques usités pour produire l'érection attouchements divers, calorique, raréfaction de l'air, compres ion à travers la paroi rectale . — Interdisez aussi ces longues séante préliminaires que l'on prolonge jusqu'à ce qu'ils risquent de devenir des agents trop efficaces et d'amener le résultat complet par le seul moyen de l'imagination surmenée. — Interdisez surtout toute tentative qui serait faite en vue d'éprouver ses forces. Que celui qui se défie de lui-même attende une circonstance où se trouvent réunies autant que possible les conditions de besoin génésique réel, vivement ressenti, d'impulsion passionnelle, d'isolement absolu; que le couple ail tout son temps à soi, n'ail poinl à se préoccuper du chanl de L'alouette; qu'il n'ait, lui, à appréhender de trouver chez sa compagne ni un spectateur désintéressé, ni unjuge exercé, ni surtout un critique railleur. C'est parce qu'il offre réunies toutes ces chances de succès que le lit conjugal opère «les miracles. Au sein de la pleine sécurité qu'il inspire, avec la r Lssurante certitude d'avoir son lendemain, un époux ' peu a peu se fondre la honte, le respect humain, la sourde révolte contre soi-même, l'é 'rasante '-nu- :ience d'une situation ridicule, la petite vanité qui, à peine au sortir de chaque défaite, vous pousse sur la foi d'un perfide conseil de Montaigne) à recommencer l'attaque avec des forces à peine ralliées, en un mot, tous ces mille riens où s'alimente l'im»

ru m.'n.iL'.-, une de cea conversations où il sérail encore plus humi île rester court que je ue l'eusse été devant Gintrac, Venot <-l Jeanne I '.

puissance; el si, dans un moment de délire amoureux, un entre deux sommes, il a pu, une seule fois, parvenir à s'oublier, la victoire est à lui, et ce premier succès est le gage de triomphes désormais irrévocablement assurés.

Confiant dans cette douce influence pour dénouer le nœud fatal, je n'hésite pas à permettre, à conseiller le mariage à tous ceux dont la faiblesse, bien étudiée dans ses causes, me paraît ne tenir qu'aux conditions défectueuses dans lesquelles ils ont exercé jusque-là. Je ne leur dis, bien entendu, rien de ce que je viens d'expliquer ci-dessus. Je risque seulement une question sur la fiancée, pour savoir si elle est douée de la grâce suffisante ; j'écarte le plus souvent de la candidature les veuves; j'éloigne toujours la belle-mère; je prescris, pour le soir même, quelque potion infaillible! Je donne, s'il le faut, la grande recette de Langlebert (p. 80, 1. 20) (1) : et, en définitive, de tous ceux que j'ai envoyés, ainsi armés, à l'ennemi, un seul jusqu'à présent, un seul, est revenu du combat sans rapporter les dépouilles opimes.

L'impuissance par collapsus moral n'est pas la seule assurément. Mais, outre qu'elle est la plus commune, elle complique toutes les autres espèces, les augmentant, les entretenant et les prolongeant. Un convalescent, par exemple, un dyspeptique, veut essayer ses forces : naturellement il les trouve diminuées; vite la peur le prend, et le voilà livré aux chimères qui d'abord aggraveront son incapacité passagère, puis la rendront permanente en substituant aux causes primordiales, essentiellement passagères, qui l'avaient produite, une influence morale des plus fâcheuses ; car, mal

I. Ex cathedra, sans entrer clans aucune explication, comme condition sine quâ non. j'interdis au mari, quelque tentation qu'il ressente, quelque sur de lui-même que, à certains signes, il puisse se croire je lui interdis formellement pendant quatre jours de tenter la moindre entreprise. Ainsi comprimé le désir excitateur n'en prend que plus de force, et souvent j'ai reçu la joyeuse nouvelle qu'on avait réussi pour avoir contrevenu à mon ordre, pour n'avoir pu attendre jusqu'au terme prescrit.

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comprise ou mal combattue par le médecin, <-l !•■ peul durer une partie de la \i'-. Telle est, en un mot, seloi >i, l'importance de l'acti xercée par cel étal psychique, que, si

l'on voulait el pouvait rigoureusement évaluer l«' rôle que chacun des deux éléments précités joue dana l'atteinte portée ;in\ racultés viriles, près [ue toujours le chiffre qui représente li part de l'imagination serait le carré du chiffre représentant la pari des influences physiques; à ce point que, s'il fallait opter, je renoncerais h tous les aphrodisiaques pour nu quart d'heure de conversation avec mon client.

En dehors des pi rversions de l'acte fonctionnel, influence que j'ai 'lu étudier la première, il y a d'autres causes d'impuissance.

L'uni' des principales consiste dans les pertes séminales, snil volontaires, el répétées avec excès, soit involontaires, nocturnes. < >u devine aisément leur action palhogénique : on devine encoremieux leur remède. - L'excès opposé aboutit presque au même résultat. Un homme, qui jusque-là remplissait ses devoirs conjugaux avec régularité, a, pourune cause ou l'autre, cessé pendant un ou deux ans d'exercer celte Fonction. Déshabitué du coït, il s'y trouvera inhabile lorsqu'il voudra de nouveau l'accomplir : el un apprentissage, en quelque sorte, lui sera nécessaire pour reprendre sa vigueur première.

11 faut ranger parmi les causes les plus fréquentes l'inflammation chronique, tenace, qui, à la suite soit de rétrécissements -"il surtout de blennorrhagies, envahit l'urèthre postérieur, la prostate, les vésicules séminales. Celte lésion produit deux effets connexes, savoir: 1 la promptitude trop grande de l'éjaculation ; - l'inaptitude à répéter le coït à bref intervalle : double inconvénient qui, sans constituer la perle réelle des forces viriles, détermine un étal de semiimbellilé on ne peul plus incommode, presque aussi décourageant que la véritable impuissance ; ir, dans cette situa-

:<i;C, MALADIES VÉNÉKIENNES.

tion, ne pouvant avoir que la durée de l'éclair, le rapprochement des sexes se borne en réalité à un rapprochement et est par conséquent fort exposé à manquer son vrai but, la fécondation.

Le remède à cette forme d'impuissance est le remède qui en détruit la cause matérielle. Aussi consiste-t-il essentiellement dans la médication de la blennorrhagie chronique : l'instillation de la solution de nitrate d'argent est ici particulièrement efficace.

L'âge affaiblit, puis annihile les forces viriles ; mais, comme à part de rares exceptions, il amortit, puis éteint dans la môme progression les désirs, je ne dirai rien de cette sorte d'impuissance, qui, heureusement, ne réclame pas plus de consolations que de remèdes, et disons-le, se trouverait assez mal d'en chercher.

Parfois aussi c'est l'appétence génésique qui manquait originairement. Chose remarquable, cette défectuosité peut coïncider avec des organes en apparence normalement conformés. Très commune dans le sexe féminin, sa persistance est, chez l'homme, un fait exceptionnel. Ordinairement, peu à. peu, en avançant vers l'âge adulte, en vivant dans un milieu mieux approprié à la culture de cet instinct, en acceptant par curiosité les occasions de l'éveiller, le jeune homme le plus en retard finit par éprouver, plus ou moins rudimentaires mais susceptibles de développement, les sensations caractéristiques. Le rôle de confident, de conseiller, très réservé, très discret est le seul qui convienne ici au médecin. Mais, si consciencieusement qu'il lui appartienne delà faire, celte éducation, comme toutes les autres, compte un certain nombre de fruits secs. J'ai observé des échecs complets, j'ai vu des natures assez rebelles pour ne pas ambitionner même le moindre accessit.

Enfin — en cette matière il faut tout dire, le lecteur ayant intérêt à être bien renseigné — j'ai vu deux fois ce que, dans

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notre civilisation actuelle, je puis appeler plus qu'un phénomène étrange, une monstruosité. Chez ces deux hommes, de vingt- six el de Irente-deux ans, d'une classe sociale audessus de la moyenne, mariés, le désir existait ardent] soutenu, l'érection complète, prolongée, L'intromission était facile, régulière; <i L'éjaculation, depuis six el huil mois, faisait complètement défaut !

Que se passait il donc?... ou plutôt, que ne se passait-il pas .' Par un interrogatoire poussé jusqu'aux derniers détails, j'appris que, de ces deux clients, l'un ne connaissait pas du tout, l'autre, superficiellement renseigné par son père,, connaissait mal la gymnastique spéciale préparatoire. Li 3 époux se désolant, la famille, fort éclairée d'ailleurs, se voyant me* d'extinction, j'ai dû procéder à une initiation aussi

complète que l'était l'ignorance de - élèves. Il m'a fallu

leur enseigner non seulement L'altitude de l'exécutant, mais les intentions et jusqu'au rythme, jusqu'au mouvement de ce duetto que chante d'instinct loute la nature; bien plus, dans la répétition de ce morceau, simuler moi-même le chef d'attaque, puisque le grand chef d'orchestre avait oublié <!•.' déposer leur partie sur le pupitre.

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