‹ La pratique des maladies vénériennesChapitre 81 sur 90 · IMPUISSANCE · texte numérisé non relu

IMPUISSANCE

J'appelle de ce nom l'impossibilité, pour un homme, d'obtenir l'éjaculation par le mécanisme physiologique du

coït.

lin d'autres termes, doit être réputé impuissant l'homme que

[MPUI8SA

I-' désir sensuel, né sans l'aide d'excil il - locales, n<' met

état d'accomplir le coït fécondant.

Partielle ou complète, temporaire ou tendanl • < se perpétuer, l'impuissance dépend de diverses causes, Boit locales, Boil éloignées, telles que vicea de conformation, phimosis congé* nital, lésions organiques ou ronctionnelles de l'une ou l'autre partie de l'appareil reproducteur, atrophie, rétrécissements, phimosis, frigidité native, usage abusif de drogues aphrodisiaques, soit excès, soit abstention trop prolongée des rapports sexuels, application immodérée aux travaux intellectuels, maladies de la moelle, etc. Mentionnons, d'autre part, tout ce qui, en affaiblissant l'organisme, tend à compromettre ou abolir les forces spéciales nécessaires à l'accomplissement de la fonction génitale : c'esl ce que l'on observe journellement, mais de façon temporaire, dans la convalescence des fièvres graves, dans certaines dyscrasies. Cet effet

est, par exemple, on ne peut plus sensible durant 1 urs de

la dyspepsie, qui à la fois ôte le goût des rapports sexuels et s'aggrave sensiblement chaque fois qu'on a eu de ces rapports malgré la diminution d'appétence. Il en est de même du <li;ibète. Je l'ai observé permanent . et joint à L'anaphrodisie, chez des militaires après là campagne de ISTO. dû à l'épuisement physique et moral profond produit par les dures épreuves de la captivité succédanl à celles de la guerre.

Néanmoins ces diverses causes ne Boni pas celles de l'espèce d'impuissance que le spécialiste a le plus Bouvent occasion de voir dans son cabinet. Mais celle-là a une étiologie complexe sur laquelle il faut s'arrêter quelques instants.

Qu'on se reporte à ma définition. A l'état normal el dans l'Age viril. If mécanisme de l'éjaculation esl le suivant : suit par !■• seul effet de L'imagination spontanément concentrée vers -"ii objet, idéal ou réel, soit qu'une lecture, un spectacle, des propos lascifs excitent les désirs - il que la présence, le contai t, les baisers, j joignent leur action pi

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catrice, l'érection se déclare. Ce phénomène préparateur étant ainsi opéré, l'intromission a lieu, et le reste de la fonction s'effectue spontanément dans les conditions de stimulation et d'accélération progressives communes à tous les actes organiques déterminés par l'attrait; conditions particulièrement nécessaires pour produire celui-ci, dont l'acteur principal n'est pas le seul en cause.

De cette succincte analyse, qui était obligée, retenez notamment ceci : que, pour que les choses se passent régulièrement, il faut : 1° d'abord, une érection qui, par la seule influence de l'esprit et des sens, et sa,7is le secours d'attouchements exercés sur l'organe érectile, ait été produite et se soit maintenue au degré suffisant pour permettre l'intromission ; puis, 2° un degré d'excitation génésique tel que la titillation mécanique normale, opérée par le procédé normal dans le réceptacle normal, suffise à amener l'éjaculation.

Voilà comment s'accomplit la fonction type. Mais l'homme ne l'entend point ainsi, du moins à l'état ultracivilisé que nous avons sous les yeux. Par le fait d'une organisation sociale défectueuse, nos forces physiques ayant baissé en même temps que notre imagination est devenue plus ardente, nous avons changé tout cela. L'acte génital étant de plus en plus considéré comme un simple moyen de récréation agréable, nous sommes conduits, nous nous appliquons à l'effectuer plus tôt, plus fréquemment, autrement et ailleurs que la nature ne l'avait édicté; car il est d'observation — et il faut en tenir compte — que l'exagération imprimée à l'un des deux phénomènes générateurs de l'éjaculation (excitation morale, excitations physiques) suffit à la déterminer, l'autre phénomène faisant défaut. C'est ainsi, dans l'or.dre des faits spontanés, que l'éjaculation survient parfois involontairement, et même subitement, par l'effet d'une forte contention cérébrale (cas signalé par le docteur Sainte-Marie) (1). C'est ainsi, d'autre

1. Exemple personnel. Un jour de composition en vers latins, au der-

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