Erasmi adagiorum chilia- dis primœ centuHa I
costé, ne peut longuement durer *. Et Plaute condamne celuy qui ayant receu quelque courtoisie, ne rend la pareille où il dit : Improbus est homo qui beneficium scit sumere et nescit reddere '.
Ce xxxni est pareillement touchant ce qu'on donne, Chose bien donnée n est jamais perdue^, et se rapporte à ce que dit Plaute : Bonis quod benefit haud périt * car bien donnée signifie donnée avec discrétion. Or celuy qui use de discrétion regarde de ne donner point à ceux lesquels se rendent indignes par leur ingratitude : lesquels ne peuvent estre appelez boni, comme les appelle Plaute, et Ciceron aussi, où, parlant de la mesme chose, il dit, Quamobrem melius apud bonos quam apud fortunatos beneficium collocari puto ^ .
Suivant cela, il ne faut pas douter de la vérité de cest autre proverbe, qui est comme réciproque. Tout est perdu ce qu'on donne à un fol^. Et contre ce qu'on donne à un fol doit estre allégué le vers d'Ennius : Benefacta maie locata, malefacta arbitror"^. Et comme il a esté dict, Beneficium perdidit qui ingrato dédit, aussi peut-on dire, en parlant plus généralement, Beneficium perdidit qui stulto dédit.