‹ La précellence du langage françoisChapitre 120 sur 183 · Le Roux de Lincy, I, 199. Mais il donne aussi sans au · texte numérisé non relu

Le Roux de Lincy, I, 199. Mais il donne aussi sans au

— Garneri Thésaurus, 637. cune remarque bien d'autres

3. Goupil ne vient pas de mots qui avaient certainement àXtSTCTjÇ. mais de vulpecula. On cessé d'être employés, par trouve le mot sous beaucoup exemple mehaing.

de formes, entre autres vulpil, 5. Le Roux de Lincy, I, page

vurpil, volpil, vorpil. (V. Gode- 267.

froy.) 6. Voir page 205.

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ce propos de rancien langage qui est en quelques proverbes, il me souvient de quelques-uns qui sont corrompus : le premier desquels ha ce mot ancien mire pour médecin (qui a aussi esté appelé Physicien par nos ancestres) *. Car en quelques impressions qui sont des plus récentes, on a mis ces mots, De bonne myrrhe playe puante, en la place de ceux-ci, Débonnaire mire fait playe puante *. Auquel proverbe est semblable cestuy-ci, Femme trop piteuse fait souvent fille ligneuse ^. Un autre proverbe corrompu, es anciennes impressions mesmement, c'est, Un fol un enragé, car il faut dire. Un fol fait quelques fois enrager un sage^. Aussi est dépravé cestuy-ci, que plusieurs ont souvent en la bouche, // ne faut pas faire à Dieu barbe de paille, car on doit dire Gerbe de paille ^.

1. C'est ce qui ressort des 3. Le Roux de Lincy, I, 232. exemples donnés par Littré. 4. Ce proverbe se trouve On y voit aussi que physique dans Le Roux de Lincy, I, 244. signifiait autrefois m^aeane.On Mais on trouve à la page suisait qu'en anglais encore le vante : Ung fol vault ung enmoi phyaiciansigniûe médecin, ragé. Peut-être serait-il plus

2. Léon Feugère exf|Uque : naturel d'interpréter ainsi le Un médecin trop bon fait empi- proverbe cité par Estienne. rer le mal. Le mot bon a le 5. Le Roux de Lincy, I, 23. tort d'être trop vague, mais le — De Méry, Hist. des prov., 11, proverbe suivant fait bien com- 316. Quitard, Dict. des prov.y prendre que le mot signifie : 107. — Comme le dit Estienne, un médecin sans énergie, qui barbe est ici pour jarhe ou craint de faire soufl'rir le ma- gerbe. L'expression signifie au lade. Le Roux de Lincy donne propre : il ne faut pas, quand le proverbe sous deux formes : on paie la dîme, donner des Bon mire fait plaie puante^ I, gerbes où il y ait peu de grain 265; et Main de médecin trop et beaucoup de paille, et au piteux Rend le mal souvent trop figuré, d'une façon générale, chancreux. I, 266. Cf. Garneri il ne faut pas chercher à trom- Thesaurus, 454. per Dieu.

Je croy que ceux qui ne voudront point nier qu'il face jour en plein midi, ne nieront point aussi la precellence de nostre langue, quant à ce troisième poinct, qui est de la richesse, non plus que quant aux deux autres. Laquelle richesse estant de diverses sortes, je sçay bien qu'on me pourra répliquer, comme touchant les précédentes, que les autres langues vulgaires y ont aussi leur part. Ceci ne nieray-je point : mais en adjoustant que (comme es sortes précédentes) elles y ont bien petite part, à comparaison de la nostre. Et d'autant qu'il s'agit en ceste-ci de proverbes, je confesseray, outre cela, que si l'Italienne ou Espagnole nous pouvoyent estre competitrices en quelcune, ce ne seroit point en autre.

Mais, pour faire principalement instance sur la principale sorte de richesse d'un langage, laquelle requiert qu'il soit bien meublé de beaux vocables, je diray touchant ceste-ci, que quand bien j'aurois si mal plaidé ma cause que j'aurois laissé emporter le pris à nos compétiteurs, le proufît leur en demeureroit, mais l'honneur nous en reviendroit. Comment? Pource que s'ils sont riches, c'est de nos bienfaicts. Ce que je di tant plus hardiment que je me sen avoir bon garant. Car leur cardinal Bembo ne me peut denier garantie, sans desavouer le livre qu'il a intitulé Le Prose, veu qu'il a escrit là, Presero oltre accio medesimamente moite voci i Fiorentini huominida

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questi {Provenzali) et la loro lingua anchora e rozza e povera iscaltrirono ed arrichirono delV altrui. Conciosia cosa che Pogiare, Obliare, Rimembrare^ Assembrare, Badare, Donneare, da gli antichi Thoscanidetta^ e Riparare {quando vuol dire S tare ed Albergare) e Gioire, sono provenzali, e Calere altresi^. Où il commance à confesser une partie des mots que les poètes Thoscans avoyent pris du langage Provenzal * : mais confusément, d'autant que ces deux, Obliare, et Gioire (qui sont nostre Oublier et nostre Jouir) ^ estans fortusitez à tout le reste de la France pareillement, sont meslez avec les autres mots, peculiers aux Provençaux, ou qu'ils ont communs avec le vieil langage seulement. Quant à Poggiare, la raison veut qu'il ait esté faict de Poggio (non pas Poggio de Poggiare), lequel vient de Podium. Or on expose ce Poggiare, non pas simplement Monter, mais Monter jusques au plus haut d'un tertre, selon le vray usage du pays d'où il vient. Rimembrare, est une parole des Rommans aussi, et mesmement d'aucuns dialectes de France, encores aujourdhuy,

1. Car les Florentins en ou- ?*a?'e (quand il veut dire AeieniV treprirentégalementbeaucoup et loger), et gioire sont prode mots à ceux-ci (aux Pro- vençaux, et calere aussi, vençaux), et dégourdirent en 2. Voir Pasquier, Recherches, 'enrichissant du bien d'autrui VU, iv et viii ; — Fauriel, eur langue encore grossière Histoire de la poésie provençale, et pauvre. Attendu que pog- I, 47 et suiv. — Cf. Deux Diagiare, obliare, rimembrare, as- logues du nouveau langage sembrare, badare, donneare, françoys italianizé, édit. Rismots du vieux toscan, et ripa- telhuber, I, 24.

qui disent Se remembrer, pour Se souvenir. Assembrare a esté en usage tant pource qu'on dit Assembler, que pour Resembler, ou Faire resembler. Selon ceste première signification a esté dict, Vedervi cosi assembrati tutti in un volere *, pour Raunati. Mais selon ceste seconde, Rassembrare et Rassomigliare se mettent pour un mesme, par Bernardino Tomitano. Badare, Perdre temps à attendre, Attendre en vain, encore qu'on le vueille faire venir de Vadari, Donneare, Hanter les dames et les entretenir. Faire la court aux dames. Riparare, ce que les Rommans disent Repairer : lequel verbe toutesfois est moins usité que le nom Repaire, duquel il est venu *. Et comme Repaire signifie le logis, ou le lieu de la demourance, ainsi Repairer c'est loger en quelque lieu et y faire sa demourance. Castelvetro toutefois ne veut pas que Riparare soit simplement Stare ed albergare (comme Tavoit exposé Bemho), ma stare ed albergare, quando con la stànza o con Valbergo ha congiunto il riparo e la difesa o da nem,ici, à dal freddo, o dal caldo, dalla poverta, et da simili maleventure ^. Voyla comment après nous avoir pris nos mots, et les* avoir mis en usage, ils disputent encore entr'eux,

1. Vous voir tous ainsi réu- 3. La phrase signifie : Mais se nis en une même volonté. tenir et loger, quand à Tidée

2. C'est au contraire repaire de chambre ou de demeure est qui vient de repairier, retour- jointe l'idée d'abri et de déner dans sa patrie, dans sa fense contre les ennemis, ou maison. Repaire se trouve dans le froid, ou le chaud, ou la Tancienne langue avec le sens pauvreté, et contre un semde retour. blable mal.

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quelle est leur signification. Quant à Gioire, il n'y a point de doute que ce ne soit ce que nous disons Joiiir, comme en ce vers de Pétrarque, /o, che gioir di tal vista non soglio *.

Touchant ce mot Calere aussi, Castelvetro n'est point de l'opinion de Bembo : mais je croy que, s'il eust bien entendu le langage François, il en eust esté. Car Bembo dit que les anciens Toscans voulans signifier que quelcun ne se soucioit point de quoy que ce fust, disoyent que lo poneva in non calere : ou, à non cale : ou, à non calente. et monstre comment Pétrarque mesmement en a usé en ce passage,

Per una donna ho inesso

Egualmente in non cale ogni pensiero *,

Il est certain que ho messo in non cale est et comme si nous disions, J'ay mis en nonchaloir. et que Calere c'est chaloir. Voylapourquoy je m'esbahî que Castelvetro reprend ici Bembo : Et io dico (dit-il, après avoir allégué le passage de Bembo) > che Calere è Lûtino, anchora in questà significa- ' tione : percioche le cose che ci cuocono, ci si fanno curare, et quindi Statio disse, Bellator nulli caluit deus^. Il adjouste, Adunque ponere o mettre che

i. Il Petrarca con nuove spo- 2. « Pour une dame j'ai mis

silioni. In Lyone, 1574. Del également toute pensée en non-

Trionfod'Amorecapitolo primo, chaloir. » Edition citée, Can-

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