Le Roux de Lincy, II, 156. Dictionnaire de Nicot: Ce pro
— Garneri Thésaurus, 38. verbe appartient à ceux qui
3. Le Roux de Lincy, II, 140. jamais ne veulent confesser leur
— Garneri Thésaurus, 460. faute, et quand on leur montre,
4. Le Roux de Lincy, II, 208. allèguent des excuses frivolesy
— Gaimeri Thésaurus, 702. et aussi propres à leurjustifi-
5. Le Roux de Lincy, I, 27o. cation comme si quelqu^un pour L'expression équivaut à il a du se garantir de la pluie mettoit sang dans les veines, sur sa teste un sac desja tout
6. Le Roux de Lincy, II, 180. mouillé et dégoûtant l'eau, qui L. Feugère dit que cette meta- le moûilleroit encore davantage, phore est prise aux sculpteurs. De mesmes les excuses justes, A son interprétation un peu dont telles personnes se pensent trop savante, je préfère l'expli- bien couvrir, ne servent que de cation plus simple et plus po- les convaincre de plus en plus, pulaire donné dans les Pro- — Cf. Dialogues, i, 130.
seulement en ceste façon qu'on voit ci-dessus, A petit mercier petit panier : mais nous disons aussi pour exprimer la mesme chose, A petit sainct petite offrande * : item, A petit chien petit lien*. Mais c'est bien pis que ce langage Latin, en quelques endroits n'est prouveu d'aucune façon de parler proverbiale, au lieu que le nostre en ha plus qu'il ne luy en faut pour sa prouvision : et quelquefois par le moyen du Grec, duquel il reçoit ceste commodité entre autres.
Voyci encore un poinct qui est considérable en nos proverbes : c'est, que la richesse de nostre langue consistant en diverses choses, entre lesquelles (comme j'ay dict parcidevant) sont les dialectes et le parler ancien : ils nous fournissent de beaux exemples de ces deux : lesquelles leur servent beaucoup pour nous apporter une variété qui nous puisse resjouir. Quant aux dialectes (dont ils n'usent pas tant que des paroles ou terminaisons anciennes) ils en font leur proufit en deux sortes, car quelquesfois ils prennent le mot qui est peculier à un dialecte, comme negun (qui est pareillement des Espagnols) a esté pris et mis en besongne par cestuy-ci. Qui sert commun, Une sert negun '. Quelquesfois ils usent d'un vocable
1. Le Roux de Lincy, I, page 3. Le Roux de Lincy, II, 406. 42. La forme donnée par Le Roux
2. Le Roux de Lincy, I, 166. de Lincy est nesung au lieu de — Gaimeri Thésaurus, 139. negun.
250 DE LA PRECELLENCE
qui ne peutestre dict peculier à un dialecte, sinon alors qu'on luy donne une certaine signification, autre qu'il n'ha au parler commun. Ce qui se voit pareillement au langage des Rommans. pour exemple, en ce passage du Romman de Perceforest, Leroy avoit bien cent ans d'âge, et ne voulait pas que son royaume comparast sa vieillesse, ce cornparast est un mot lequel se trouve souvent au commun parler des François, mais non en ceste signification. Et qui la veut trouver, il faut s'adresser à certains dialectes, où on dit, // le comparera bien, pour signifier, Il n'aura pas cela sans beaucoup de pêne, Il aura bien de la pêne autant que la chose vaut, comme si on disoit. Il achettera bien cela : en suivant celle signification du latin Comparare^ en laquelle il se prend pour Acheter. Car quant aux mots pris du Latin, il advient souvent que le mot duquel ils ont leur origine, ayant deux significations, l'une seulement se retient au commun parler des François, l'autre est peculiere à quelque dialecte.
Quant à ce qui se trouve en nos proverbes pris de l'ancien langage, j'en ay desja en quelques lieux monstre des exemples : mais je veux advertir que quelquesfois ce sont les mesmes mots, ayans seulement la terminaison différente, comme quand au lieu de Lou nous trouvons Leu * :
1. La forme leu est la forme picarde. Nous la trouvons encore dans Texpression à la queue leu leu.
quand au lieu que nous disons, De nouveau tout est beaUy nous trouvons, De nouvel tout est bel *. Quelquesfois les mots sont autres : comme où nous trouvons Goupil pour Renard (comme en ce proverbe, A goupil endormi ne chet rien en la gueule * : estant ce mot ancien pris du Grec) ^ item, Mire au lieu de nostre Médecin. Il est vray que ce moi Mire *^ est retenu en quelques endroits : comme ici (où il est nécessaire à cause de la ryme) Qui veut la guarison du mire, Il luy convient tout son mal dire ^ Mais encore Tancienneté n'est pas du tout gardée ici. car il y-a un autre ancien mot, meshain, au second vers, selon les vieux registres : où nous lisons. Qui veut la guarison du mire. Il luy convient son mehain dire. Lequel mot mehain se trouve aussi en ce proverbe. Nul poulain nest sans mehain. Or veux-je advertir que les proverbes ont plus d'autorité en leur ancien langage, qu'en l'autre : et principalement aucuns. Pour exemple, si nous disons, Moult remaint de ce que fol pense ^y ce langage ha plus d'autorité que si nous parlons ainsi. De ce que fol pense souvent en demeure. Sur