Mes jours plus légers 5. Blé
278 DE LA PRECELLENCE
giardin et Un bello giardin. En quelques-uns toutesfois je croy qu'ils n'ostent point la voyelle qu'ils ont coustume d'adjouster à nostre vocable : comme à Riposo pour nostre Repos. Et neantmoins es verbes aussi ils ostent souvent ceste voyelle finale, comme es noms precedens : tellement que ces verbes pareillement sentent tant mieux leur langue Françoise. Pour exemple, Gioir, en ce vers de Pétrarque. lo che gior di tal visita non soglio *. Et Languir en cestuy-ci de luy-mesme, Beato insogno, e di languir contento ^.
Or ayant dict ci-dessus que les Italiens se servoyent de nostre Guerre, je devois adjouster le mesme touchant nostre Bataille : de laquelle ils ont faict Bataglia^ ou Battaglia, en doublant le /. comme aussi Muraglia de nostre Muraille^. Ceste mesme terminaison est en Maraviglia *, venu pareillement de nostre langage.
Beaucoup aussi de leurs mots terminez en aggio sont tirez de nostre langue : les uns substantifs, comme Oltraggioy Coraggio, Aventaggio, Dannaggio, Viaggio, Servaggio, Linguaggio, au lieu de ce que nous disons Outrage, Courage, Aventage, Dommage, Voyage, Servage (qui estoit encore plus usité à nos prédécesseurs) Langage : les autres, adjectifs, comme Selvaggio, pour nostre Saulvage :
i . Voir page 82. 3. Cf. Dialogues, II, page 266.