Les difTérents sens du du bas-latin exagiare, dérivé
verbe italien ne nous permet- de exagium, pesage,
tent pas de le rapprocher du 2. Car mal suit ce qui aux
verbe assagir. Il est probable yeuxagrée(Ed.cit.,«onne/LXivi).
que, comme essayer^ il vient 3. Amour, si cela t'agrée.
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langage Italien n'auroit pris ici que nostre forme de composition, c'est à dire, qu'il auroit mis devant son veder, la préposition que nous mettons devant nostre viser : j'adverti qu'on trouve aussi Amder^ et qu'il ne faut douter qu'on ne l'ait dict premièrement que l'autre. Et pour conclusion, aussi tost pourroit-on nier que Affare (au lieu de ce que nous disons Affaire) deust estre mis entre les mots pris du François, quand Boccace dit. Ne per grande affare che sopravenisse * : et dire que c'est seulement le Fare Italien (faict de Facere), devant lequel à nostre imitation on auroit mis la préposition a. Au reste, je croy bien qu'outre Aveder, et Avider (qui approche encore plus de nostre Aviser) ils peuvent dire aussi Avègger. pour le moins, je trouve le présent de l'indicatif, Aveggo, Je trouve aussi Aveggio : duquel use Pétrarque ici, Menami à morte ^ cKinon me riaveggio '.
Il faut aussi considérer une chose quant à la recherche dont il est question : c'est qu'il ne faut pas regarder de si près à la prononciation qui est maintenant, comme si tous les mots Italiens qui sont pris de nostre langage, devoyent estre du tout conformes à icelle : ne aussi avoir esgard à ce qu'aucuns mots sur lesquels on dit les leurs
1. Ni pour grande affaire 2. Me mène à la mort sans (quelque grande affaire) qui que je m'en aperçoive. (Ed. survînt. citée, sonnet ccxxvm.)
avoir esté faicts, ne sont en usage qu'en Provence, ou en quelque autre endroit de France : ou bien ne se trouvent qu'en quelques Rommans. Car il suffit que lors ils ayent esté usitez au lieu de France où ayent demouré aucuns de ces anciens Italiens, ou par lequel ils ayent passé : et ne faut douter que plusieurs ne fussent en usage lors, lesquels depuis on a laissez, les uns plus tost, les autres plus tard. Voyla comment aussi on ne se doit esbahir s'ils ont aucuns mots que tous François n'entendent pas. comme peut estre que plusieurs n'entendroyent pas aggrappato en Boccace : (encore qu'il vienne de nostre Aggrapper : que j'estime avoir son origine du mot Grappes *, qu'on porte de peur de glisser sur la glace) et ceux qui ne sont accoustumez qu'au parler de ceste ville, où on ne dit point autrement que Graphigner, ou Egraphigner ', n'entendroyent pas le Graffmre dont use Boccace : mais ceux qui voudront faire la recherche tant par les dialectes que par les Rommans, pourront entendre des autres aussi qui sembleroyent encore plus estranges. Et ne
1. L'étymologie donnée par Zac^rarc) et est encore employé Estienne est très exacte, dans le centre de la France. Agrapper est en effet composé (Voir* Jaubert, Glossaire du de à et de grappe. C'est le centre de la France,) Pour la même mot que aj7ra/*er, qui est forme egraphigner, qui elle formé de la même façon. aussi est encore employée dans
2. Egraphigner est employé le centre, Jaubert cite un par Rabelais, dans le sens exemple de Bonaventure Des d*égratigner. Le mot se trouve Periers. Il cite dans un vers dans Nicot (avec le sens de de Ronsard la forme égrafiner.
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faut douter qu'ils ne trouvent là aucuns mesmement de ceux qu'on ne pense point avoir esté pris de nous. Du nombre desquels j'oserois quasi mettre Tabarro *. Pour le moins, quant à Gonella ', qui est aussi une sorte d'habillement (mais de femme plustost que d'homme) encores aujourdhuy il se trouve en un de nos dialectes, ayant ce mot de toute ancienneté. Nous sçavons aussi que Affanno est un vocable duquel usent ordinairement les Italiens : et toutesfois le dialecte de nostre France qui use du verbe Affannar^, ne leur confessera pas qu'il l'ait pris de leur Affanno.
Reste la bande des mots qu'on appelle indéclinables : comme sont Adverbes, Conjonctions, et autres particules. Je di donc pour commancer ceste troisième partie par l'ancienneté, (comme j'ay faict les deux précédentes) que j'estime le Mentre des Italiens estre venu de Mentiers^ au lieu duquel on trouve ordinairement Endementiers^ es
1. D'après Godefroy, le ^a6aW gonne. Les exemples cités par (ou tabar, tabert, tahairé) était Godefroy montrent que le mot un manteau long de grosse gonne désignait un vêtement étoffe qu'on portait sur Var- long en général, que ce fût une mure, et aussi une sorte de robe de moine ou une casaque manteau à l'usage des gens du militaire.
commun. Le mot ne se trouve 3. Afannar, mot de la langue
pas dans Nicot. d*oc, dérivé de afan, est évi-
2. D'après Godefroy la gonelle demment le même mot que était une longue coite qu^on notre vieux verbe ahanner , mettait par-dessus Varmw^e et dérivé de ahan.
qui descendait à mi-jambe. Le 4. La forme primitive estpeut« même mot désignait une robe être dementres, demenliers. de femme. Le mot vient de L*étymologie de cet adverbe
Rommans. Je di aussi qu'il faut prendre garde que comme là nous trouvons Se, au lieu de Si, les Italiens aussi disent Se. Pétrarque mesmement parle ainsi, au commancement d'un Sonnet,
Se Virgilio ed Homero havessin visto
Quel sole, ilquaVvegg'io con gli occhi miei *.
Encores aujourdhuy plusieurs François pronon* cent Se, et mesmement en ceste ville de Paris : mais ils ne sont avouez par ceux qui font profession de bien et correctement parler. Or comme les Italiens ont pris nostre Se, aussi ont il& nostre Se non : (estant mal dict au lieu de Si non) comme où Boccace dit, Niuna altra cosa rispondendo se non, Il mal foro non vuol festa *. car nous dirions pareillement. Ne respondant autre chose sinon, etc. Mais au lieu qu'eux escrivans ainsi nous entendons fort bien ce qu'ils veulent dire, recongnoissans nostre langage parmi le leur, ils usent aussi (au moins depuis quelque temps) d'une autre sorte d'escriture : c'est qu'ils conjoignent ces deux particules, et adjoustent la voyelle e au bout : tellement que de 5e non ils font Senoné. et semble qu'ils facent cela afin que nostre
n'est pas sûre. On a supposé avaient vu ce soleil que je vois
dum interea, dum intérim^ dum de mes yeux. • (Sonnet cliii.)
intra, avec Vs adverbial, ou 2. Ne répondant pas autre
bien dum intra ipsum. chose, sinon : le mauvais trou