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Hôte ne vient pas de hostis, mais de hospitem

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Le lagrime del popol doloroso \ Mesmement Guardo quelquesfois a esté mis en la place de nostre Regard, Mais encores, est bien pire Tabus du mot Gagliard : et tel qu'on ne peut dire autrement sinon qu'on ait voulu du tout se moquer de luy : qui est toutefois un des beaux qu'ait nostre langue, et qui se peut vanter, entr'autres choses, d'estre de ceux qui luy ont esté donnez et recommandez par la Greque *. Pour exemple, Giorgio Dati Florentin, en sa traduction de Cornélius Tacitus, parlant d'un feu, qui estoit non pas feu de joye, mais tel qu'il eust pu tirer quelques larmes des yeux de la plus cruelle beste sauvage, (si aucune l'est plus que le tigre) l'appelle fuoco gagliardo : c'est-à-dire Un feu gaillard. Voyci les mots de Cornélius Tacitus, escrivant comment une grande partie de Romme fut embrasée par ce feu, sous l'empire de Néron : et comment il commança, Ubi per tabernas, quibus id mercimonitim inerat quo flamma alitur, simul cœptus ignis, et statim validus, ac vento citus, longitudinem Circi corripuit ^, Giorgio Dati a ainsi interprété ce passage, Quindi occupa le botteghe, dentro allequali

1. Et regardez avec pitié les gère met en note : « ou plutôt larmes du peuple malheureux. àYaAXt&jAa'. » ,. qui signifle se (Edition citée, canzone xxix, réjouir. L'origine du mot gailvers 88-89.) lard est incertaine. Peut-être

2. Cf. Conformité , éd. Feu- faut-il le rapprocher de galant, gère, p. 212. D'après Estienne participe du vieux verbe galer^ .çazï/arrf viendrait de àyàUofjLai, être joyeux, s'amuser.

se glorifier, se réjouir, et Feu- 3. Annales, XV, xxxvni.

erano di quelle merci con che nutriscon la fiamma : e cosi cominciato, ed in un subito venuto via gagliardOy e spinto ancora dal vento^ si distesse per lutte le case ed habitationi che son poste p>er lunghezza del Circo. Qui est le François lequel voyant une telle application de ce mot Gaillard^ estant dict d'un feu si horrible, et pourtant bien eslongné de gaillardise, n'en soit estonné aussi bien que de ce feu?

On peut remarquer assez d'autres mots pris de nostre langage, dont toutesfois ils usent en autre signification que nous. Et font ceci en quelques anciens mesmement : comme en Baratto. car au lieu que nostre ^Baro^, duquel a esté faict cq Baratto, signifioit Tromjyerie (comme encores aujourdhuy, n'estant totalement hors d'usage, retient ceste signification) eux s'en servent pour Change, que nous appelons aussi Permutation. Et s'abusent pareillement en ce qu'ils le pensent estre un mot des Espagnols. Je ne sçay pas toutesfois s'ils l'auroyent point eu d'eux : mais si ainsi estoit, ils auroient baillé ce qui n'est point du leur*.

Et à propos de nos vocables anciens qui sont autrement appliquez par eux que par nous, il me souvient avoir allégué ci-dessus plusieurs passages

1. Nicol : Barat. J&5f tromperie, regrette la perte du mot barat,

fraude, principalement en mar- mais remarque que le commun

chandises,,. Cest un mot gran- peuple s'en sert encore. Barat

dément usité es pays de Langue- se trouve aussi dans Vlnven-

doc, Provence, et adjacents, Qu'ire de Mon et. (Voir le Diction-

E. Paquier {Recherches, VllI, m) naire de Godefroy.)

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esquels nous voyons qu'ils n'ont pas usé proprement du mot Ingombrar, faict du nostre Encombrer, car c'est comme si nous disions Accabler.

Mais pour retourner à des mots qui ne sentent tant leur ancienneté que les precedens, et qui nous sont plus ordinaires, desquels les Italiens abusent pareillement : nous en avons deux notables exemples enAvisare et Avertire, pareillement en Aviso et Avertimento. Je ne di pas en Aviso, comme Boccace en use, mais comme on en oit user à Venise, en la place de sainct Marc, et encore plus en la place de Realte, à toutes les heures du jour, car ceux qui sont appelez Novellanti (mestier incongnu à la France) font que jamais ces places n'ont faute à'Avisi^ : comme ils usent de ce mot, au lieu (le ce qu'ils devroyent dire Avertimenti, comme nous disons Advertissemens : E venuto un aviso di Roma, E venuto un aviso di Franza, E venuto un aviso di Spagna. Et réciproquement ils usent de Avertimento au lieu de ce qu'ils devroyent dire Aviso, comme nous, Avis : tellement que celuy qui a traduict Guichardin a esté bien avisé d'interpréter Gli avertimenti Xt^s avis, non pas Les avertissemens*. Quant à cest autre mot^mso, depuis huict

1. La phrase de H. Eslienne est intitulé Consigli aurez ed fait comprendre le sens de avei*timenii politici , Anvers , nowc//a«/t; comme le remarque 1525. Une traduction en fran- L. Feugère, il y a longtemps çais, par Charles de Ghantecler, que cette profession a cessé maître des requêtes, a été pud'étre inconnue en France. bliée à Paris en 1577. Pour le

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