‹ La précellence du langage françoisChapitre 165 sur 183 · Proposition ^ relative coordonnée avec un adjectif · texte numérisé non relu

Proposition ^ relative coordonnée avec un adjectif

Les plus courtes et qui sont le plus tost prononcées sentent mieux leur gravité en quelques endroits. 43.

Mais estimoit que c'estoyent les plus beaux et qui avoyent meilleure {^race. 87.

Quand on dit d'un petit gentilhomme et qui ha bien peu de moyen, c'ê$t un hobreau.

De pareilles constructions ne sont

{)as rares, même au xvii* siècle. On es rencoqtre surtout avec l'adjectif attribut :

J'étois pauvre, misérable, chassé de mon pays, et qui ne savois ou m'adresser. (Malherbe, II, 343.) ,

G'étoit un prélat beaueonp plus instniit des affaires de la cour que des matières ecclésiastiques, mais au fund très bon homme, fort ami de la paix, et qui eût bien voulu, en contentant les jésuites, ne point s'attirer les défenseurs de Jansénius sur les bras. (Racine, IV, 544.)

91. On trouve encore, comme dans l'ancienne langue, le relatif séparé par un ou plusieurs mots de l'antécédent :

Prit la ville par mesme moyen, que les soldats eussent oien voulu ruiner. 57.

On n'appelle pas un homme riche qui n'ha que ce qui luy est nécessaire 105.

Certains mots de quelques dialectes nous

Sieuvent sembler estranges, lesquels toutesois il ne seroit pas incroyable avoir esté du vieil firançois. 176.

Malherbe blême chez Desporles des constructions de ce genre, surtout quand un verbe est interposé.

Il se les permet pourtant en prose, mais jamais en vers après 1609.

(V. Brunot, Thèse, p. 401.)

Vau gelas pense qu'un verbe ne doit pas s'iuterposer, mais que « les génitif:! interposés ne nuisent point».

Malgré Malherbe et malgré Vaugelas, la construction continue à être emplovée même par les écrivains les plus corrects, par Racine, par exemple :

Le chemin est court qui mène jusqu'à IuL (III, 664.)

Le jour de Dieu viendra qui découvrira bien des choses. (lY, 516.)

93. On trouve juxtaposées deux propositions dont la première est relative, tandis que, dans la seconde, le relatif est remplacé par un pronom personnel :

Touchant plusieurs vocables, que les uns disent estre de mise, les autre* ne les veulent non plus recevoir que faufse monnoye..

Or ce ne sera point sans parler de la prononciation : do laquelle je remonstreray qu'ils ne s'acquittent pas si bien que nous, ains qu'ils la rendent comme efféminée en.

certaines paroles. 48.

Encore au xvii* siècle :

C'est une herbe que M«rcure arracha dela terre, et en montra la nature à Ulysse.

(Racine, dans Haase.)

On peut rapprocher de cette construction la suivante, qui consiste à remplacer par un adverbe le relatif précédé d'une préposition :

Il y a aussi des vocables devant les^elsils ne mettent pas ceste lettre i, mais l'insèrent dedans. 77.

93. Qui sans antécédent, sujet d'un verbe k la 3" personne du smgulier, a souvent encore le sens de si l'on :

Et qui la veut trouver, il faut s'adresser à cerUins dialectes. %0.

Malherbe emploie très couramment cette construction, qui d'ailleurs subsiste longtemps après lui :

Ce n'est rien atgourd'hni de prendre du parfum, qui ne le renouvelle deux ou trois fois le jour, de peur que l'air ne le fasM évanouir. (Afalherbe, II, 671.)

Qui m'auroit fait voir tout d'une vue tout ee que j'ai souffert, je n'anrois jamais cru j résister. (Sévigné, IV, 39.)

OBSERVATIONS GRAMMATICALES

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