‹ La précellence du langage françoisChapitre 171 sur 183 · arrive au contraire que le · texte numérisé non relu

arrive au contraire que le

OBSERVATIONS GRAMMATICALES

participe prenne l'accord quand il devrait rester invariable :

Il vaut beaucoup mieux que tant Iny que les autres exeeliens poètes de ce temps se soient voulus rendre digues du laurier par l'autre sorte de composition de vers. 43.

Et en ce trop se sont donnei trop de licence. 323.

L'usage les a faiets sonner mal depuis. 349.

On trouve encore au xvii* siècle des exemples analogues :

Il se sont attachés à des patrons excellents qu'ils se sont proposés d'imiter. (Vangelaa, dans Uaase.)

Ils se sont donnés l'un et l'autre une promesse de mariage. (Molière, dans Haase.)

136. Le participe présent, comme rinfinitif, se rapporte quelquefois à un mot autre que le sujet du verbe principal :

L'accent sur cette syllabe antepenultime leur est plus fréquent qu'à nous : prononçans dfcoMo, pirlano, etc. 43.

Les mesmes vers de Virgile furent ainsi traduicts par moy, les appliquant à mon propos. 50.

Approuvant quelques mots et hçons de parler, que cest auteur prenolt des Roraraans, coste-ci est de celles que je n'approuve point. 201.

Encore au .xvii* siècle :

Ils avoient toujours été l'objet de ses railleries et de son mépris, les appelant tantAt grossiers et rustique!!, tantôt Phrvgiens et Papnlagoniens. (Vaugelas, dans Haase.)

137. On trouve de nombreux exemples de la construction du participe absolu :

Ce Project, cstans bien considères tous les poincts que j'y ay deduicts, leur estera une grande partie de leur doute. 7.

Entre les beaux et grands avantages que Dieu a donnes aux hommes... cestuy-et estant un qu'ils peuvent s'entrexposer leurs conceptions par le moyen du langage, il est certain que... 10.

Estant impossible de faire de ces vers qu'on appelle mesurez sans quelque observation des accens, nous avons monstre aux Italiens que nostro langage nous permettoit d'en faire. 40.

Voyla comment, estant la couslume de n'apporter plus des lamproyes depuis qu'elles se trouvoient estro chordees, et par conséquent ne s'en trouvant plus, le menu peuple a retenu ceste façon de parler. 133.

Cette construction se maintient au XVII* siècle. On la trouve, par exemple, chez Racine :

Elle ne faisoit autre chose jour et nuit que lever les mains au ciel, ne Iny restant plus aucune espérance de secours de la part des hommes. (IV, 466.)

L'auteur faisoit judicieusement d'avertir qn'il étoit catholique, n^ ayant personne qui ne l'eût pris pour un protestant IV, 47i.

Aoord da verbe. — 138. Le verbe qui a plusieurs sujets coordonnés peut ne s'accorder qu*avee le plas rapproché :

La comparaison dont use Virgile parlaat de Pyrrhus, et Arioste, parlant de son Eliodomont. 55.

Desportes écrivait :

Puisque ma servitude et ' ma foy vous

[offense.

Malherbe veut le pluriel. (Voir Bruoot, Thèse, p. 422.) Cependant lui-même écrit :

Les délices et la paresse lui ôte le moavemenL II, 168.

Régime du verbe. Anacoluthe.

Ellipse. — 139. Henri Estienne dit croire à quelqu'un, dans le sens de se fier à quelqu'un. Il dit aussi dominer à, servir à (ce dernier

Geste objection seroit valable contre ceux qui veulent qu'on leur croye a crediti S7.

Avarice luy domine. 108.

Servir à Dieu est regnor. 811.

Des constructions semblables se rencontrent encore au siècle suivant :

Allez, ne croyez pas à monsieur votre [père. (Molière, Tartuffe, U, il)

Qui eût dit à vos généraux qu un temps était proche où ris domineraient en moeurs à l'Eglise Universelle. (Pascal, dans Littré.)

C'est probablement une sorte de datif d'intérêt que nons avons dans cette phrase :

Je ne pourrois me la desraeiner sans forligner totalement. 2.

140. Henri Estienne écrit changer à au lieu de changer pour :

On peut aussi disputer si nous ponvons as faire nostre proufit d'un mot tiré de la angue latine, que nous trouvons en quelque dialecte, en luy changeant toutesfois la terminaison qu'il ha convenable à ee dlaleete, à celle qui convient à nostre langage. tSi.

Même construction au xtii* siècle :

lu

OBSERVATIONS GRAMMATICALES

Et mes désirs brûlanU de perdre tout le

[tDODde Se changent aussitôt à ceux de raugmenter,

(Corneille, X, oO.j

141. Plusieurs verbes qui se construisent aujourd'hui avec la jTéposilion à sont construits, dans a Precellence, avec de :

Onques homme n'aspira de réduire les autres en servitude qu'il ne s'aidnst des mesmes mots. 63. ^Dans la citation de Biaise de Vigenère.) ... ,

Je me fusse ha«ardé de plaider la cause

tout à fkit. 12. V „ .

Quand ils taschent de se rebeller et soustraire de l'obéissance de leurs legiUroes princes. 58.

Dans la phrase suivante l'infinitif construit avec de n'est pas régime, mais sujet :

Il restera de voir quel autre fondement ils loj peuvent donner. \'i.

On trouve au xvii* siècle des constructions semblables :

Elle n'aspire encore d'y arriver que par des moyens qui viennent de Dieu même.

(Pascal, dans Littré.)

Je me suis hasardé d'y ajouter l'épithete d'héroTque. (Corneille, I, 25.)

Voulant commencer à me soustraire de sa domination. (Hamilton, dans Littré.)

On trouve aussi se résoudre de, s'en résoudre, mais non avec le sens de se résoudre à ; l'expression signifle plutôt : prendre une résolution sur.

En luy donnant toutesfois six jours de terme pour s'en résoudre. 359.

Henri Eslienne dit aussi :

Ce Project leur estera une grande partie de leur doute : en attendant que l'œuvre qui sera faict sur iceluy les en rende enUerement résolus. 7.

La phrase signifie : les tire tout à fait de leur doute, de leur indécision. Dans ce sens le verbe résoudre est souvent construit de la même foçon que chez Estienne encore au xvii* siècle :

Nous te prions d'y penser, de t'en résoudre, et de l'en conseiller. (Pascal, dans Littré.)

Mais le xvii* siècle emploie encore plus souvent se résoudre de daus le sens de se résoudre à, et

ne fait d'ailleurs que suivre la tra- ' dition du xvi*.

142. Les verbes interroger^ s*estonner, se construisent avec comment :

Le rov Porus, venu es mains d'Alexandre le Grand, interrogé par deux fois comment il vouloit qu'il se comportast avec luy, ne respondit que ce mot, BOTALSuaNT. 6.

Je m'estonne fort comment il a voulu ainsi forcer ce mot à recongnoistre son origine. 257.

143. Un verbe peut avoir des compléments de nature différente, un substantif coordonné avec une proposition complétive, ou deux propositions dissemblables :

Il me semble que j'ay montré bien clairement et amplement nos grans moyens d'adjouster richesse sur richesse, et que nous n'avons faute que de hardiesse. 163.

Et pour monstrer encore davantage comment en nostre langage tout leur a esté bon, et qu'il n'ont rien trouvé trop chaud ni trop froid. 282.

La même liberté existe encore au XVII* siècle ;

Mais je crains des chrétiens les complots et

[les charmes.

Et que sur mon époux leur troupeau ramassé Ne venge tant de sang que mon père a versé.

(Comeille, III, 498.) J'ai su par son rapport, et je n'en doutois

[pas.

Comme de vos deux fils vous porte» le

[trépas, Et que déjà votre âme étant trop résolue Ma consolation vous seroit superflue.

(Corneille, III, 3i6.)

144. Dans la phrase suivante, il y a une sorte de pléonasme :

Ceux qui luy veulent faire concurrence et se rendre ses compétiteurs. 7.

Aujourd'hui, nous serions obligés ou bien de placer lui après veulent ou bien de répéter ce verbe avant le second infinitif.

145. On voit au xvi"» siècle des ellipses que nous ne nous permettrions plus aujourd'hui :

Car comme ils disent avolo pour avo, ainsi mutolo souvent pour muto. 97.

Si bien les Grecs l'avoyent, non pas toutesfois les Latins. 98.

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