EDMOND HUGUET ^M
^^^^ pf,£CÉoeE fit L PttiT OE wuv.isv.n.r ^^H
if^ m
and Colin ,v C' . K i ■ ■■ ^^^^B
i PRÉCELLENCE
Xn PRÉFACE.
lien ». Sinon, au fond du cœur, il continuera de penser que « les mots italiens, meslés parmi les nostres, ont quelque garbe {galbé) plus grand que n'auroyent les nostres ». Celtophile intervient pour appuyer la demande ; « Je vous prie. Monsieur Philalèthe, de prendre Monsieur Philausone au mot; car il me semble que desja d'ailleurs vous aviez quelque délibération d'en venir la. » Et Philalèthe se déclare prêt à fournir la démonstration requise. « Il n'est pas besoin de m'en prier, car je ne fi jamais chose plus volontiers. Seulement faut choisir le jour et le lieu; et j'ay espérance de faire encore plus qu'il ne requiert; sçavoir de monstrer l'excellence de nostre langage estre si grande que non seulement il ne doit estre postposé à l'italien; mais luy doit estre préféré ; n'en desplaise k toute l'Italie. »
Ainsi se trouvait annoncé et promis au public un nouvel ouvrage sur la langue française, consacré expressément à démontrer la supériorité de notre idiome sur toutes les langues vivantes. Il l'écrivit en France, dans des circonstances singulières.
Dans V Apologie pour Hérodote^ Henri Estienne avait attaqué violemment l'Ëglise catholique; et dans les deux Dialogues du nouveau langage françois iialianizéy la cour de France. Après quoi, il arriva que, pour l'un et l'autre ouvrage, il fut inquiété par le Conseil à Genève, et dut se réfugier à Paris, où le roi Henri III lui fit le meilleur accueil; la cour elle-même ne le traita pas trop durement, puisqu'il avoue avoir mené, pendant plusieurs mois, en pleine sécurité, la vie d'un demi-courtisan {semi aulicus).