‹ La précellence du langage françoisChapitre 47 sur 183 · C'est une idée assez sin- seraient beaucoup plus écartés · texte numérisé non relu

C'est une idée assez sin- seraient beaucoup plus écartés

gulière de reprocher aux Ita- on ne peut apprécier la bonne

liens de ne point suivre la trace ^mce d'une langue d'après sa

des mots latins, qui sont en ressemblance plus ou moins

général bien plus reconnais- grande avec la langue mère,

sables dans leur langue que Estienne entasse un peu trop

dans la nôtre. Et quand ils s'en au hasard les arguments.

qu'ils suivoyent le langage Rommain) et par conséquent entremesloyent moins de leur Gaulois, d'où vient que le Romman fut dict pour le plus poli langage François (comme aussi les Espagnols se sont servis ainsi de ce mot en parlant du leur) *. Or combienque nos ancestres des lors ne se soyent en leur Romman astreints du tout au parler des Rommains, et depuis y soit advenu grand changement : je maintien toutesfois qu'on voit plus grande dépravation de quelques mots Latins au langage Italien, qu'au nostre, si on considère ce train qu'il a pris des le commancement (car j'enten la façon qu'il a suivie de ne s'astreindre tant aux terminaisons et à quelques autres choses que celuy des Italiens) et que tant pour tant il suit mieux une analogie quant au changement des mots Latins, et ne les déprave point si vilainement et dangereusement, qu'on voit plusieurs estre dépravez par ceux qui faisans vertu d'un tel vice, s'estiment mieux parler que les autres.

Je n'espargneray pas ici les exemples : lesquels

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