Cf. Dialogues, II, 66, et la note
quand le masle de TEspervier est appelé Mouchet. Or est une chose non moins esmerveillable que notable, que presque en toutes les espèces d'oiseaux de proye le masle est plus menu que la femelle, si non du tiers, (d*où j'ay dict que venoit ce mot Tiercelet) pour le moins de beaucoup.
Nostre langage se sert, par métaphore, du nom d*un autre oiseau de proye, à sçavoir du Sacre. Car nous disons Cest un sacre, ou C'est un merveilleux sacrcy de celuy qui, en quelque lieu qu'il puisse mettre les mains, happe tout, rifle tout, racle tout, et, en somme, auquel rien n'eschappe. Et en ceci nous ne parlons pas sans raison, car aucuns tiennent le Sacre pour le plus hardi et vaillant entre les oiseaux de proye : qu'on appelle aussi oiseaux de rapine. Quoy qu'il en soit, j'ay opinion que ce mot Sacre ^ ainsi que nous en usons par métaphore, peut signifier autant tout seul que ces trois d'Horace, Tempestas, Pernicies, Barathrum, où il dit : TempestaSy et pernicies barathrumque macelli\ Plante, usant de mesme hardiesse que nous, a appelé un homme Accipiter : mais le traict est d'autant plus hardi qu'il adjouste un génitif (comme il est adjouste par Horace après ces trois vocables) disant Accipiter pecuniarum '. Car, encore que la fauconnerie ne fust
[thrumque macelli]. [invide].
1. Pernicies et tempestas bara- 2. Pecuniœ accipiter, avide atque Épttrea, I, xv, 31. Peraa, UI, m, 5.
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lors en usage, le naturel de l'oiseau nommé Accipitei* estoit comme en proverbe : lequel nom toutesfois on n'estime pas avoir esté baillé au Sacre seulement, mais aussi aux autres oiseaux de proye, ou pour le moins aux principaux.
Prendre Cessort, se dit d'un oiseau de proye, quand se laissant aller au vent, il vole plus haut qu'il ne doit : et de là vient qu'on dit d'un qui s'en est allé au haut et au loing, // a pris Vessort,
Tenir en ses serres, se dit proprement de quelcun de ces oiseaux quand il tient entre ses griffes quelque petit oiseau : (comme Belleau a dict au passage que j'ay allégué naguère. De pouvoir tirer hors des serres Et des pinces de ce hobreau) mais nostre langage use de ceste phrase, parlant de celuy qui tient quelcun en sa merci.
Comme j'ay dict que nous avions pris Curée de la vénerie, aussi par une mesme façon de métaphore prise de la fauconnerie, nous disons d'un qui recevra une grand' joye de quelque bonne aventure qui luy est survenue, // en fera une gorge chaude^.
Et à propos de ce mot Gorge, quand on dit Je ne vole point sur ma gorge, en refusant de danser, ou faire quelque autre exercice un peu violent,