Aide Manuce le Jeune «laillcs et les inscriptions
(1547-1597), petit-fils du grand dirigea de 1565 à 1584, avec
imprimeur Aide Manuce. el assez de négligence, l'impri-
fils aine de Paul Manuce, avait me rie Aldine à Venise, sa ville
onze ans lorsqu'il composa son natale, puis professal'éloquence
Imité Eleganze delta linrjua à Bologne, à Pise, enfin à Rome.
toscana e latina, d'où viennent Clément Vlll lechargeaen 1592
les phrases citées par H. Es- de diriger l'imprimerie du Va-
tienne. A quatorze ans. il pu- tican. 11 a écrit des Commen-
blia un traité d'orthographe iaires sur Cicéron. sur Térence,
latine. Orthographiae ratio, d'à- des Discours politiques sur Tite-
près les manuscrits, les mé- Une, etc.
114 DE LA PRECELLENCE
commodo publico, Tutto cio che puo goviare alla republica, con qucll' istesso affetto che amiamo e noi slcssi, e le cose nostrc.
Voyci autant de Françaises (respondantes à ces Toscanes), et en adjousteray beaucoup d'avantage.
Chacun doit penser à la republique, comme à chose ou il va de son interest.
Chacun doit avoir à cueur l'intcrest du public, non moins que le sien propre : ou, Chacun doit prendre à cueur iinterest du public.
Nous devons aimer le bien commun, L'utilité de la ville, Le prou/ït public, Tout ce qui peut aider à la republique, avec ceste mesme affection que nous portons à nous me s me s et à nos affaires.
En voyci trois fois d'avanla^v. que j1 ad j ouste à celles qui respoiulent aux toscanes d'Aldo
Manutio,
// faut que nous ne facions moins nostrc devoir pour la republique que pour nos familles.
ou, // faut ne nous mettre moins en tout devoir pour la republique que pour nos familles.
Chacun doit avoir en recommandation ce qui concerne le bien public, autant que ce qui touche son particulier.
ou, Chacun doit avoir le bien public pour recommande, autant que le sien propre.
Le bien public nous doit titre d'aussi près qu> nostrc .
1)1 LANGAGE FRANÇOIS. i 15
Chacun doit procurer V avancement du bien public,
comme du sien.
ou. Chacun se doit employer à l'avancement du bien
public.
Il faut porter au bien public la mesme affection que
nous portons à nos affaires.
OU, II ne se faut moins affectionner à ce qui est pour le
bien public, quà ce qui concerne le nostre. Il ne se faut moins formalizer pour le bien public,
que pour le nostre.
Chacun doit pourchasser d'aussi grand courage le
bien de la republique que le sien.
Il ne faut pas postposer les affaires du public aux
nostres; ou, 77 ne faut préférer nos affaires aux publiques.
Nous ne devons point mettre de différence entre les
négoces de la republique et les nostres. Nous devons mettre les affaires publiques au mesme
reng que les nostres.
La raison veut que nous espousions les affaires du
public comme les nostres.
Nous devons estimer que les affaires de la republique
nous touchent autant que les nostres.
Nous ne devons pas moins faire estât de l 'avancement du bien public que du nostre.
Il est raisonnable que nous facions estât de ce qui
importe à la republique, comme s'il importoit à
nos affaires domestiques. Nous sommes tenus d'embrasser les affaires de la
republique comme les Jiostres.
Xous ne devons estre moins promts à faire service
au public, que nous sommes songneux de nostre
faict.
Xous devons estre aussi songneux des affaires publiques que des ?iostres.
116 DE LA PREGELLENCE
II nous faut procurer les affaires du public avec
aussi grand soin et diligence que les nostres. Il nest raisonnable que nous prenions moins de
peine après les affaires de la republique qu'après
les nostres.
Nous devons regarder d'aussi près aux affaires
publiques qu'aux nostres.
Nous devons apporter une aussi grande vigilance et
affection au maniement des affaires publiques,
qu'à celui/ des nostres.
Nous ne devons pas nous espargner d avantage aux
affaires de la republique qu'aux nostres.
Je sçay bien que les Italiens diront avoir des façons de parler pour exprimer ceste proposition, outre celles que met le susdict Aldo Manutio : et je ne leur nieray pas qu'ils en peuvent avoir, mais je leur diray aussi que nous en avons encore plus, que nous pouvons adjouster à ce grand nombre, qu'eux n'en peuvent adjouster à ce petit.
Mais j'ay peur de tenir trop long temps le lecteur suspens touchant la provision curieuse de nostre langage, dont j'ay faici mention. Car j'ay dirt. parlant de sa richesse, que comme on ne lient pas un homme pour riche, quand il n'ha que ce qui luy est nécessaire, ains, pourestre mis au nombre de ceux qu'on ne peut pas appeler seulement bien aisez, mais riches, il luy faut avoir beaucoup de choses dont il se pourrait bien
passer : ainsi, que ce langage François ha une provision curieuse plustost que nécessaire d'un bon nombre de vocables plus rares que les autres : (entendant aussi des façons de parler.) A quoy je puis adjouster que c'est une provision laquelle encore que je nomme curieuse, toutesfois est de si rares e1 précieux meubles (car les vocables et façons de parler sont comme les meubles dont se sert la langue : comme aussi les Latins ont dict, Supellex verborum) qu'estans bien considérez, peuvent beaucoup aider à obtenir le titre de precellence que nous demandons. Car ce sont des meubles que nous fournissent deux arts, qu'on nomme La vénerie et La fauconnerie ' : es termes desquels nous avons grande prérogative, quant à l'un, pource que nostre nation s'est addonnee à l'exercice d'iceluy, plus qu'aucune du temps des anciens, ne depuis : quant à l'autre, encore plus grande, pource que si elle n'a l'honneur de l'avoir inventé, pour le moins ha elle cestuy-ci, que de petits commancements elle l'a mis en quelque perfection. Car quant à la vénerie (qui est proprement la chasse à toutes bestes sauvages, mais le