‹ La prédicationChapitre 153 sur 218 · Voir l'Épilogue · texte numérisé non relu

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Certes, nous ne conseillons pas plus ce style et cet emploi de l'Écriture, que les hardiesses et les singularités oii l'on pourrait chercher de fort contestables effets. Entre la routine et l'excentricité, il y a place pour l'originalité véritable. Entre les deux extrêmes que nous avons notés dans les habitudes littéraires de la prédication contemporaine, il y a, Dieu merci! de beaux, d'excellents modèles. Et si quelqu'un pouvait craindre de n'être pas assez original en composant discrètement son style de la fleur des Écritures, nous le supplierions de lire par exemple le cardinal Pie ; avant tout nous Fadresserions à Bossuet, le maître des maîtres en fait d'exploitation oratoire du texte sacré. Non, vraiment, ce n'est pas cette mise en œuvre habituelle qui peut effacer le cachet personnel de notre manière; elle est pour le dégager bien plutôt. Ce n'est pas de ce chef que l'orateur chrétien risque de n'être plus assez lui-même, bien au contraire il y a chance pour que la parole divine, mêlée et incorporée à la sienne, l'aide puissamment à devenir quelqu'un. Souhaitons-lui donc de puiser aux vraies sources, de s'attacher à son objet, à l'Évangile, à l'enseignement céleste dont il est le dispensateur d'office, d'en pénétrer sa pensée, son cœur, son style même. C'est la condition du bien que cherche son zèle, et quant à l'éloquence, il est dans l'ordre qu'elle vienne de là comme par surcroît.

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