‹ La prédicationChapitre 36 sur 218 · Joan, vil · texte numérisé non relu

Joan, vil

c'est-à dire l'impossible, Timpossible pour lui mais non pas pour nous, hélas !

On sait, au reste, avec quelle délicate douceur il incline à ménageries personnes. En leur faveur, il consent parfois à la réticence. « J'ai bien d'autres choses à vous dire, mais vous n'êtes pas présentement en état de les porter'. » Il y a donc des résistances ou des impuissances qu'il ne heurte pas de face, avec lesquelles il patiente, mais rien de plus ; carie texte même l'indique assez nettement, le silence n'est que temporaire ; le Maître ne permettra pas qu'on échappe toujours au fardeau dont on est encore incapable. Et puis, c'est aux Apôtres qu'il parle ; c'est au bon vouloir encore faible qu'il veut bien ne pas tout imposer à la fois. Double loi des réticences légitimes : elles n'ont qu''un temps, elles ne s'accordent qu'au bon vouloir; nous aurons lieu d'y revenir.

Mais que fera le divin polémiste en présence de l'objection déloyale et passionnée, de la mauvaise foi, pour tout dire ? Il souffre de la rencontrer souvent ; nous en souffrons nous-mêmes, car si les convenances de la charité nous interdisent de la supposer tout haut, la vérité nous oblige trop de la reconnaître et de compter avec elle.

Regardez Notre-Seigneur au milieu des Pharisiens, aux prises avec tout ce qui peut blesser un cœur aimant, révolter un cœur honnête, l'iniquité de parti pris, l'orgueil étroit, obstiné, plein de haine. Sa première défense est le respect de soi, la pleine possession de soi, le calme qui exaspère l'ennemi, parce qu'il est déjà une victoire. Les réponses de Jésus-Christ sont brèves et décisives ; elles vont droit au but, au fait, à l'adversaire. D'habitude il les emprunte à l'Ecriture, ce qui est pour le docteur juif le premier des arguments adhominen'^.

Mais quelle force dans cette polémique toujours mesurée ! Force de l'affirmation persévérante : plus on nie,

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