Homélie ix sur saiat Matthieu
sont là! Et pourtant, Dieu commande aux hommes de les supporter * — »
Nous aurions pu tout aussi bien faire honneur de ce passage au moraliste. Ce qui est propre au catéchiste, au professeur, c'est tout ce qui tient l'esprit en éveil, etChrysostome y excelle comme il convient à l'orateur populaire ; mais quel orateur ne doit pas l'être? Il a les programmes qui attirent l'attention et qu'il promet de remplir si on l'écoute. Il a les suspensions qui font attendre et deviner. Il sait gourmander à propos l'ignorance de son auditoire. — Qu'on vous demande de réciter un psaume, vous êtes muets; s'agit-il d'une chanson dissolue, beaucoup la savent et sont prêts à la chanter-. — Les uns ignorent, les autres oublient. Chaque dimanche, le prédicateur écrit sur les tablettes de votre cœur, et à la réunion qui suit vous les rapportez toutes souillées^.
Au reste, Chrysostome entend que la leçon soit retenue, repassée en famille. 11 faut que, sortant de l'église, au lieu de se jeter dans la dissipation des affaires, on rentre chez soi, on prenne le saint Livre, on convoque femme et enfants pour revoir ensemble ce qui vient d'être dit ^. Quand il a raconté l'histoire de David épargnant Saiil, il demande qu'on se la rappelle, qu'on se la figure, qu'on en parle entre soi et souvent^. Qu'eùt-il pensé des auditeurs pour qui le sermon n'est tout au plus qu'une manière de divertissement transitoire, sans écho dans l'âme, sans influence ni souvenir? Qu'eùt-il pensé des maisons chrétiennes où le saint Livre n'est jamais ouvert, où il ne hgure même pas dans la bibhothèque de famille? Hélas! qu'eùt-il pensé des prédicateurs qui n'en usent guère davantage, qui prêchent peu l'Ecriture ou ne la prêchent pas du tout?
En professeur paternel, Chrysostome a de véritables