‹ La Prehistoire orientaleChapitre 105 sur 308 · RER · texte numérisé non relu

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Fi. 130. — Hache en silex jaune paraissant une copie de hache en cuivre. Lichtf. 1/2 grandeur naturelle.

croyances qui ont fait l'Egypte et l’ont conservée pendant des milliers d’années, et en même temps nous constaterons les progrès de cette civilisation que nous venons de laisser, non pas au berceau, mais encore dans l’enfance. J

Fie. 131. — Hache en silex. Kahoun Fie. 132. — Hache en bronze. Kahoun (d’après Fc. Pexrie, Illahun, Kahun and (d’après FL. Petrie, Illahun, Kahun and Guroh, pl. VII, fig. 4). 1/2 grandeur Guroh, pl. VII, fig. 19). 1/2 grandeur naturelle. naturelle.

Les sépultures. — Nous ne connaissons dans la vallée du Nil, la eulture paléolithique mise à part, rien qui soit plus ancien que les kjækkenmæœddingers et l’industrie qu’ils renferment; or les buttes de sébakh dela

Haute-Égypte contiennent des tessons de vases rouges à bord noir, et des tessons de céramique ornée. C’est donc par les tombeaux renfermant ces poteries qu’il nous faut commencer, ces sépultures étant contemporaines des industries que nous venons d'étudier.

Voici ce qu'en 1896, je disais de ces sépultures dont je venais d'ouvrir un certain nombre dans la nécropole d'El-Amrah, située à 6 kilomètres

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Fie. 133. — Sépullure archaïque d’El-Amrah (Haute-Égypte).

environ au sud d’Abydos, au pied des collines, dans un terrain caillouteux bordant la zone des cultures.

Les tombes archaïques sont toutes de même modèle: elles se composent d'une simple fosse ovale (fig. 133) creusée dans les alluvions et profonde de 1 m. 50 à 2 mètres au plus. Le corps a été déposé sur le côté gauche, les jambes sont repliées de telle sorte que les genoux soient à la hauteur du sternum, les avant-bras sont allongés en avant, repliés de facon que les

mains soient placées l’une sur l’autre, devant la face: la tête est légèrement penchée en avant.

Autour du mort sont les vases, grandes urnes de fabrication grossière, souvent remplies de cendres ou d’ossements d'animaux ; plus près du corps, on rencontre des vases ornés de peintures et d’autres rouges, dont les bords sont noircis et brunis, des vases de pierre grossièrement creusés,

F15. 134. — Sépulture de la nécropole de Silsileh.

des figurines de schiste représentant des Poissons ou des Quadrupèdes, desssilex taillés et, plus rarement, des massues d’albâtre, des colliers et des bracelets de coquilles.

Le cuivre est fort rare dans ces tombeaux; quand on le rencontre, il

se trouve le plus souvent sous forme de petits IHÉAAURENS Fe oi des aiguilles, des poinçons, menus objets qui montrent combien ce métal était encore précieux (1). |

Certaines d’entre ces sépultures ne contiennent pas de métal et, en 1896, j'avais été amené à penser qu'on trouvait à la fois, à El-Amrab, des tombes purement néolithiques, et aussi des sépultures montrant le

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Fic. 135. — Sépulture contenant un corps décharné. Nécropole de Kawamil.

passage aux métaux, constatation qui n'avait rien de surprenant, car il tombe sous le sens que les hommes d'industrie néolithique durent conserver longtemps leurs usages funéraires et autres, bien des siècles encore après que l’usage du métal leur fut enseigné.

Je dois revenir aujourd’hui sur cette appréciation de la première heure,

(1) Les analyses n'ayant

Ë pas encore été faites, je croyais avoir affaire à du bronze et non à du £uivre pur. Ê

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et faire observer que, si nous possédons des certitudes en ce qui regarde la présence du métal dans ces tombes, nous n’avons que des présomptions sans bases scientifiques en ce qui touche l'existence d’une culture néolithique pure en Égypte.

Le fait le plus remarquable qu’on observe dans ces sépultures, est la position du cadavre, complètement inusitée aux temps pharaoniques; car

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les tombes égyptiennes, dès la IIIe dynastie, nous montrent le mort invariablement allongé sur le dos, les mains généralement croisées à la hauteur de la naissance des cuisses. Cette position est demeurée invariable tant qu’a duré la religion égyptienne et les momies de l’époque romaine, garnies de bitume, affectent absolument la même pose que celles de l’Ancien Empire, à partir de la III° dynastie, qui étaient simplement dessé-

chées après avoir séjourné dans un baïn de natron; de plus, dans les tombeaux d'époque pharaonique, la tête est invariablement tournée vers le nord, alors que dans les sépultures archaïques l’orientation est quelconque.

Ces différences sont remarquables, surtout dans un pays de traditions comme est l’Égypte;elles font pressentir l’arrivée dans le pays de conceptions autres que celles des indigènes, qui se sont implantéès au détriment des anciens usages. |

Dans les diverses nécropoles contemporaines de celle d'El--Amrah, que J'ai explorées (Toukh, Negadah, Kawamil, etc.) et plus spécialement dans celle de Négadah, les corps avaient été placés entiers dans la tombe, sans préparation préalable, ou du moins, je n’ai pas retrouvé trace de macéraration où de momification. Ils n’avaient point été décharnés, car les os avaient conservé leur position relative et souvent, grâce au climat, des restes de muscles et de nerfs reliaient encore entre eux les divers os. Dans presque toutes les nécropoles et surtout dans celle de Négadah,

Fig. 137. — Ciste en terre cuite. Nécropole de Kawamil.

le corps, avant d’être enseveli, avait été enveloppé dans une peau de Gazelle cousue, puis dans une natte de Jones. J’ai parfois retrouvé ces enveloppes presque intactes, mais elles tombaient en poussière au contact de l’air.

C’est uniquement à l’aide des mobiliers funéraires qu'on peut ranger chronologiquement les sépultures des diverses époques. On voit, en effet, la céramique et les différents objets se transformer peu à peu, des formes d’abord très abondantes devenir rares pour disparaitre ensuite complètement, en faisant place à de nouveaux types qui, eux-mêmes, ne durent qu’un temps et sont abandonnés à leur tour.

Aux sépultures ne renfermant qu’un seul corps d'El--Amrah et de Négadah, il faut joindre les tombes à corps multiples telles que celle (fig. 134) de Silsilek, dans laquelle trois cadavres (x, ety) sont superposés, le crâne du squelette inférieur reposant sur une plaque de schiste (D). Cette tombe

renfermait des vases rouges à bord noir et, par conséquent, doit être considérée comme contemporaine de celles d’'El-'Amrah.

Fr À D ES : cg / = à D, = D R Fire. 138. — Ciste en terre battue de la nécropole de Kawamil. Avec la disparition des vases ornés de peintures et de la céramique

rouge à bords noirs, nous constatons dans certaines localités l’usage du décharnement des cadavres (fig. 135), à Kawamil, entre autres où les os

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écropole de {awamil.

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— Urne funéraire de la n

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Fi. 140, — Sépulture de la nécropole de Kawamil.

sont épars et incomplets, où la tête manque. Cette sépulture renfermait des vases cylindriques et une tête de Gazelle.

Cependant l’usage de décharner les corps ne semble pas avoir été très courant; car, à Kawamil même j'ai rencontré (fig. 136) des tombes avec corps entier replié accompagné du même mobilier qu’on trouve dans les sépultures de décharnement (1).

Jusqu'ici, nous n'avons envisagé que les sépultures à même le SE mais bientôt parait le cercueil, sorte de ciste en terre battue (fig. 137) trop exigu pour qu'on ne füt pas obligé de couper en morceaux le corps pour le faire tenir dans cet étroit espace. La position des os, d’ailleurs (fig. 138), ne laisse aucun doute à cet égard. Je dois encore citer des tombes où le mort, replié sur lui-même, était recouvert par une grande jatte de terre grossière (fig. 140).

Ces récipients funéraires ‘sont fort variables de formes et de dimensions : les uns sont rectangulaires, d’autres elliptiques, d’autres hémis-

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Fic. 141. — Vases funéraires de la nécropole de Kawamil.

phériques (fig. 139). Quant à ceux destinés à recouvrir Sr le cadavre, ils ont la forme de grandes coupes (fig. 140). Toutes ces urnes, funéraires sont faites de terre grossière imparfaitement cuite et parfois même crue.

A Kawamil, toutes ces s sépultures à cistes d'argile étaient à même la terre, dans de ee fosses et leur mobilier funéraire comportait des vases cylindriques, la céramique ornée de peintures faisant complètement défaut. Mais à Ballas (2) M. Frinpers PErRiE a rencontré ces mêmes cistes et ces mêmes mobiliers funéraires dans des chambres creusées dans le sol au fond d’un puits et parfois fermées par des murs de briques sèches.

Dans d’autres localités, les sépultures contenant des mobiliers funé-

(1) Cf. W. M. Funpers PETRIE and J. E. Qui- (2) Cf. W, M. Funpers PETRIE and J. E. Qui- BELL, Nagada and Ballas, pl. LXXXII, n°° 594 et 880. BELL, Naqada and Ballas, 1896, pl. ILE, fig. 8.

raires analogues sont bâties en briques crues (fig. 142 à 146) et recouvertes soit d’un plancher de bois, soit d’une grande dalle de pierre (fig. 146) comme en témoignent les découvertes d'Henri De MorGax dans les nécropoles d’El-Garah et de Mohamerièh.

Comme on le voit, après la période des vases ornés de peintures, nous nous trouvons en présence d’une phase d’hésitation dans les coutumes

Fic. 142. — Nécropole d’El-Garah. Fic. 143. — Nécropole de Mohammérièh. Fouilles de Herr pe Morcan. Ciste Fouilles de Hexr: pe Morçax. Ciste n° 117. n° 3. Renfermait trois vases en terre Renfermait : rouge grossière; des débris d'une A, Coupe en roche noire. — B, Vase cylindrique plaque en schiste et de vases en al- en albâtre. — C, Coupe albâtre. — DD, Deux bâtre et en pierres dures; un couteau petits vases albâtre. — T, C, Deux petits.vases

en silex. Sépulture non violée, en terre rouge.

funéraires. On commence à enfermer les corps dans des caisses de bois ou d'argile, on enterre encore à même le sol ; mais aussi dans des chambres ménagées au fond de puits peu profonds, et les sépultures à même le sol se garnissent de briques crues, se recouvrent de planchers ou de grandes dalles de pierre, les cadavres sont soit confiés entiers à la terre, soit décharnés ; puis viennent les grandes constructions des sépultures princières de Négadah et d’Abydos. Il y à peu à peu tendance de plus en plus accen- EU vers les monuments funéraires de la Ille dynastie et des suivantes de l'Ancien Empire. Les mastabas contemporains du roi Snéfrou, à Dahchour

sont les intermédiaires entre les tombes royales d’Abydos et les beaux monuments de Ti, de Méra, ete., de la nécropole de Saqqarah.

Ces hésitations des tribus du Sud de l'Égypte, assurément nées de l’introduction dans le pays de conceptions étrangères, jettent un grand désordre dans les nécropoles et, d’a près les rites funéraires seuls, 1l serait bien difficile d’établir une succession chronologique relative des divers modes d'ensevelissement. Heureusement que, grâce aux mobiliers funéraires que renferment les tombeaux, nous disposons d'éléments à peu près certains de classement. La céramique est de beaucoup notre meilleur guide en la circonstance ; malheureusement, à de très rares exceptions près, elle ne porte que sur les phases diverses de la civilisation dans la Haute- Égypte : la basse vallée du Nil demeurant encore en dehors de la zone dans laquelle nous sommes à même de pousser nos études un peu loin (1).

Fic. 144. — Nécropole de Mohammériéh. Fic. 145. — Nécropole de Mohammérièh.

Fouilles de Hexrr DE Morcan. Ciste Fouilles de Henri DE Morcan. Ciste n°188. n° 135. 2, Vase cylindrique albâtre. — 3, Table d'of- 1, Coupe en calcaire. — 2. Vase cylindrique en frandes en calcaire.- 4, Petite coupe albâtre.

albâtre. — 3 et 4, Petits vases en albâtre. — — 5, Petit vase en terre rouge fine. 5 et 6, Petits vases en terre rouge fine. Sépul-

ture intacte, tous les vases de pierre plus

ou moins brisés.

Rites funéraires. — À première vue on peut être surpris de rencontrer dans l'Égypte pré-pharaonique et aux temps de la première dynastie des usages funéraires si contr aires aux rites de la religion des temps historiques, coutumes qui semblent complètement opposées aux principes mêmes du culte des morts ; cependant, en repassant les documents écrits,

(4) R. Weizc [La II° et la ILI° dynasties (1"° par- IV. — Nécropole de Réqaquah-nord. tie), 1908] établit pour les monuments funéraires V. — Tombes à chambres crtciales en pierre la classification suivante : ménagées dans la superstructure massive en bri-

I. — Chambres à toiture plate en charpente re- ques. Nécropole de Meidoum, tombes de l'époque couverte de terre ou de maçonnerie. Négadah de Snéfrou à Dahchour.

(Ménès). Nezlet Batram (Zet). VI. — Mastabas tout en pierre. Saqqarah, II. — Chambres voûtées et en encorbellement. Abousir, etc. ILL — Tombeaux à chambres souterraines et

superstructure massive.

si nombreux, dont nous disposons aujourd’hui sur l’antique religion pharaonique, nous retrouvons des traces certaines de ces coutumes qui, dès les débuts de la III° dynastie, étaient tombées en désuétude., Le professeur A. WI£DEMANN qui m'accompagnait lors de mes fouilles du tombeau royal de Négadah, dans un savant mémoire inséré dans mon second volume de Recherches sur les origines de l'Égypte (1), expose très clairement l'accord qui existe entre la croyance à la vie future et les trois modes d’en agir vis-à-vis du cadavre, l’ensevelissement du corps entier, le décharnement et l'incinération. « J’ose espérer, ditil, que les pages qui précèdent suffiront pour prouver que le souvenir des usages de l’époque de Négadah et des idées religieuses qui s’y reliaient, n’a pas disparu chez les Égyptiens des temps postérieurs. » Je n’entrerai pas dans les détails d'une question qui sort

complètement de ma compétence,

me contentant de reproduire l’opi- Fi. 146. — Nécropole de Mohammérièh. Sé-

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pulture n° 84. Ciste en briques crues recou- nion du savant égyptologue alle vert par une dalle. mand.

A, Table d'offrandes en calcaire: — B, Vase en roche a période des serviteurs dure éruptive (granit ?). — C, Vase en albâtre avec 5 : s x È couvercle. — D. Grande coupe en albâtre —E, Pe- d'Horus, des dynasties dites ditit vase en terre cuite rouge, pâte fine et brillante. : l E ï . RL — F, Petite coupe en albâtre. — Tous les objets en VINES Par la tradition (Toukh-El pierre avaient été plus moins brisés ou féêlés, ou 4 2 : mutilés au moment des funérailles. : Amrah, Négadah, Aby dos) est, 1e

| lai dit, une époque de flottement, d’incubation. Plusieurs éléments ethniques se trouvaient probablement alors être en présence et dans chacun de ces éléments il y avait bien sans doute, en même temps que des traditions communes, des divergences rituelles : d’où ces hésitations dont la durée fut, à coup sûr, de

bien des siècles. M. A. WreDEmaNN sent l'importance qu'a pris en ces

(1) 1897. Rech., elc., chap: v, p. 203 à 228. nécropole de Négadah et laquestion de l'origine À. WIEDEMANN, le Mode d'ensevelissement dans la du peuple égyptien.

és L'INDUSTRIE DE LA PIERRE POLIE EN ÉGYPTE 119

temps l'influence asiatique ; et cependant, à cette époque, nous ne possédions encore que bien peu d'informations sur la Chaldée et l’'Elam des premiers temps. Mais ceci se rattache à des questions d'ordre général dont il sera traité plus loin. Je me contenterai donc ici de montrer que, de l'avis des spécialistes Les plus compétents, les faits que nous constatons durant les temps prédynastiques ne sont que les témoignages de l’incubation des rites et usages de l'Égypte historique.

- Les mobiliers funéraires. — Civilisation d’El-Amrah.— N'ayant pas encore rencontré de traces de civilisation plus ancienne que celle des kjækkenmæddingers de Toukh, Khattarah, Zawaïdah, etc., et des sépultures d'El-Amrah, c’est cette culture que nous prendrons comme point de départ, tout en faisant observer, comme pour l’Elam et la Chaldée, que les hommes qui nous semblent.aujourd’hui avoir été les premiers colons de la vallée du Nil, étaient déjà singulièrement développés.

Céramique. — Les matières premières qu’on rencontre en Égypte et dont les hommes des premiers âges pouvaient faire usage pour la fabri-

Fi. 147. — Vases en terre rouge lisse. Nécropole d’El-’Amrah.

cation de leurs vases, sont de nature et de gisements différents ; tout d’abord on les pouvait tirer des limons du Nil qui, suivant la température à laquelle ils sont soumis, donnent des poteries jaunâtres ou rougeâtres plus ou moins résistantes suivant le « feu », mais toujours poreuses : puis viennent les argiles sédimentaires, principalement dans les terrains tertiaires : certaines de ces argilières, entre autres à Assouan, sur la rive gauche du Nil, en face de l'ile d'Éléphantine, ont été largement exploitées de toute antiquité. Dr EEE Les granits décomposés qui forment les collines du Chellal, en;face de l'ile de Séhel, fournissent des kaolins d'assez médiocre qualité /d’ailleurs ; ces kaolins ont été employés, très anciennement, pour la fabrica-

tion des amulettes et des statuettes funéraires, mais pas utilisés pour celle des vases. |

La céramique rustique représentée par des tessons dans les kjækken- | mœddingers est assez rare dans les sépultures ; elle se compose de jarres grossières et de petits vases de terre brune, ornés à la pointe de motifs géométriques très simples. Cette céramique, assurément d’origine fort ancienne, était une survivance du passé et servait encore aux besoins du ménage, en même temps que les vases de terre rouge bordés ou non de noir, sans anses, qui sont très communs dans les nécropoles et dans le sébakh de cet âge.

Tous ces vases ne portent pas des bords noircis, il en est un assez

Fic. 148. — Vases en terre rouge lisse avec bords noirs. Nécropole d'El-’Amrah. 2/15 de la grandeur naturelle.

grand nombre qui sont simplement en terre rouge ; mais ils n’affectent pas les mêmes formes que les précédents, ce sont pour la plupart des bouteilles ou des récipients à col étroit. Aucun ne porte d'anse.

Mais la céramique la plus remarquable de cette époque est celle des vases ornés de peintures.

Nous avons vu que dans les kjækkenmæddingers on rencontre parfois, mais rarement, des tessons de cette poterie, alors que les fragments de vases rouges à bord noir ou rouge sont innombrables, Ceci prouve que les vases peints n'étaient pas d’un usage courant, et je suis porté à croire qu'ils remplissaient uniquement un rôle funéraire,

Ces vases sont faits d’une pâte assez fine qui, à la cuisson, prend une couleur jaune rosée et reste poreuse, Les peintures qu’ils portent tracées au pinceau à l’ocre rouge sont essentiellement superficielles et très peu adhérentes, un simple lavage à la brosse suffit le plus souvent pour les effacer. Il est à croire que la couleur a été appliquée mélangée avec une matière organique (graisse, huile ou colle) qui a disparu. Cette observation viendrait appuyer l’hypothèse que ces vases étaient fabriqués spécialement pour les morts.

La forme des vases peints est peu variée. On rencontré :

F1G. 149. — Diverses formes de vases en terre du temps de Toukh El-Amrah. 1/8 de la grandeur naturelle.

1° Des vases globuleux à fond arrondi, à grande ouverture, à large + panse entourée d’un bourrelet plat et munis d’anses funiculaires ;

2° Des cratères à fond plat, bombés, à large ouverture, également munis d’un fort bourrelet plat et d’anses funiculaires, au nombre de deux ou de. trois. Ces sortes de vases présentent toutes les dimensions, il en est de très grands, d’autres hauts d’un décimètre au plus, parfois jumelés deux par deux.

Ces deux formes sont de beaucoup les plus communes ;

3° Les vases de forme exceptionnelle, au large fond plat, au pied très

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