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évasé, quelquefois même figurant des Oiseaux et reposant sur les deux pieds de l’animal (fig. 152), grands bols de même terre, très rares.

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"Fi. 150, — Cérami jue peinte de la civilisation de Toukh (Haute-Égypte). =

Les vases du premier type, le plus souvent, sont des imitations de 7 s q PA = AT de ; . .

vases de pierre. On y a figuré soit les mouchetures du granit, soit les

couches ondulées de la roche, soit les spirales des Nummulites des calcaires de l’Éocène. Tous ceux que je connais sont ornés ainsi.

Les vases de la seconde forme sont de tous les plus variés, quant aux représentations qu'ils portent. A côté des imitations de la pierre dure; on voit des motifs géométriques, généralement un mélange de lignes ondu- : lées et des séries de grandes dents triangulaires, ou des théories d’Oiseaux (Autruches ?) se suivant. Enfin viennent les représentations symbo-

Fic. 151. — Céramique peinte. Égypte prédynastique.

liques, d’un caractère très spécial, et dont l’interprétation n’est pas toujours aisée.

Le motif le plus intéressant est, sans contredit, la représentation de la barque des morts, figuration rituelle qu’on retrouve sous différentes formes jusqu'aux débuts de notre ère sur les monuments et les papyrus. Ce motif a été l’objet de controverses et je crois utile de reproduire ici ce que j'ai dit de cette question en 1920 (1).

Dès les premières dynasties pharaoniques, on voit, en Égypte, le culte

(1) J. ne Morcan, la Burque des morts chez les Égyp'iens prédynastiques, ds. Revue Anthrop.… 30° année, n°* 11-12, 1920.

des Morts régulièrement et définitivement établi, avec ses rites, ses formules, son livre dont les nombreuses colonnes ornent les parois des tombes royales de la [V* dynastie. Ce culte provenait, à coup sür, déjà d’une origine lointaine ; il s’était constitué, développé et fixé dès les temps dits des serviteurs d'Horus, peut-être même avant. Quoi qu'il en soit, nous retrouvons ses traces dans les sépultures antérieures à l’époque du tombeau de Négadah, dans celles où le métal paraît, où la taille du silex est dans toute sa maitrise, où la céramique se montre sous forme de vases de pâte claire, ornés de motifs peints à l’ocre rouge.

Cette céramique, dont la nature et l’époque étaient méconnues jusqu’en; 1896 (1), que G. Maspero plaçait quelque part vers la XVII® dynastie, dont quelques archéologues allaient chercher l’origine en dehors de la vallée du Nil, a fait, depuis vingt-cinq ans, l’objet de travaux sans nombre;

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Fig. 152. — Vase en forme d'Oisezu. Terre jaune ornée de peintures rouges. Nécropole de Gebel-el-Tarif. Musée de Gizeh. 2/5 de la grandeur naturelle.

cependant les motifs qu’elle porte sont loin d’être tous judicieusement interprétés et certains d’entre eux ont donné naissance à des explications de haute fantaisie, qu’il y a lieu de ne pas laisser entrer dans le domaine scientifique. Je parle des archéologues qui, dans les figurations que M. Funpers Perrie, moi-même et la grande majorité des archéologues considérons comme représentant des barques, proposent de voir la perspective d’un village préhistorique entouré de sa palissade (2).

La céramique peinte, dans les tombes prédynastiques, joue le rôle des bas-reliefs ou des fresques dans les mastabas de l'Ancien Empire; elle a pour but de rappeler à Pidée de la vie future et d'évoquer le souvenir des biens dont jouissait le mort du temps de son passage sur la terre. Or les

(1) FL. PETRIE, Nogada and Ballas, Hieraconpo- Revue des idées, 1908 ; En. NaviLze, {a Populalis; J. DE MORGAN, Rech. sur les origines de l'Égypte. tion primitive de ’'Égypte, Recueil de travaux, etc (2j A.-J. REInacH, l'Egypte préhistorique, vol. XXIII, 1911. as

biens alors étaient peu nombreux et peu variés : le gibier, le poisson et aussi les animaux domestiques, ou mieux apprivoisés, dont on retrouve les traces dans les kjækkenmæddingers de la Haute-Égypte.

Cette poterie était l'œuvre d’ouvriers spéciaux, ou tout au moins se faisait spécialement pour les morts, et la preuve en est dans les imitations de vases en pierre dure qu’on trouve dans les sépultures. Les unes figurent les mouchetures du granit ou les rubans du gneiss, les veines de l’agate ou de l’albâtre, alors que d’autres couverts de petites spirales imitent les sections des nummulites ; puis ce sont des lignes ondulées continues ou interrompues, inspirées par la vannerie.

Ces innocentes supercheries, non seulement se conserveront dans l'Égypte pharaonique, mais n’iront qu’en croissant, qu’en s'étendant, au point que bientôt le postiche remplacera le réel dans les mobiliers funé-

Fic. 153. — Musée du Caire (J. og Morçan, Recherches origines Égypte, 1, 1896, pl. X).

raires. Nous en avons un exemple frappant dans la tombe du prince Ra- Fu-Ab de la XI[° dynastie (1\ dont tous les joyaux étaient en pâte, alors que les bijoux des princesses Ita et Knoumit ont été déposés dans -le serdab tels que les portaient ces parentes du pharaon (2).

Mais, à côté des imitations des objets réels, figurent, dans les tombeaux égyptiens, les images de ceux qui ne peuvent être conservés, fruits, légumes, poissons, gibier, ete., ou des scènes de la vie telles que les récoltes, la chasse, la pêche, l'élevage, etc. Les salles, nombreuses cependant, des mastabas de l'Ancien Empire ne suffisent pas à peindre ou sculpter ces innombrables tableaux de la vie égyptienne de chaque jour.

On ne pouvait espérer trouver, dès les temps prépharaoniques, autant de détails et, à cette époque, bien des connaissances, bien des usages manquaient encore ; d’ailleurs, dans les représentations que portent les vases, il en est bon nombre qui demeurent encore mystérieuses pour nous

(1) Cf. J. DE MorGAN, Fouilles à Dahchowr, 1894. (2) Id., 1895.

et qui, certainement, rappellent des scènes RADENES ou des objets du culte:

La représentation la plus importante en même temps que la plus courante sur ces vases estcelle de la barque qui, le plus souvent, se montre deux fois sur chacun des vases (fig. 1544). Le corps de cette barque est figuré par un arc de cercle de 30 à 40 degrés d'ouverture, plus ou moins régu-

Fic. 154. — a. Négadah (FL. Perrier, Nagada and Ballas, pl. LXVI, fig. 9); — 6. Diospolis parva (Fc. Perrie, pl. XX, fig. 12) ; c. Diospolis parva (FL. Per, pl. XX, fig. 8); — d. Négadah (FL. Perr, pl. LXVII, fig. 11) ; — e. Diospolis parva (FL. Peraue, pl. XX, fig. 6) ; — f. El--Amrah (F1. Perrie, El- Amrah and Abydos, pl. XI) ; — g. Négadah (FL. Pe- TRIE, NVagada and Ballas, pl. XLVIT, fig. 12).

lier, formé de deux traits parallèles se rejoignant soit en pointe, soit par une courbe aux deux extrémités.

Au-dessous du corps de la barque sont de nombreux traits divergents qui vraisemblablement figurent les avirons. Ces traits sont le plus souvent beaucoup trop nombreux pour répondre à la réalité ; mais il faut se souvenir que ces vases étaient fabriqués dans un but rituel et non artistique; fabriqués probablement en séries, souvent par des apprentis ; que les motifs étaient Copiés et recopiés sans que les modèles primordiaux eussent été conservés et qu’il importait fort peu que la représentation de la barque fût rigoureusement exacte.

Parfois ces avirons sont partagés en deux groupes par un vide médian

(fig. 154 & à g), mais souvent aussi la garniture de petits traits est continue (fig. 154 «&).

À larrière de basaucoup de ces bateaux sont les rames-gouvernails (Eg. 154 }), et à l'avant, attachée à une corde, la pierre-ancre, pour arrêter le bateau (fig. 154 D, c, e et Ÿ), procédé encore usité de nos jours, surtout par les pêcheurs à la ligne.

En proue du bateau est un emblème varié suivant les vases et toujours

a er ROOQU XINIPE

F1G. 155. — Négadah (Musée du Caire) [QurBezz, Archaic obj., p. 22, n° 11.557].

tiré de la flore ; le plus généralement ce sont des palmes, mais il existe aussi une autre sorte de branche portant des fruits et que nous ne savons pas identifier avec un végétal connu (fig. 154 à, c et 2).

Dans la barque, en son milieu, sont deux cabines, souvent séparées entre elles par un vide (fig. 154 «& à e), parfois reliées par une sorte de pont placé plus ou moins haut (fig. 158 et 154 f).

La cabine d’arrière porte généralement un mât supportant un emblème et d’où pendent les deux extrémités d’une corde.

Quelquefois ce mât est séparé de la cabine.

Parfois aussi il y a deux mâîts semblables portant le même insigne (ig.154 b\. Sur le même vase, quand il y a deux figurations de bateaux, l’emblème de proue reste le même alors que celui du mât varie souvent (fig. 1544).

Autour du bateau, soit en dessus, soit en dessous, sont de nombreuses

F1G. 156. — D'après En. Navuce, fig. 2.

figures qui paraissent être complètement indépendantes de la barque et former des sujets à part (tig. 153, 154 «& et 155).

Enfin je citerai un curieux vase de Négadah (?) (fig. 155), sur lequel figurent deux barques sans avirons ni rames-gouvernails : l’une de ces barques, la plus grande, contient deux cabines dont celle de proue qui

est en forme de naos, alors que l’autre porte une sorte de pyramide qu'on peut prendre pour une tente. Proue et poupe, dans ces deux bateaux, sont singulièrement relevées et contournées.

Dans le champ, on remarque des personnages, des Oiseaux, des Poissons et des Crocodiles.

Au sujet de ces barques (1), voici ce que dit M. En. Navizze : « On y voit (sur ces vases) ce qu’on a appelé des barques, ces longues courbes, presque toujours doubles, desquelles partent un grand nombre de barres où l’on a voulu voir des rames. Au-dessus de ces courbes se dressent deux huttes qu’on appelle des cabines, près desquelles sont des femmes portant quelque chose sur la tête, des hommes avec leurs armes, et des animaux, presque toujours des gazelles ou des autruches. Un archéologue anglais, M. Czar Torr, s’est le premier élevé contre cette interprétation donnée à ces représentations qu’il considère comme figurant des habita-

Fi. 157. — D’après En. Navieee, fig. 3.

tions placées sur le haut d’un glacis qui servait de rempart. M. Lorer partage cette opinion, il voit dans ces dessins des villages situés sur une élévation naturelle afin d’être mis à l’abri de linondation. Il a reconstitué par deux dessins très ingénieux l’apparence que ces villages devaient avoir (fig. 156)[2 de Navree] et 157 [3 de Navizre|).

Avant de pousser plus loin l’analyse de l’étude de M. Naviize, je ferai observer :

Tout d’abord que les Égyptiens, n'ayant aucune notion de la perspective, auraient dessiné la projection verticale du village en ligne droite (Hg. 156 [2 de M. Navize]), et non une courbe telle que celle des vases. Car dans toutes leurs représentations ils ont procédé par projection verticale pour les vues d’un seul plan (fig. 158), par rabattement pour celles comprenant plusieurs plans successifs.

(1) CE W. Buncr, History of Egypt., I, p. 71et suiv.

Ensuite que les villages ne pouvaient être que dans le désert, dans la partie non couverte alors par les inondations; car dans la vallée il n'existait pas de buttes naturelles. D'ailleurs ces premières installations préhistoriques devaient être des plus sommaires et ne pas comporter de tours de guet, de portes fortifiées ou de pylônes.

Enfin dans l'esprit de M. Ceciz Torr ces dessins représentent tout un tableau avec troupeaux, personnages, arbres, etc., composition d'ensemble qui est absolument contraire aux idées artistiques

de tous les peuples primitifs.

Fr&. 158. — Musée du Caire [Quisezz, Archaic. oabj., « Je me range entièrement aux arguments pré- pl. XI, n° 11.105].

Passons maintenant aux détails.

sentés par ces deux savants, poursuivit M. Ep. NA-

VIL:E, et je voudrais insister sur certaines considérations qui me semblent exclure le nom de barques donné aux dessins des vases. D’abord quand ce ne serait que le contenu, imagine-t-on un bateau assez grand pour porter au moins deux huttes, des antilopes de grande taille à en juger par leurs proportions comparées à celles des hommes, des autruches et même des bosquets, si ce ne sont pas des arbres. »

Je l'ai dit plus haut, il faut séparer

F1G. 159. — Graffito des rochers de Chatt-

+ el-Rigal (Haute-Egypte)[J. ne Mona, de la barque les sujets qui n'en font Recherches origines Egypte, 1896]. pas partie, ce qui en réduit sensiblement le chargement. Restent les em-

blèmes de proue, qui ne sont pas des arbres, et les deux cabines.

Or certaines représentations en graffite, pour lesquelles on ne peut émettre le moindre doute, montrent des barques portant une (fig. 154 d et 160) ou deux (fig. 161 et 162)? parfois même trois (fig. 163) cabines, exactement disposées comme le sont celles des vases peints. Sur d’autres dessins les cabines occupent presque tout le pont (fig. 159); sur des barques à voile on en trouve une (fig. 164), quelquefois trois (fig. 165). Les Dahabieh aujourd’hui portent un véritable appartement occupant

1 , F1G6.160.— El-Amrah[F.PerTrie, Elles deux tiers du pont du navire. *Amrah and Abydos, pl. XL, fig. 11].

« Jamais non plus [En Navizze] on ne voit que ces barques trempent dans l’eau. Quand elles sont rapprochées, ce qui les sépare, ce sont des antilopes et des autruches. »

Les Crocodiles et les Poissons ne sont pas complètement absents, certains vases en portent des dessins; mais, je le répète, ces motifs sont indépendants les uns des autres. |

« Comment admettre | En. NaviLze] que dans les nombreuses peintures on ne verrait jamais d'habitations, uniquement des barques (1). On ne

Fig. 161. — Peinture d'un tombeau préhistorique de Hiéraconpolis (QuiBeLz el GREEN, pl. LXXV).

peut cependant pas supposer que ces primitifs vivaient dans des bateaux et non sur la terre ferme! »

Assurément; mais n'oublions pas que nous avons affaire à des sépultures et qu'il est plus naturel d’y rencontrer l’image de la barque des morts que celle des villas qui n’existaient à ces époques que sous forme de cabanes rudimentaires.

« Évidemment [En. Navizce| il faut voir là des enceintes, des enclos renfermant soit les demeures des indigènes, soit les animaux qu'ils avaient avec eux et qui ne sont pas des animaux domestiques ; ce sont des animaux sauvages qu'ils savaient peut-être apprivoiser. Les barques véritables se reconnaissent à la voile. »

Voilà une assertion qui

Fic. 162. — Graffilo d'El-Kab (Cararr, p. 198, surprend de la part d’un Here égyptologue de la haute va-

leur de M. Énouarp NAVILLE.

Tout le monde sait qu'en Égypte, comme d'ailleurs dans tous les pays de navigation fluviale, il existait non seulement des barques à voile, mais aussi, en grand nombre, des bateaux sans mäture, actionnés soit à l’aviron, soit à la pagaie, soit à la perche. On voit des spécimens figurés de chacun de es types sur presque tous les mastabas de l'Ancien Empire, et les

(1) Note [E. Navizre]. Voir en outre Perrie d i ; ê Ve A e Morgan : Rech. Orig., 1896), d'après une photo- Po Balas, pl. XXXIV, p. 43-47. MORGAN, graphie prise sur l'original. [Cette PRE rehes sur.les origines de l'Égypte, pl. VIII-X. mation est erronée, la figure 1 de Naville a été

Hieraconpolis, IL, pl. LXXVI et LXXVIII. La fai ‘aprè 6 LE 5e -X) e aile d'apr i figure 1 reproduit le mème vase que la planche X SR Lois Eee

barques funéraires n’étaient pas obligatoirement munies de voiles : témoin les barques de la XIT° dynastie découvertes par moi-même à Dahchour(1894), barques qui avaient servi au transport des momies royales et princières de la pyramide septentrionale de briques (Ousertesen II), et ne sont pas simplement des barques fictives.

Quant à l’élevage, son existence à

Fra. 163. — Gébélein. Vase rouge à peintures blanches (J. De Morcanw, Recherches cette époque est amplement prouvée. origines Egypte, 1, 1896, pl. IL, fig. 5).

D'ailleurs, en dehors des vases,

ce ne sont pas les représentations de barques sans mâture qui manquent ; on en trouve sous toutes les formes, même sous celle de marques incisées de potier (fig. 166 et 167). Sur le manche d’or d’un poignard de silex du musée du Caire (fig. 168) on voit une représentation de la barque absolument semblable à celles qui sont peintes sur les vasse.

« Qu'on ne s'étonne pas | Ep. NaviLce] de voir ces villages des indi-

Fic. 164. — D'après J. CaparT, p. 116 : :

(fig. 83). gènes bâtis derrière une sorte de pa-

rapet en terre. On a remarqué une grande ressemblance dans la civilisation paléolithique ou néolithique des divers pays du monde. »

J’ai moi-même signalé des oppida dans le nord de la Perse (1) et assurément je n'aurais pas négligé de parler | de ceux de l'Égypte, si j’en avais rencontré; mais, dans la vallée du Nil, je n'ai rien vu de ce genre.

Après avoir repris les principales des objections de M. En. Navizce, il convient d’ajouter quelques observations qui viennent encore combattre l’avis du savant

égyptologue.

Fie. 165. — Graffilo sur les rochers En proue des bateaux, je l’ai dit déjà, de Chatt-el-Riyal.

sont des signes de reconnaissance, sortes

de drapeaux faits de rameaux le plus souvent, mais présentant des dispositions telles qu’il n’est pas possible d’en faire des arbres. D'ailleurs on se demanderait pourquoi ces arbres sont toujours à la même place à gauche

(1) Mém. Délég. en Pers., t. VIII, 1905

quel que soit le village, et ces villages diffèrent nous le voyons par les enseignes de l’arrière. - Dans le cas où la représentation serait celle d’un Agabah, quelle interprétation peut-on donner à la présence à droite des rames-gouvernail, à celle de cette boule qui pend à l'avant et ne peut être qu’une pierre-ancre. Sur les vases, il est très rare qu’une figuration humaine joue un rôle par

rapport au bateau, cela se rencontre cependant (cf. fig. 155, 161 et 168);

Frc: 166. — Marque de potier (FL. PE- Fire. 167. — Marque de potier (d'après rR1E, Negadah, pl. LIT). FL. Perrie, Negadah, pl. LIL).

mais presque toujours les personnages figurés, hommes ou femmes, doivent être considérés dessinés à part (fig.153), formant parfois de petits groupes, mais toujours dans des attitudes présentant un caractère religieux. Ce sont des cérémonies qu’ils exécutent.

Dans son ouvrage sur les débuts de l’art en Égypte, M. J. Caparr réfute la théorie de M. Cearz Torr et ajoute (p. 203) : « On pourrait admettre que les traits verticaux ne sont pas des rames, sans que cela prouvât rien contre l'identification de ces dessins. Déja M. ne MorGan était tenté de les considérer plutôt comme des engins de pêche (Recz. II, p. 91). Ce qui est plus important c’est de retrouver ces traits, comme l’a fait M. Petrie, dans les représentations égyptiennes où il est impossible de douter qu'il s’agisse d'une barque.

Fic. 168. — Garniture d'or d’un couteau En effet, dans une des salles du temple

de silex. Musée du Caire. de Séti I, à Abydos, on voit un des-

sin très soigné de la barque du dieu

Sokaris, et la proue, qui relève fortement, est précisément ornée d’une

série de lignes rappélant celles que nous trouvons sur les barques, pri-

mitives (1), la barque sacrée à trois rames-gouvernail. On trouve une

représentation analogue mais beaucoup plus récente au temple de Denderah (2).

€ Quant aux branches de palmier placées à l'avant, dit M. J. Caparr, elles ombragent la place où s’assied le pilote. » Sur ce terrain je ne puis

A En ar Archeol. Notes, dans Cauifield, The Temple of the King at Abydos. Londres, 4902: - 15-16, pl. VI.

(2) MarieTre, Denderah, IV, pl. LXIV

suivre M. J. Caparr pour cette bonne raison que les palmes qui se dréssent en proue du bateau sont variables comme forme, comme nature et comme nombre de tiges. Ces formes, cette nature et ces nombres sont intentionnels car ils se reproduisent identiques sur divers vases. Ce sont donc des emblèmes. Ee

Ainsi je vois, dans les figurations que portent les vases peints prédynastiques, les plus anciennes manifestations, parvenues jusqu’à nous, de ce culte des morts qui a joué un si grand rôle durant les quatre ou cinq millénaires de la vie de l'Égypte. Je retrouve les danses rituelles, les troupeaux des temps de l’Ancien Empire et cette barque des morts qu’on figurait encore sur les temples sous les

empereurs romains.

Mais l'interprétation de bien des signes m’échappe malgré les propositions d’identifications de savants aussi entendus que l'était le docteur Scxweinrurtu. Dans ce qu'il prend pour des Aloës (cf.

fig. 154 a), je verrais plutôt des vasesàlibation. Quantauxsignes en demi-cercle dont il fait des arbres (fig. 153, 154 a et 154 d), je ne me les puis représenter que comme instruments du culte.

Je ne m'explique pas ces théo-

ries de Z qui se suivent en ru-

bans parfois très longs, souvent F16.169.— Couteau en silex jaune. Nécropole de : Saghel-el-Baglieh. 1/2 grandeur naturelle.

fort courts et il est d’autres signes encore (fig. 154 f) plus inexplicables que portent quelques vases, sorte d’œuf aplati supporté par un socle.

« On remarquera, dit En. NaviLre, comme conclusion, que, dans ces peintures, les animaux domestiques manquent absolument. Il est certain que ce peuple n’était pas agriculteur; c’étaient des chasseurs; l'arc et la flèche leur procuraient leur nourriture ainsi que la pêche. Les harpons

trouvés dans les

PRÉHISFOIRE ORIENTALE

tombes indiquent que la pêche était aussi une de leurs occupations, quoiqu'on ne voie pas de poissons dans ce qu’on a appelé les barques. »

L'auteur rentre toujours dans le réalisme et ne semble pas vouloir accorder à ces tribus prépharaoniques des sentiments religieux, des idées philosophiques sur la vie future. Cependant on doit admettre que les restes des kjækkenmæddingers et ceux de la nécropole ne peuvent être interprétés de même manière. Dans les ruines des campements les ossements abondent ; ce sont des restes de Poissons, d’Oiseaux, de Mammifères, dont quelquesuns sont d'origine étrangère, alors que dans les tombes l'esprit religieux se manifeste. Un monde sépare les deux impressions qui résultent de cette étude, celle de la vie présente.et celle de la vie future. C’est la confusion de ces deux états d'esprit qui a conduit M. Ceaiz Torr à chercher du réalisme dans les peintures des vases funéraires de PÉgypte antédynastique.

Quant aux questions de l'élevage et de l’agri-

FiG. 170. — Tète de lance culture, j'en ai parlé plus haut. en silex jaune. Nécro-

pole d’El-’Amrah.

grandeur naturelle. Instruments en silex. — Bien que la nécropole

d'El-Amrah, d’après la céramique qu’on y rencontre

et quelques fragments de silex finement retouchés, soit contemporaine des kjæœkkenmæddingers de Toukh, de Zawaidah, etc., les silex taillés qu'on y rencontre sont beaucoup plus perfectionnés que ceux qui se trouvent communément dans le Sébakh. Ce fait s'explique aisément, car les instruments abandonnés dans le village étaient les outils usuels, pour lesquels on ne cherchait pas la perfec-

tion de la taille, alors que ceux des tombeaux, spéciale-

ment faits pour remplir des rites funéraires, étaient l'objet de plus de soins.

Presque toutes les sépultures de cette époque ouvertes par M. Flinders Pétrie et par moi-même contenaient des instruments de silex d’un fort beau travail. A El-’Amrah j'ai trouvé, avec de grands couteaux à dos abattu du type

courant (fig. 169) une très belle tête de lance (fig. 170)

Fi. 171. — Fragment de tête de lance en silex.

El-Amrah. 1/2 grandeur natu-:

relle.

une pointe double et un fragment de tête de lance très finement taillée.

À Négadah M. Fzinpers PETRIE a trouvé des armes plus belles encore,

F6. 172. — Masses d’albâtre. 1/2 grandeur naturelle et leur mode d'emmanchement. Nécropole d’El-’Amrah.

poignards, pointes de lances, pointes doubles, couteaux droits et courbes

et une hache en silex polis (1).

Objets divers. — Les tombes d'El--Amrah renfermaient aussi fréquemment des masses d’albâtre et de pierre dure (fig. 172), des plaques de schiste (fig. 175 et 176), de petits instruments de cuivre (lig. 174), des peignes en os, semblables à ceux des kjækkenmæddingers (fig. 177), de petits outils eb des peignes d'ivoire.

A cette époque on voit déjà dans les tombes pauvres paraître quelques vases de pierre assez grossiers (fig. 181), alors que certainement les gens riches en possédaient de plus soignés puisqu'on copiait leurs formes en cérarique. On trouve aussi des bracelets d’albâtre, de nacre et de silex (fig. 179) et des colliers composés

Fi. 173. — Masses en pierre d'El-’Amrah et leur mode d'emmanchement.

de coquillages marins et fluviatiles ainsi que des petites pierres (fig. 180).

(1) CE. FL. PETRIE, 0p. cit, p. 2, n° 1410, pl. LXXII, n° 59.

Dernière phase prédynastique. — Après la culture dont il vient d’être question, et qui probablement embrasse une période assez longue, nous

Frc. 174. — Objets divers en cuivre et en bronze. El--Amrah et Toukh. 2/3 de la grandeur naturelle.

voyons, avec les tombes bâties en briques crues, ou composées de chambres ménagées au fond d’un puits, apparaitre en toutes choses des formes nouvelles : la céramique peinte a disparu pour faire place à des vases cy-

Un

+ 175. — Plaques de stéato-schiste. Nécropoles d'El-Amrah, Abydos et Toukh. 1/10 de la grandeur naturelle.

lindriques ornés parfois de lignes de couleur ; la céramique rouge peinte en blanc et la céramique incisée se développent d’une façon surprenante ; les arts progressent avec les figurines humaines et animales ; quant à la

taille du silex elle parvient à son apogée, bien que les métaux, l’or et le cuivre, soient devenus plus abondants. C’est, semble-t-il, la fin de la période des dynasties divines et l’aurore du régime pharaonique.

FrG. 176. — Plaques de schiste. Nécropole de Toukh (Négadah) et de Ballas (Fzinpers Petrie, pl. XLVII, XLIX).

+ On a cherché à subdiviser cette évolution en plusieurs phases (1) en se basant principalement sur les industries céramiques. Je crois, pour ma P ) part, que les transformations et les progrès se sont produits d’une manière

Ée î

F16. 177. — Peignes d’os et d'ivoire :

a, Kjœæœkkenmæddingers de Toukh;

b, Kjæœkkenmæddingers de Zawaïdah; c à g, Nécropole de Saghel-el-Baghlieh, Musée de Guizeh, 1/3 de la grandeur naturelle.

insensible, variable suivant les districts, suivant les tendances des tribus et qu'après une modification subite ou du moins très rapide dans les mœurs lors de la disparition de la céramique peinte à dessins rouges il s’est produit une longue période de flottements, en attendant le moment où est

(1) W. M. FL. PETRiIE, Prehistoric Egypt., 1920, p.14 sq, pl L.

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