II
apparue l'écriture, c’est-à-dire avant l’époque des tombéaux royaux de Négadah et d'Abydos.
Cette culture, qui n’était autre que l’incubation du régime pharaonique, a progressé certainement avec plus de rapidité dans certains ceuires HQE dans d’autres. Avant les pharaons, il y avait des chefs, de véritables rois
lie. 178. — Schistes gravés. Gébel-Tärif (à gauche) et Beit-Allsm (zu centre et à droile). 1/2 grandeur naturelle.
et, autour de ces hommes qui détenaient le pouvoir, les progrès ont été bien plus grands que dans d’autres milieux. Dans le bas peuple, les innovations ont été accueillies plus lentement, les vieux usages se sont montrés tenaces et peut-être bien que des sépultures que nous considérons comme étant antérieures à la première dynastie (Négadah, Abydos) sont
contemporaines des plus anciens pharaons. Nous ne pouvons donc pas, à mon sens, discerner d’une façon complète entre la culture qui a précédé
Fi. 179, — Bracelets. À gauche, en albâtre, nécropole d’El-’Amrah ; au centre. en silex, nécropole d'Abydos; à droite, en nacre, nécropole d’El-’Amrah. 1/2 grandeur naturelle.
immédiatement l’époque du tombeau de Négadah et celle qui lui appartient. On peut, il est vrai, faire quelques coupures en se basant sur des faits qui
Fic. 180. — Collier fait avec des Oursins fossiles et, à droite, collier en perles de serpentine. 1/2 grandeur naturelle. Nécropole de Toukh.
paraissent être caractéristiques d’un temps ; mais que penser, cependant, des données fournies par la céramique, quand on voit les vases incisés,
Fic. 131. — Vases de pierre. E!-'Amrah (Haute-Égypte).
sans représentants dans le monument royal de Négadah, se retrouver dans les mastabas contemporaines de Snéfrow à Dahchour (4).
© (1). ve Morëay, Rech. I, 1896, ple XI.
On se base sur l'absence de l'écriture dans les tombeaux archaïques pour les ranger dans la phase préhistorique; ce ne peut encore être là un ae rium; car dans les débuts la connaissance de l'écriture est demeurée dans des foyers restreints, entre des privilégiés et, assurément, dans l'entourage des princes; le peuple n’a connu que plus tard ce progrès lentement parvenu jusqu’à lui. N’en a-t-il pas été de même pour toutes les innovations en tous temps et dans tous les pays du monde ?
Céramique. — Nous avons vu que dans la culture d'El-'Amrah-Toukh, figurent, en même temps que la céramique rustique, les vases à fond clair
Fic. 182, — Plaque de schiste du Musée de Guizeh.
et à peintures rouges, les vases à pâte rouge et ceux d'usage courant rouges bordés de noir : mais déjà l’on voit de timides essais de peinture blanche sur fond rouge. Cette dernière technique se développe rapidement et bientôt toutes les sépultures contiennent de ces vases.
Les motifs ornementaux se modifient du tout au tout. Aux représentations de barques, d'hommes, d'animaux dont il a été parlé plus haut, à limitation des matières dures, succède le dessin géométrique très simple et la figuration des végétaux. Les représentations animales ne disparaissent pas encore; mais elles sont fort grossières et d’une facture toute
spéciale. Ce sont des images de Tortues, d'Hippopotames, de Crocodiles, de Chèvres, et sur une coupe, on voit encore la barque avec ses rames, ses cabines et sa pierre-ancre. Un autre vase figure des haches emmanchées ; mais ces représentations d'animaux et objets d'usage sont rares, les motifs les plus abondants se rencontrent dans les dessins géométriques et les figurations de végétaux.
Les formes elles-mêmes sont nouvelles, le vase globuleux et le dolium, n'existent plus; mais le vase « à fleurs » domine, quelquelois il est double, les deux parties communiquant et les eoupes sont en très grand nombre. Cette école n’a rien de commun avec celle qui l’a précédée et il en est
Frc. 183. — Plaque de schiste du Musée de Guizeh.
de même pour la céramique noire ou brune foncée incisée et dont les dessins en creux sont remplis de päte blanche. Ces vases, des coupes seulement, sont ornés presque uniquement de dessins géométriques plus ou moins compliqués dont quelques-uns sont tellement stylisés qu’on ne peut pas reconnaître Le motif dont l’artiste s’est inspiré : par grande exception, sur quelques vases on voit des animaux.
A cet art appartiennent de curieuses statuettes de femmes, les bras écartés (danseuses), couvertes de peintures représentant des animaux (Chèvres) et des figures géométriques de motifs initiaux inconnus.
C’est l’époque des vases cylindriques ornés d’un bourrelet à l’ouverture et, souvent, au-dessous, d’un anneau faisant le tour du vase et figurant une corde. Ces cylindres sont parfois ornés de lignes en X peintes en rouge.
Les silex taillés. — Après la disparition de la céramique peinte à fond clair, nous entrons dans la période de l’apogée de la taille du silex en Égypte, et c’est dans la vallée du Nil que cet art a atteint sa plus grande perfection, la matière première, de merveilleuse qualité, qu’on extrayait alors des mines, offrait aux maitres en cette industrie toutes les ressources, et ces maitres déjà très habiles à l’époque précédente, se sont surpassés eux-mêmes.
Haches. — Le silex n’est plus employé que très exceptionnellement pour la fabrication des haches, il
est remplacé par les roches cristallines. Cet instru-
NT LE É À ment d’ailleurs est très rare dans les tombeaux.
Couteaux. — Outre la lame à dos abattu dont il a été parlé plus haut et dont l’usage semble se perdre
A st}
peu à peu, nous voyons de nombreux types de couteaux très variés de formes, taillés avec une habileté extrême, par dégrossissement d’un bloc et non plus par retouche d'un grand éclat enlevé d’un nucleus (fig. 184).
4° Lame droite ou légèrement courbée, convexe du côté du tranchant, concave de l’autre, terminée en pointe oblique par rapport à l’axe, talon arrondi : surface postérieure polie, plane, surface antérieure