‹ La Prehistoire orientaleChapitre 166 sur 308 · UP M · texte numérisé non relu

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Fic. 428. — Petites lames retouchées. Silex corné cachelong blond. Sidi-Mansour. 2/3 de la grandeur naturelle.

l’industrie capsienne, dans laquelle on a déjà fait des subdivisions (1) répondant aux différentes phases de son évolution : Vieux Capsien (Gétulien de P. Pallary). — Aïn Kerma, Aïn Sendès, El Mekta.

Moyen Capsien, Bir Khanfous.

Capsien supérieur, Ain Aûchena.

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Fig. 429. — Instruments en silex de Foum-el-Maza (Tunisie).

Mais certainement trouvera-t-on bien d’autres phases de cette industrie, venant se placer entre ces divisions ; ear le progrès a été continu jusqu’au Néolithique. La dernière étape parait être une industrie mixte à laquelle

(1) M. le docteur GoBert. Cf, P. PacLanv, Notes critiques de préhistoire nord-africaine, ds. Revue africaine, 1922, p. 382.

M. P. Parrary a donné le nom de Kreïdérienne et qu’il range encore dans l’Archéolithique. On la rencontre en de nombreuses localités au Maroc et dans toute l’Algérie.

Le fait capital en Tunisie est l’absence complète des types produits en Europe par l’évolution des industries archéolithiques et mésolithiques. Aurignacien, Solutréen, Magdalénien, Azilien, voulus dans nos pays par les changements survenus dans les conditions de la vie, n'existent pas en Afrique et le Capsien en tient lieu. C’est que le climat, au sud de la Méditerranée, ne s’est modifié que très lentement; la sécheresse, venue graduellement, a déterminé une évolution lente et graduelle dans l’industrie des populations.

Certainementil a existé des provinces, des partages du sol en districts, suvant la répartition des « points de survivance » au début, puis d’après les avantages qu’offrait le sol, et cette répartition de la population a joué un grand rôle dans l’évolution de l’industrie capsienne ; mais nous ne connaitrons jamais complètement quelles étaient les divisions du territoire. Cependant on comprendra aisément combien il serait dangereux dé considérer comme successives les diverses industries quand elles se présentent dans des provinces quelque peu éloignées les unes des autres. Tout porte à croire que ce n’était pas la même peuplade qui vivait depuis la Tripolitaine jusqu’à la côte de l'Océan, qu'il y avait dans ce vaste espace un grand nombre de tribus et que toutes n'avaient pas la même industrie ; assurément, beaucoup s’en faut. ;

Avec les changements climatériques dans chaque pays la faune et la flore locales se modifiant, forcément l’homme a dü transformer sa manière de vivre suivant les nécessités nouvelles et partout où les besoins ont été les mêmes, les industries ont pris des aspects analogues. On en voit un exemple frappant dans la répartition aujourd’hui connue et certainement incomplète du type dit Aurignacien. Le professeur Henrr Breuis (27 litt., 10 janvier 1923) a bien voulu me signaler les divers points de l’ancien monde où se rencontrent les formes aurignaciennes. Ce n’est pas dire, cependant, que sur tous ces points la culture ait été absolument la même ni que les tribus de cette industrie étaient apparentées.

« La continuité stratigraphique entre le Moustiérien et l’Aurignacien, dit-il, existe incontestablement en Angleterre (grottes et limons du Midi), -eh Picardie (loess récent et terre à briques), en Belgique (région Wallone), dans l’Eifel, l'Alsace, l'Allemagne du Sud (Wurtemberg, Bade), la Moravie, probablement la Pologne, peut-être la Hongrie, l'Italie, à Romanelli, à Grimaldi, dans l’Yonne, la France aquitanienne, de la Vienne aux Pyrénées par les Charentes, le Périgord, la Gironde, les Pyrénées (Gargas, Isturik). Le Castillo et Cueva Morin, et Hornos de la Peña,

près Santander; la région d’Almeria (avec faciès spécial du Pal. Sup.). Certainement, d’après RevGasse, dans la région de Tébessa, et, autant que j'en puis juger, avec prolongement d’un Moustiérien évolué, et r'etardement considérable du Capsien dans tout le Sahara, jusqu'à Tombouctou, de la Phénicie où il y a un Moustiérien éertain et un Aurignacien certain (ZUMHOFFEN) (1). »

Il n'est pas possible de réunir en une seule province ethnique ces diverses régions (2) et il n’est pas possible, non plus, d’admettre pour toutes un foyer initial commun d’où cette industrie se serait répandue depuis Tombouctou jusqu’à la Hongrie. Force est donc de penser que s'il existe quelques groupements issus d’un même centre, il n’y en a pas moins eu naissance spontanée de cette industrie sur bien des points, à une époque et dans des lieux dont les conditions de la vie réclamaient ce genre d’industrie. Or, il est impossible, en l’état de notre savoir, d’assigner des limites aux provinces et de déterminer la position des foyers.

L'hypothèse des centres originaux multiples serait d’ailleurs la seule qui permette d'expliquer le synchronisme relatif de ces différentes provinces, si toutefois ce synchronisme a jamais existé, ce dont je fais plus que de douter; car il tombe sous le sens que pour se répandre par influence de l’Orient européen et de la Phénicie jusqu’à l'Afrique centrale et à l’Angleterre, une très longue période eût été nécessaire.

Si j'ai beaucoup insisté sur l’industrie capsienne et sur celle d’Aurignac, beaucoup trop, peut-être, c’est qu'il s’agit là d’une question d’ordre général, du maintien dela vieille théorie de la généralisation des industries en opposition avec l'explication régionale des centres multiples n’ayant aucun autre rapport entre eux que celui des obligations causées par les conditions de la vie. Ce qui vient d’être dit au sujet de l’Aurignacien peut s’appliquer à toute autre industrie. |

Les industries néolithiques dans le Nord de l’Afrique. — Les archéologues tels que le docteur E. GoBErT, qui se sont spécialisés dans l'étude de la préhistoire africaine, partagent les industries néolithiques de ces régions en trois grandes divisions, sans fixer de succession à ces diverses cultures.

1° Les débuts du Néolithique se feraient remarquer par la continuation des industries capsiennes, auxquelles seraient venues s’adjoindre la hache polie, les pointes de flèches et la poterie, alors que les lames à dos abattu et les burins d’angle auraient disparu de l’usage. Cette culture

(1) J'ai fait des réserves au sujet de la Phénicie. (sud de la France, Espagne, etc.), là elle est spo- (2) Dans ces divers districts attribués à la vie radique {nord de la France) accusée par de sim-

aurignacienne, celle vie se montre d'intensité et ples traces qui paraissent résulter d'une occupade nature très variables : ici elle est sédentaire tion éphémère.

comprendrait la gravure sur œuf d’Autruche figurant des animaux et l’emploi très développé des coquilles comme bijoux ;

2° Division basée sur la pointe pédonculée retouchée sur une seule face. Or nous avons vu que ces instruments appartenant à l’industrie paléolithique, cette division ne peut être conservée;

3 Une culture dans laquelle les éléments essentiels sont la feuille de laurier et de nombreux microlithes carrés ou rectangulaires, tranchanis sur un seul côté, que le docteur E. Goserr donne comme éléments de faucilles, et en cela je ne partage pas son avis, parce que l'élément de faucille dentelé existant en Égypte et en Espagne, c’est-à-dire aux deux extrémités des pays méditerranéens, il n’y a pas de raison pour

F1:. 430. — Croquis topographique de la station néolithique de Jénéyen (Sud Tunisien).

qu’on n’en ait pas fait usage dans le Nord de l'Afrique, si, toutefois les peuplades qui habitaient ces régions s’adonnaient à l’agriculture. D'ailleurs la dentelure des silex était indispensable, de simples lames tranchantes ne remplissant pas le même office, comme je m’en suis assuré par moi-même.

En réalité, jusqu'ici l’industrie néolithique du Nord de l'Afrique, quoique très répandue, n’a pas fourni les renseignements nécessaires pour qu'on la puisse classer soit chronologiquement, soit géographiquement. La question demeure complètement ouverte. On ne sait rien de l'apparition des métaux dans ces pays et par conséquent l’on ignore si le Nord de l'Afrique, comme l'Égypte, a connu une culture énéolithique. Cette ignorance est due à ce que presque tous les documents dont nous disposons ont été ramassés à la surface, c’est-à-dire mélangés et, s’il existe plusieurs industries

néolithiques et énéolithiques, et si le métal était on il ne s’en pouvait pas trouver de traces dans les campements abandonnés. | D’après ce que j'ai pu voir, sur le terrain, comme dans les PH publiques et particulières, l'industrie néolithique, en Afrique, ras graduellement, en se localisant en provinces distinctes, et l'arrivée du métal n’a guère modifié l’état de choses, du moins dans les premiers temps qui ont suivi son apparition. LR L'outillage des Africains dans les phases de leur culture néolithique et

Fr&. 431. — Pointes en feuille de laurier, silex brun opaque. Chabet-Réchada. 19/20 de la grandeur naturelle.

énéolithique est assez nombreux ; tout d’abord il faut citer la hache dégrossie polie, soit en silex, soit en pierre dure, en tout semblable aux types européens, égyptiens et syriens. Ces haches sont relativement rares. Quelques régions, celle de l'Atlas, entre autres, en ont fourni plus que les pays déboisés du Bled; mais partout on a rencontré par milliers les pointes de javelots et de flèches, parce que ces peuples nomades vivaient, semble-t-1l, presque uniquement du produit de la chasse.

Ces pointes de flèches et de javelots affectent des formes très nombreuses, les plus grandes sont généralement en feuilles de laurier re-

, taillées sur les deux faces plus ou moins arrondies à la base (fig. 432) et, à première vue, semblent descendre directement du coup de poing acheuléen.

D'autres, retaillées sur une face seulement (fig. 433), semblent procéder du Moustiérien.

= Puis viennent les innombrables pointes de flèches, aux formes variées à l’infini (fig. 435).

Avec cet armement, on rencontre des nucléi, des lames, des racloirs,

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Fic. 432. — Pointe en feuilles de laurier, Silex blond à patine blanche. Jénéyen. 9/10 de la grandeur naturelle.

des burins, poinçons, etc... tout l’outillage de nos stations néolithiques de l’Europe.

Il est à remarquer que la plupart des formes égyptiennes ne se rencontrent pas dans le Nord de l’Afrique, il y avait donc pour le moins une pro- “vince distinete dans la vallée du Nil. Assurément, quand l'exploration archéologique de ces immenses régions sera plus avancée, on reconnaitra des subdivisions géographiques et peut-être, dans chacune d’entre elles, des successionss mais on ne saurait être trop prudent. Il faut se souvenir que . l’industrie néolithique de la Suisse n’est pas encore subdivisée d’une manière certaine, bien que ce pays fourmille d’archéologues et de chercheurs, et que les nombreuses cités lacustres offrent un assemblage de documents de premier ordre.

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