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Fic. 441. — Instruments néolithiques du Sahara (environs d'Ourgla, récoltes PÉzanrp).
égard. Les études géologiques, dont le désert a été l’objet, montrent que la
submersion, si elle avait jamais eu lieu, n’aurait porté que sur une très pe- (1) Cf. Rocranp, Rev. scient., 6 décembre 1884
tite partie du Sahara, celle qui avoisine les grands chotts. Pour M. Ror- LAND, 11 y a simplement dans le désert saharien les traces d’un régime de pluies abondantes qui parait avoir atteint son maximum d'intensité plus tôt qu'en Europe, c’est-à-dire à la limite entre le Pliocène et le Quaternaire. Ces vues sont confirmées par l’étude des Mollusques pleistocènes de l’AIgérie, qui accusent une proportion d'humidité beaucoup plus forte (1), que celle qu’on observe de nos jours.
L'opinion de M. RorLanp se trouve confirmée par ce qu'on observe en Égypte ou les plus grands mouvements d’eau ont eu lieu avant que l’homme eût développé ses industries paléolithiques (sensu stricto); mais les phé-
nomènes diluviens n'ont pas cessé brusquement, ils se sont répétés avec moins d'intensité, ilest vrai, au cours du Pleistocène, et ce sont eux qui ont mis fin aux civilisations chelléo-moustiériennes. Ces pluies torrentielles ont pendant longtemps alimenté les lacs représentés aujourd’hui par les chotts, et ce n’est que graduellement que le régime de sécheresse actuel s'est établi.
De grandes surfaces d’eau se trouvaient alors au sud de l’Atlas; mais, bien qu’ils fussent très étendus, ces lacs n’étaient pas continus ; ils formaient des sortes de chapelets qui n’empêchaient pas les communications entre la région de l’Atlas et l’Afrique centrale.
Nous ne savons pas encore ce qui s’est passé plus au sud, mais il tombe sous le sens que les nappes d’eau, telles que le lac Tchad, qui subsistent encore aujourd’hui, étaient alors beaucoup plus étendues que de nos jours, et que dans cet immense continent africain les lacs étaient fort nombreux (2), les rivières abondantes et les sources, dans les massifs montagneux, tout aussi multipliées que de nos jours, dans nos pays septentrionaux. C'étaient là des conditions on ne peut plus favorables pour le développement de la flore, de la faune et de la vie de l’homme.
Dans presque toute l’Afrique centrale (3) et méridionale on rencontre les instruments paléolithiques et néolithiques. Sur le haut Niger le Néolithique semble être seul. Mais au Transvaal, au Cap, dans l’Orange, lcs traces de l’industrie humaine sont très nombreuses, on trouve des instruments paléolithiques (4) semblables à ceux de l'Égypte, de l'Inde, de l'Arabie, de l'Europe, ete... La dispersion de ce type s’explique facilement
mesurant jusqu'à 25 centimètres de longueur, sur
(1) À. DE LapPpaRENT, Trailé de géol., 5 édit., 12 de (Capitaine AuGrÉRAs, Mission
1906, t. III, p. 1726.
(2) Le capitaine AuctÉrRas (Mission transsaharienne, ds. la Géographie, t. XXXIX, 1923, janvier, p. 13), parlant de la région d'Iguidi, cile une vaste surface jadis occupée par des lacs, où les traces laissées par les populations néolithiques sont innombrables.
(3) Dans la Maktéir (région d'Oum-Mouchyate) on rencontre d'immenses gisements paléolithiques (type de Saint-Acheul) avec instruments
largeur transsaharienne, ds la Geographie, t. XXXIX, 1923, janvier, p. 14).
(4) Au sujet du Paléolithique (sensu siricto) du Transvaal, voir : E. R. Corus et REGINALD A.
Suiru, Stone impl. from South African gravels, ds. Journ. of the Royal Anthrop. Institute, 1915, vol. XLV, p. 79 sq. et sur celui de l'Orange : P.J. Jounson, Geot, and Archaeol. notes on Orangia, Londres, 1910.
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si l’on admet qu'il résulte naturellement de l’utilisation et du travail de pierres roulées, de galets ou de nodules. Le faciès de ces paléolithes de l'Afrique du Sud est tel que l’on peut croire que la découverte accidentelle en à été faite dans cette région sans insinuer d’ailleurs que ce serait là Le foyer originel du coup de poing. Thèse insoutenable qui, cependant, a été mise en avant (1).
Il est bien difficile, en se basant sur ce que nous connaissons jusqu’à ce Jour, de se faire une opinion sur l’âge des instruments paléolithiques qu’on rencontre dans le Sud de l'Afrique. Gertains de ces instruments paraissent être fort anciens. Ce sont ceux qu’on rencontre dans les alluvions, bien qu’on ne sache pas l’âge exact de ces dépôts ; d'autres, trouvés dans les cavernes, avec des grains de colliers et des coquilles d’œuf d’Autruche, paraissent révéler une longue survivance des outils de style paléolithique. En tout cas, les preuves de la très haute antiquité de l’homme, dans l’Afrique du Sud, sont fournies par les objets trouvés dans une tourbière, avec des ossements de Mammifères éteints, Connochoetes antiquus, Cobus venterae, Bubalus Baini. Ges objets consistent en couteaux et racloirs de pierre, mélangés pêle-mêle avec des os cassés et incisés pour l’extraction de la moelle (2). Ces indications portent à croire que l'homme archéolithique a survécu aux cataclysmes diluviens dans cette partie du continent africain. 11 semble qu’en Afrique australe les deux industries, paléolithique et néolithique (3) ont été contemporaines, du moins en partie (4).
Si je me suis écarté quelque peu du cadre que je me suis tracé, en disant quelques mots des industries de la pierre dans le Sud et le Centre de l'Afrique, c’est pour montrer que la culture des tribus africaines néolithiques n'a. quoi qu’en ait pensé CarRTAILHAC, rien à voir avec la civilisation égyptienne. Ce sont là deux mondes à part, évoluant presque sans contacts entre eux, et cette remarque ne manque pas de valeur en ce qui concerne la composition ethnique de la population primitive de la vallée du Nil. Cependant, un foyer de civilisation aussi puissant qu'était celui de l'Égypte ne pouvait pas, malgré ses frontières désertiques, ne pas rayonner quelque peu vers l’intérieur du grand continent d’où il tirait la poudre
(1) L. PEeRINGUEY, The Stone Age of South
Africa, elc., ds. Annales of the South African Mur seuim, 1911, vol. VIII, Compte rendu (M. BouLe)
que celles de la Tunisie (Jénéyen)et de l'Algérie. REGINALD À, Smirn (Man, juillet 1919) signale au Cap de Bonne-Espérance desinstruments de type
ds, l'Anthropologie, t. XXII, 1912, p. 459.
(2) M. BouLe, ds. l’Anthropologie, 1919, t. XXIX, p. 176.
(3) Pour l'industrie néolithique du Sahara oriental, voir docteur P. Naëz. Outils préhist vecueillis dans le Sahara oriental, ds. T'Anthropologie,t. XXVTIT, 1917, p. 351 sq. La région envisagée s'éleud du lac Tchad a la frontière de Tripolitaine et de Tunisie. — Toutes les formes néolitiques de celte vaste province sontles mêmes
chelléen et CunninGron (id.) a rencontré à Siwa, dans le désert Libyque, beaucoup de silex néolithiques, mais aussi d'autres ressemblant à ceux de nos cavernes de l'Age du Renne, types aurignacien, magdalénien, solutréen, tourassien sans qu'on puisse dire ni à quelle époque ils appartiennent, ni mème si ces diverses formes sont successives.
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d’or, l’ivoire, l’ébène et probablement aussi bien d’autres matières précieuses. Il n'existait entre l'Égypte et le reste de l'Afrique que deux voies, celle, peu suivie, de la Libye, par l’oasis d’Ammon, et celle par la vallée du Nil, qui conduisait au cœur du monde noir. C’est par ces deux chemins que se seraient propagées quelques rares connaissances dont nous retrouvons aujourd’hui de vagues traces dans les langues et dans les usages centre africains mais, il en faut convenir, ce rayonnement de l'Égypte sur l’Afrique a été de bien peu de poids dans l’évolution des peuples barbares du Sud et de l'Ouest. |