‹ La Prehistoire orientaleChapitre 182 sur 308 · PARIS LIBRAIRIE ORIENTALISTE PAUL GEUTHNER · texte numérisé non relu

PARIS LIBRAIRIE ORIENTALISTE PAUL GEUTHNER

PRÉFACE

Le grand ouvrage de J. ne MorGax, la Préhistoire Orientale, se termine avec ce troisième volume, entièrement consacré à l'Asie antérieure.

On sait le rôle briliant de l'auteur en Orient. Dès que le Gouvernement français eut créé la Délégation en Perse du Ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, organisme qui devait étudier, non seulement les questions d'archéologie, mais encore toutes celles ressortissant du domaine des sciences naturelles, J. be MorGan fut appelé à la Direction de cet important service (1897). Nul, plus que lui, n'était capable d'orienter la Délégation dans une voie féconde : it avait l'expérience des fouilles méthodiquement conduites ; il possédait un encyclopédique savoir et pouvait s'intéresser aux multiples recherches qui surgissent sans cesse dans les pays neufs pour la science. Les fouilles, poursuivies avec activité entre 1897 et 1908, furent une suite presque ininterrompue de découvertes de premier ordre, parmi lesquelles on peut citer : la stèle de Naram-Sin, le code d'Hammourabi, la statue de la reine Niparasou, la curieuse céramique peinte de l'Élam et les inscriptions élamites si bien déchiffrées par NV. Scuerr. Aussi, sous l'active et énergique impulsion de J. be MorGaw, la Délégation connut-elle une période aussi brillante que féconde dont témoigne l’admirable série des Mémoires (Paris, Leroux, in-4°) dont 14 volumes (1900-1915) furent édités sous sa direction. Malheureusement, à la suite de difficultés d'ordre administratif, Le savant quittait, en 1912, la Délégation dont il avait été et le véritable fondateur et l'animateur très averti. Il emportait, dans sa retraite, d’unanimes regrets et aussi, hélas! les germes du mal qui devait le Lerrasser.

Ce troisième volume est une œuvre de synthèse. Elle utilise, non seulement les documents amassés à Suse, mais encore ceux, fort nom-

VI PRÉFACE

breux et de grande importance, recueillis par J. ne MorGan au cours de ses longues missions au Caucase (1886-1888) (1) et en Perse (1889-1891) (2).

Comme dans les tomes précédents, je me suis efforcé de respecter scrupuleusement la pensée de l’auteur, me permettant uniquement quelques corrections matérielles. La tâche que mon éminent Ami m'avait confiée, à l'automne de sa vie, est terminée et, s’il ne m'appartient pas de juger La Préhistoire Orientale, &/ me sera permis, je crois, de dire que cette œuvre, toute de clarté et de solide érudition, est de celles qui honorent notre pays.

J. De MorGan éfait de la pléiade de ces hommes désintéressés, heureusement nombreux encore à notre époque presque sans idéal, qui peuvent revendiquer avec fierté ces nobles paroles d’'Augustin Thierry :

« Il est au monde une chose qui vaut mieux que La fortune, mieux que les honneurs, mieux que la santé elle-même, c’est le dévouement à la Science. »

Louis GERMAIN.

Angers, 4 juillet 1926.

Paris (V®), 55, rue de Buffon.

(1)Mission scientifique au Caucase, par J. DE Mor- GAN. Paris, Leroux, 5 vol. en 9 tomes in-4° et Atlas GAN. Paris, Leroux, 2 vol. in-8. [. Premiers. âges in-folio (cartes). I-II. Etudes géographiques, 1891des métaux dans l'Arménie russe (1889) ; IL. Re- 1895 ; III, 4. Études géologiques, 1905 [2.3 et4, Pacherches sur les origines des peuples du Caucase léontologie, par divers collaborateurs]; IV, Re- (1889). , cherches archéologiques, 1° partie, 1896; 2° partie,

(2) Mission scientifique en Perse, par J. be Mor- 1897 ; V, Études tinguistiques, 1905.

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