‹ La Prehistoire orientaleChapitre 196 sur 308 · NS NN · texte numérisé non relu

NS NN

Fic. 52. — Coupe du nucleus, fig. 51.

de neige ; il le fit sur certains points plus accessibles que les autres et, ayant

découvert les gisements d’obsidienne de l'Arménie, les exploita quelque peu.

Ces hommes n'étaient certainement pas nombreux ; car, en réalité, les stations de l’Alagheuz sont très pauvres, malgré l’extrême abondance et la qualité incomparable des matières premières et nulle part ailleurs, dans la Transcaucasie, je n’ai rencontré la moindre trace d’une industrie archaïque.

‘ Je suis porté à croire que le massif de l’Alagheuz ne fut point alors habité d’une manière permanente ; que les campements étaient plus bas, dans les districts au climat moins rude, mais que l’homme venait au pied du volcan chercher les matériaux nécessaires à son industrie.

Il serait puéril de chercher à classer

Fië. 61. — Nucleus d'obsidienne trans. €6S instruments en subdivisions corres-

Jucide noire trouvé dans une sépulture pondant aux diverses formes. Toutes du bronze à Akhtala (Petit Caucase) : s

Mugée” dé SARL ent R hallèur appartiennent-ellesà la même culture :

184 mm. l’altération de la matière parles agents

atmosphériques est-elle un critérium,

) x . ; 17e k , À Pt

cest à penser, mais nous ne possédons aucune certitude à eet égard.

“y » , . 3 L LE > qe:

L'altération de la surface n’est assurément pas une preuve de très haute

Ve

antiquité, elle provient peut-être du milieu dans lequel les objets se trouvaient. D'ailleurs l'emploi de l’obsidienne a duré bien des siècles ; car nous trouvons cette matière dans les dolmens les plus anciens et dans les tombes de la civilisation du fer. On rencontrera peut-être dans l'avenir d’autres stations ou des cavernes permettant de constater l'existence d’industries locales successives ; mais toutes semblent, dès maintenant, devoir appartenir à la première période des temps post-glaciaires.

Parmi ces objets il en est qui peuvent appartenir ainsi bien à la culture néolithique qu'au temps de l’usage des métaux, qu’à la fin des temps quaternaires : cependant la technique de certains d’entre eux les montre comme étant plus primitifs que les instruments situés à la base des tells de la Chaldée, de l'Elam et de l'Iran. Il ne faut pas oublier que les pays

F1G. 53. — Pointes de flèches en obsidienne, sauf la dernière, à droite, qui est en silex ; sépultures de l’industrie du fer.dans le Tâlyche russe. Musée de Saint-Germain. G. N.

arméniens ne devinrent civilisés que bien longtemps après ceux du midi et que, par suite, la rudesse de cette industrie n'exclut pas forcément l’usage très restreint du métal (1).

Dans l'Asie antérieure l’emploi de l’obsidienne a survécu longtemps à la découverte des métaux. Nous en trouvons de nombreux exemples à -Suse (2), Tépèh Moussian, Tépèh Aliabad (3), Tépèh Goulam, Harounàbâd (4), Zohab (5), Yokha (6), ete., localités où cette matière se présente sous forme de petits instruments et de pointes de flèches. Une sépulture d’Akthala (Petit Caucase) (7) m'a donné un nueléus d’obsidienne (fig. 51 et 52) et quelques lames en même temps que des instruments de cuivre et

(1) J'ai souvent dit que je suis de plus en plus (2) Musée de Saint-Germain. porté à penser que, dans une grande partie de (3) Musée du Louvre. l'Asie antérieure, il n'existe pas de Néolithique (4) Au Kurdistan méridional près de Kirmanchab.

et que les premiers colons de ces pays possédaient l'usage des métaux. En Egypte même, l'existence d'une cultnre intermédiaire entre le Quaternaire et l'Enéolithique ne me semble pas démontrée péremptoirement. Seules les stalions du Fayoum marqueraient cette transition, si la désignation du Néolithique doit leur être conservée.

(5) Au pied mésopolamien du Zagros.

(6) Basse Chaldée, au nord et près du Chatt el Hay.

(1)J pe MorGan, Mission scientifique au Caucase, t. I, 1889. Les premiers âges des Métaux dans l'Arménie russe, p.38.

des pièces de céramique, et, dans les sépultures du fer au Tälyche russe (1) j'ai rencontré bon nombre de pointes de flèches en obsidienne (Hig. 53).

La région de l'Alagheuz mériterait une étude très approfondie ; car dans le voisinage de ce volcan on rencontrera bien certainement un jour d'importantes stations permettant de préciser d’une façon plus nette la nature des industries dont mes recherches rapides ne peuvent que signaler l'existence.

Nous nous trouvons donc, à l’Alagheuz, en présence d’un problème de la plus haute importance, mais dont mes recherches sommaires ne peuvent fournir la solution. L'homme a-t-il vécu dans cette région à la fin des temps quaternaires? devous-nous attribuer les instruments patinés d’obsidienne à la culture archéolithique ?

S'il en est ainsi, $i l’homme archéolithique a vécu dans le nord de l'Asie antérieure cet homme serait vraisemblablement un survivant des cataclysmes diluviens, le descendant de ces tribus, dont les instruments paléolithiques nous ont été conservés dans les alluvions de la Mésopotamie, gens qui, lors de la fonte des glaces et des grandes inondations de la plaine du Tigre et de lEuphrate, se seraient réfugiés dans les montagnes pour en redescendre bien des siècles après et peupler la Chaldée et l’'Elam. Nous ne pouvons encore nous prononcer parce que jusqu’à ce jour aucune recherche n’a été tentée dans la région montagneuse qui borde au sud le Pont-Euxin, dans les vallées du Sindjar, de l'Arménie méridionale. C’est là qu’on découvrira un jour, si jamais elles ont existé, les cultures qui, postérieures aux industries paléolhthiques, ont précédé le peuplement des plaines méridionales par des hommes connaissant l'usage des métaux, des tissus, de la poterie, déjà parvenus à ce. degré avancé de civilisation qui nous étonne chez les premiers colons de l’Elam et de la

Chaldée.

(1) J. DE MorGAN, Mission scientifique en Perse, Nécropole de Véri(Etat du bronze); fig. 13, Nécrot. IV, 1896; Rech. Archéol., 1": partie, p. 75. Fig. 11, pole de Tulu (Etatdufer). Musée de Saint-Germain,

Page 1