‹ La Prehistoire orientaleChapitre 203 sur 308 · X ALES · texte numérisé non relu

X ALES

Fi. 104. — Haches spatuliformes de l’Élam, en grès verdâtre à ciment calcaire (en haut). et en calcaire gris jaunâtre (en bas). 3/4 de la grandeur naturelle.

celles de l’Europe, lorsqu'elles présentent de petites dimensions; mais quand elles sont plus grandes, elles diffèrent sensiblement des types connus par leur épaisseur moins prononcée, ainsi que par la courbure de leurs flancs. Ces grandes haches, très rares d’ailleurs, sont généralement faites

de pétrosilex ou de calcaire siliceux. On remarquera combien elles se rapprochent des-celts de euivre.

… Une forme très curieuse de Suse est celle de la hache à deux tranchants, nous n’en connaissons qu'un seul exemplaire et je suis porté à croire que ce type est copié sur une hache métallique.

La hache-marteau est très rare à Suse : nous en avons trouvé de formes diverses et certaines dont la perforation n’était pas encore achevée, d’autres qui avaient été brisées à l’usage ; enfin le dépôt de fondation du temple de Chouchinak renfermait une superbe hache en diorite de type occidental, certainement beaucoup plus ancienne que l’ensemble des objets qui l’accompagnaient et qui datent du deuxième millénaire avant notre ère.

Fi1c. 105. — Suse. Galet retaillé en forme Fic. 106. — Suse. Galets calcaires utilisés de hache-spatule. Grès gris. comme couperets.

Mais il est à penser que des idées superstitieuses étaient alors attachées à ces « armures des dieux ».

Les masses d'armes sont fréquentes à Suse ainsi que dans toute la Chaldée où elles se présentent sous des formes nombreuses. On les trouve - ovoïdes, sphériques, aplaties, coniques, etc. ; elles sont en calcaire blanc, en calcaire jaune nummulitique, en diorite ou toute autre roche ceristalline, en hématite, ete.; souvent la perforation est si étroite qu’on est obligé d'admettre que le manche était en métal.

En dehors des objets que je viens de décrire, objets dont nous retrouvons les analogues dans presque tous les pays, on rencontre à Suse une série de formes très particulières, dont Je ne connais pas d’équivalents dans les autres régions. En premier lieu, je citerai la hache spatuliforme, type relativement abondant à Suse, dans les tells du Poucht-è-Kouh et

dans ceux du Louristan. Cet instrument se compose d’une plaque épaisse de . . L L , Li 3 a La = calcaire, polie, puis retaillée sur les bords. Quelquelois l’un des côtés, au lieu

d’être poli, a été bouchardé et présente une cupule creusée en son milieu. Je donne ces curieux instruments sous le nom de haches bien que nous

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Fic. 107. — Suse. Galets utilisés comme couteau et ciseaux. Calcaire.

ignorions complètement leur usage ; quant à leur époque, elle ne saurait être précisée pour l'instant. |

Il en est de même pour tout un groupe de pierres utilisées, façonnées soit en spatule, en couperet, en couteau ou racloir, soit en ciseau ou en

Fic. 108. — Ciseau, spatule et poinçons en stéatoschiste, en silex noir et en os. Suse.

poinçon. Leur usage comme leur ancienneté ne peuvent pas être précisés actuellement.

Les instruments en os sont très rares à Suse, et il est impossible d'affirmer qu’ils appartiennent à la même industrie que les silex taillés ou que les vases peints archaïques.

Nous avons été assez heureux pour rencontrer à Suse quelques silex taillés encore engagés dans leur manche de bitume ou dans la pâte bitumineuse

qui les maintenait dans le manche de bois. Ces emmanchements permettent de juger de l’emploi qu’on pouvait faire d’un simple éclat de silex comme

F1c. 109. — Lames et poinçon scellés dans le bitume. Suse.

outil et donnent à réfléchir au sujet des suppositions qui souvent ont été faites, quant à l’emploi de lames aujourd’hui dégagées de leur manche.

Civilisation primitive de la Susiane. — Avant d'ailer plus loin, nous examinerons, d’après les informations dont nous disposons, l’état de culture dans lequel se trouvaient les premiers colons de Suse, lors de leur arrivée sur le sol de l’Elam.

Ces gens faisaient encore usage d’instruments de pierre, mais connaissaient le métal, le cuivre seulement, car nous n’avons pas encore constaté la présence de l'or qui généralement se montre dès l’apparition du cuivre. Ils ignoraïent l’étain, dont leurs instruments ne contiennent pas un atome ; leurs outils et armes de cuivre étaient inspirés des formes des mêmes armes et instruments de pierre, sauf toutefois de la hache-marteau. Ils filaient et tissaient le lin avec une habileté consommée, les femmes se paraient et se fardaient, la présence de miroirs et celle de pots à fard en sont la preuve. Ils étaient agriculteurs, témoins les éléments de silex dont ils armaient leurs faucilles. Ils connaissaient l’arcet Ia lance, leurs flèches étaient garnies soit d’un os aiguisé, soit d’une pointe en silex, enfin, bien que ne faisant usage que de tours très primitifs, ils étaient habiles potiers.

Nous voyons chez les pré-Susiens des signes évidents de croyances religieuses, dans la statuette primitive et très barbare de la déesse de la fertilité (Nana), dans la figuration de l’oiseau (d’Astarté), et peut-être aussi dans certaines peintures céramiques où se trouve la lance, emblème du dieu Mardouk. Leurs rites funéraires montrent qu’ils croyaient à la vie future.

Mais de tous les caractères de ce peuple qui nous ont été révélés par les fouilles, le plus remarquable est celui de leurs aptitudes et deleurs goûts artistiques exprimés par l’ornementation des vases. L'ensemble de la com-

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