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position de ces motifs est fort heureux, très décoratif, et Lexéonton dénote une très grande habileté de main. Quant à la css si princes dese sujets, dès ces temps reculés, c’est là l’un des faits les plus curieux qui nous aient été légués par la très haute antiquité. La céramique archaïque susienne est, sans contredit, la plus ancienne qui soit connue jusqu'à ce jouret, dans aucun pays, nous ne voyons dans les manifestations artistiques des premiers hommes une stylisation aussi profonde, aussi évoluée, Hi, déjà oublié la plus grande part des modèles primitifs. Cette transformation des motifs, par copies successives, implique une bien longue suite d’elforts, de progrès lents ayant eu lieu dans des contrées éloignées ou proches de la Susiane, mais que nous ne connaissons pas. |
La nature des animaux figurés sur ces vases nous éloigne des plaines de la Chaldée et de l’Elam : ce sont le Bœuf, le Bouquetin à cornes lisses, l’'Argali à eornes noduleuses, la Chèvre ou le Mouton à longs poils, l’'Ane tous indigènes dans lés contrées montagneuses de l'Asie. Maïs nous ignorons la partie de ces hauts pays où vécurent les pré-Élamites avant leur
exode.
Absence de l’industrie néolithique (1). — Quand, en 1917, je suis retourné en Perse, je savais fort bien, par mes observations antérieures, qu'il ne fallait pas espérer rencontrer dans ce pays ainsi qu’en Susiane, de restes de l’homme paléolithique ou archéolithique, mais j’imaginais rencontrer un jour des stations de l’industrie néolithique; mes nouvelles études, poursuivies pendant quatorze ans, me font aujourd’hui renoncer à cette perspective et les séries de silex taillés découverts au cours des fouilles de Suse et de Tépèh-Moussian sont concluantes à cet égard.
En effet, ces séries n’impliquent pas une industrie complète de la pierre. Les haches sont rares, les ciseaux encore plus et traités en instruments de fortune ; les racloirs, perçoirs, burins, tranchets, grandes pointes, grands nucleis et grandes lames, polissoirs (2), etc., n'existent pas. On ne trouve eu nombre que de petits instruments sans caractères précis et d’admirables pointes de flèches, c’est-à-dire que des survivances de l’industrie de la pierre seule. Nous pouvons donc être assurés aujourd’hui que, dans la Chaldée comme dans l'Elam, comme dans les montagnes iraniennes et sur la partie occidentale du plateau persan, la colonisation par les hommes en possession du cuivre n’a pas été précédée par une autre plus ancienne de tribus ignorant l'usage du métal,
(4) L'assyriologue S. GeLLer (Das babylonische archéologues peu versés dans les questions pré-
Neolithikum und seine Verhaltniss zur historis- historiques.
chen Zeit in Orientalische lilleraturzeitung, 1910, (2) Sauf un exemplaire au Kurdistan de Moukri. pp. 209-210) considère comme néolithiques les CI. J. De MorGan, Mission en Perse, t. LV, 1° pargisements ne renfermant pas d'objets en métal. tie, p. 7, fig. 9.
C'est là une erreur encore très répandue chez les
Dans l’ordre fourni par les couches du tell de Suse, au-dessus de la zone renfermant les restes de la première cité, à quelques mètres de hauteur, parait une céramique très différente de celle dont il a été question plus haut, et, dans les quelques mètres de terre qui séparent ces deux poteries, nous n’avons rien rencontré qui puisse servir de lien entre les deux
Fr. 110. — Seconde phase de la céramique peinte susienne.
styles; la transition n’est pas apparente, si Jamais toutelois elle a existé.
Voici comment M. Ed: Pottier décrit. cette {seconde céramique (4) : « Au premier abord la céramique du second style apparaît très différente de la précédente. Les formes changent;fle gobeletet la coupe disparaissent.
(1) Mém. D. S. P., 1912, t. XIII, p. 41.
L’argile est plus grossière, moins épurée, les parois sont plus épaisses. La couleur est moins solide et moins belle, le noir plus terne, plus mat et moins épais. On y ajoute parfois un autre ton, un rouge vermillon ou pourpre sombre, ou bien on emploie une terre qui est elle-même d’un beau rouge. Même dans le décor géométrique, le trait a moins de régularité et de finesse, il est plus lourd, plus appuyé, avec des traces de bavures assez fréquentes. Le décor n’est plus strictement géométrique, il comporte plus
F1G. 111. — Acropole de Suse. Décor Fic. 112. — Acropole de Suse. Décor de vase peint. de vase peint.
de représentations d’animaux, assez grossièrement barbouillées à coups de pinceau, mais dessinées avec plus de souplesse et plus conformes à la nature, la stylisation a beaucoup diminué.
«On a donc pu croire que ce changement de style coïncidait avec un grand bouleversement politique et qu’une autre race avait succédé à celle dont les ossements gisent dans la nécropole susienne, la hauteur des décombres et de la terrasse nivelée qui sépare Les deux époques, favorisait aussi cette hypothèse (1), mais une observation plus attentive des faits et
Fic. 113. — Acropole de Suse. Fic. 114, — Acropole de Suse. Décor de vase peint. Décor de vase peint.
des découvertes ultérieures ont modifié cette impression et démontré, au contraire, aux explorateurs la continuité des deux périodes (2). Assurément de nouveaux envahisseurs ont pu venir détruire l’ancienne cité, et occuper lemplacement, mais ils n’ont pas modifié l’ancien fonds, et ils ‘représentent la même civilisation sous un aspect un peu modifié. Si le grand gobelet d'argile a disparu, on constate qu’il conserve un succédané dans
(4) G JÉQuIER, Mém. D. S. P., 1905, t. VLL, p: 16. moderne, déc. 1908, p. 407 ; Cf. KinG, Hist. of Su- (2) J. ne MorGan, dans Rev. de l'Art ancien et mer and Akhad, p. 342.
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