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de beaux cornets de pierre ciselés. Les formes les plus importantes des poteries dérivent des anciennes, le petit cratère prend un col plus allongé et devient bouteille sans anse. En grandissant de taille, il devient une jarre haute, d’imposante capacité. La matière colorée reste la même, avec addition d’un ton rouge nouveau. Le décor, motifs géométriques, Oiseaux, Bouquetins, personnages, s’enchaîne avec le précé-
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dent... Tout cet art décoratif, en se transformant, reste homogène. Notons, d’ailleurs, que déjà, dans les tombeaux de la nécropole
on voit s’introduire les PTO- Fic. 415, — Acropole de Suse. Décor de vase peint. dromes du seéond style : par exemple, la couleur rouge sur un petit cratère orné d’un damier; certaines coupes trahissent aussi quelques négligences, elles offrent une terre plus grossière, un trait noir plus large et plus terne ; des bols courts tendent à se substituer au grand cornet ; les vases à bec, Les languettes lancéolées, caractéristiques du second style apparaissent. Les transitions sont manifestes. Dans cette ornementation, comme l’a remarqué M. Ed. Pottier, la stylisation est fort atténuée et l’art retourne vers le naturisme, mais la liste des êtres vivants représentés, n’est plus la même que par le passé, ce sont :
l’Oiseau à col court et à petites pattes ou sans pattes (fig. 111), aulieu de l'Échassier, l’Aigle (?) volant, tenant parfois dans ses serres deux oiseaux plus petits (fig. 115) [Perdrix ou Francolins ?] la Gazelle (fig. 113) que ne semblaient pas connaître les gens de la première ville, le Bouquetin (fig. 114) et la Chèvre, le Chien ou le Chacal (fig.114), le Taureau, le Veau, des Poissons que la
F1G. 116. — Acropole de Suse. à Décor de vase peint. première école ne figure pas, des Serpents,
enfin l’homme (fig. 116, 117, 118), dont nous avons déjà des représentations plus anciennes et la femme, ou tout au moins un être humain vêtu d’une jupe à la façon chaldéenne. Parmi les Oiseaux il en est qu’on peut prendre pour des Canards ou des Cygnes, d’autres pour des Perdrix ou des Francolins. Une scène entière (fig. 119) montre une Vache paissant au milieu des marais entourée d’Oiseaux d’eau, entre ses jambes est son Veau, paysage essentiellement chaldéo-élamite ; ailleurs c’est un homme qui semble
abreuver des Chèvres, et un autre chassant devant lui un grand Oiseau, dont on ne voit que la queue. Or, on sait que les Autruches étaient fort abondantes, encore au début de notre ère, dans le désert voisin de PEuphrate. Quant au fragment représentant le corps d’une femme, la poitrine ornée de colliers, et vêtue d'une jupe, il me parait plus concluant encore.
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Fic. 117. — Acropole de Suse. F16. 118. — Acropole de Suse. Décor de vase peint. Décor de vase peint.
Je pense donc que l'art primitif de Suse a subi une influence et que cette influence est venue de Chaldée. Ne trouvons-nous pas vers la même époque, quelques siècles plus tard, les signes d'écriture proto-élamites vivant côte à côte avec les cunéiformes linéaires chaïdéens ? les uns conservant encore leur aspect hiéroglyphique et les autres déjà très évolués ?
Fie. 119: — Acropole de Suse. Décor de vase peint.
Il est donc rationnel, à mon sens, d'attribuer les modifications apportées dans l’art à la venue en Elam d’un élément chaldéen.
Nulle part en Chaldée on n’a trouvé de poteries du 1er style susien et, en trouverait-on un jour que cela prouverait seulement que les hommes qui ont colonisé l’Elam et se sont établis à Suse étaient soit apparentés, soit simplement en relations avec leurs voisins du Tigre et de l’Euphrate. Mais ce fait ne s’est pas encore produit. Par contre la 2° céramique susienne, dont l’usage s’est poursuivi en Elam pour le moins jusqu’au temps d’Ham-
mourabi. (1), ailleurs pendant des milliers d'années, et jusqu’à nos jours à Kouratchi, au Baloutchistan, a joué un rôle mondial très important.
Nous n’avons malheureusement pas trouvé à Suse ni dans le voisinage de cette ville de nécropole contemporaine de la seconde céramique, c’està-dire de l’époque des Patésis (2). Cependant, en bien des occasions, nous avons rencontré des vases de cette céramique. Fort heureusement dans leurs fouilles de Tépèh-Moussian au Poucht-è-Kouh, MM. G. Lampre et J.-E. Gautier, au lieu dit Tépèh-Aliabad, ont découvert des sépultures de cette époque. Je reviendrai d’ailleurs sur cette nécropole et décrirai spécialement ces tombes et le mobilier qu’elles contenaient.
Si l’on jette les yeux sur l’histoire mondiale des arts céramiques, on est frappé par ce fait qu'en tous temps et en tous lieux, il n’a jamais existé sur le globe que deux grands centres primordiaux de la poterie peinte, que deux grandes écoles céramiques, l’une, celle du proche Orient dont la Susiane et la Haute-Égypte se disputent la priorité, l’autre, beaucoup moins ancienne, presque récente, au cœur du Nouveau Monde. La Chine a elle aussi brillé d’un vif éclat dans cet art, mais les début sont obscurs et nous ne saurions affirmer qu’elle n’a pas reçu du dehors des notions rudimentaires qu'elle exploita plus tard avec un véritable génie. D’ailleurs le point de départ de la céramique chinoise est dans la poterie rustique, dans cette technique barbare qu’on rencontre chez tous les peuples primitits. |
Dans le berceau des civilisations, comme dans le Nouveau Monde seulement, on voit paraitre, soutenue par une technique supérieure, cette pensée de haut goût d’orner la céramique par la peinture ; la fabrieation des vases cesse d’être une industrie, s’élève d’un seul bond jusqu’à l’art que les divers peuples du proche Orient comme de l’Amérique traitent suivant leur goût, d’après leur talent inné : ce sont les écoles.
L'un des traits les plus saillants de la civilisation précolombienne, en dehors de l’architecture, est l’habileté à laquelle étaient parvenus les potiers, tant au point de vue de la technique, qu’à celui de l’art décoratif: En Amérique du Nord, la poterie demeure rustique, alors qu’à partir du Mexique jusqu’au Pérou, elle prend un caractère vraiment artistique par les peintures dont elle est couverte.
Je parlerai seulement des vases péruviens, qui de toute la céramique américaine, sont les chefs-d’œuvre. Bien certainement, les motifs de déco-
(1) Un-vase peint de cette époque environ (2) M. R. de Mecquenem vient de découvrir à trouvé à Suze renfermait des objets de bronze,des Suse une nécropole d'époque élamite. IL.y a donc cylindres et un fragment de pelit vase en terre espoir qu'on trouvera un jour celle contempoémaillée, preuve que l'émailétait déjà connu,mais raine des Patésis. était considéré comme une matière précieuse.
ration diffèrent de ce que nous connaissons de l’Asie antérieure, de même que le goût artistique qui a guidé la main du peintre ; mais tous ces vases sont conçus dans le même esprit que ceux de nos pays aux temps les plus anciens. Ils portent des représentations très stylisées de faits légendaires, comme dans la céramique grecque, où des représentations divines comme en Égypte et en Elam. Ces vases étaient destinés à figurer dans les sépultures. On sait combien les Précolombiens étaient convaincus de la survivance après la mort.
Pour la technique, ces vases ne le cèdent en‘rien à ceux de l’Orient méditerranéen. Bien qu’ils fussent faits sans le secours du tour, ils sont d’une étonnante régularité, la pâte en est bien malaxée, fine, les peintures sont solidement fixées comme sur les vases grecs dipyliens. Quant à la température de cuisson, des gens qui savaient fondre le platine ne devaient pas être embarrassés pour en déterminer le degré.
Comme les Mycéniens, les Précolombiens fabriquaient de nombreux vases anthropoïdes, figuraient des animaux et faisaient grand usage du pastillage, principalement chez les Mayas où certains vases semblent n’être que des supports de reliefs.
N’est-il pas remarquable de rencontrer dans des civilisations si différentes, si éloignées, chez des peuples aussi étrangers l’un à l’autre, non seulement les mêmes conceptions générales, mais les mêmes goûts dans une foule de détails, les mêmes procédés techniques. Et, cependant ces peuples n’ont Jamais eu de contact entre eux ; car si l'Amérique a été colonisée par des Asiatiques, comme on le pense généralement, ce ne peut avoir été que dans des temps fort anciens, bien antérieurs au développement des arts céramiques dont il vient d’être parlé.
Quand on passe en revue les différentes écoles céramiques du proche Orient, on est frappé des parentés dont elles témoignent entre elles et amené à penser que leur origine est commune. Comment, en effet, les idées premières auraient-elles pu naitre isolément, chez des peuples aussi proches voisins, alors que dans le monde entier nulle part cette conception initiale n’est venue spontanément.
La céramique peinte appartient au berceau du progrès, à ces asianiques qui sont à la base du grand édifice qui s’élèvera avec les siècles. D'où est partie la lumière ? nous lignorons ; quel est le peuple qui a fait les premiers pas ? nous ne le savons pas plus, et nous sommes obligés de ranger les écoles suivant la succession des temps, par ordre chronologique. La céramique archaïque susienne vient en tête; mais elle-même n’est que secondaire et son berceau nous échappe encore. |
Son influence cependant gagne les milieux asiatique, égyptien, Égéehs syrien, plus ou moins préparés à la recevoir. Ici elle se propage sans
LA SECONDE PÉRIODE CÉRAMIQUE SUSIENNE g4
se modifier (dans tout l'Occident du plateau iranien) là elle fait école (Syrie, Chaldée, Egéide), mais ces écoles sont plus ou moins serviles, plus où moins indépendantes ; puis, chez les peuples qui l'ont fait briller d'un
si vif éclat, elle s'éteint peu à peu, tuée par l’utilitarisme, par les intérêts
matériels des princes et des peuples.
Mais des nouveaux venus dans le monde du progrès, des gens qui dans le pays de leurs pères ne connaissaient que la poterie rustique barbare s'emparent des procédés asiatiques et, en quelques siècles, en font l’un des arts les plus accomplis qu’ait jamais connu l’antiquité, qu’admirent sans réserve les temps modernes.
Cherchez, de par le monde, une conception dont la fortune ait été aussi grande.
En Amérique la peinture céramique était tombée dans la convention, elle s’était identifiée avec l'écriture, c'était sa mort au point de vue de l’art, car jamais elle n’aurait secoué le joug qui pesait sur elle : brillante par les procédés, elle n’avait su choisir sa route et était vouée à la mort.
Les sceaux plats. — Avec la Il: période des vases peints commence en Elam la civilisation qui se continuera par la culture historique. L’écriture proto-élamite nait des hiéroglyphes, si nous en jugeons par un
Fi. 120. — Cachets plats en calcaire et en albâtre. Suse.
cylindre fort curieux couvert de signes trouvé dans les milieux inférieurs du Tell. L'usage du cylindre semble impliquer celui de l'écriture. Auparavant les pré-Susiens, nous l’avons vu, faisaient usage de cachets plats, sceaux qui longtemps encore ont subsisté et dont les fouilles nous ont fourni une nombreuse série. Ces sceaux généralement se composent d’une
large pastille d’albâtre ou de calcaire, plate sur l’une de ses faces, plus ou moins bombée sur l’autre, et percée d’un trou de suspension la traversant suivant son diamètre.
La face plane porte des gravures profondes faites à la bouterolle et reprises au burin, représentant des animaux, des motifs géométriques, ou de simples points. Quelques-uns de ces cachets présentent la forme d’une tête de Lion de profil, d’un Taureau couché, de deux têtes de Sangliers opposées, etc. (1). Nous avons vu que ces sortes de cachets débutent à Suse dès le temps de la première ville ou tout au moins quelque peu après.
Jamais nous n’avons rencontré d'empreintes de ces sortes de sceaux; les plus anciennes tablettes d'argile connues portent la trace de cylindres et non de cachets plats. Nous devons donc penser que leur usage s’est éteint au moment où l'écriture, même füt-eile hiéroglyphique, a pris quelque importance.
Les cylindres. — Le plus ancien des cylindres de Suse représente, au registre inférieur, deux bœufs se suivant et dans le registre supérieur une suite d’hiéroglyphes indéchiffrés dont une représente un homme debout tenant un bâton appuyé à plat sur les deux épaules. |
Ce cachet est le seul, portant des hiéroglyphes, que nous ayons jamais rencontré, mais assurément ce n’est pas le plus ancien qui ait été en usage. Il en existe une foule d’autres trouvés épars dans les décombres, à tous les niveaux, et dont la gravure ne montre que des animaux ou des personnages grossièrement figurés, rappelant les motifs gravés sur les cachets plats archaïques (Hg. 121). Cette nombreuse série
correspond sans doute à la période FiG. 121. — Animal fantastique et Poisson. de transition entre le Sceau plat e Cachet archaïque de Suse. Grandeur na- le cylindre, c’est-à-dire à l’époque: Tee où peu à peu l’usage de l'écriture s’est répandu.
En examinant les empreintes de cylindres que portent les tablettes les plus anciennes qui soient parvenues jusqu’à nous, il est facile de voir que l’art des représentations qu'ils portent, quand ils sont anépigraphes, est déjà très évolué et très éloigné des figurations archaïques ; il s’est donc écoulé une longue période, au cours de laquelle la gravure des cachets a progressé en même temps que l'écriture, :
() Mém. D. 8. P., t. NVIL 1905, p.53, fig. 90 à 99, et pl. XXI, fig. 8, 4 et 5, t. VIII, 1905, p.'3 fig. 1 à 5; p. 4, fig. 6 et 7: P. 5, fig. 8 à 11. |
Le même phénomène s’est passé en Chaldée, mais là nous ne possédons pas, comme à Suse, de points de repaire permettant de préciser la phase au cours de laquelle s’est produite cette évolution : bien certainement cette phase est de beaucoup antérieure à l’apparition des signes cunéiformes linéaires,
L'écriture. — Il n’est pas possible de quitter le sujet des cachets et des cylindres, sans dire quelques mots de Pécriture, telle qu’elle nous est révélée par les fouilles. En Elam, deux systèmes sont en présence dès une très haute antiquité : l’écriture proto-élamite, encore imprégnée d’influence hiéroglyphique originelle très marquée, et l'écriture cunéiforme linéaire, elle aussi fille de l’hiéroglyphe, mais plus évoluée.
‘Que les deux systèmes aient pris naissance dans un même système primitif pictographique, cela semble être fort probable, mais qu'ils aient évolué indépendamment l’un de l’autre, le fait est certain. Il existait done aux origines deux milieux distincts, celui de la Chaldée, et celui de l'Elam possédant chacun leurs caractères de culture propres. Les deux principaux caractères de l’Elam étaient sa poterie peinte archaïque et son écriture. Quant à ceux de la Chaldée, en dehors de ses signes cunéiformes linéaires, il est malaisé de les préciser.
L’aurore de l’écriture, dans les deux régions, remonte à des temps extrémement reculés, postérieurs à la première ville de Suse, antérieurs naturellement aux plus anciens textes qui nous soient parvenus, tant en Elam qu’en Chaldée, du régime des Patésis, c’est là tout ce que nous pouvons affirmer pour l’instant, en sorte qu’il n’est pas permis de dire si la transformation tout d’abord de la pictographie en hiéroglyphes, ensuite des hiéroglyphes en signes conventionnels s’est spontanément produite chez les Sumériens ou si l'influence akkadienne a été pour quelque chose dans cette transformation. Tous les documents dont nous disposons, sauf le cylindre hiéroglyphique de Suse dont j’ai parlé plus haut, sont de bien des siècles postérieurs à cette évolution.
Je ne m’étendrai pas plus longtemps sur ce sujet qui a fait l’objet de très grands et de très beaux travaux, me contentant de faire observer qu'entre l’époque de la première cité de Suse et le temps: où furent écrits les plus anciens documents qui nous soient parvenus, il s’est forcément écoulé une très longue suite de siècles et que cette période au cours de laquelle les vases peints du second système étaient en usage, se décompose elle-même en deux phases, la première préhistorique, dans laquelle l'écriture n’était pas encore connue, la secondequi, théoriquement, appartient à l’histoire, comprenant l’incubation de l’écriture jusqu’aux temps où ont été écrits les plus anciens documents épigraphiques parvenus jusqu’à nous.
Le
Le travail des matières dures. — Mais en même temps que, lentement, se produisait cette transformation dans les mœurs, toutes les
branches utiles des connaissances humaines progressaient et les arts se
modifiaient.
Nous avons vu que les pré-Susiens de la première ville possédaient
Fic. 122. — Vase en diorite. Suse.
déjà des notions rudimentaires de glyptique, qu’ils fabriquaient de petits vases de pierre en faisant usage de la bouterolle et du tour primitif. Ces connaissances se développèrent peu à peu et bientôt on voit paraitre, non
F1G. 123. — Vases en pierre. Suse.
seulement des vases de matières plus ou moins dures, tournés et repris au burin ou par usure, mais des récipients de petite taille sculptés, figurant des animaux, puis des statuettes, de petits bas-reliefs ; la technique de la sculpture se développe peu à peu, très gauche d’abord, puis se renfermant
dans le style dit chaldéen, mais qui était en vigueur aussi bien en Elam que dans les pays du Tigre et de l’Euphrate.
Je me contenterai de figurer, sans les décrire, quelques spécimens de
Fic: 124. — Statuettes d'albâtre. Suse.
cet art naissant. Pour la plupart, ces œuvres sont taillées dans l’albâtre gypseux, substance naturellement très abondante dans les derniers contreforts de la chaine iranienne du Louristan et des Bakthyaris, matière tendre, obéissant aisément au ciseau, se coupant au couteau. Puis ce sont des calcaires plus durs et des grès plus résistants encore, enfin les roches cristallines (1) de provenance étrangère, minéraux précieux pour les pré-Elamites. Certains objets sont faits de calcaire bitumineux très tendres, ou de pâte de bitume (2).
Les pierres vraiment précieuses n'étaient pas toutes inconnues, car nous possédons un petit singe sculpté dans un morceau de lapis-lazuli; mais c’est là une exception.
Les principaux objets d’albâtre sont de petits vases de formes diverses : quelques-uns sont jumelés, en général d’un profil assez élégant; puis des fioles mis ete en forme d’animaux (3), Ours, Porcs ou Sangliers, gile. Suse.
Oiseaux, etc. |
Le calcaire a fourni la matière de quelques bas-reliefs fort anciens, très rudes de style (4).
Enfin viennent les statuettes humaines, très grossièrement exécutées en albâtre gypseux, en calcaire (5) et en terre cuite.
(1) Quelques peuples primitifs excellaient au point de vue technique dans la sculpture et le polissage des pierres dures. On doit citer entre autres les Aztèques qui, comme les Egypliens et les Chaldéens, s’attaquaient aux subslances les plus dures : jadéïte, cristal de roche, améthyste, jaspe, calcédoine, etc. Les Péruviens du temps des Incas étaient aussi fort habiles.
(2) Mém. D. S. P., t. XIII, 1912, pl XXXVI, pl. XXX VII, fig. 3 et 8.
(3) Mém. D.S. P., t. XIII, 1912, pl. XXXVII, fig. 1,2 et 7, pl. XXXVIII, XXXIX.
(4) Mém. D. S. P., t. XIII, 1912, pl. XXXVII, fig. 8, pl. XL, fig. 3 et 9.
(5) Mém. D. S. P., t. XIII; 1912; pl. XL, fig. 7 et 8; pl. XXXIX, fig. 8 et 10.
Le métal. — C’est sans doute au cours de cette longue période que
ze fit son apparition. Ce-
l'usage du métal devint courant et que le bronze fit s Pie Re pendant à Suse nous n’en avons que de vagues traces dans es couches
He ail ni Nul
Fe. 126. — N°° 1 à 3, Haches de bronze (Suse). — N°: 4 à 8, d'après un bas-relief de Naram-Sin trouvé à Suse.
inférieures des vases peints de la seconde école, ce n’est que plus haut, vers l’époque de Naram Sin, qu'il devient possible d’être affirmatif (fig. 126).
La céramique incisée. — Je dois ajouter que depuis le niveau de la ville, jusqu’à la limite supérieure des vases peints du second groupe, on rencontre, dans les diverses couches, des fragments de vases grossiers et de poterie incisée se rapprochant beaucoup de la technique en usage dans les industries néolithiques de l'Europe occidentale et centrale et dans les sépultures de l’industrie du cuivre et du bronze du nord de la Perse. Ces vases, d'usage courant pour les besoins ordinaires de la vie, ne présentent aucun caractère permettant de les ranger à une époque plutôt qu’à une autre.
Tels sont les principaux documents fournis par les couches profondes du tell de lAcropole de Suse. Les déductions qu’on en peut tirer sont, comme on le voit, de première importance en ce qui concerne la civilisation élamite antérieure à l’histoire ; et ces données se complètent par les résultats des travaux de MM. J.-E. Gautier et G. Lampre dans la plaine de Tépeh- Moussian.
Plaine de Moussian au Poucht-é-Kouh (Louristan). — Au nord-ouest et à 80 kilomètres environ des ruines de Suse, au pied de la crête maitresse du Poucht-é-Kouh méridional, le Kébir-Kouh est une large vallée plate arrosée par deux rivières, l’Abé-Douéridj et l'Ab-é-Tib, et limitée au nord-est par le Kébir-Kouh, au sud-ouest par Kouh-Hamrin, au sud-est par des collines basses qui séparent cette vallée de celle de la Kerkha, et au nord-ouest par l'extrémité des plis secondaires du Pouch-é-Kouh. Cette large vallée, bien arrosée, constituée par un sol d’alluvions réunies dans une vaste dépression, a jadis été un lac, au moment de la fonte des neiges quaternaires ; mais les eaux ayant rompu le barrage de Kouh-Hamrin, il
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Fic. 127. — Carte de la région de Tépèh-Moussian (d’après J.-E. Gaurier).
s’est formé des rivières qui, se joignant à l’Ab-é-Douéridj et à Ab-6-Tib se sont écoulées vers le golfe chaldéen d’abord, vers le Tigre ensuite, et dont les eaux se perdent aujourd’hui dans les alluvions avant d’atteindre le fleuve. Dans cette plaine, au pied du Kébir-Kouh, on remarque une abondante source thermale sulfureuse, d’où sort la rivière Tib, et des épanchements bitumineux. Les bords de cette cuvette sont formés de puissantes couches de gypse, formation qu’on retrouve sur tout le pourtour de la Susiane et de la Mésopotamie.
Cette plaine a jadis été très habitée, on y voit aujourd’hui bon nombre de buttes de taille variée, restes d'anciens villages; la plus Fe Dons de ces buttes est celle de Tépèh-Moussian, bourgade située à 2.500 mètres
environ de la rive droite de lAb-è-Douéridj et qu’un canal, dont on voit encore les traces, alimentait d’eau. Ces eaux sont aujourd'hui chargées de sulfate de chaux et de sels alcalins, parce que le débit des rivières est extrêmement réduit ; mais jadis, alors que la sécheresse était moins prononcée que de nos jours, elles étaient assurément plus potables.
Echele.
eo ——) 610 2 30 «0 $Sobèves ecoles d'elltuse sont exprimées en prêtres.
Fi@, 128. — Plan de Tépèh-Moussian (d’après J.-E, Gaurier).
Quand, venant de Suse, on entre dans la plaine de Moussian, on rencontre tout d’abord Tépèh-Patak, butte de 12 mètres de hauteur qui, probablen renfer "ui
nent, renferme les ruines d’un temple, d’un zigourat ou d’une forte- 3% , resse dépendant d'une bourgade dont les restes s'étendent à proximité de
LA SECONDE PÉRIODE CÉRAMIQUE SUSIENNE Caro
la butte et présentent la forme d’un grand quadrilatère. Tépèh-Patak est située à 1.500 mètres environ de l’Ab-è-Douérid}, sur sa rive gauche.
Plus loin vers l’ouest, sur le même bord de la rivière, est Tépèh-Mourad- - Abad, et de nombreux monticules.
Tépèh-Moussian. — Tépèh-Moussian, qui occupe à peu près le centre de la plaine, est une butte irrégulière, coupée de ravins, mesurant environ 550 mètres de longueur sur 300 de largeur ; sa hauteur maxima au-dessus de la plaine est de 18 mètres environ. Cet ensemble correspond à une bourgade relativement très importante ; car en un temps la surface couverte par les constructions a été de 16 hectares environ. Cette butte bien certainement renferme des monuments intéressants, mais les sondages exécutés par MM. J.-E. Gautier et G. Lampre n’ont pas été suffisants pour atteindre
F16. 129. — Gourde en poterie rouge, décor noir. Moussian. 1/6 de la grandeur naturelle.
les ruines, qu’une grande tranchée, menée en travers de la partie la plus haute du tell, soit au Nord, soit au Sud eut permis de reconnaitre. |
Aux alentours de Tépèh Moussian sont de nombreuses buttes : au sud, Tépèh-Mobr, Tépèh-Khazineh, Tépèh-Aliabad ; à l’ouest, Tépèh-Mohammed Djafar, Tépeh-Cheikh; au nord, Tépèh-Gourghan. Plus à l’ouest, sur la rivé gauche de l’Ab-ë-Tib, sont Tépèh-Bayad, au sud, et Tépeh-Fakhrabad, à 15 kilomètres en amont.
C’est ce site qu’au cours de l'hiver 1903 MM. J.-E. Gautier et G. Lampre, attachés à la Délégation en Perse, ont exploré.
Les principales découvertes concernant les temps préhistoriques furent, à Tépèh-Moussian même, les suivantes :
Une gourde en poterie rouge ornée de cercles noirs (fig. 129) qui semble
ol
IIL,
appartenir aux derniers temps de la seconde phase de la céramique peinte en Elam, et à la base du tell une grande quantité de tessons de poterie décorée du second style susien.
Au ras de la plaine est une couche renfermant en grand nombre les silex taillés, nuclei, lames retouchées ou non, élements de faucilles, etc. Au-dessus se montre la poterie décorée ([T° style) à pâte fine; puis apparait, vers 5 mètres de hauteur environ, en même temps que le bronze (ou cuivre ?) une céramique également décorée, mais de pâte et de facture plus grossière ; c’est alors que débute, suivant les explorateurs du site, la période
historique.
Tépèh-Khazineh. — Cette butte fouillée en partie seulement parce qu’elle contient des sépultures musulmanes, a fourni d’intéressants renseignements par les tombeaux antiques qu'elle renfermait.
« Les sépultures de Tépèh-Khazineh (1) sont d'aspect fort archaïque et de types divers. On y rencontre côte à côte l’amas de cailloux roulés et la tombé proprement dite de forme rectangulaire. Dans cette dernière, le radier et les assises inférieures sont constituées en gros galets, les parois sont formées de briques crues.
« Le mobilier funéraire se compose de vases à figurations animales ou végétales, peintes en rouge et noir, de cruches et de supports de vases en argile jaune, sans aucune décoration, de jattes en pierre et de petits vases en albâtre, simples ou couplés. Tous ces objets sont déposés le long des parois, sans ordre régulier, pèle-mêle avec les armes.
« Ces dernières, haches, têtes de lances, pointes de javelines, sont en bronze. Le métal est rare, mais habilement travaillé. Dans la sépulture en amas, avec les armes, se trouvait une fine coupe de bronze.
« Nous avons également recueilli, à Tépèh-Khazineh, une belle hache en pierre polie.
« Les ossements avaieut tant souffert de l’action des siècles et des intempéries, qu'ils n’ont pu fournir aucun renseignement sur le mode d’inhamation, on ne les découvrait qu’à l’état de débris presque entièrement effrités.
Nécropole de Tépèh-’Aly-Abad. — Tépèh- Aly-Abad est un monticule voisin de Tépèh-Moussian; il affecte une forme presque cireulaire, sa hauteur était de 3 m. 50. Dans cette butte, les sépultures sont nombreuses, elles sont plus abondantes sur les bords qu’au centre du tertre.
Les tombes, dans cette localité, se présentent sous des formes diverses, mais toutes sont construites en briques crues.
(4) Cf. Mém. D. S. P., 4905, t, VIE, p. 72
Type n°1. — Tombé réctangulaire en briques crues, simplèment comblée dé terre; ce genre de sépulture ést celui qu’on rencontre le plus
profondément.
Type n°2 (fig. 130). — Cuve rectangulaire en briques cruës, fermée par th