‹ La Prehistoire orientaleChapitre 210 sur 308 · TS SE · texte numérisé non relu

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Fi. 145. — Masses d'armes d’Elam et de Chaldée. 1 à 4, Suse ; 5, masse de Sargon d'Agadé; : 6, masse au nom d’Enanadou, gouverneur de Lagarch (4.500 avant J.-C.}.

nous renseignent sur le degré de civilisation dont jouissaient les antiques cités de Kis et de Lagas. Cette culture, nous en avons parlé au sujet de l'influence exercée par l'Asie sur l'Égypte, mais il est intéressant de rappeler les informations que nous possédons quant à l’usage des métaux en ces temps.

À l’époque d’Ur-Nina, le bronze d’étain n’était pas encore en usage, les armes et les outils étaient toujours faits de cuivre pur et l’on se servait d’un alliage de cuivre et de plomb pour les statuettes et, en général, les objets n'ayant pas à supporter de grands efforts. On faisait en cuivre les haches, les poignards, les couteaux, les pointes de lances, des récipients

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de diverses formes, le revêtement des vantaux de portes, des targettes, ciseaux de menuisier, burins, bracelets, anneaux, pendeloques, etc...

Quant au bronze de plomb, on en fondait des vases, des coupes, des trépiéds, des bassines, des statues et ornements mobiliers de tous genres.

Si nous nous en rapportons aux textes des tablettes, le cuivre arrivait du pays d’origine soit ouvré, soit en barres ouvrables par le soin des forgerons indigènes ; comme les autres métaux, d’ailleurs, il était importé et conservé par lés pouvoirs publics dans des dépôts dits Bit-Azag-an. C’est dans ces magasins que les intéressés venaient en prendre livraison. Il était officiellement tenu compte des quantités déposées, mais on ne pesait pas toujours chacun, on inscrivait des poids d’ensemble, par lots (1).

Solidaire du plomb dans les minerais (galène), l’argent était également en usage, mais en très petites quantités ; il servait aux relations commerciales (2) généralement sous forme d’anneaux.

L'or paraît avoir été fort rare à l’époque de Bur-Sin; à Nippur, il valait dix fois l’argent; plus tard, au temps de Gimil-Sin, il

tomba à sept. On l’employait surtout en Fic. 146. — Vase d'albâtre. Telloh Orfèvrerie. (fouilles de Sarzec). Quant à V’étain, il n’en est pas fait | mention, mais le fer parait en très petites quantités, et considéré, si nous en jugeons par les objets trouvés en Chaldée, comme extrêmement rare. Je n’ai pas connaissance de textes citant ce métal; cependant on ne doit pas être surpris de le rencontrer; car, nous le verrons, il était connu en Égypte dès une époque fort ancienne. Mais son usage courant n'est venu que plusieurs milliers d’années plus tard.

Bien qu'ayant progressé depuis l’époque de la première ville de Suse, la métallurgie était encore en enfance, maïs le travail dés métaux en Chaldée atteignait déjà quelque perfection. On incrustait des pierres précieuses dans les bijoux, dans lés poignées des armes, dans les ornements métalliques des meubles ; on plaquait d’or des objets de cuivre et d'argent, mais la soudure n’était pas encore connue.

Soukhna Aïn Tall (Alep). — Si, quittant les plaines basses dé la Chaldée,

nous montons au nord-ouest de la Mésopotamie, nous rencontrons, en bien

(1) Cf. CaarLes F. JEAN, Sumer et Akkad. Introd., (2) Zd., p.56. Il est souvent question dans les LI, p. 47. texles d'anneaux pésant 10 sicles.

des lieux, des stations de la pierre polie. Je citerai seulement celle de Soukhna, entre Deir-el-Zôr et Damas que j'ai visitée en janvier 1900 et le gisement d'Aïn-Tall (1). Dans ces deux localités, la station préhistorique se trouve auprès d’une source.

Au montieule d’Aïn-Tall, on rencontre de nombreux foyers ét autour de ces feux dont les traces sont encore évidentes, des silex taillés en grand nombre, grattoirs, pointes de flèches (?), perçoirs, lames simples ou retouchées de diverses manières, hachettes ét ciseaux entièrement polis, scies doubles et éléments de faucilles, meules à main.

L'auteur de la découverte déclare que cette station est « nettement néolithique » et je ne partage pas son avis ; je crois plutôt, étant donnée la composition de l'outillage et la technique des objets, que les hommes qui ont taillé ces pierres connaissaient le métal et qu’Aïn-Tab doit être, comme culture, assimilé à Yokha, Tépèh-Goulam et autres stations énéolithiques de la Mésopotamie inférieure. Toutefois, par suite de la survivance de l’homme dans les cavernes de la Syrie, rien né s’oppose à ce que l’industrie néolithique se soit développée dans les environs d'Alep, voire même entre Deir-el-Zôr et Damas.

Nahr-el-Jaoz. — J'ai déjà parlé du Nahr-el-Jaoz, près de Batroun, en Syrie (2). Je ne reviendrai donc que sur l'outillage qu’on rencontre dans cette localité. Cet outillage est de même technique que ceux d’Aïn-Tall et de Soukhna ; on y trouve ta hache polie, la hachette

sous plusieurs formes, généralement en RÉ SR.

hite, des lames simples ou retouchées 7 D a Re Go 07 em des pointes retaillées sur les deux faces / * ou sur une seule, des racloirs convexes Fi. 147. — Tastruments néolithiques É cn de la Palestine. 1 à 3, Sour Baher et concaves, des scies doubles et des élé- tréfusalen): 240 varlés «d'Hésban ments de faucilles. ; (d'après Vincent).

Je citerai, en outre, deux localités du désert syrien dans lesquelles j'ai rencontré des silex taillés : Kariétin, près de Palmyre, où l’on trouve à la surface des allavions caillouteuses

(1) Le F. Neopuytus et P. PALLARY, la Phénicie (2) C£. le F. Nropnyrus ét F. PALz£ARY, op\ cit. préhistorique, ds. l'Anthropologie, &. XXV, 1914, p. it et fig, 3. p 12sq

des instruments grossiers d'époque indéterminée, et la station d’'Erek, sur le chemin de Deir-el-Zôr à Damas, située près d’une source à l’eau quelque peu saumâtre et sulfureuse. Là, au milieu des ruines d’anciennes con; tructions, on trouve en abondance les silex taillés. Ce sont des nuclei. d’une forme particulière, des racloirs circulaires ou concaves, des lames et des pointes retouchées sur une seule face. Ces objets sont dsenrément de très basse époque ; on les comparera avec fruit aux silex énéolithiques de la Chaldée, de l'Élam, de la Syrie, du Sinaï et de l'Egypte, car ils

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