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SE I

Fie. 224, — Armes de bronze de la Sibérie occidentale (d'après Axez Here).

C’est par milliers qu’on a trouvé les instruments de cuivre et de bronze, haches plates, haches à douille, poignards, couteaux, pics, miroirs, anneaux, mors de chevaux, etc..., et cet énorme champ s’étend depuis la Volga jusqu'aux frontières de la Mongolie. Malheureusement les principales nécropoles ont été pillées, dévastées et aucune exploration vraiment méthodique n’a encore été entreprise dans cette immense région, les fouilles quelque peu scientifiques n’ont porté que sur des points isolés.

(4) « Sous la dynastie des Tchéou qui régna de (2) AgPELIN, l'Age du bronte altaïvo-ourallen, 4123 à 247 av. J.-C, la Chine était en plein âge Stockholm, 1874. Axez HEIKEL, Antig. dé la Sibé:du bronze ». Fr. LeNormanr, Hist. anc. Or., 9° éd, Yie orientale, Helsinglors,1894.

1881, t. 1, p 176 et 177.

Certainement l’industrie sibérienne du bronze comprend non seulement des phases successives, mais aussi de nombreuses provinces, et si l'invention du précieux alliage s’est faite dans cette vaste contrée, c’est en un point qui, bien certainement, se trouve aujourd’hui perdu au milieu des foyers secondaires de cette même Imdustrie (1).

Aux diverses phases de l’industrie sibérienne du métal correspondent des mobiliers spéciaux, caractérisés par certaines formes et par l'absence d’autres qui ne sont venues que plus tard. Il est donc impossible en ce moment de dire s’il existe des affinités initiales entre telle ou telle phase sibérienne et les industries des dolmens du Tâlyche.

Russie. Industrie du cuivre. — En Russie, l’industrie du cuivre est largement représentée par la civilisation dite de Fatianovo, du nom d’un village du gouvernement de Jaroslav où se trouve une importante nécropole. On rencontre dans l’industrie de cette époque le cuivre sans alliage, le silex, la serpentine et autres roches cristallines, los, l’ambre, la poterie rustique, mais aussi en moindre quantité, il est vrai, l'argent, métal en général de basse époque, dont la présence ne s’explique pas aisément en ces temps autrement que par l’existence de l’argent natif dans l’Oural. Les archéologues russes considèrent cette période dans leur pays comme contemporaine des cités IT à V de Troie.

Le style et le mode d’ornementation de la civilisation de Fatianovo présentent des caractères très archaïques. Les motifs linéaires sont simples et les sujets animaux nombreux, réalistes, le plus souvent plastiques. Ces motifs tirés du règne animal se voient dans les objets de cuivre et de pierre ; l’Elan, sujet indigène, figure sur un poignard, alors que les dragons, les serpents paraissent avoir été inspirés par une influence méridionale (Asie mineure, Caucase [Kouban]). Les végétaux ne sont pas représentés et l'on ne voit ni le swastika, ni le tricèle, ni la spirale. Ce dernier motif, on l’a vu, ne paraît en Transcaucasie qu'avec le bronze déjà très évolué.

Mais les relations des peuples de la steppe, à cette époque, ne se bornaient pas au Midi; les archéologues russes trouvent dans les tombes de Fatianovo de grandes analogies avec les sépultures individuelles du Danemark. Ce qui frappe surtout, c’est l’usage des haches naviculaires, caractéristique des plus anciennes chambres sépulcrales danoises. La céramique russe rencontre des analogies en Allemagne centrale, jusqu’en Thuringe, en Podolie et en Pologne (2).

(1) M. M. PiRoUTET (0p. cit., Anthropologie, 1917, tiquement explorés. p. 74) est d'avis que la «civilisation sibérienne du (2) Cf. A. M. TALLGREN, l'Age du cuivre dans cuivre et du bronze paraît appartenir à une la Russie centrale. Journ. soc. Finl. Archeol., époque assez tardive ». Il y a toutefois lieu d'ob- XXXII, 2. Helsingfors, 1920. 6 server que ces districts n'ont jamais êté systéma-

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Les tribus de Fatianovo auraient done été en relations avec la civilisation méridionale et c’est de là que leur serait parvenue la connaissance du métal qu’elle aurait transmise, avec des notions qui lui étaient personnelles, à l’Europe centrale et septentrionale. Il ne faut pas oublier, en effet, que la Steppe, pendant des milliers d'années, n’a été qu’un chemin d'Orient en Occident ; les peuples s’y sont arrêtés, y ont fait souvent de très longs séjours, mais ne s’y sont établis définitivement que très tard, lors de la venue des dernières vagues slaves.

Russie. Industrie du bronze. — Très nombreux sont les peuples qui, par vagues successives, pendant des milliers d'années, ont traversé les steppes de la Russie, prenant, au passage, au contact des civilisations du nord de l’Asie, des notions qu’ils ont transportées plus loin, vers l'Occident ou vers le sud. C’est ainsi que j'ai expliqué, à bien des reprises, la propagation de la métallurgie dans l’Europe centrale et occidentale (1). Cette opinion se trouve aujourd’hui confirmée par un remarquable mémoire de M. A. M. Tarr@ren sur l'époque (du bronze) dite d'Ananino dans la Russie Orientale (2) qui ne parvient qu’à ce jour à ma connaissance (3).

Les conclusions de l’auteur sont que l’industrie du bronze en Russie présente un caractère original, qu’elle s’est développée sous des influences méridionales, en partant de la civilisation locale de la pierre, vers 2000 avant J.-C. ; qu’elle offre une foule de formes nouvelles présentant, vers 1000 avant J.-C., des influences en partie scandinaves et qu’elle ne

devient nationale et fortement limitée que vers le milieu du premier millé-

naire avant notre ère. Cette dernière période (600 à 200 av. J.-C.) porte, pour les savants russes, le nom de la célèbre nécropole d’Ananino (4).

Un trait caractéristique, qui rattache les centres russes de cette époque à ceux du nord de la Perse, est l’existence de véritables acropoles comparables à celle de Nâmin, à proximité de chaque nécropole. Nous avons constaté que cette disposition des villes paraît être d’origine indo-européenne.

Les métaux employés sont le bronze, le fer, l'argent et l’or ; le cuivre, dit l’auteur, provenait des mines « tchoudes » de la Russie orientale. Il ÿ avait survivance de l'usage de la pierre, dans les tombes les plus anciennes, le fer ne paraissant que dans les plus récentes, Des objets émaillés étaient importés du sud (Asie antérieure).

Les conceptions artistiques se classent en deux groupes ; un groupe d’ornements géométriques simples et uniformes et un autre groupe de mo-

(1) Cf., entre autres, mon article à l’Anthropo- (3) Cf. L'Anthropologie (Compte rendu par logie, t. XXXII, 1923, p. 488-496. M. BouLe), t. XXXIT, 1923, p. 557 sq. é (2) Suomen Mninaisministoyhdislyksen Aika- (4) À quelques kilomètres de Kama dans le

kauskivja. Helsingfors, 1919." gouvernement de Viatka.

tifs zoomorphiques riches et variés, d’exécution réaliste ou stylisée. Pour la plupart les objets de bronze sont moulés.

Parmi les ornements zoomorphiques, le plus employé est le griffon, la tête de griffon, ou simplement le bec avec l’œil. Les autres motifs sont te. quadrupède enroulé en cerele, un dragon et un Ours un peu stylisés et une œueule de dragon ouverte, motifs qu’on retrouve avec quelques variations dans l'Asie antérieure. Beaucoup de ces représentations sont en ronde bosse et forment des saïllies, surtout le griffon et le dragon parfois associés, notamment sur de belles haches. Tous ces motifs sont étrangers, méridionaux, et ne se rattachent pas à la civilisation locale. Ils sont originaires de Scythie d’où ils se sont répandus dans l’industrie du bronze de la Sibérie, ce qui est bien d'accord avec le prodigieux essor de la Scythie dans la seconde moitié du premier millénaire avant notre ère.

Quant à l’extension de la civilisation d’Ananino elle est très grande. Son centre est la basse Kama. Vers le sud, elle s’étend jusqu'aux steppes de Tamara et de Saratow, en contact avec celle des Scythes. On en trouve des traces isolées vers le nord-ouest, jusque dans le nord dela Finlande, contrée où le fer succède directément à la pierre polie, puis en Scandinavie. A l’est sa limite est vers Tobolsk, peut-être même Tomsk. Vers la fin, elle a beaucoup reçu de l'Orient.

Ces hommes n'étaient pas des Scythes, probablement descendaient-ils de ceux de l’industrie du cuivre. Mais quand on songe au nombre considérable de peuples qui ont traversé les steppes, on est en droit de se demander s’il a vraiment existé un peuple d’une culture aussi longue et aussi étendue dans ce grand chemin et s’il ne faut pas subdiviser en un grand nombre, géographiquement et chronologiquement, cet ensemble qui paraît être homogène parce que les diverses vagues humaines appartiennent au même groupe ethnique et sont composées de tribus proche parentes, dont les progrès, par contagion avec le midi, ont été fort lents, car elles ne recévaient les enseignements qu'au travers et par l’intermédiaire de la

Scythie.

Kurdistan. -— Jusqu'à ce jour, aucune fouille méthodique n’a été faite dans le Kurdistan persan. Je ne connais de cette région qué quelques objets de bronze montrant des caractères très différents de ceux du Talyche et de la Transcaucasie. Ce sont : un poignard du type cypriote, provenant, wa-t’'on dit, du district de Moukri, une tête de lance et une fourche à deux dents, mais nous ne savons rien des conditions dans lesquelles a été faite cette trouvaille. Il se peut fort bien que ces objets soient étrangers à la Perse et contemporains des Achéménides qui, on le sait, ont occupé l’île de Chypre dès les débuts de leur dynastie.

Chaldée et Elam. — Je ne puis ici que résumer ce.qu’à bien des reprises, J'ai dit sur ces pays, sur les débuts de leur civilisation au point de vue de l’usage des métaux.

Nous avons vu qu'au moment où la Chaldée et l'Elam A Atout des

Fic. 225. — Objets de bronze trouvés au Kurdistan. Musée du Chah de Perse, à Téhéran.

eaux, des hommes sont venus, on ne sait de quelle région, et se sont installés sur ce sol nouvellement né.

Ces hommes, nous le savons, connaissaient le cuivre, non le bronze (1), peut-être l’or, mais nous ne possédons pas de preuves relatives au métal précieux. Ils employaient encore la pierre taillée pour certains usages : la confection de faucilles et l'armement des flèches, pour celle des haches de

(1) Cf. Mém. D. S. P.,t. XIIT, 1912, p.1sq ,observations sur les couches profondes du tell de Suse.

« Les expériences décisives de M. Berthelot ont montré que, même au temps de Gudea et de Dounghi, les figurines, et ce qui est plus grave encore, les instruments de cuivre, ne contenaient aucun alliage d'étain. (L. Heuzey, Cat. Antiq. Chald. Mus. du Louvre, 1902, p. 291) et longtemps

encore le véritable bronze demeura inconnu car une statuette au nom de Rim-Sin, contemporain du roi Hammôurabi (vers 2100 av. J.-C.) est en cuivre pur. À l'époque des rois d'Our on rencontre des figurines fondues en bronze de plomb (Pb : 18 p. 100). Malheureusement la plupart des objets mélalliques, surtout les instruments et les armes, ne sont pas datés

pierre qui étaient en usage C

oncurremment avec celles de cuivre, pour les lames, les poinçons, parfois

aussi les haches-marteaux. Les nucléi et les

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