‹ La Prehistoire orientaleChapitre 234 sur 308 · NS1KS · texte numérisé non relu

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Fic. 223, — Armes diverses et instruments en bronze. Chjne.

couru, pour venir de ces pays en Occident, et l’on devrait rencontrer sur cette route des témoins dé plus en plus probants au fur et à mesure qu’on approcherait du foyer originel. Il n’en est pas ainsi. Quand on visite le musée de Calcutta et le musée britannique, on est frappé par la médiocrité

de l'industrie du bronze dans la péninsule indienne (1), et l’on voit que beaucoup d’objets sont en cuivre pur.

A Malacca j'ai, en 1884, découvert des haches néolithiques (2) et, bien qu'ayant étudié avec le plus grand soin les gisements d’étain du royaume de Perak (3), je n’ai jamais trouvé ni trace d’une exploitation très ancienne, ni silex taillés dans les énormes couches alluviales qu’exploitent les sociétés industrielles installées dans ce pays.

Au Cambodge, c’est-à-dire entre les districts malais d’alluvions stannifères et les richissimes gisements d’étain de la Chine méridionale, on trouve, dans les kjækkenmæddingers, au-dessus de couches qu’on estime être néolithiques, de nombreuses sépultures renfermant des instruments et des bijoux de cuivre et de bronze, haches à douille analogues à celles de la Chine, de la Sibérie et de Russie (4), têtes de lances et couteaux à douille, ciseaux, bracelets, disques, anneaux, clochettes et cet ensemble montre clairement que dans ce pays, comme aux Indes, la métallurgie a été importée assez tardivement. R. Verneau (5), s'appuyant sur l’étude des industries cambodgiennes, est conduit à penser que la connaissance du- métal dans ces pays est arrivée par l’angle nord-ouest de l’Indochine et par conséquent est venue de l'Inde. Or l'Inde n'ayant pas été le foyer des connaissances métallurgiques, c’est donc plus loin vers l’Occident qu'il faut se reporter. L'auteur ajoute que l’industrie du bronze en Indochine a acquis des caractères tellement spéciaux qu’elle n’est comparable à aucune autre.

Chine. — Nous ne connaissons presque rien de la Chine (6), les fouilles y étant interdites par la religion et, par suite, nous ne possédons que de très rares objets trouvés isolément. Mais il est à remarquer que, suivant les traditions indigènes, vers la fin du troisième millénaire avant notre ère, un chef du nom de Yu-Nai-Hwang-ti (7) aurait apporté de l'Occident la civilisation, c’est-à-dire l'écriture et la connaissance de l’or, du cuivre, (1) Cf. Guide Brit. Mus. Bronze age, et Mon- TELIUS, Chron. Bronzezeit.

(2) CF. J. DE MorGan, les Négritos de la presqu'ile Malaise (dans l’Homme, 2° année, 1885,

produit le feu, qui produit la terre, qui produit le métal, qui produit l'eau et celle-ci à son tour produit le bois ». (CHAVANNES, Sculpture sur pierre, p. 3). [H. CorDiEr, Hist. générale de la Chine,

(3) Cf. J. pe MorGan, Mole sur la géologie et Vindustrie minière du royaume de Pérak et des pays voisins (Malacca)[ds. Ann. des Mines, marsavril 1886].

(4) J.-B. Nouer, l'Age de la pierre polie et du bronze au Cambodge. Matériaux, 1879, p. 314 sq.

(5) L'Anthropologie, t. XXX, 1920, pd dep Mission Pavie en Indo-Chine, À. IL.

(6) La préhistoire de la Chine est encore pour nous terrain inexploré. Légendes : « Il fut nommé Fou Hi parce que le premier il tressa des filets pour la chasse et la pêche, et P'ao Hi parce qu'il se livra à l'élevage des animaux domestiques pour la cuisine Il régna en vertu du bois. » Certains auteurs « admettent que les éléments se succèdent en se produisant l'un l'autre : le bois

Dans les temps avant Fow Hi on habilait dans des cavernes et des déserts ; ensuite, pour se mettre à couvert des pluies et des vents, des gens de grande sagesse firent bâtir des maisons et des palais. Dans ces mêmes lemps, si anciens, on mellait les corps morts dans des fagots épais d'herbes pour les ensevelir dans les lieux déserts et écartés, sans faire des tombeaux (Gawubüil, Chron ; p.80). [HENRI CORDIER, id.].

La I'° dynastie, celle des Hia, aurait, suivant les annales chinoises, régné de 2205 à 1766 av. J,-C. (H. ConRprER, op. cit, p. 102). Nous sommes bien loin des dates si reculées de la Chaldée, de l'Élam et de l'Égypte.

(7) TERRIEN DE LA COUPERIE, Catal. of the Chinese Coins. Brit. Mus. 1892, Introd., p. VII

Lun. él dés. |

de l’argent et de l’antimoine ou de l’étain (1). D’après ces vieilles légendes ce serait vers le nord de l’Asie centrale que doivent se tourner les regards des Chinois curieux de leurs origines. Ainsi les Chinois dans leurs légendes nous reportent vers les pays situés à l’ouest de leur patrie, alors que, dans leurs traditions également, les gens de l'Occident indiquent l'Orient et ces deux courants opposés se rencontrent dans le nord de l'Asie centrale.

Sibérie. — La Sibérie est l'un des plus riches pays qui soit en gisements naturels de cuivre. L’Oural, l’'Altaï, le Pamir abondent en mines qui semblent avoir été exploitées depuis des temps fort reculés ; on y a rencontré des outils de pierre et de bronze ayant servi à l'exploitation (2), et les tombes de ces pays sont d’une extrême richesse en objets métalliques.

AS Re

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