BIÈRE
Fire. 361. — Écriture proto-élamite sur tablettes d'argile (Suse).
le Bouquetin, si fréquent dans la peinture céramique de la première ville. Au-dessous des signes n° 49 à 61 on peut voir leur équivalent cunéiforme, et se rendre compte de la difficulté qu'on éprouverait pour trouver l’origine des signes si nous ne disposions pas de l'écriture proto-élamite. Il se peut que les premiers colons de Suse aient fait usage des hiéro-
: Fig. 362. — Inscription lapidaire en caractères prolo-élamites du Palési de Suse. Karibou-Cha-Chouchinak (Mémoires Délég. en Perse, t. VI, pl. Il), xxvir siècle avant J.-C.
glyphes ; cependant, l'absence de textes écrits dans ce système donne à penser que, chez ces peuples, l’hiéroglyphe est plus ancien que la colonisation de la Chaldée et de l’Elam, à peine sortis des eaux ; que c’est dans leur domaine ancestral que ces gens usaient de la mode égyptienne pour figurer leur pensée, en même temps que, peu à peu, leur art se stylisait au
point où il en était arrivé lors de l’établissement de la Ke ville de Suse. Dans une fort intéressante étude, M. L: LEGRaIN (1) a donné ses relevés
SASEUTSARESS A XX ER Jus Bab lLe AUS NE RE D A NC Re NE AAA LL RES O5 < <
HOUR FOCÈARENS FT É à AVEC
AS
Fic. 363. — Divers signes proto-élamites et leur équivalence en cunéiformes.
des empreintes de cylindres sur les tablettes archaïques de Suse et sur les bouchons d’argile des jarres: car, en Elam comme en Egypte, on avait coutume de fermer les jarres, contenant les provisions, à l’aide d’un bou-
Poissons ? Arbres Vases Flomme. Gseaur È Quadrupèdes. dé
ME ciaut
ue +
F16. 364. — Quelques signes proto-élamites. Fic. 365. — Écriture proto-élamite : é représentation de l'Homme.
chon d’argile scellé de l’empreinte d’un cylindre. Ces relevés sont plus concluants lesuns que les autres quant aux affinités qui ont existé entre
(1) L. LEGRAIN, les Dessins géométriques et l'écriture, 1921.
l’hiéroglyphe primitif de la Chaldée et de l’Elam et ceux de l'Égypte, non pas du point dé vue de la faune qui, on le sait, est franchement égyptienne dans l'écriture de la vallée du Nil, mais de celui des procédés de représentation, des usages en cours dans les deux régions et aussi de quelques motifs religieux communs. Ces hiéroglyphes, à Suse, sont encore très près de la pictographie, ils le sont plus encore que ceux qui figurent ' dans l'écriture proto-élamite formant la transition entre les signes que nous allons examiner et l'écriture linéaire des tablettes susiennes.
Toutes ces figurations, reproduites par M. L. Le@rain, mériteraient d’être étudiées et analysées au point de vue comparatif. Nous nous contenterons de parler de quelques-unes, d’après les figures publiées par M. L. LEGRAIN. ;
Fig. 204 (1). Les signes se reproduisent en colonnes. Ce sont : 1° des vases (d’albâtre) à trois tubulures, de type bien connu à Suse; 2° des amphores à libations qu’on retrouve fréquemment en Chaldée sur les cylindres représentant des scènes de lépopée de Gilgamech (fig. Cf. Anthropologie, 47-48), et qu’on voit aussi sur les vases peints d'Égypte, (cf. fig. 47, nos 1 à 3), conçus exactement dans le même esprit; 3° des grenades (2); 4° des amphores.
Fig, 189 (2). Ces mêmes amphores, variétés du type n° 4, sont ici mélangées à des Lions, représentation présentant, sans aucun doute, un caractère religieux. La facture des Lions est commune à la Chaldée et à l'Égypte archaïques.
Fig. 191 (3). Série variée d’animaux séparés entre eux par des amphores des types n° 2 et n° 4. Ces animaux sont : l’Oiseau (Perdrix ?), le Faucon, le Singe, le Chacal (?), un félin (?), rappelant par leur facture les représentations animales de l'Égypte primitive.
Fig. 190 (4). À droiteet à gauche, de petits vases sphériques de pierre, à col étroit et à très large embouchure, type qui s’est conservé à Suse comme en Égypte jusqu'aux basses époques. Puis viennent, entre deux colonnes de Faucons, deux vases à libation supérposés, l’eau ne s'écoule: que d’un seul côté; plus loin, à droite, deux amphores sans eau.
Ce cylindre est d'intérêt majeur, non seulement parce qu'il affirme le culte asiatique du Faucon (5), mais par la manière même dont cet Oiseau est figuré. Le dessin est exactement celui qu’on voit en Égypte depuis le temps des « suivants d’Horus » jusqu’à l’époque romaine.
Les trois représentations suivantes ont trait aux occupations des arti-
(A) L. LEGRAIN, 0p. eit., pl. XIL, fig. 204. (4) Zd., pl. XI, fig. 190. (2) Id., pl. XI, fig. 139. (3) CF. C. AUTRAN, T'arkondemos, p 175. (3) 1d., pl. XI, fig. 191,
sans, les attitudes sont exactement les mêmes qu’en Égypte, dans les basreliefs des mastabas de l'Ancien Empire.
Fig. 216 (1). Potiers occupés à leur travail. A droite et à gauche, vases terminés de types connus. Les personnages sont de ‘pe asiatique, ils portent la barbe en pointe.
Fig.218 (2). Cette représentation est fort curieuse, elle montre des potiers soufflant de l’eau avec leur bouche sur des vases, phase du travail qui, peut-être, précédait la peinture des décors; les ouvriers sont jeunes, peut-être des manœuvres.
Fig. 221 (3). Des femmes sont au travail. Que font-elles ? Il est diffieile de le dire ; car les objets auxquels elles donnent leurs soins sont très variés, in rappellent les colliers égyptiens; mais il est peu probable que les femmes aient été employées à la bijouterie.
D’autres empreintes montrent des scènes de chasse (4), des hommes à têtes d'animaux (5), des animaux enfermés dans une enceinte (6), etc., tous motifs communs avec l'Égypte archaïque.
« I y a, dit M. L. LeGrain (7), dans l’emploi du cachet, dans le choix et le traitement des images gravées, des analogies frappantes entre l’Elam et l'Égypte, la Crète, l’Assyrie et Chypre. »
Les remarques de détail que fait M. L. LeGrAIN sont presque toujours : très judicieuses, cependant il en est dans lesquelles il n’est pas possible de le suivre, celles, entre autres, dans lesquelles il fait d’un Conifère l'arbre typique de l’Elam (fig. 68) (8). Il n'existe pas de Conifères dans les montagnes du sud-ouest de la Perse (Bakthyaris, Louristan, Kurdistan méridional). Dans cette région les forêts sont uniquement composées de Chênes à glands doux et à feuillage persistant. Pour trouver des Conifères il faut remonter dans la région de l’Ararat et de l’Araxe, et encore les plus méridionaux de ces arbres sont-ils des Tuyas, toujours de petite taille ; quant au Sapin, il se montre seulement dans le Petit-Caucase, et plus au nord. Si le mot ERIN doit être traduit par Le Cèdre, ce n’est ni en Perse, ni au Kurdistan, ni dans l’Elam qu’il faut chercher cette essence.
D'ailleurs, il n’est pas du tout certain que la plante représentée par la figure 68 soit un Conifère. S’il en était ainsi, la figuration de cet arbre étranger, sur les cylindres archaïques susiens, indiquerait que les Elamites sont venus du nord. Ce serait une fort heureuse constatation, malheureusement cette identification n’est pas assez solidement basée.
Il est à remarquer que, dans la figure 190 de L. LEGrain, la. repré-
(1) Zd. pl. XIV, fig. 216. (5) Zd., pl. XVII, fig. 265 à 268; pl. XXII, fig, 330 (2) Zd., pl. XIV, fig. 218. à 336.
(3) Za., pl. XIV, fig. 221. | (6) 44, pl. XII, fig. 195.
(4) Id, pl. XV, fig. 2443; pl. XVI, fig. 243, : (7)1d., p.2.
sentation du Faucon étant absolument semblable à celle en usage dans la vallée du Nil, depuis l’époque de Nermer, et beaucoup de motifs étant de même technique que ceux qui, en Égypte, sont entrés dans les hiéroglyphes, la construction du système hiéroglyphique, dans son ensemble, était très étroitement apparentée à celle du système pré- -cunéiforme. Il parait fort probable que les deux systèmes ont eu des principes initiaux communs et que, partant de cette base, ils se sont développés séparément, sauf de très rares exceptions (le Faucon, la libation entre autr es), chacun prenant ses éléments sur place. Ceci expliquerait pourquoi nous ne rencontrons pas, en Égypte, de traces des tâtonnements qui ont dù forcément précéder la fixation des règles du système hiéroglyphique. L'existence des déterminants, en Égypte comme en Chaldée, viendrait à. l'appui de cette opinion.
Si nous quittons l'Elam etla Chaldée, pour remonter au nord de la Syrie, nous entrons dans un autre domaine des hiéroglyphes, celui des
ee RENE EUR SR nel En RAA D ANR EPA Dar ï ns ay ae