‹ La Prehistoire orientaleChapitre 274 sur 308 · OU KE · texte numérisé non relu

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Hittites, vaste récion montagneuse qui, ladis, constitua un puissant em- ) 5 > ;

pire, capable de lutter d’égal à égal avec les Pharaons et qui possédait

une culture très personnelle et une écriture hiéroglyphique (fig. 366) dif-

férente de-celle des Égyptiens, qui jusqu’à ce jour demeure indéchiffrée.

8) ’ } Le professeur Sayce (1) qui, le premier, tenta de jeter quelque lumière , À LT sur ces inscriptions, a montré qu'il existe des affinités entre ces signes et l'écriture cypriote qui n’en serait qu’une descendance simplifiée, linéaire, . . . à 1 1e AT? 2

et Conder (2) distingua des analogies avec ies hiéroglyphes de l'Egypte.

Beaucoup plus primitive que l’Egyptien, beaucoup plus près de ses

(1) A. H. Sayce, The monuments of the Hit- (2! ConnEer, Hamath Inscriptions, ds. Palestine tites, ds. Trans. of Soc Bibl, Archeol., t. VIII

ir , erplor. Fund, Quarterly statements, 1883, p. 133, p. 253 sq sq., 189 sq.

“origines, cette écriture, qui semble avoir été réservée aux textes lapi-

daires, était florissante au cours du second millénaire avant notre ère, elle est donc très récente, par rapport à l’écriture hiéroglyphique égyptienne. Les monuments que nous en possédons sont sans aucun doute posté-

rieurs aux sépultures de Négadah et d’Abydos de plus de 2.000 ans. %

Selon Fr. Cumont (1), le hittite serait une langue indo-européenne « très rapprochée du latin et du grec ». L'auteur pense que, vers 2.000-1500 avant J.-C., en même temps que les Aryens pénétraient en Iran [les Médes et les Perses] et sur les bords de la mer Egée, [les Grecs], les Hittites passèrent également en Asie mineure, soit par le Bosphore, soit par le Caucase. Si ce peuple est réellement d’origine aryenne, ce serait la première fois qu’on verrait un peuple indo-européen traduire sa pensée sous forme d’hiéroglyphes. Mais il se peut fort bien que l’hiéroglyphe ne fut pas dans le domaine familial de ces tribus et qu’elles l’aient pris d’Asianiques occupant la région dans laquelle les Hittites se sont installés.

Si nous en croyons le professeur À. H. Sayce, et son opinion semble être bien fondée, le système d’écriture cypriote ne serait donc qu’une descendance de l’hiéroglyphe des Hittites : et le même savant pense avoir retrouvé, dans les inscriptions ‘découvertes à Hissarlik par Schliemann (2), des affinités avec les caractères de Chypre (fig. 367). Ceci n’a rien qui doive surprendre, car, assurément, l'influence hétéenne s’est propagée dans tous les pays occidentaux du nord de l’Asie antérieure, et si la conception des Héteens, quant à la figuration de la pensée, a fait place à l’alphabet très supérieur des Hellènes, elle n’en a pas moins été répandue dans ces pays avant la

Fic, 367. — Tableau comparatif des signes d'Hissarlik et de ceux de Chypre (d’après ScacremaNx).

formation et la diffusion du système grec, dont les inscriptions de Théra (3)

sont, jusqu'ici, les plus anciens spécimens. On les attribue au 1x° siècle

avant notre ère (4) et il est à penser que la propagation de cet alphabet

ne s’est produite que plus tard, au vin siècle, peut-être même au vire.

(4) La langue des Hittites, ds. Comptes rendus (3) Cf. Pn. BERGER, ist. de l'écriture, 1891, de lAcad. des inser. el belles-leltres, mars- p. 130. avril 1917. s (4) Cf. FR. LENORMANT, ds. Dict. des Antig. (2) A. H. SaAyce, ds. Zlios de SCHLIEMANN. Édit. grecques et romaines, par Cu. DAREMBERG et

fr., 1885, p. 901 sq. Ep», SAGLio; t. I, 1877, ,p. 195, 2° col,

Quant à l'alphabet phénicien, qui aurait pu avoir une influence sur les populations vivant au nord de la Syrie, son antiquité n'est pas comparable à celle des hiéroglyphes hittites. Le texte phénicien le plus ancien qui soit parvenu jusqu'à nous est celui de la stèle de Mésa (1) qui a l’avantage d’être datée avec une précision presque absolue et appartient au rxe siècle avant notre ère (environ 835). Le caractère très archaïque du texte de Mé$a ne permet guère de placer cette inscription plus d’un siècle ou deux après l'invention de ce système d'écriture. C'est donc au plus tôt vers le xe siècle avant le Christ que les gens du nord de la Syrie auraient pu s'inspirer de l'alphabet phénicien. |

Mais que sont ces dates, en comparaison de celle de l'adversaire de Ramsès Ier (XIXe dynastie), qui fit avec ce prince un traité dont malheureusement nous ne possédons que le texte égyptien. Mais en quelle langue et en quels caractères était le texte hétéen, assurément la langue était celle de la Cappadoce, mais l'écriture était peutêtre cunéiforme ; car nous savons d’une manière certaine, par les découvertes d'El-Amarna, que sous Aménophis IV (XVIII dynastie) la correspondance de la cour égyptienne avec l'Asie se faisait en langues indigènes,

mais en caractères cunéiformes.

Fre. 368. — Une des faces du disque de Fe 2 : xs Phaestos (île de Crète) [d’après R. Dus- Quoi qu'il en soit, le système hié-

sav, les Civilisations préhelléniques,? édit., roglyphique hétéen était, assurément, 1914, p. 495, fig. 315].

encore en vigueur au temps où l’Assyrie se rencontra avec les Khétas, à l’époque de Téglathpalhazar (vers 1130 av. J.-C.), bien que leur empire fût en décadence : car dans leurs sculptures on rencontre des traces indéniables du goût ninivite. Quant au début de ces tribus, il se perd dans la nuit des temps. La plupart des auteurs (2) en font des Asianiques, congénères des Tabal et des Mouchki et les rangent « dans les races qui ont peuplé le Caucase », mais les récentes découvertes paraissent devoir faire tomber cette opinion.

Si, quittant le continent, on entre dans la mer, on rencontre dans l’île de Crète un nouveau centre hiéroglyphique, très nettement: caractérisé par le disque de Phaestos (fig. 368 et 369).

« M. Pernier tient le disque de Phaestos pour une production locale,

(1) Cf. Pu. BERGER, 0p. cit., p. 122 et 188 à 192. (*) CF. G, Masrero, Hisi, anc des peuples de l'Orient, 1893, p 179 et notes 8 et Q,

dit M. R. Dussaud, tandis que M. Evans et M. Ad. Reinach penchent pour l'importation. Des différences notables séparent ce texte des inscriptions minoennes déjà connues ; les caractères sont assez particuliers et le texte est gravé dans le sens inverse des inscriptions minoennes. Serait-ce : l'écriture spéciale des Crétois occidentaux ? La région occidentale de l'Ile

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1 Ms À Fire. 369. — Liste des hiéroglyphes du disque de Phaestos.

N° 1, rosace ; n° 2, tête nue ; n° 3, flèche ; n° 4, homme marchant; n° 5, massue ; n° 6(?); n° 7,8, rameaux; n° 9, peau ; n° 10, passoire (?); n° 11, tête casquée ; n° 12 (?) ; n° 13, marteau ; n°14, corne de Bœuf; n°15, Aigle; n° 16 (?); n° 17, équerre (?) ; n° 18, femme ; n° 19, Oiseau ; n°20 (?) ; n° 21, pied de Bœuf ; n° 22, barque ; n° 23, Poisson ; n° 24, arc ; n° 25, rameau; n° 25, sein ; n° 27, testicules (?) ; n° 22, os (?) ; n°* 29, 30 (?) ; n° 31, captif ; n° 32 (?); n° 33, tête de Bovidé(?) ; n° 34 (?); n°35, maison ou cage; n° 36, tête de Bélier ; n° 37, œil (?) ; n° 38, main ‘enveloppée ; n° 39, rameau; n°“ 40, 41 (?); n° 42, cruche ; n° 43, corne (?); n° 44 (?); n° 45, rameau; n° 46, hache d'arme; n° 47, triangle d'As-

tarte ; n° 48, homme arrêté.

est encore à peu près inexplorée et elle réserve peut-être des surprises. M. Evans paraît surtout frappé des similitudes que les édifices, représentés par le disque de Phaestos, offrent avec les tombes lyciennes…. il se demande si le nouveau texte n’est pas un témoin des rapports entre la

Crète et les côtes de l’Asie mineure ; le disque de Phaestos lui apparaît comme le produit d’une civilisation fort avancée et parallèle à la civilisa-

tion minoenne (1). De son côté, M. H. R. Hall ÿ trouve une confirmation à

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Fr, 370. — Signes linéaires crétois gravés (d’après R. Wet, Revue archéologique, 1903, [, p.

sa théorie qui considère les Philistins, « non comme d’anciens Crétois, mais plutôt comme une race conquérante, peut-être venue de Lycie, et qui aurait séjourné en Crète avant de passer en Syrie (2). »

Ces explications et ces hypothèses semblent être encore prématurées et elles ne reposeront pas sur des bases solides, tant que nous ignorerons le mécanisme de cette écriture hiéroglyphique. Il en est de même pour les inscriptions hittites, qui semblent être à peu de chose près contemporaines de celles de la Crète:

car on attribue le disque de Phaestos au Minoen moyen (II), dont la durée aurait été de 1880 à 1550 environ avant notre ère. Cependant la chronologie absolue des périodes crétoises est encore loin d’être fixée d'une manière définitive et il paraît plus juste de parler simplement pour cette phase de la seconde moitié du second millénaire, époque des Ramessides.

Les textes les plus abondants de Pile de Crète ne sont pas hiéroglyphiques, mais bien linéaires. Ils sont postérieurs au Minoen (IIT) moyen et semblent avoir supplanté le système hiéroglyphique; toutefois, nous ne pouvons déduire, de l’absence des hiéroglyphes dans les découvertes faites jusqu’à ce jour, que cette écriture avait disparu et aussi que le procédé linéaire n’est pas plus ancien qu’on ne le suppose. Les arguments négatifs, en ce cas, n’ont aucune valeur, car, nous l’avons vu en parlant de l'Égypte, les deux procédés ont été usités en même temps dans la vallée

du Nil, et rien ne prouve qu’il n’en a pas été de même en Crète. On distingue dans les textes linéaires deux types, celui des signes gravés sur pierre (fig. 370) et celui des caractères tracés sur l'argile

(1) Evans, Scripta minoa, I, pp. 24-27.

(2) H. K. Haz, A note on the Phaistos Disk, ds. J. H..S., 1911, pp. 119-193

molle des tablettes (fig. 371) (Knossos), mais ces deux types paraissent se confondre et résulter tous deux de la simplification des signes hiéroglyphiques, il suffit, pour constater la similitude d’un grand nombre de caractères, dans les deux listes, de Jeter les veux sur les tableaux. La concordance avec les signes hiéroglyphiques de Phaestos est plus difficile à établir d’une façon rigoureuse. Il se peut fort bien, d’ailleurs, que les signes hiéroglyphiques qui ont servi de base aux types linéaires, soient beaucoup plus anciens que le disque de Phaestos, et aussi que, depuis leur création,

Fic. 371. — Signes des tablettes de Knossos (d'après R. We, Revue archéologique, 1903, I, p. 221).

les signes linéaires aient subi des transformations tendant vers la stylisation, comme le fait a lieu dans les caractères cunéiformes linéaires.

+ En Chypre, également, est une écriture linéaire (fig. 372), composée de signes présentant, dans leur ensemble, les mêmes particularités que eeux du système crétois et, à coup sür, n'étant que des simplifications de types hiéroglyphiques; mais on est hésitant encore quant à l’ascendance de ce système. Généralement on voit son origine dans les hiéroglyphes hittites (fig. 373), sans preuves absolues d’ailleurs (1), car les similitudes qu’on

(1) Cf. DEECKE, Bezzenberger's Beitrage, t. IX, 1884, p. 250 et 251. Pnx. BERGER, op cit., 1891, p, 112,

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