KT CS RE ER
F1c. 380. — Carte montrant les directions principales de l'invasion, en Europe, des Indo-Européens.
Il est à remarquer qu’en Élam, comme en Égypte, comme en Syrie, seule la céramique archaïque est peinte, et que l’art le plus remarquable est celui des débuts; puis art et technique s’atrophient et enfin disparaissent de bonne heure, non sans avoir rayonné, lors de sa phase de décadence, jusqu'aux Indes et aux pays transcaspiens. Il semble que les procédés et les goûts asiatiques ont été originaires de l’Élam, et, autant que nous en pouvons juger, qu'ils se sont répandus en Mésopotamie, Jusque sur les côtes de la mer Méditerranée et ont envahi l’Égéide, tandis qu’en Égypte, bien que la céramique eût été inspirée par l'Asie dans une certaine mesure, cette industrie a fait preuve de goûts personnels, tant par sa technique que par ses motifs ornementaux. C’est vraisemblablement
- dans la poterie peinte susienne de la seconde époque qu'il convient de chercher les origines, non seulement de la céramique peinte syrienne et palestinienne, mais aussi celles des cultures égéenne, mycénienne, hellénique, italiote et ibérique. Les relations entre peuples s’étendant, le goût pour. les vases peints s’est répandu dans tous les pays méditerranéens et, peu à peu, sous une forme plus ou moins affinée, est venu se mélanger avec celui des productions rustiques de l'Europe centrale et occidentale.
Il est à remarquer que le domaine de la céramique peinte correspond, à peu près, à celui de la faucille armée de silex, alors que les pays septentrionaux, dans lesquels l’agriculture n'a débuté que tardivement, n’auraient employé que la faucille métallique.
Il est un autre fait de grande importance, d’origine spéciale au proche Orient, mais dont la portée mondiale dépasse de beaucoup celle des usages dont nous venons de parler, c’est celui de l'invention de l'écriture. L’Élam, la Chaldée, l'Égypte, la Cappadoce et l’ile de Crète ont connu, tour à tour, et parfois en même temps, la figuration hiéroglyphique de la pensée; et, en raison du proche voisinage des districts dans lesquels s’est manilestée cette conception de l’écriture, il est impossible de nier qu’elle soit la conséquence d’une idée originelle commune aux divers peuples chez lesquels elle s’est développée. On peut affirmer, sans hésitation, que ces divers procédés hiéroglyphiques descendent d’un système pictographique primitif, dont les divers peuples ont tiré parti, chacun suivant son génie. Cette conception n’a certainement pas été apportée en Asie antérieure par les peuples nordiques, car elle est antérieure à leur venue de plusieurs millénaires; elle n’est pas non plus d’origine sémitique, car on la rencontre dans l’Élam primitif, chez les Hittites, en Crète, pays qui n’ont jamais été sémitisés; elle est donc d'origine asianique, et la stylisation des peintures céramiques protoélamites a certainement des liens étroits de parenté avec cette pictographie.
Je ne reprendrai pas l’énumération des nombreux faits, exposés dans le corps de cet ouvrage, faits qui font de l’Asie antérieure méridionale, jointe à l'Égypte et à l’Égéide, un monde spécial, bien défini, étranger au reste de l’univers; mais je ferai observer que ce monde n’aurait pas été
complet si des peuples étrangers, barbares encore, n'étaient venus lui apporter, avec des notions nouvelles, leur génie latent ; que ce génie s’est épanoui, grâce aux progrès réalisés par les Asianiques, et que c’est en raison de circonstances favorables, pour la plupart indépendantes de la volonté des hommes, qu’est née la grande civilisation du proche Orient. Sémites et Aryens ayant été portés par les phénomènes naturels à joindre leurs efforts à ceux des Asianiques, ce sont des causes fortuites indépendantes de la volonté des hommes qui ont fait de ces régions le foyer de la civilisation mondiale, le véritable centre intellectuel de l’univers.
Mais cefoyer n’a pas été le: seul au monde dans le temps comme dans l’espace à des époques dont il ne nous est pas permis d’évaluer l’âge, Alors que l’industrie magdalénienne était florissante en Europe oceidentale, une lueur très vive de civilisation était née dans le sud de la Gaule et le nord de l’Ibérie, lueur qui serait devenue une grande lumière si des : causes encore inconnues ne l'avaient éteinte au moment où elle commençait à s'épanouir.
La découverte de l’art magdalénien, de ses productions dans les cavernes, a été l’une des surprises les plus étonnantes de l’archéologie. Jusqu’alors on pensait que les gens des industries archéolithiques étaient des sauvages comparables aux tribus les plus primitives, les plus barbares de la Mélanésie et du Nouveau Monde ; on ne soupçonnait pas une civilisation raffinée, capable d'œuvres du goût ; on croyait que les hommes des temps glaciaires, dans nos pays, n'avaient d’autres préoccupations que celle dela vie matérielle.
Quelles que soient les raisons qui ont amené les Magdaléniens à couvrir de gravures et de peintures les parois de leurs demeures souterraines, que le mobile qui a guidé les artistes ait été religieux ou simplement artistique, il n’en est pas moins vrai que leurs compositions obligent à les juger comme étant non seulement des gens supérieurement doués, mais comme des hommes en possession d’une culture très avancée. En aucun pays, en aucun temps, sauf au cours des grandes civilisations historiques, l’homme n’a fait preuve de pareil talent. Et ces hommes, appartenaient aux anciennes races, aux survivants des cataclysmes diluviens, tout comme les artistes de l'Orient; mais ils les surpassaient en génie. Leur extinction a été un grand malheur; assurément, elle a retardé de plusieurs milliers d'années l’aurore de la civilisation et, de l’Occident européen, l’a fait passer dans le proche Orient chez des peuples dont les dé-
buts artistiques ont été pénibles, dont le sentiment de l’esthétique n’était pas aussi développé que chez les Magdaléniens. |
En Asie, aussi bien chez les Chaldéo-Élamites que chez les Egyptiens, le goût et l’habileté artistiques ont mis des siècles et des siècles à se développer; et cette évolution s’est trouvée entravée par des canons religieux . dans la vallée du Nil, par la stylisation lors des débuts de l'Élam. Il a fallu que, des milliers d'années après son aurore, cette culture artistique füt reprise par des races indépendantes, bien douées, nouvellement venues, pour que le naturisme prit le dessus des conventions orientales. Certes, ces nouveaux venus n’apportaient pas, dans le bagage ancestral, le grand art; bien loin de là, ils ne possédaient que des rudiments de culture esthétique; mais le génie était latent chez eux. L'épanouissement de l’art fut donc, chez nos maitres en esthétique, le produit des efforts de plusieurs éléments ethniques pendant des milliers d'années, alors que, chez les Magdaléniens, l’éclosion fut subite, spontanée, essentiellement personnelle à la race des artistes.
Aïlleurs, dans l’Extréme-Orient, en Chine, à des époques plus rap-"° prochées de nous, une culture très spéciale a vu le Jour; mais cette civilisation, basée sur des connaissances incomplètes, arrêtée dans son essor par les innombrables obstacles que lui suscitait la mentalité des populations et de leur clergé, s’est cristallisée, au lieu de progresser. Il n’en est résulté qu’un développement de valeur secondaire, qu’une culture inapte à conquérir le monde. ï
Aïlleurs encore, au Nouveau Monde, dans cet immense continent qui pendant des milliers d'années est demeuré isolé, comme s’il eût appartenu à une autre planète que la Terre, une culture très remarquable est née, sans le secours d’influences extérieures. Là, quelques peuples se sont développés d’une manière intense, bien qu’ils fussent entourés de tribus demeurées sauvages. On vit alors se produire spontanément la plupart des découvertes qui avaient été, dans l'Ancien Monde, les bases de la grande civilisation. L’architecture, les arts, la métallurgie, l'écriture hiéroglyphique, les lois, le gouvernement, ont été, chez les Indiens, avant la découverte de l'Amérique, poussés aussi loin qu’en Chaldée et en Égypte 3.000 ans avant notre ère; mais il manquait encore à ce monde le principal élément de la grande civilisation, les principes de la morale, la juste mesure de la valeur de la vie humaine. Certes, ces principes, les Indiens du Nouveau Monde eussent pu les acquérir avec le temps et les enseignements de l’Europe. N’avons-nous pas mis des milliers d'années nous pénétrer nous:mêmes de ce sens moral qui est à la base de toutes les grandes cultures intellectuelles, n’avons-nous pas, dans nos annales
historiques, des récits d’horreurs non moins abominables que celles dont les temples du Mexique ont été les témoins ?
Mäis la soif de l'or des Espagnols, lintolérance de leurs prêtres, la cupidité de ces bandits chrétiens, vomis par le génie du mal sur le nouveau continent, condamnaient à mort cette civilisation qu'il eùt été si aisé d’améhorer ; et cette eulture, produit de tant de siècles d'efforts, périt dans le saug eft.dans les flammes. Bien que les nations colonisatrices se rendent chaque jour coupables des plus eriantes injustices, ne reculent devant aucun larcin, aucun crime, jamais forfait plus odieux n’a été commis. Le peuple espagnol et ses infâmes religieux en sont pour toujours marqués d’une tache ineffaçable.
Le xvnie et le xvrrre siècles ont vu des centaines, des milliers de peuples primitifs, alors que le xix° et le xx° semblent avoir pris à tâche de faire disparaitre cet antique état de choses. Quelques années encore et, pour la plupart, ces peuples massacrés, anéantis, sortiront de l’ethnographie, pour entrer dans la préhistoire. T1 est grand temps d'étudier ceux dont la culture n’a point encore été transformée par le contact avec les Européens, ceux dont il n'existe plus que quelques familles, car les jours de ces malheureux êtres sont comptés. Mais leurs mœurs, leurs industries, présentent un tel intérêt au point de vue des enchainements de l’évolution humaine, que toute relation sur les populations aux mœurs primitives est d’une inestimable valeur. :
L’une des principales causes de lhégémomie de la civilisation gréco: latine, peut-être même la raison majeure de l’omnipotence des Européens, réside dans la notion, née en Orient, du juste et de l’injuste, que nous de: vons pour une très grande part aux Sémites. Ces notions, par leur origine et leur développement primordial, font, plus que toute autre cause, que le proche Orient et la Méditerranée sont réellement le centre de l'Univers.
Quand on examine l’âme dés primitifs, on voit, rapidement, que ces peuples ne possèdent à aucun degré le sens moral dont seuls les peuples civilisés peuvent apprécier la valeur, plus où moins, suivant leur degré de culture.
L'homme primitif, souvent sans dieu, ou n’attribuant à ses divinités qu’une puissance généralement malfaisante, n’a pour guide que ses instincts, et en cela se rapproche beaucoup des animaux. Tel il était avant les débuts de l'Histoire, tel il est resté, longtemps encore, malgré son développement matériel etartistique : telles sont encore des nations, passant pour très civilisées, mais dont l’âme estencore obscurcie par l’égoisme,
Ainsi, c’est dans ce seul milieu du proche Orient que se sont, très lentement il est vrai, développées ces lois du respect de l’homme qui const
la cruauté, le mépris d'autrui.
tuent la base des sociétés modernes; mais cette amélioration ne s'est produite que tardivement, au cours de l'Histoire, sous des formes diverses, IIL, 3 . 26
tandis qu'aux temps préhistoriques, ces notions n'étaient pas plus soupçonnées qu’au xvu° siècle elles n’existaient chez les tribus du Nouveau Monde, chez les peuplades océaniennes. Il ne faut donc pas raisonner de l’état d'esprit de nos précurseurs préhistoriques sur le globe d’après nos propres conceptions de la vie; il ne faut pas attribuer aux sauvages, quelle que soit l’époque de leur existence, des croyances religieuses philosophiques ; car ils n’en avaient aucune. Beaucoup ne croyaient pas à la divinité, alors que d’autres, comme bien des tribus actuelles, fondaient leurs espérances, presque généralement terrestres, sur la superstition ou le fétichisme.
Bien des auteurs ont pensé voir, dans le culte des morts, dans les soins dont on entourait les cadavres, la conception de la vie future, chez les plus anciens habitants de la terre; cependant, mis à part quelques peuples eivilisés, la notion d’une vie d’outre-tombe n'existait pas ; et si l’on entourait de soins le mort, si ses parents le munissaient, dans son sépulcre, de tous les biens dont il avait joui de son vivant sur la terre, c’est qu’ils considéraient la mort comme un sommeil, qu’ils croyaient à un réveil terrestre, en des temps plus ou moins éloignés. Pour beaucoup de primitifs vivant encore de nos jours, la mort n’est qu’un sommeil passager, bien des sauvages n’en peuvent concevoir une autre idée. La distinction entre le corps et l’âme est une conception raisonnée qu'on ne rencontre pas, à moins qu’elle ait été inventée par un clergé. L’Égypte fournit un exemple frappant d’un pareil progrès et de la manière dont la croyance à la vie future s’est développée. Mais ce n’est pas ici le lieu d'entrer dans des considérations étendues quant aux religions des premiers hommes : ces croyances, quand elles ont existé, n’ont laissé le plus souvent que des traces fugitives ; seuls ou presque seuls les rites funéraires peuvent provoquer des hypothèses. J’ai pensé qu’il était utile de mettre en garde les lecteurs contre des interprétations, souvent tendancieuses, basées sur nos conceptions modernes.
Soit en Chaldée, soit en Élam, ou dans toute autre partie de la Perse, soit en Égypte, je n’ai jamais rencontré la moindre indice’ permettant de supposer qu’au cours de la préhistoire de ces régions il existait des monuments spécialement consacrés au culte : des temples, et les ruines qui en Palestine comme en Phénicie, sont considérées comme des sanctuaires, paraissent appartenir tous à la période historique; sauf quelques pierres levées dont la destination demeure inconnue.
Pour l’homme primitif tout est sanctuaire, souvent même tout est dieu, les fonctions divines étant réduites à leur plus simple expression ; par suite on adorait tout et partout, chez les gens possédant de vagues croyances, les pierres, les montagnes, les rivières, les sources, les lacs,
les astres, les animaux mêmes ; aussi l’idée de bâtir une demeure pour des maitres aussi variés ne venait-elle pas à l'esprit ; et, quand les. prêtres firent un classement des divinités, quand ils s’attachèrent à leur culte, alors seulement ils songèrent à bâtir des temples.
Bien qu’elles s’appliquent à de nombreuses peuplades, ces observations n'ont pas de valeur absolue, car assurément les cercles de pierres de l’Europe occidentale, de l'Inde, les pierres levées qu'on rencontre jusqu'aux iles Viti peuvent être considérés comme ayant joué le rôle de sanctuaires. Je né connais aucun exemple de ce genre de temples ni en Elam, ni sur les contreforts des chaines bordières de l'Iran, ni en Égypte. Quelques pierres. levées au Lenkorân et un polissoir de granit dressé au Kurdistan sont les seuls exemples de ces sortes de monuments mégalithiques qu’il m'ait été donné de rencontrer au cours de mes longs voyages.
Quant aux acropoles, aux villages construits sur les hauteurs, je n’en ai jamais rencontré que dans le nord de la Perse ; il ne parait pas qu'il en ait existé dans les régions méridionales de l'Asie antérieure.
Il me fallait reprendre en quelques lignes l’histoire générale des débuts de l’humanité pour montrer quelle a été la situation privilégiée des peuples du proche Orient, quelles facilités ils ont rencontrées dans leur évolution, et de quel heureux effet ont été les phénomènes de la nature, en obligeant les races à se mélanger, à joindre leurs connaissances, leurs efforts, en vue de l’amélioration de l’existence. Aucune région au monde ne s’est trouvée dans des conditions aussi favorables. Ce sont des peuples de l'Asie antérieure et de l'Égypte qui ont fait les premiers et les plus grands pas, mais sont arrivées, des pays glacés du nord, des races fortes, plus aptes à la lutte que les peuples amollis par le climat de leur pays, et ces tribus, s’'emparant des résultats acquis, ont vite dominé leurs éducateurs. Ce sont les hordes sauvages chassées jadis de la Sibérie par le froid qui gouvernent aujourd’hui le monde; qui, pour se faire une place qu’ils soubaitent toujours plus grande, anéantissent par les moyens les plus odieux les vieilles races, quand elles ne veulent pas se courber sous le joug de leurs inassouvissables vainqueurs.
Autant nous sommes en droit d’être fiers de notre œuvre, dont je viens de retracer les débuts, autant devons-nous rougir de honte en songeant à cette extinction des peuples faibles, que notre cupidité poursuit avec une infâme ténacité. Dans quelques siècles, pour la plupartles primitifs, qui ne peuvent lutter par le nombre, auront disparu, en dépit de la sensiblerie dont les nations civilisées font un si grand étalage, des exhortations platoniques des divers clergés.
S'il en est ainsi à une époque qui se dit humanitaire, que s'est-il passé jadis quand l’homme ne possédait aucun frein moral, quand la force
physique était seule en cause dans les différends entre tribus ? Ne soyons pas surpris de ne voir aujourd’hui sur le globe que les ruines de l'humanilé d'antan, Si nous étudions plus spécialement une région, nous nous trouvons immédiatement en présence de faits affirmant l'existence d’éléments de population aujourd’hui disparus ou fondus dans la masse de leurs maitres. Qu’étaient ces négroïdes qui, jadis, habitaient la plaine élamite et dont quelques types survivent encore parmi les Arabes des tribus ? Que sont devenus éeux dont on a retrouvé les squelettes’ dans les grottes de Menton? Pouvons-nous, devant la disparition dé tant de types d’hominiens, au cours des temps historiques, affirmer la monogénie de notre espèce. Certes non, quand l’étude de la préhistoire orientale nous invite d’une manière si pressante, ne serait-ce qu’en ce qui regarde les populations de la Sibérie aux temps glaciaires, à penser que nos précurseurs sur le globe comprenaient plusieurs espèces, le mot «espèce » étant entendu dans son sens zoologique.
Ainsi, dans ces trente ou quarante dernières années, nous avons reculé de plusieurs millénaires les limites de l'inconnu, et nous pénétrons prolondément aujourd’hui dans les temps qui ont précédé les grands cataclysmes : diluviens. Ce sont là, certainement, de merveilleuses victoires remportées sur le mystère de nos origines, car nous pouvons maintenant suivre avec quelque certitude les progrès humains en Orient, depuis les temps de la découverte du métal jusqu’à nos jours ; mais, en ce qui concerne les époques plus anciennes, nous en sommes toujours réduits aux conjectures et la vérité nous fuit encore. Que s’est-il passé sur le globe au temps des industries paléolithiques (sensu stricto), quelle était la répartition des hominiens en ces périodes reculées, quels ont été leurs précurseurs, leurs ancêtres ? C’est à la paléontologie humaine qu’il est réservé de résoudre cet angoissant problème. |
Nous avons assisté aux efforts des peuples post-diluviens pour accroitre les facilités de la vie: nous avons vu naître les divers arts, les différentes industries, débuter les œuvres de la pensée ; et si je n’ai parlé qu'incidemment des langages des peuples dont le concours a produit la : civilisation orientale, c’est, qu’en dépit des recherches des linguistes, nous sommes encore dans l'ignorance en ce qui concerne la plupart des nations disparues. |
I parait maintenant certain que les premiers colons post-diluviens de l'Asie antérieure méridionale et peut-être aussi de l'Égypte, les Asianiques, parlaient une foule de langues très différentes les unes des autres, langues pour la plupart éteintes depuis des milliers d'années, mais dontil nous resterait le susien, l’ourartien, le chananéen et quelques fragments du sumérien comme langages antiques, les idiomes caucasiens comme
parlers modernes. Cet ensemble de langues aurait dominé lors de lt colonisation de la Chaldée et de l'Élam, puis venant du golfe Persique, seraient arrivés les dialectes sémitiques, absorbant les anciens parlers sumériens. mais n’influençant pas les langues du nord de la Mésopotamie.
Après cette phase, de très longue durée, seraient intervenus les premiers flots venus des steppes du nord jusqu'au centre de l’Asie mi. neure. Ces premières vagues étaient-elles aryennes ? C’est peu probable, mais elles étaient de composition plus voisine des langues indo-européennes que des parlers asianiques.
Les ondes suivantes fureat franchement aryennes et nous voyons paraitre les Phrygiens, les Mycéniens, les Doriens. Le monde hellénique s'établit en Grèce et dans l'Égéide, tandis que d’autres migrations indoeuropéennes couvrent l'Iran, descendent dans les Indes, encerclent au nord le vieux monde antique.
Mais ces courants ne sont que des branches du grand fleuve humain qui s’est, pendant des milliers d'années, dirigé suivant la marche du soleil, vers le centre et l'occident de l'Europe. En sorte qu’il existe des liens étroits de parenté entre les peuples qui ont colonisé les pays méridionaux et ceux qui sont allés se fixer au loin dans l’ouest du vieux continent. .Ces peuples devaient un jour, comme Scythes d’abord, puis sous les Perses Achéménides, enfin sous Alexandre le Grand, subjuguer les vieux peuples, détruire les plus anciens empires du Monde, ruiner les plus vieilles civilisations, faire oublier les antiques parlers des Asianiques.
Ainsi, depuis les premiers temps de la cofonisation suméro-susienne et égyptienne jusqu'à celui de la conquête macédonienne de l’Asie, ce n’a été qu’une succession de mouvements de peuples, qu’une suite de vagues qui sont venues payer leur tribut au progrès naissant. De ces va- . gues, quelques-unes nous sont connues, nous pressentons l'existence d’autres, mais combien d’entre elles sont encore ignorées, que de lacunes restent à combler dans nos connaissances! Estimons-nous heureux de posséder aujourd’hui les grandes lignes de cet enchainement plusieurs fois millénaire et attendons, des recherches dans les pays nouvellement ouverts à la science, la solution de cette multitude de problèmes que pose l’histoire des premières civilisations.
ma sh Ru 4 sale SN nn ns ARR ls
Fi.
Fic.
Er.
Fic.
Fire.
Frc.
Fc.
Frc.
Frc.
Frc.
ps
Fic. 11
Frc.
Fic.
Fire.
Fr.
Fic.
Fic.
LR
Fre. 20
Fic.
Fic, Fire,
Fic.
Fire.
Fra.
TABLE DES FIGURES DANS LE TEXTE
Pages.
. — Coup de poing acheuléen dont une face est éclatée sous l'influence des
agents atmosphériques. Environs de Southna, désert syro-arabique.
. — Carte de la Syrie .
— Racloirs en silex. AG ün (Syrie).
— Coups de poing de type acheuléen (Akbiyeh) di pointe dë type ou De rien (Akbiyeh). Ste en Pe es le Matte 2 Us
— Pointes de type MOULE Rae 18- Et Kelb :
— Pointes de type moustiérien. Nahr-el-Djoz, Nahr- Tbrahire ë ILES 5
— Racloirs et pointe en silex. Antélias
— Instruments en os travaillés. Antélias . te
— Silex taillés de Palestine. Scopus et Requét' (érusatéii}, D'après H. VINCENT .
— Haches en silex. el Kelb
. — Haches de pierre polie et éclatée. Ras- Beyrouth a Ras- el- Kelb. 12,
— Ciseau en silex poli. Ras-el-Kelb. :
— Racloirs en silex. Ras-el-Kelb . . . . . . .
— Scies en silex. Nahr-ef-Kelb.
— Pointes en silex (Ras-Beyrouth) et Coutea à dbe dbättu (Nahr-el. Kelb}.
— Éléments de faucille en silex (Ras-el-Kelb) et armature de faucille non
dentelée (Lâchis), d'après Bzrss.
— Fragment de poterie. Nahr-el-Kelb. È — Croquis topographique des pays de l’Ararat et de 11 Alseheuz Héntéant la position des coulées d'obsidienne et des stations préhistoriques — Disque d’obsidienne noire patinée. Boughouti-Daghi .
. — Disque d’obsidienne noire patinée semblable à ceux tél éb trouve dans
le Paléolithique de l'Algérie et de la Tunisie et dans l’Archéolithique : de Gafsa. Boughouti-Daghi. RE PRÉ ERE
— Pointe en obsidienne noire patinée de pe noUbHEr en: Boughout Daghi .
— Pointe en obsitiénne sétmiblaht offrir. une survivance di iypé éoup “de poing. Boughouti-Daghi . ;
— Pointe en obsidienne retouchée sur une seule face, dé type mousliérien. Boughouti-Daghi. ; É
— Grattoir en obsidienne pètinéb de Fer mouattértett: Boüghouti- Daghi .
— Grattoir en obsidienne pese de type courant aurignacien. Boughouti- Dares va
— Éclat de schiste diliceux sans taéctéres d' industrie spébialé. Boughout Daghi#msen :
— Éclat de schiste silicoux retÔn bé sur un à côté Btvant là médioder moustiérienne. Boughouli-Daghi, : , . , + ..,
a OÙ
UNE ï
DTA
Pages.
Fc. 28. — Pointe en amande, en schiste siliceux, retouchée sur les deux faces. Boughouti-Daghi. . . : 0 CN ve 25 Fia. 29-20, — Grattoirs en obsidienne noire: éclat Det retouché Sosiourhment à sa fabrication. Boughouti-Daghi . . . . HAT 25 Fré. 31. — Grattoir en obsidienne noire; éclat Aus fslouche postérieurement. j Boughouti-Daghi. : 26 Fic. 32. — Grattoir à encoche en baronne noire. Sn chon ete Fic. 33. — Grattoir à encoche en obsidienne très transparente. Boughouli-Daghi 21 Fic. 34. — Lame en obsidienne noire. Boughouti-Daghi . + . . : .:.,. ac Ho Fra. 35, — Burin ou poinçon en obsidienne claire très ue avec Féméione. Boughouti- Daghi. ; 27 Fic. 36. — Instrument en amande, taillé : sur ie deux idcel Shetianbe res tai lucide. Boughouti-Daghi. . . . A ue 27 Fic: 37-38. — Nucléi en obsidierine noire. ne ESnE ERNEST E E 28. EG. 39. — Percuteur en obsidienne. Galet roulé utilisé. Boughouti-Daghi. . . 28 Fic. 40, — Pointe de type moustiérien en obsidienne noire. Hadji-Bagher . . . . 28 “fic. 41. — Disque en obsidienne noire veinée de rouge, très patiné. Hadji-Bagher. - 29 Fig. 42. — Pointe d'époque indéterminée en obsidienne transparente. Tcham-Meuri. 30 Fie. 43. — Pointe en obsidienne lranslucide noire. Tcham-Meuri. SIA PE 30 Eric. 44. — Instrument de nature indécise, en ‘obsidienne noire, sans es Tcham- Meuri ‘ PET NT TE rl 30 Fic. 45. — Grattoir à Se en | obsidiénne noire veinée de rouge, sans patine. Tcham-Meuri . ES + RENTE MER 30 Fic. 46. — Nucléus en obsidienne noire. Tébane Meuti EN Me ASE ete 30 Fic. 47. — Grattoir à encoche en obsidienne enfumée. Kiptchakh FRA 31 Fire. 48. — Instrument retouché sur les deux faces en obsidienne opaoue rouge se KIPIChAK UE EE Re æe hr. 31 Fiz. 49-50. — Poinçon en HR lransparente cu ses perle € en SEE brun foncé. Kiptchakh.. . : . ni” 31 Fic. 51. — Nucléus d'obsidienné Fr haiioide noire re He une piles du bronze à Akhtala (Petit Caucase) (Hs ce GENE. 2e 32 Fi. 52. — Coupe du nucléus de la figure 51. SES EE T4 5 PUS: 32 Fic. 53. — Pointes de flèches en obsidienne et.en SE ere de lindusirié du fer dans le Tälyche russe . J PEN LE 33 Fi, 54. — Carte de l'embouchure du Chatt-el-Arab . ; «2 nue CT PV IS Fire. 55. — Carte de l'avancement sous-marin du delta du Chait-el- Scan ; - 38 Fig. 56. — Expédilion marilime de Sennacherib contre l'Élam en 696 avant J.-C. élat des embouchures du Tigre et de l'Euphrate à cette sppque 39 FiG. 57. — Carte du cours inférieur de la Kerkha 30 1 - 40 Fi. 58. — Itinéraire du voyage de J. de Morgan en Basse Chaldée e (1859). 3 42 Fiç. 59. — Plan des ruines de Suse . . . : . FAR Fr. 60. — Coupe de l’acropole de Suse È : 49 Fic. 61. — \lasse en calcaire blanc. Suse. k ë 50 Fie. 62. — Masse en calcaire &risâtre. Suse:. . . ::5 8. 3 : 50 Fic. 63. — Figure d'Oiseau en terre cuite peinte. Suse s 51 F1s. 64. — Figurine d'Oiseau en terre cuile peinte. Suse . 51 Fré. 65. — Sépulture de la première ville de Suse re AUS Fic. 66. — Gobelet et vase de la RER période de SAN ÉTAT de suse RS TENTE, OÙ US EE D 53 Fic. 67. — Vases-gobelels âé + os ane SÉu Leo Nécropole de Suse. 53 Fic. 68. — Vases-gobelets de la premiège période céramique. Suse . A. 27 54 Frs. 69. — Vase sphérique et vase à anses de la première période céramique. Nécropole de Stserte ent atlic y GA IS At En iodedtr LE 0 NT Fic. 70, — Coupes de la première période céramique. Nécropole de Suse . . 55 Fis. 71. — Motifs divers de pvintures sur les vases archaïques de la première riodé céramique /Susé A SE ARE ALES Re ER 56 Fic. 72, — Vases coniques en pierre grise. Suse. tacite Come où RE 57 Fire. 73. — Vases coniqués:en arple STossiène SUCRE CM AE EU NS 58
Fire.
Fic.
Fire.
Fire.
Fire.
Fire.
Fire.
Fic.
Fic.
Frc.
Fire.
Frc.
Fr.
Fire.
Frc.
Fire.
Fic.
Fire.
Fire.
Fr.
Fic.
Fire.
Fire.
Fic.
Fic.
Fic:
Fic.
Fire.
Frc.
Fic.
Fic.
Frc.
Frs.
Fic.
Fre.
Fire.
Fire.
Fre.
Fire.
Fic.
Fre.
- Fi.
Fire.
Fra:
Fire.
Fra.
Fire.
Fic.
Fac.
Fire.
Fic.
TABLE DES FIGURES DANS LE TEXTE
74. — Vase d’albâtre gypeeux. Suse. Dr PRE = nt : lbs — Petit cylindre en terre cuite orné de Retcies peints. Suse. . «LT 16. — Fragments de vases laillés en agree et percés d'un trou en leur milieu. Suse ere sh
17. — Cachet en calcaire Blanc. use : ane alter = te T8. — Anneaux de nacre. Suse. .