‹ La Prehistoire orientaleChapitre 3 sur 308 · LIBRAIRIE: ORIENTALISTE PAUL GEUTIHNER · texte numérisé non relu

LIBRAIRIE: ORIENTALISTE PAUL GEUTIHNER

PRÉFACE

J. de Morgan n'est plus.

C'est une noble et grande figure”’qui disparait prématurément. Mais les fatigues de longs, pénibles et souvent dangereux voyages en Égypte et en Asie antérieure avaient eu raison d’une constitution pourtant robuste. Bien à regret, J. de Morgan avait quitté Paris pour un Midi plus clément. Souffrant déjà du mal qui devait l'emporter, il s'était mis au travail, utilisant les documents recueillis au cours d’une vie toute de recherches et de découvertes précieuses.

Ce n’est pas en tête de son dernier livre qu’il est possible d’esquisser l’œuvre du savant éminent qui s’est dépensé, avec un égal bonheur, dans les domaines les plus divers. Il m'honorait d’une vive et cordiale amitié, sachant tout l'intérêt que je portais à ses travaux. Que de conversalions, que de lettres n'avons-nous pas échangées sur des questions épineuses ou controversées! J. de Morgan élaborait alors celte Préhistoire orientale, vaste synthèse de nos connaissances sur l’origine et le développement de la civilisation où les trésors de sa prestigieuse érudition se révèlent à chaque page. Aussi l'ouvrage achevé et sentant ses forces l'abandonner, voulut-il, l’an passé, me confier le soin de publier ce qu'il considérait comme son livre capital, comme son œuvre maitresse. J'hésutais longlemps devant celte tâche pour laquelle je me sentais mal préparé. Les amicales instances de J. de Morgan levèrent mes derniers scrupules. D'ailleurs, l'œuvre était au point et c'était surtout une besogne matérielle qui m'incombait. Je me suis contenté de redresser çà et là quelques erreurs matérielles, de lier entre eux certains chapitres ou divers passages en me gardant soigneusement de

trahir la pensée de mon éminent ami.

VI k PRÉFACE

J. de Morgan attendait beaucoup de sa Préhistoire orientale, 77 s’est efforcé d'y défendre des idées qui lui étaient chères, de combattre des théories qu’il croyait erronées. Certaines de ses interprétations sont peut-être discutables et seront évidemment modifiées dans l'avenir. I n'importe. Et, bien qu'en s'accumulant les découvertes changent, chaque Jour, la face des problèmes, cet ouvrage restera l’admirable et lumineuse synthèse où viendront puiser tous ceux, savants ou esprits Curieux, qui s'intéressent aux origines et à l’évolution de notre Hunranité.

Louis GERMAIN.

Angers, 15 juillet 1924.

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