GÉOGRAPHIE TERTIAIRE
Rhône, du Nil, transformées en golfes étroits ; elle entourait l’Apennin, longue presqu'ile alors reliée par un archipel à la Sicile, aux trois quarts submergée.
__ Des mouvements inconnus dans l'Atlantique déterminèrent à cette époque, dans la Méditerranée, l'invasion d’une faune marine boréale.
Un golfe s’avançait alors dans le Maroc et l'Algérie, laissant pénétrer la mer jusqu’au nord de Tétouan : un autre occupait la vallée du Nil, couvrant le. Fayoum et la majeure partie de la moyenne Egypte.
Fic. 2. — Esquisse de la Géographie de l’Europe à l'Oligocène inférieur ‘ (d’après A. DE LAPPARENT. T'railé de Géologie, 1906, fig. 783).
Sur notre continent, la Dalmatie, le Péloponèse, les Cyclades, la mer Égée, la Roumauie étaient occupés par les lacs du groupe Ponto-Caspien, indépendants de la Méditerranée.
Les terres américaines, elles aussi, avaient leurs immenses lacs, au pied ;des Montagnes Rocheuses ; tandis que la mer couvrait les côtes californiennes, jusqu’à une grande distance du rivage actuel.
Avec l’Astien, nous assistons à une invasion marine des lacs de l’'Égée. De nouvelles dislocations ouvrent un véritable fjord dans ce qui sera plus tard la vallée du Nil, et la mer s’avance jusqu’au 24° degré de latitude Nord. La mer Rouge n’existait pas encore.
Les mouvements se continuent presque partout au cours du Sicélien.
La Hollande émerge des eaux, tandis que dans la Cornouaille est un golle.
Le delta du Rhin se trouvait à cette époque vers le milieu de la mer du Nord, celui de la Seine dans la Manche, à la hauteur de la pointe oceidentale de la Bretagne.
Les anciens golfes (Plaisancien) deviennent dans la Bresse, la vallée du Rhône, ete., des lagunes ou des lacs ; et le régime fluvial s’établit en France.
Au centre de l'Asie, dans le Sud de la Sibérie, se trouvaient aussi de grands lacs. Le Baïkal est aujourd’hui le dernier témoin d'importance de.
F1G. 3. — Esquisse de la Géographie Vindobonnienne (Miocène moyen) (d’après A. DE LaPPARENT. T'railé de Géologie, 1906, fig. 757).
ce chapelet de lacs qui, vers la fin du tertiaire, se succédant sur le cours actuel de l’Angara, le reliait à la mer.
En Sicile, apparut une faune marine froide, dont les rivages soulevés se rencontrent aujourd’hui de 30 à 70 mètres au-dessus du niveau de la mer, alors que dans le Péloponèse on les trouve à 500 mètres d'altitude. A cette époque, la mer Rouge s’est formée, sans communication avec la Méditerranée, alors que, dans la région Ponto-Caspienne étaient toujours de grandes nappes d’eau douce, dont cependant, l'étendue diminuait graduellement. De vastes lacs s’étendaient sur le versant oriental du Liban, la mer Morte en est la trace actuelle. Cette mer, lors des grandes pluies du pléistocène, atteignait un niveau de 425 mètres supérieur à celui qu’elle possède de nos jours, et elle s’étendait sur une longueur d'environ 320 kilomètres.