INK
é Us hé Au SZ
\N 7 L}} Au NU
Fic. 58. — Pointes en silex. Dimeh et Kom-Achim. 4/5 de la grandeur naturelle.
à gauche). Enfin viennent en grand nombre les lames terminées en pointe ou retouchées sur Les deux bords, dont l’usage demeure inconnu. Peut-être même ces cassures fines ont-elles été produites par l’usage et ces objets ont-ils été rebutés.
Aussi bien au Fayoum que dans la Haute-Égypte, le
Couperets.
couperet est un instrument caractéristique de la vallée du Nil. On le rencontre dans les kjækkenmoeddingers et dans les sépultures royales de la [re dynastie. ; la: forme: est la même, mais les dimensions. varient et la facture sous les premiers pharaons devient d’une habileté merveilleuse.
Au Fayoum la taille est moins soignée et les formes sont plus variées que dans la Haute-Égypte. Ces instruments sont façonnés sur les deux faces. Le type le plus courant (fig. 55; fig. 56, à gauche) est celui d’une lame large à taillant courbe, à dos. droit, à pédoncule pour l’emmanche-
ment, pédoncule qui parfois s’allonge et devient un véritable manche. Cette forme par passages insensibles se transforme en pointe à cran (fig. 55, au centre), en couperet allongé, sans pédoncule (fig. 56, au centre), voire même triangulaire (fig. 56, à gauche). Il n’est pas possible d'établir de distinetions entre ces diverses formes parce qu’elles passent de l’une à l’autre.
Instruments divers. — Je range sous cette rubrique deux types d’ins-
j (is \\ Wear
arts
jt ‘) (l
io y
Va D
Centimétres.
Fi. 59. — Pointes de flèches en silex du Fayoum. 2/3 de la grandeur naturelle.
truments dont je ne puis définir l’usage et qui se rencontrent en nombre dans les stations du Fayoum. Les uns (fig. 57, les trois figures à gauche) offrent la forme de la hache chelléenne, ils sont taillés sur les deux faces. Naturellement je ne fais aucun rapprochement entre ces petits instruments
(Lu ’ (AN Qt:
GR
À Te
PA
Fic. 60. — Pointes de flèches en silex. Dimeh et Kom-Achim (Égypte).
66 PRÈMTS TOIRE ORIENTALE:
néolithiques et le coup de poing paléolithique autrement que pour en nd quer la forme.
Le second type (fig. 58, à droite), est une pointe en losange, taillée à grands éclats, trop épaisse pour avoir pu servir de tête à une lance. Peutétre ne devons-nous voir là qu’une ébauche, bien que les stations du Fayoum soient des campements et non des ateliers de taille.
Quelques pointes pédonculées, d'usage incertain (fig 59), comparables à celles qu’on rencontre dans les stations archéolithiques de la Tunisie, se trouvent également au Fayoum et dans les oasis (fig. 60) où elles sont de basse époque (Enéolithique ?).
Pointes bifides. — Cet instrument, très abondant dans les nécropoles . de la Haute-Égypte, est très rare au Fayoum où je n’en ai jamais rencontré que des fragments. Seton Karr(1) en cite un, conservé au musée de Naples. Je m’étendrai plus longuement sur ce type si curieux en parlant des nécropoles de la Haute-Égypte.
Pointes de flèches ou de javelots. — Ces objets d’une abondance extrême dans toutes les stations voisines du Birket-el-Karoun, constituent le trait principal de outillage du Fayoum, mais ils ne sont pas spéciaux à cette région. On rencontre, en effet, dans le Saïd de grandes pointes absolument semblables à celles de Dimeh, Kom-Achim, etc.
Les pointes de flèches des stations du Fayoum se partagent en un nombre infini de formes ; toutes sont taillées avec soin, maïs cependant il n'en est pas qui égalent en finesse les pointes d'Abydos. Les types principaux sont les suivants :
1° Pointes triangulaires, tie isocèle plus ou moins large de base qui, peut-être, ne sont que des ébauches abandonnées de pointes à cran. Toutes sont de grande taille, il en est qui atteignent 7 centimètres de hauteur, les plus petites ne descendant guère au-dessous de 4 centimètres. Elles sont retaillées sur les deux faces ;
2° Pointes en fuseau, le plus souvent retaillées sur une seule face, l’autre dèmeurant plane. Il west pas certain que ces objets soient des pointes de flèches. Longueur maximum 5 centimètres, minimum 22 millimètres ;
3° Pointes à cran, triangulaires, à bords droits ou courbes. Encoches plus ou moins profondes, s’avançant quelquefois jusqu'aux deux tiers de la longueur. Certaines de ces pointes sont très effilées, d’autres sont arrondies ; beaucoup ont des bords taillés en dents de scie. Les barbelures se terminent soit. carrément, soit en pointe, leur hauteur varie entre 7 centimètres et 25 millimètres. Ces armes sont retaillées sur les deux faces.
4° Pointes à pédoneule, très variées de formes. Quelques-unes: sont bar
() Voir l'Homme préhistorique, 5° année, n° 9, septembre 1907, p. 267, fig. 61.
belées, d’autres ne présentent que deux: angles: à la naissance du pédoncule ; on en rencontre, assez rarement d’ailleurs, dontle pédoncule est garni de deux saillants pour retenir les liens ; leur longueur varie entre 6 centimètres et 15 millimètres.
En réalité les pointes du Fayoum se partagent en deux classes bien distinctes : les grandes, quelle que soit leur forme dont lalongueur moyenne est d'environ 5 centimètres, et les petites, qui généralement sont longues de 20 à 30 millimètres ; les unes sont lourdes, les autres légères. Il est à croire que ces deux classes de pointes n'étaient pas affectées aux mêmes usages. Certainement les petites pointes armaient des flèches destinées à la chasse ou à la guerre et ces projectiles atteignaient de grandes distances plusieurs centaines de mètres, si nous en jugeons par le tir de l’are dans antiquité et par celui des sauvages de nos jours:
Quant aux grandes pointes, leur poids s’opposait à ce que les traits dont elles étaient pourvues atteignissent une longue portée. Je serais tenté d'y voir des têtes de javelines ou de flèches destinées à être tirées dans l’eau sur des Poissons ; leur poids, en ce cas, les rend avantageuses et. le grand nombre qu'on en rencontre dans les stations: bordant le Birket-el- Karoun, terrain de pêche par excellence, vient renforcer mon opinion. Dans la plupart des pays primitifs, les indigènes pêchent à l’are, au javelot, au harpon, au trident, et nous savons que dans nos propres pays la pêche au harpon a été très en faveur à l’époque de l’industrie magdalénienne, nous verrons plus tard qu’elle l'était aussi en Égypte aux pre-
mières dynasties.
Lames pédonculées. — On rencontre également au Fayoum, mais rare- f ment, des pointes pédonculées dont on aurait tort de faire des pointes de flèche. Ce sont, semble-t-il, de simples outilset le pédoncule servait à Pemmanchement. Des types d'instruments analogues se rencontrent encore de nos jours chez les tribus primitives (1). Les mêmes lames pédonculées se trouvent aussi aux oasis et en Algérie. Elles paraissent appartenir à des époques très diverses. j
Percuteurs et nucléi. — Les stations du Fayoum n'étaient pas des ateliers de taille, nous lavons vu, aussi les percuteurs et les nuclér sontils fort rares, les percuteurs comme dans tous les pays et à tous les âges sont de simples galets, les nucléi sont petits et certainement n'étaient destinés qu’à faire face à des nécessités imprévues.
Bracelets. — On trouve fréquemment au Fayoum des disques plats de silex de 7 à 8 centimètres de diamètre. Ces disques, comme on à pus’en assurer par les découvertes dans la Haute-Égypte et dans la région minière
(4) CE. Morren P. PonsiLo, Ueber einige Geräte 623. Cf. fig. T, p. 622. (Pointes de pierre emman-— der Eskhimo, ds. Zeilschr. f. Ethnol., 4912, p. 600- chées dans des os de Renne).
de Ouadi-el-Cheikh, étaient destinés à la fabrication de ces merveilleux bracelets dont j'ai donné un exemplaire complet au musée de Saint-Germain et dont Flinders Petrie et moi-même avons publié des spécimens de la Haute-Égypte.
Meules à main. — Fréquentes en Haute Égypte, ces meules se rencontrent également au Fayoum ; mais comme elles ont été en usage pendant bien des siècles encore durant la période historique, et que celles du Fayoum ont été rencontrées à la surface, il n’est pas possible d’aifirmer qu’elles faisaient partie de l'outillage de l’industrie de la pierre.
Dans les stations voisines du Birket-el-Karoun, je n’aï jamais rencon-
tré le moindre fragment de poterie.
Jusqu'à ce jour, on ne connaît pas les sépultures correspondant aux stations du Fayoum et il n’a pas été rencontré de buttes, de débris d’habitation semblables aux kiækkenmoeddingers de la Haute- Égypte, on ne connaît que des gisements de surface. C’est donc par l'étude de l’outillage seul qu’ou peut se faire une opinion sur les tribus qui habitaient le Fayoum à ces époques si reculées.
Station d'Hélouan. — Les premiers silex recueillis dans cette station l'ont été par le docteur Reir (1) (Verhand. der Berl. Anthrop. Ges., 1874, p- 120, et 1876, p. 156). Les travaux les plus importants publiés sur cette localité sont ceux de Manruey (2bid., 1879, p. 351); Brown (Journal of Anthrop. Instit., 1878, vol. VII, p. 396); Mook (4esgyptens Vormetallische Zeit); JAGor (Verk. der. Berl. Anthrop. Ges., 1882, p. 550) et G. SonweinrurTa (cbid., 1885, p. 302).
Depuis cette époque, la ville d'Hélouan s’est étendue vers le Nil. Elle recouvrait déjà toute la station préhistorique lors de mon arrivée en Égypte en 1892.
Cette station, unique en son genre dans toute l'Égypte, était particulierement remarquable par la petitesse des silex taillés qu’on y rencontrait. J'ai eu entre les mains une petite série de ce gisement qui m’a été communiquée par M. Lomsarp, du Caire, et je citerai particulièrement les pointes de flèches (fig. 61) d’une forme spéciale, simple lame le plus souvent, munie ou non d’un pédoncule et toujours de deux encoches, parfois retaillée très régulièrement sur les bords.
À ces pointes, 1l faut ajouter de petits silex géométriques en demi-lune allongée (fig. 61) dont l’usage demeure inconnu, qu'on rencontre aussi en France (2), en Algérie (3), aux Indes (4) et auxquels G. ne MorriLcer
(1) Cf. Cnapas, Études historiques, 1873, p. 344- (3) A. DEBRUGE in DECHELETTE, Manuel, p. 508. 345. (4) S. GocciN BRowN, Catal. Mus. of Calcutta, (2) Cf. DECHELETTE, Manuel, t. I, p. 507. pl. VIII, fig. 15: à 27.
bas.
a consacré le nom de Tardenoisien. G. pe Morriczer considère ces instruments, en France, comme appartenant aux débuts de l’industrie mésolithique. Il n’en peut être de même à Hélouan, station dont l’industrie nous reporte à des temps beaucoup plus voisins de l'ère historique. On y trouve, en effet, des lames plus ou moins retouchées, des racloirs et, pièces qui datent le mieux ce gisement, des éléments de faucilles (1). Ces
WE
IT